Rouen confirmé en CHL… dans une poule abordable

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En attendant de statuer sur le titre de champion de France, la fédération a donc souligné dans un long communiqué que cela ne changerait rien à l’attribution de la place en CHL à Rouen si l’on suit la conciliation du CNOSF (ce que l’on avait déjà rappelé dans notre article sur l’équipe-type.

Nous retranscrivons tels quels ce communiqué que chacun peut consulter et que nous nous abstiendrons de commenter en détail. La lecture en est quelque peu inquiétante. Le ton agressif employé par la FFHG (déjà observé l’an passé alors qu’il était auparavant peu usuel car les communiqués empruntent des vocables plus diplomatiques), qui fait écho en miroir aux mots du président grenoblois Jacques Reboh mais qui riposte de manière encore plus brutale et nominative, augure assez mal d’un apaisement entre les parties.

Quant au souhait de M. Reboh de constitution d’une Ligue professionnelle (dans son communiqué reproduit en fin d’article), il a vraiment été émis au moment le moins opportun qui soit, car pour qu’une ligue fonctionne – en évitant les erreurs de la fin du siècle dernier – il faut déjà, indépendamment même des relations avec la fédération, que les clubs soient d’accord entre eux ! Cela paraît difficile s’ils se déchirent pour des titres ou des places en compétition européenne.

Nous reproduisons enfin la prise de position de ce jour des Dragons de Rouen, qui évitent quant à eux de sortir leurs griffes et de cracher du feu sur qui que ce soit, en restant un peu plus dans le cadre d’une communication officielle.

Nous tenons ici à souligner un fait important et peut-être méconnu qui met en relief l’importance de cette place en CHL 2021/22 : le club français qualifié jouera une poule qui n’aura jamais été aussi abordable pour se qualifier en phases finales. En effet, les qualifications olympiques fin août coïncident avec les dates de la phase de poules de CHL (prévoyant les deux premières journées du 26 au 29 août). Pour que les clubs des pays concernés ne soient pas trop dépouillés sans leurs joueurs internationaux, ils joueront à d’autres dates (9 au 12 septembre)… dans des groupes spécifiques, qui ne perturberont l’organisation des grands championnats.

Le tirage au sort de 2 poules de quatre « spéciales » se fera donc entre les huit clubs suivants : Rouen (déjà listé sur le site de la CHL), Bolzano, Klagenfurt, Salzbourg, Jastrzebie (champion de Pologne), le champion de Slovaquie à désigner, Frisk Asker (premier du championnat de Norvège au moment de son arrêt brutal pour raisons sanitaires) et le champion du Danemark à désigner.

Chacun comprendra en listant ces huit noms qu’il sera bien plus facile de s’y qualifier que face à un Frölunda ou autre cador suédois, par exemple. Les Dragons de Rouen, seul club français à avoir déjà accédé aux phases finales, auront donc une vraie chance d’y retourner au vu de leur effectif. Ce qui ne veut pas dire que ce sera fait : rappelons que Rouen s’était qualifié contre des Allemands et des Tchèques et avait été éliminé contre Salzbourg (certes plus fort à l’époque), rien ne sera gagné parce que les adversaires sont « plus faibles » sur le papier… d’autant que ceux-ci se disent sans doute la même chose et auront des ambitions similaires de qualification.

Le vainqueur de la Coupe Continentale, SønderjyskE (club danois), devra se débrouiller pour sa part sans ses internationaux (mais il n’en compte guère), de même que le Yunost Minsk, champion du Bélarus (là encore les internationaux jouent plutôt au Dynamo Minsk en KHL). Il n’y avait que huit places dans les « poules spéciales », il n’y en avait pas pour tout le monde et il fallait bien trouver un compromis. Le champion de Grande-Bretagne aussi sera hors poule spéciale, mais c’est normal puisque les Britanniques ont déjà été éliminés des qualifications olympiques.

 

Le communiqué FFHG :

Dessous et enjeux de la remise en cause du titre SLM obtenu par les Dragons de Rouen.

La fédération rendra cette semaine sa décision quant à son acceptation ou non de la proposition formulée par les conciliateurs du CNOSF en charge du conflit qui oppose les Brûleurs de Loups de Grenoble (BDL) à la FFHG.

