Division 3 : une saison bien lancée

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Après un gros mois de compétition en Division 3, nous en savons déjà plus sur les forces en présence, et les ambitions s’affirment. Petite présentation pour ce premier point Division 3 de la saison.

Dans la poule A, trois équipes sont toujours invaincues, mais avec une différence de matchs joués. Le meilleur départ est au crédit des Aigles de la Roche-sur-Yon avec quatre victoires (12 points), dont la dernière ce week-end contre la lanterne rouge du groupe, la réserve de Cholet (7-2). L’équipe emmenée par Juraj Ocelka s’appuie sur de nombreux joueurs d’expérience au sein du club (y compris en Divisions 1 et 2), comme le duo d’attaque Andrew Donald (5+7) – Bohus Farkasovsky (3+9), meilleurs marqueurs du groupe avec 12 points.

Les Aigles peuvent nourrir des ambitions mais ils devront se méfier en première phase de leur dauphin, la réserve de Tours (9 points). Les Remparts ont débuté leur saison avec trois victoires, et seulement deux buts encaissés par le duo de gardiens Renan Sarrazin et Julien Édouard. Cette formation 100% française est un savant mélange de jeunes joueurs du club qui font leurs premiers pas en sénior, et de cadres expérimentés comme Maximilien Gravelaine, Yves Auffret, Stéphane Fontenaud ou Valentin Morais.

La troisième place est occupée par les Renards d’Orléans (7 points). Après deux défaites inaugurales (mais une bonifiée), les Loirétains se sont repris et restent sur deux victoires. Avec un grand travail de structuration autour de la présidente Florence Jones, le projet orléanais avance et l’équipe tentera d’avancer encore, en déplacement à Tours pour son prochain match, le 13 novembre.

La dernière équipe invaincue de la poule A est la réserve d’Anglet (5 points), qui ne compte que deux matchs joués, tous deux à domicile : une victoire en prolongation face à Orléans (8-7 a.p) et un large succès face à l’équipe occupant la cinquième place, Limoges (13-3). Il va falloir du temps… et des déplacements, pour pouvoir mieux juger l’équipe basque, qui ne manque pas d’expérience avec de nombreux joueurs passés par l’élite comme Thomas Molia, Pierre-Hervé Coulombeix, Sébastien Rousselin, Christophe Cantos, Mathieu Grazina, Mickaël Wiart, Mathieu Saint-Marc, Pierre Vissio ou Nicolas Mariage.

Si les Taureaux de Feu de Limoges (3 points) ont démarré par une victoire pour enchaîner sur trois défaites, les Cormorans de Rennes (3 points) ont débuté par trois échecs avant de s’imposer lors de leur dernier match, contre la réserve de Bordeaux (4-2). Cela n’est pas anecdotique pour une équipe bretonne qui a terminé à la dernière place de son groupe à chaque fois depuis la saison 2016-2017. Les joueurs de l’entraîneur-joueur Yven Sadoun occupent la sixième place devant la réserve de Bordeaux (une victoire et deux défaites, trois points) et la réserve de Cholet (quatre défaites et zéro point).

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(Illustration : Charlotte TacarLo)

Le suspense est entier dans la poule B, puisqu’avant de s’affronter trois équipes comptent trois victoires en autant de matchs ! On y retrouve d’abord la meilleure défense du groupe, celle des Castors d’Asnières (9 points). Emmenés par l’ancien gardien Guillaume Dalsasso, la formation témoigne d’une très forte empreinte francilienne, l’immense majorité des joueurs étant nés en région parisienne, et d’autres y sont implantés depuis très longtemps, comme le Québécois Jean-Denis Aurouzé arrivé à Garges en 2000, ou l’Isérois Quentin Vial.

Asnières recevra la semaine prochaine la réserve de Caen (9 points), également membre du trio de tête. Au delà de la formation pour certains juniors, l’équipe normande permet de se replonger dans les souvenirs d’un hockey passé. Le capitaine est Roch Chevalier, international junior des années 90, passé par de très nombreux clubs. Il partage la défense avec les frères Vandecandelaere, Olivier et Dominique, deux anciens du club même si Olivier a également porté les couleurs de Tours ou Briançon, en élite. Ils font pourtant tous office de « petits jeunes » par rapport au numéro 23, Jean-Marc Soghomonian. À 50 ans, ce joueur historique du hockey français compte trois participations aux championnats du monde entre 1995 et 2000. Notons également la présence dans l’équipe d’Erwan Pain, neuf saisons de Ligue Magnus à son actif.

