Des Boxers avec le diable au corps

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Forts de trois victoires de suite, dont deux en Ligue Magnus, les Boxers de Bordeaux, que l’on avait vu particulièrement moribonds face à Grenoble il y a une dizaine de jours, reçoivent Briançon qui vient de repartir d’Amiens avec une défaite cuisante 7-0. Les Girondins se doivent impérativement de continuer sur leur lancée, tout d’abord pour instaurer enfin une dynamique positive et durable, puis surtout comptablement pour recoller à ce haut du tableau assez convoité par le club. Les visiteurs, eux, vont tâcher de ne pas réitérer leur performance du week-end, et qui sait, tenir assez longtemps pour frustrer une équipe bordelaise pas encore assez sûre de sa force pour se montrer à toute épreuve.

Bordeaux prend les devants

Les Bordelais, qui se doivent de gagner face à un adversaire présumé plus faible, ne tardent pas à alerter Olivier Richard. Les Diables Rouges sont rapidement en retard et Kevin Igier se rend coupable d’un cinglage. Une première supériorité numérique vite transformée par les Boxers par le biais d’Olivier Labelle, au second poteau, bien servi par Johan Skinnars et Andrew Johnston.

Bordeaux démarre bien et continue d’appuyer sur les patins. Plusieurs tentatives échouent sur Olivier Richard, sanctionné pour un retard de jeu. Cela ne donne rien de concret mais la pression est insistante chez les locaux et en poursuivant leur entreprise de destruction, Jussi Nättinen commet un faire trébucher qui l’envoie à son tour derrière le plexiglas. Pendant cette troisième pénalité briançonnaise, Louis Bélisle décide de lancer l’attaque depuis sa zone en traversant la glace par le chemin le plus direct possible. Il termine dans la rambarde, propulsé par Slavomir Tomko. Un 5 contre 3 s’offre aux Boxers et après quelques tentatives, c’est le même Bélisle qui trouver la faille. 2-0 pour les locaux enfin dans le bon sens de la marche.

Loin d’être rassasié, Bordeaux continue et provoque une nouvelle faute de Jussi Nättinen. Loïk Poudrier s’essaie depuis son spot à la gauche du gardien, mais dans le gant de ce dernier, qui parvient également à tuer cette infériorité numérique.

Les Diables Rouges sortent un peu de leur coquille en fin de tiers, et mettent Clément Fouquerel à contribution plusieurs fois, sans réellement s’approcher de l’enclave pour autant. Les Bordelais sont donc devant, mais avec un train de sénateurs qui ne plait guère à Olivier Dimet, qui leur demande de « respecter le jeu, et d’accélérer »

Plus de rythme  

Chose entendue. D’entrée, les locaux ne souhaitent pas donner de l’espoir aux maillots blancs. Johan Skinnars allume Olivier Richard à deux reprises, mais hors cadre. Luke Ferrara lui a aussi une bonne occasion mais en plein dans le gant du portier briançonnais. Par ailleurs chaud, le gardien visiteur continue de ne pas s’affoler, d’autant plus que ses coéquipiers ne parviennent pas à se dégager de leur zone défensive. Matthias Arnaud oblige le portier adverse à une parade de la jambière droite, et le rebond est expédié au-dessus par François Paquin.

À noter au passage pour Bordeaux que la jeune garde est de sortie avec Jules Lefebvre qui confirme, et les présences conjointes de Vince Tartari, et Bastien Lemaître, qui montrent d’ailleurs quelques fulgurances ponctuelles depuis l’entame. Le profil « renard des surfaces » de Vince Tartari en catégories de jeunes semble se compléter avec une vraie volonté de travailler physiquement, en témoigne ce puck récupéré dans les patins de la défense adverse, puis envoyé au-dessus par Olivier Labelle.

Après une brève tentative briançonnaise de s’infiltrer dans la défense bordelaise, bien stoppée par Clément Fouquerel, Bordeaux revient dans la zone offensive, et triple la mise sur une belle déviation de François Paquin, après que Jules Lefebvre a récupéré un palet à la bleue, puis envoyé à la cage. Le n°55, sur la trajectoire, démontre une nouvelle fois son sens du jeu et creuse l’écart pour les Boxers.

David Rutherford alerte Fouquerel au près, mais trop peu pour ouvrir le compteur des siens. Au contraire, leur bilan s’alourdit quelques minutes plus tard avec une nouvelle incursion de Jules Lefebvre, qui donne derrière la cage à Luke Ferrara dont le tir ne fait pas mouche, contrairement au rebond de Loïk Poudrier. 4-0 Bordeaux, et Olivier Richard est remplacé par Patrick Munson.

C’est littéralement un attaque/défense, même si Marc André Levesque donne l’occasion à Ignat Zemchenko, parti seul en face-à-face, de tromper Fouquerel qui sort le puck du cadre. En contre, le palet revient sur Loïk Poudrier qui donne à Marc-André Levesque, qui se rachète de sa bévue d’il y a quelques secondes, en logeant le palet dans le but adverse pour la cinquième fois de la soirée.

Puis cela continue avec Simon Bourque, slalomant dans l’arrière-garde visiteuse, ou Jules Lefebvre dans la même configuration que sur le but de François Paquin, qui alerte Patrick Munson. Une supériorité numérique bordelaise ne donne rien, excepté plusieurs arrêts de Munson, et c’est même sur deux contres que Briançon passe tout près de marquer. Un arrêt acrobatique sur la glace de Clément Fouquerel et un tir rasant viennent animer les statistiques offensives de Briançon qui, malgré une infériorité manifeste, s’évertue à ne pas lâcher.

Bordeaux a livré un meilleur second tiers, plus en rythme, et tentant d’accélérer en permanence.