La saisine du CNOSF par les BDL consiste, par des demandes à effet de tiroirs, à tenter d’obtenir l’attribution au club de Grenoble de la place qualificative à la prochaine édition de la Champions Hockey League (CHL).

A la suite de l’audience du 26 mars, en présence de représentants des BDL, de la FFHG et du club de Rouen en tant que tiers intéressé, les conciliateurs du CNOSF ont proposé le 1er avril 2021 :

  • aux BDL de s’en tenir à la décision du 5 mars 2021 en ce qu’elle a décidé de ne pas organiser de play-offs à l’issue de la saison régulière 2020/2021 ;
  • à la FFHG de rapporter la décision contestée en ce qu’elle a décidé d’attribuer le titre de Champion de France au vainqueur de la saison régulière 2020/2021.

Cette proposition, si elle aboutit effectivement à la demande des BDL de ne pas attribuer de titre de Champion de SLM, déboute en revanche en totalité le club de Grenoble de ses autres demandes : l’organisation de play-offs, à défaut l’attribution de la place en CHL aux BDL !

Pour arriver à cette solution, les conciliateurs ont tout d’abord conforté le rôle du Bureau directeur de la FFHG pour adapter la formule de la compétition. Ils ont ensuite retenu que les décisions de limiter la phase de saison régulière à 22 journées et de ne pas organiser de play-offs à l’issue celle-ci, avaient été prises à l’issue d’un processus entamé au cours du dernier trimestre 2020 et juridiquement conforme à la loi*.

Ce n’est que parce que la décision d’attribuer le titre de Champion de France a été officiellement entérinée postérieurement au 31 décembre 2020, que les conciliateurs du CNOSF ont proposé à la FFHG de renoncer à délivrer cette récompense pour la saison 2020/2021**.

En ce qui concerne la place qualificative en CHL, l’argumentation des conciliateurs du CNOSF est particulièrement éclairante sur l’objectif poursuivi par les BDL***.

Au vu d’un communiqué de presse relatif à la proposition du CNOSF, le président des BDL, se gardant de fanfaronner, se permet toutefois de déclarer avec une forme d’arrogance mal placée « elle (la proposition) rappelle à la fédération que la Ligue Magnus est un trophée prestigieux, et qu’il ne doit pas être galvaudé et mérite d’être traité avec rigueur et professionnalisme » ! De qui se moque-t-il ? La réalité est que la démarche des BDL n’avait qu’un seul et unique objectif : obtenir que les BDL bénéficient pour 2021 de la reconduction du « droit » à participer à la CHL qui leur avait été accordé, par dérogation aux règles en vigueur d’ailleurs et avec l’accord du club d’Amiens logiquement qualifié en tant que vainqueur de la Coupe de France, au titre de leur première place de saison régulière 2019-2020.

Cette absence de sincérité de la part du président des BDL est plus que regrettable et traduit un manque de loyauté qui n’honore en rien son auteur. Il est vrai que depuis des semaines M. Reboh s’était répandu dans les médias à grands coups de contestation de la validité des décisions prises par la FFHG, n’hésitant pas à attaquer tant des dirigeants et cadres de la fédération en les qualifiant notamment de « menteurs » (à son désavantage), que les autres présidents de SLM qui se sont inscrits de manière durable dans une relation de concertation sincère et constante avec la FFHG afin d’identifier les meilleures solutions pour la SLM en particulier et le hockey sur glace français en général.

En demandant au CNOSF de contraindre la FFHG de priver du titre de Champion de SLM 2020-2021 le club des Dragons de Rouen, le Président grenoblois démontre que l’esprit sportif est loin de l’habiter, affichant ainsi son caractère de mauvais joueur dès lors que l’ensemble des décisions prises pour l’organisation de cette saison si particulière s’adossent aux recommandations des présidents de clubs SLM exprimées à la quasi-unanimité : saison régulière en simple aller-retour, non organisation de play-offs, délivrance du titre de Champion au 1er de la saison régulière. Précisons que les BDL avaient voté pour une formule de saison régulière à 22 journées, et appelé à l’arrêt de la compétition le plus tôt possible, sans play-offs en l’absence de public ! A l’évidence M. Reboh n’est pas à une contradiction près (sic).