Une autre réserve complète le podium puisqu’il s’agit de celle d’Amiens (9 points). Nous sommes ici sous un autre profil d’équipe, avec Yannick Offret en mentor (247 matchs de Ligue Magnus) et unique joueur à dépasser les 20 ans. Cette présence en Division 3 est l’occasion pour les juniors amiénois de prendre de l’expérience et de peaufiner son jeu offensif car Amiens possède la meilleure attaque du groupe et Mattéo Orme-Lynch, qui jouait déjà en Division 2 en 2019-2020 avec la réserve de Strasbourg à tout juste 16 ans, est le meilleur marqueur du groupe B avec une fiche à date de 3 buts et 7 assistances.

Après un très bon départ (deux victoires), la réserve de Brest (6 points) termine le mois d’octobre sur deux défaites, dont l’une sévère à Asnières (8-0). Elle occupe la quatrième place, devant une équipe qui a signé sa seule victoire contre les Albatros (2-5), les Lions de Compiègne (4 points). Suivent encore l’entente Garges-Français Volants (3 points) qui n’a pas su enchaîner après sa victoire inaugurale à Compiègne (2-7), la réserve des Jokers de Cergy-Pontoise (2 points) qui a débloqué son compteur sur son dernier match également dans l’Oise (3-4 a.p), et enfin les Tigres de Boulogne-Billancourt, toujours à la recherche de leur première victoire (0 point).

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(Illustration : Charlotte Rossignol)

 

La poule C était très attendue sportivement, avec des formations aux ambitions affichées (Dijon, Lyon, Metz), une réserve de Strasbourg qui arrive après de nombreuses saisons en Division 2 comme Châlons en Champagne (relégué en 2020), Luxembourg aux individualités parfois surcotées pour l’échelon, et les équipes franciliennes Champigny et Dammarie-lès-Lys.

À ce jour c’est Lyon (8 points) qui domine les débats, invaincu en cette entame d’exercice (3-2 face à Dijon, 5-4 a.p à Champigny et 6-5 à Metz). Le projet lyonnais porté par des personnalités du hockey français ne compte pas stagner trop longtemps en Division 3, et peut se satisfaire d’occuper cette poule concurrentielle, sans doute un avantage pour préparer la deuxième phase. Les Lyonnais possèdent un effectif dense, et l’actuel meilleur marqueur du groupe, le Slovaque David Kubovcik, 10 points cette saison et 227 en Division 3.

Lyon est la seule équipe à avoir fait chuter son actuel dauphin, Dijon (8 points). La défense dijonnaise est difficile à mettre à revers puisqu’elle n’a encaissé que sept buts en quatre matchs, et Michal Marcinek a signé un jeu-blanc lors du succès face à Luxembourg (2-0). Marcinek n’est pas le seul Slovaque de l’effectif puisque la défense s’appuie sur Marek Bais, en France depuis 2010, et l’attaque compte dans ses rangs Martin Novotny, auteur de 12 points en Division 1 avec Clermont-Ferrand il y a deux saisons.

Deux victoires et deux défaites : le bilan est actuellement le même pour Strasbourg 2, Châlons en Champagne et Metz. Les deux premiers cités sont tout de même devant au regard d’une défaite bonifiée (aux tirs au but 3-2 à Dijon pour Strasbourg, et à Champigny pour Châlons), soit 7 points. La majorité des joueurs strasbourgeois pratiquent leur hockey junior au sein de l’Entente Hockey 68, une situation bien différente pour d’expérimentés Gaulois châlonnais à l’instar du gardien hongrois Tamas Kiss (37 ans), des Slovaques Marek Hanes (35 ans) et Vladimir Mikula (32 ans), du Russe Kirill Sokolov (34 ans), et de sept joueurs français au-delà des 30 ans. En cinquième position, Metz (6 points) cherchera à monter en puissance : pour ce faire Christer Eriksson pourra s’appuyer sur son gardien de fils, Adrian, son cadet Nolan (sept buts marqués en quatre matchs), son ancien joueur à Mulhouse Andreï Esipov, et quelques joueurs à la belle carrière dans les divisions françaises.