Des Diables rouges récompensés

Comme son adversaire du soir, Bordeaux change de gardien et Gaëtan Richard entre en jeu. Il sera vite alerté, puisque Olivier Labelle, coupable d’un cinglage, se retrouve en prison. Gaëtan Richard est d’ailleurs décisif sur une tentative de Nättinen, seul au second poteau. La pénalité est tuée, et pourtant Briançon reste en zone offensive. Mais un cinglage de David Rutherford couper l’élan des siens, qui paient cher la note dans la foulée, avec un but d’Andrew Johnston sur une superbe remise du revers du passeur de la soirée Johan Skinnars.

Maxime Moisand est ensuite tout près d’inscrire un très joli but, mais Patrick Munson s’interpose, tout comme son homologue Gaëtan Richard devant Jussi Nättinen quelques secondes plus tard avec un même mouvement, en tentant de contourner le gardien après avoir coupé devant la cage.

Finalement, Briançon parvient à marquer par Nicolas Ruel, qui vient couper dans l’enclave un palet venant de la droite, mais Bordeaux réplique dans la foulée par Aina Rambelo, sur une passe de Matthias Arnaud. 7-1 et encore une petite dizaine de minutes à jouer.

Cela va d’un but à l’autre et Briançon va se nouveau se retrouver dans la zone bordelaise lorsque Quentin Berthon se rend coupable d’une vilaine charge contre la bande sur Louis Bélisle. Jules Gallet défend son coéquipier et vient chercher des noises au Briançonnais. Le Bordelais écope d’une pénalité de match, les deux équipes jouant à 4 contre 4 pendant 2 minutes avant que Briançon ne profite de trois minutes en supériorité par la suite.

David Rutherford puis Urban Sodja alertent le gardien local et enfin Ignat Zemchenko parachèvent ce powerplay par un but au second poteau malgré le retour de l’infortuné Gaëtan Richard. La fin du match est émaillée par un retour prématuré aux vestiaires de David Rutherford, rattrapé par la patrouille et renvoyé à la douche après en être venu aux mains avec Simon Bourque.

Les bancs se parlent pendant que le match se termine à 4 contre 4 et que Bordeaux place une dernière banderille par Luke Ferrara. Fin du match sur ce score de 7-2 et une victoire enfin convaincante à domicile pour les Girondins, au moins au tableau d’affichage.

Contrat rempli pour les hommes d’Olivier Dimet, qui craignait ce genre de match piège, et qui avait demandé à son équipe beaucoup de sérieux, en abordant le match « comme les 4 derniers« . « En se mettant rapidement à l’abri grâce au jeu de puissance« , les Boxers se sont facilité la rencontre, et « capitalisent sur les deux victoires précédentes, ce qui fait du bien au classement« .

En mettant plus d’intensité dans le second tiers, Bordeaux a pu aussi faire tourner l’effectif dans le second tiers, objectif réussi avec du temps de glace pour Gaëtan Richard et les jeunes précédemment évoqués. Si Vince Tartari a pu montrer plus d’intensité dans son jeu depuis quelques matchs, bénéficiant de temps de glace accentué, il en est de même avec Jules Lefebvre, considéré maintenant « comme un titulaire, formant une bonne ligne avec Simon Bourque« .

Place à une trêve sans connaître réellement la date de la reprise, pendue aux décisions gouvernementales. Cela permettra aux Boxers de faire « enfin du foncier » pour préparer la reprise.

Bordeaux – Briançon 7-2 (2-0, 3-0, 2-2)
Mardi 27 octobre 2020 à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 945 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek et Adrien Ernecq assistés de Nicolas Constantineau et Éric Briolat.
Pénalités : Bordeaux 29′ (0′, 0′, 4’+25′), Briançon 51′ (10′, 2′, 4’+10’+5’+20′).
Tirs : Bordeaux 41 (13, 16, 12), Briançon 28 (6, 11, 11).

Évolution du score :
1-0 à 03’49 : Labelle assisté de Skinnars et Johnston (sup. num.)
2-0 à 11’15 : Bélisle assisté de Johnston et Skinnars (double sup. num.)
3-0 à 29’20 : Paquin assisté de Lefebvre et Bourque
4-0 à 31’56 : Poudrier assisté de Ferrara
5-0 à 35’00 : Levesque assisté de Poudrier
6-0 à 44’51 : Johnston assisté de Skinnars (sup. num.)
6-1 à 47’43 : Ruel
7-1 à 47’57 : Rambelo assisté de Arnaud
7-2 à 53’51 : Zemchenko assisté de Tomko et Nättinen (sup. num.)

Bordeaux

Attaquants :
Johan Skinnars – Andrew Johnston – Olivier Labelle
Alexandre Mulle – Loïk Poudrier – Luke Ferrara
Aina Rambelo – François Paquin – Matthias Arnaud
Vince Tartari – Robin Lamboley – Jules Gallet

Défenseurs :
Louis Bélisle – Marc-André Levesque
Maxime Moisand – Bastien Lemaître
Jules Lefebvre – Simon Bourque

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçant : Gaëtan Richard (G). Absents : Gabriel Desjardins (parti au Canada pour la naissance de son enfant et remplacé temporairement par Luke Ferrara), Mark Hurtubise (haut du corps) et Julien Guillaume (malade).

Briançon

Attaquants :
Quentin Fauchon – Nicolas Ruel – Quentin Berthon
David Rutherford – Sébastien Delemps – Jussi Nättinen
Ignat Zemchenko – Félix Plouffe – Urban Sodja

Défenseurs :
Nik Grahut – Evan Andraud
Charles Schmitt – Slavomir Tomko
Thibaut Farina – Kevin Igier

Gardien :
Olivier Richard

Remplaçant : Patrick Munson (G).

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