La FFHG dénonce ici une instrumentalisation d’une situation que M. Reboh a créée de toute pièce, en faisant fi des décisions prises après concertation de l’ensemble des clubs de SLM, et en contradiction avec les positions déjà exprimées par le club des BDL, que ce soit par voie de presse ou lors de réunions de travail avec ses pairs. Sa trajectoire sur ce dossier le fait naviguer entre contradictions, mensonges, accusations, injures, ce cocktail lui ôtant toute crédibilité.

Pire, au sortir de la conciliation, comprenant qu’il n’aurait pas gain de cause pour la CHL, M. Reboh est allé jusqu’à injurier et menacer ouvertement des élus et salariés fédéraux, élargissant même ses cibles à certains présidents de clubs de SLM. Face à cette attitude inacceptable et condamnable, la FFHG se réserve le droit d’engager, au-delà des dispositions disciplinaires fédérales, toute procédure utile à l’encontre du président des BDL.

L’attitude de M. Reboh dénote et inquiète : jusqu’où ce président, à la tête d’un des plus gros budgets de SLM, est-il capable d’aller pour satisfaire son égo ? Alors que depuis mars 2020 l’ensemble des acteurs du hockey français s’est mobilisé pour réussir à faire face à cette crise sanitaire aux rebonds économiques et sociaux pouvant mettre en péril notre sport, multipliant les Visio-conférences entre la fédération et les clubs et faisant preuve d’une solidarité sans faille donnant la priorité à l’intérêt général, le président des BDL se distingue en jouant une carte purement individualiste, sorte de caillou dans la chaussure de l’indispensable unité requise dans le contexte de la pandémie et soutenue par l’ensemble des clubs affiliés à la FFHG.

Que M. Reboh soit attaché à la participation de son club à la CHL s’entend volontiers… sous réserve de l’obtenir sur la glace. Qu’il tente, pour arriver à ses fins, de passer en force en requérant le retrait du titre de Champion de SLM brillamment obtenu par Rouen sur le terrain sportif, voilà un procédé nauséabond qui ne peut que nuire à l’image de notre sport.

Puisse le président des BDL revenir à de meilleures intentions et reconnaitre, enfin, que la place en CHL honore la meilleure équipe de SLM de la saison, position acquise sans la moindre contestation possible à Rouen dont personne, hormis lui, ne conteste la légitimité.

Le Bureau directeur de la FFHG devra se prononcer en fin de semaine. Acceptera-t-il la proposition de conciliation qui, de fait, aboutirait au retrait pur et simple du titre de Champion de Synerglace Ligue Magnus 2020-2021 obtenu en totale équité sportive par le club des Dragons de Rouen ? Au contraire, le Bureau s’inscrira-t-il dans le respect des dispositions arrêtées par lui sur la recommandation des clubs, elle-même confirmée devant le CNOSF par 10 d’entre eux ? Réponse d’ici quelques jours…

Quoi qu’il en soit, que Rouen conserve ou non son titre de Champion SLM 2020-2021, Grenoble ne disputera pas la CHL !

 

ANNEXES

Historique des faits avant l’intervention du CNOSF

Soucieuse de la sauvegarde du hockey sur glace professionnel, la FFHG n’a eu de cesse, au cours de la saison 2020/2021 et dès le début du deuxième confinement, de consulter les clubs de Synerglace Ligue Magnus sur les évolutions à apporter à la formule de la compétition compte tenu de l’absence de public dans les patinoires. Il a rapidement été convenu qu’en toute hypothèse cette saison devait être couronnée par la délivrance d’un titre de Champion de France, soit au vainqueur des play-offs, soit -à défaut de play-offs- au vainqueur de la saison régulière.

Le club des BDL soutient qu’aucun accord de ce type n’a été dégagé avant le 31 décembre 2020. Ce n’est pas ce que déclarent 10 des 12 clubs de Synerglace Ligue Magnus (un club ne s’étant à ce jour pas prononcé). L’unité que le Président des BDL appelle de ses vœux ne s’est donc pas faite contre la fédération.