Ferment la marche dans la poule Dammarie-lès-Lys (3 points en 3 matchs), Champigny sur Marne (3 points en 4 matchs) et l’équipe de Luxembourg (0 point en 2 matchs), toujours aussi internationale (cinq joueurs finlandais, deux Allemands, un Polonais, un Américain, un Français, un Luxembourgeois né en Angleterre) mais qui doit se répartir entre la D3 et son championnat national.

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(Illustration : Roger Sauvageot)

 

Terminons par la poule D, la plus nombreuse (neuf formations) et la plus avancée au calendrier. Deux équipes ont déjà joué six matchs, parmi lesquelles le leader, Briançon (12 points). Sur l’ensemble de la division, la réserve briançonnaise est sans doute celle qui porte le mieux la condition de réserve, puisqu’elle est composée de nombreux joueurs déjà utilisés en Ligue Magnus sur les deux dernières saisons, bien souvent pour compléter les bancs. Avec eux, des anciens comme Georges Roul, 52 ans, qui a remporté le trophée Jean-Pierre Graff du meilleur espoir d’élite lors de la saison 1986-1987 ! Le vivier local est important puisqu’au moins 26 joueurs sont nés dans la ville.

Avec 9 points en quatre parties jouées, Nice, Annecy et Avignon ont un meilleur ratio de victoires. L’équipe niçoise se base pour majeure partie sur des anciens joueurs de l’équipe première, parmi lesquels le gardien Dorian Rollet, les défenseurs Stanislas Aubert ou Thomas Puech, ou les attaquants Tomas Banas et Aurélien Macon, pour ne citer qu’eux. La défenseuse Claudia Mollichi, aperçue avec l’équipe féminine PACA mais surtout en roller-hockey, fait partie de l’effectif. Kévin Enselme conduit une équipe d’Annecy qui reste sur deux victoires et compte un effectif pléthorique, au point qu’aucun joueur de l’effectif n’a pris part à l’ensemble des matchs joués.

Première équipe « non réserve » du groupe, Avignon a concédé sa première défaite ce week-end à Annecy (3-1) mais reste la seule équipe du groupe à être toujours sous la barre des 10 buts encaissés. Mais c’est aussi d’assez loin l’équipe la plus pénalisée de l’ensemble du championnat, avec 169 minutes cumulées. Les Castors peuvent s’appuyer sur l’expérience de ses joueurs québécois, Eric Martel, Iann Sabourin et le bien installé Denis Charpentier (55 ans), doyen du championnat, au club depuis 1993.

En cinquième position, la réserve des Rapaces de Gap (6 points) compte quelques curiosités, avec Mathis Roussin-Bouchard qui joue en défense aux côtés de son père, Frédéric. S’il n’est pas étonnant de retrouver Aurélien Bertrand dans l’effectif au titre d’ancien, il l’est un peu plus de retrouver l’ancien gardien occuper les fonctions de capitaine et d’attaquant. Les Gapençais sont à égalité avec Toulon. Après l’aventure en Coupe de France qui les aura fait affronter les pensionnaires de Ligue Magnus Nice, les Boucaniers soufflent le chaud et le froid dans ce groupe où ils peuvent espérer performer, en ayant largement battu le leader Briançon chez lui le 16 octobre (4-8).

Avec trois points mais seulement trois matchs joués, les Krokos de Nîmes restent dans l’expectative. Ils ont perdu à domicile face à Gap (0-3), avant de s’imposer à Villard (0-8) et de perdre de peu à Briançon (6-5). La saison risque d’être plus compliquée pour la réserve des Éléphants de Chambéry, qui compte trois points en six matchs. Chambéry ne compte qu’une seule victoire face à la lanterne rouge, la réserve de Villard de Lans (2-7), qui n’a toujours pas pris de point mais en n’ayant joué que trois rencontres.

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(Illustration : Aline Roul)

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