Le 18 janvier 2021, à l’issue de ce long processus de concertation et sous l’impulsion du Bureau directeur et du Comité directeur de la FFHG, les clubs de Ligue Magnus réunis en assemblée plénière ont validé à l’unanimité (c’est-à-dire en ce compris les BDL) la formule de saison régulière de Synerglace Ligue Magnus 2020/2021 en simple match aller/retour (22 matchs) prenant fin le 3 avril 2021. Les clubs de Synerglace Ligue Magnus ont alors confirmé leur souhait de ne pas organiser de play-offs si le public n’était pas autorisé à revenir dans les patinoires (ce qui allait dans le sens des déclarations publiques du Président des BDL) et se sont de nouveau exprimés en faveur de l’attribution du titre de Champion de France au vainqueur de la saison régulière. Le club de Grenoble, lors de cette réunion, a demandé l’attribution à son club d’une qualification en Champions Hockey League (CHL) la saison suivante.

Quelques semaines plus tard, le Président des BDL a soutenu s’être opposé, dès le 18 janvier 2021, à la délivrance du titre de Champion de France au vainqueur de la saison régulière. Et pour cause, puisque les règlements de la FFHG prévoient que la première place qualificative en coupe d’Europe est attribuée… au Champion de France. La FFHG et les clubs de Synerglace Ligue Magnus ont ainsi vu les BDL demander que l’attribution des places européennes en vigueur à l’issue de la saison 2019/2020 soit conservée à l’issue de la saison 2020/2021.

Aucun motif juridique, sportif, objectif et légitime ne justifiait qu’il soit fait droit à une telle demande, par ailleurs contradictoire avec la poursuite de la saison régulière. C’est ainsi que le Bureau de la FFHG, le 5 mars 2021, a pris la décision :

  • de ne pas organiser de play-offs à l’issue de la saison régulière de Synerglace Ligue Magnus, dont le terme est fixé au 3 avril 2021 ;
  • de confirmer la position prise jusqu’alors à savoir que le titre de Champion de France de Synerglace Ligue Magnus sera décerné au vainqueur de la saison régulière ;
  • de rappeler la hiérarchie d’attribution des places qualificatives pour les compétitions européenne (CHL et Continental Cup) pour la saison suivante.

C’est la décision que les BDL ont contestée devant la Conférence des conciliateurs du CNOSF, en demandant qu’il soit proposé à la FFHG :

  • de la rapporter,
  • d’organiser des play-offs à l’issue desquels serait désigné le Champion de France, auquel serait attribué la place en CHL pour la saison 2021/2022,
  • à défaut de pouvoir organiser des play-offs, de ne pas désigner de Champion de France 2020/2021 et d’attribuer la place en CHL pour la saison 2021/2022 aux BDL.

Au risque de nous répéter, les BDL avaient pourtant voté pour une formule de saison régulière à 22 journées, et appelé à l’arrêt de la compétition le plus tôt possible, sans play-offs en l’absence de public.

Entre temps, le club de Rouen a conquis sur la glace le titre de Champion de France de Synerglace Ligue Magnus en tant que vainqueur de la saison régulière.

Proposition de conciliation du CNOSF

Une audience de conciliation s’est tenue devant deux conciliateurs le 26 mars 2021, en présence des représentants des BDL, de la FFHG et du club de Rouen en tant que tiers intéressé. Au cours des débats, la FFHG a pu convaincre les conciliateurs que la décision du 5 mars 2021 avait été prise dans le respect des valeurs qui lui sont chères : en pleine concertation avec les clubs concernés et dans l’intérêt général du hockey sur glace professionnel. Car si cette décision est in fine celle de la FFHG, elle correspond à la volonté exprimée par les clubs Synerglace Ligue Magnus auprès de la fédération, mais aussi -au moins pour 10 d’entre eux- devant les conciliateurs du CNOSF.

Extraits de la proposition des conciliateurs qui apportent réponses aux demandes des BDL telles qu’exposées supra.

* « L’ensemble de ce processus et des décisions prises dans le cadre de celui-ci, de l’avis des conciliateurs, répondent à l’objectif poursuivi par la loi du 17 juin 2020 ainsi qu’à la compétence temporelle offerte à la FFHG pour ce faire. En effet, si des décisions issues de ce processus ont été prises avant la date du 31 décembre 2020, dès le 6 octobre, puis le 12 décembre 2020, le caractère évolutif des décisions relatives à l’organisation du Championnat de SLM au regard de la crise sanitaire et du retour du public dans les enceintes sportives était clairement abordé et retenu par les instances fédérales compétentes. L’hypothèse de l’absence de play-offs était de surcroit envisagée dès le 6 octobre 2020. De ce point de vue il peut être difficilement soutenu que la FFHG n’avait pas anticipé une formule évolutive de ces Championnats. Par conséquent, il ne saurait être fait grief à la FFHG d’avoir pris la décision de déroger à la formule initiale du Championnat de SLM eu égard aux dispositions de la loi du 17 juin 2020 et de l’application faite de celle-ci. »

** « S’il est tout à fait louable pour la FFHG de procéder à la consultation de ces clubs, eu égard notamment à l’incidence des décisions prises pour ces derniers, les conciliateurs estiment qu’une telle consultation n’est pas de nature à justifier la modification de la formule du Championnat de SLM, en l’occurrence la non-attribution du titre de Champion de France, alors-même qu’une telle hypothèse n’avait pas été envisagée et arrêtée par les organes compétents de la FFHG avant le 31 décembre 2020. »

*** « (…) si le club requérant soutient qu’à défaut d’attribution de titre de Champion de France pour la saison 2020/2021 il devrait se voir octroyer la place qualificative en CHL pour la saison 2021/2022, les conciliateurs entendent préciser qu’ils ne peuvent souscrire à une telle analyse

En effet, la place de 1er au classement de la phase régulière du club requérant à l’issue de la saison sportive 2019/2020 n’est nullement de nature à lui conférer, contrairement à ce qu’il soutient, un droit acquis à la participation de la CHL pour la saison 2021/2022. Même en l’absence de délivrance d’un titre de Champion pour la saison en cours, le vainqueur de la phase régulière de la saison précédente, celle de 2019/2020 en l’espèce, ne demeure aucunement vainqueur de la saison sportive 2020/2021, puisque le titre de Champion ou, en l’absence de Champion, le classement à la 1ère place de la phase régulière est strictement annuel et vise à récompenser le parcours d’une équipe durant la saison au titre de laquelle ce titre est délivré ou cette 1ère place occupée. Seule la 1ère place au classement de la phase régulière pour la saison 2020/2021 aurait donc pu lui permettre de prétendre à cette participation en CHL pour la saison 2021/2022. »

 

Le communiqué des Brûleurs de Loups la semaine précédente (après la conciliation CNOSF) :

Cher membre de la famille BDL Nation,

Je reviens vers vous dans le dossier opposant la société GMH 38 à la FFHG.

Par courrier du 19 Mars 2021, j’ai formé une demande de conciliation auprès du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF).

Les fondements de mon action étaient de contester les décisions du 5 mars 2021 du bureau directeur de la FFHG : de ne pas organiser de play-offs à l’issue de la saison régulière 2020/2021 de la  Synerglace Ligue Magnus, d’attribuer un titre de Champion de France de la SLM au vainqueur de la saison.

L’audience de conciliation du CNOSF s’est donc déroulée le 26 Mars 2021.

Le 1er Avril 2021, les conciliateurs ont proposé d’une part, à GMH 38 de s’en tenir à la décision du bureau directeur de la FFHG du 5 mars 2021 en ce qu’elle a décidé de ne pas organiser de play-offs à l’issue de la saison régulière 2020/2021 et d’autre part, proposé à la FFHG de rapporter la décision contestée en ce qu’elle a décidé d’attribuer le titre de Champion de France au vainqueur de la phase régulière 2020/2021.

Cette proposition de conciliation que notre club va probablement valider est malheureusement lourde de conséquences.

Elle rappelle à la Fédération que la Ligue Magnus est un trophée prestigieux, et qu’il ne doit pas être galvaudé et mérite d’être traité avec rigueur et professionnalisme.

Si la Fédération venait à valider cette proposition de conciliation, l’emblématique équipe des Dragons ainsi que tous leurs fans seraient les victimes de cette légèreté et devraient rendre ce trophée qui leurs a été offert indûment.

Je regrette sincèrement cette situation et je remercie les Rouennais de m’excuser d’avoir été le révélateur de cette imposture fédérale.

J’en profite par ailleurs pour les féliciter pour la belle saison sportive qu’ils ont réalisé.

La Fédération Française de Hockey a maintenant 10 jours pour valider cette proposition de conciliation, à défaut d’accord, l’action judiciaire sera l’ultime issu que toute la famille BDL souhaite bien entendu l’éviter.

A compter d’aujourd’hui nous allons œuvrer avec tous ceux qui aime le hockey professionnel en France, pour constituer une Ligue professionnelle qui est une délégation de service public.
La mission de cette ligue professionnelle sera de gérer, organiser, réglementer, développer, et promouvoir le hockey professionnel Français et plus particulièrement la Ligue Magnus .

Je profite de ce message pour vous remercier pour tous vos témoignages de solidarités, pour votre soutien moral et économique.

Nous sommes une famille et vous nous l’avez témoigné tout au long de cette terrible pandémie….

Nous serons encore plus ambitieux pour la saison prochaine…

Merci j’ai hâte de vivre avec vous notre vie d’avant …”

 

Communiqué des Dragons de Rouen du mardi 13 avril (quelques heures avant le communiqué de la FFHG) :

PRISE DE PAROLE OFFICIELLE DES DRAGONS DE ROUEN

Connaissance prise de l’avis rendu par les conciliateurs du CNOSF ainsi que de la communication du Club de Grenoble ; et dans l’attente de la prise de position officielle quant à cet avis, le Club de Rouen, tiers intéressé au recours et victime potentielle, entend faire valoir les observations suivantes.

Sans rentrer dans les détails techniques et réglementaires, la communauté Magnus (comme l’intégralité du monde sportif) a été confrontée pour une deuxième saison à des circonstances exceptionnelles que d’aucuns qualifieraient de force majeure.

Lesdites circonstances menaçant clairement notre championnat dont les clubs ont des ressources et moyens disparates mais la volonté de s’organiser et pérenniser un modèle qui fait ses preuves depuis de nombreuses années, ceci grâce à l’implication de tous et notamment la Fédération.

C’est dans ce cadre que le championnat a dû être adapté suivant l’évolution de la pandémie et ceci jusqu’à ces dernières semaines ; ce que personne ne pouvait prévoir.

Ces adaptations, et aucun club ne pourra s’inscrire en faux, se sont effectuées dans la concertation la plus complète avec des réunions régulières entre les représentants de chaque clubs, le but étant de préserver le championnat, l’avenir des clubs, la sécurité de ses membres et spectateurs ainsi que l’équité sportive.

Il nous semble d’ailleurs ressortir de l’avis des conciliateurs du CNOSF que la plupart des adaptations intervenues l’ont été dans le respect de la Loi n°2020-734 du 17 juin 2020, à l’exception, selon cet avis, de celle attribuant le titre de champion de France au vainqueur de la saison régulière.

Les clubs, par respect pour les joueurs, staffs, supporters et partenaires, et ce magnifique trophée qu’est la Coupe Magnus ont unanimement décidé de maintenir un championnat compétitif et ont joué avec sérieux dans l’espoir d’une reprise normale de la saison et la dévolution classique du titre de Champion de France.

Il s’agissait à notre sens du seul moyen de sauver l’avenir de notre Championnat.

C’est dans ce cadre de concertation, force majeure liée à la pandémie et son évolution imprévisible encore actuellement, ainsi qu’équité sportive qu’il a été décidé d’attribuer le titre de Champion de France au vainqueur de la saison régulière ; titre qui ne peut sur le plan des résultats être difficilement contesté au Club de Rouen.

Ce recours et la proposition de conciliation intervenue, sont peut-être réglementairement réguliers, mais à notre sens contraires à l’équité sportive en ce que cela priverait le Club de Rouen d’un titre qu’il a sportivement mérité.

Par respect pour :

Le travail des joueurs et du staff de notre Club qui ont lutté jusqu’à la dernière journée et ont travaillé sans relâche,
Le soutien indéfectible de nos supporters et partenaires,
Le travail de la Fédération pour sauver notre championnat,
L’ensemble des décisions prises en concertation entre tous les clubs de Ligue Magnus et validées par vote à la majorité

Le Club de Rouen entend officiellement déplorer une éventuelle décision de retrait du titre au terme de la saison, certes exceptionnelle, 2020-2021 et souhaite rappeler tous les acteurs à la raison purement sportive qui ne saurait être contestée.

Le Club de Rouen tient encore à chaleureusement féliciter les joueurs, staff, supporters et partenaires publics et privés pour leur investissement et soutien durant cette période ainsi que les autres Clubs pour leurs sportivité et combativité durant cette saison.

Rétablissons la vérité sportive et bâtissons pour la saison prochaine. »

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