Qualification olympique féminine : présentation

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L’attente était interminable. À trois mois des Jeux olympiques d’hiver de Pékin (!), le voilà donc enfin, ce tournoi de qualification olympique féminin, initialement prévu en février 2021. Une attente d’autant plus longue pour huit des douze équipes engagées dans ce TQO dont la dernière compétition officielle remonte à 2019, seul le Mondial élite ayant été disputé en 2021 pour les féminines.

Pour rappel, les six meilleures nations du classement IIHF 2020 sont déjà qualifiées : États-Unis, Canada, Finlande, Russie, Suisse et Japon. La Chine est l’autre qualifiée d’office, en tant que pays hôte. Si la présence aux Jeux d’hiver de la sélection masculine (32e au classement IIHF) a crée beaucoup de remous, la remise en question est moins évidente pour la sélection féminine, 20e nation mondiale et au niveau finalement assez proche de l’équipe de Corée unifiée Nord / Sud à PyeongChang en 2018. Rappelons enfin que, pour la première fois, le tournoi olympique féminin est ouvert à dix nations – comme les Championnats du monde – ce qui explique l’organisation de trois tournois de qualification, au lieu de deux précédemment. La Tchéquie accueille la Hongrie, la Norvège et la Pologne ; l’Allemagne accueille le Danemark, l’Autriche et l’Italie.

Mais c’est bien évidemment le dernier groupe, celui de Luleå où se retrouvent les Bleues, qui nous intéresse. Seuls les premiers de chaque groupe iront aux Jeux olympiques.

Suède

Jamais dans l’histoire du hockey sur glace, l’équipe de Suède, masculine ou féminine, n’a dû passer par des qualifications pour pouvoir être présente aux Jeux olympiques. C’est pourtant l’étonnante réalité de la « Damkronorna », dont la chute s’est accélérée ces dernières années. On est bien loin de l’époque de Peter Elander, sélectionneur des Suédoises pendant la première décennie des années 2000, qui avait alors instauré une orientation plus professionnelle, permettant ainsi à son équipe d’obtenir deux médailles aux championnats du monde et surtout un titre de vice-champion olympique à Turin en 2006.

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L’expérimentée Sara Grahn a connu les fastes en équipe de Suède, avant les lourdes déconvenues (Photo Timo Savela pour HockeyArchives)

Mais la décennie suivante a été d’une toute autre couleur avec le passage tumultueux du coach Leif Boork, en poste de 2014 à 2018. Boork est un personnage médiatique dont les choix, les tactiques mais aussi les manières ont été extrêmement contestés par les joueuses, à tel point qu’elles avaient demandé son congédiement auprès de la fédération par le biais d’une pétition. La septième place (sur huit équipes) aux JO de PyeongChang – alors que Boork claironnait haut et fort que son équipe visait l’or – a mis fin à ce chapitre. Le scénario-catastrophe ne s’arrête pas là. En échouant en Corée, la sélection féminine a perdu le soutien financier du comité olympique suédois, et il lui était difficile de compter sur une fédération qui l’a négligée pendant des années. Vous connaissez sûrement la suite : la Suède a été reléguée du Mondial élite d’Espoo et ses joueuses, en faisant grève, exigeaient en août 2019 de leur fédération à davantage de moyens et de reconnaissance. Aucune compensation financière, absence d’assurance, des difficultés pour les déplacements, du textile masculin, des équipements pour juniors, des produits de nutrition périmés, voilà le genre de signaux qu’a envoyé la fédération d’une grande nation de hockey, pendant des années, à ses féminines…

Les deux dernières compétitions de la Damkronorna, JO 2018 et Mondial 2019, sont les pires performances de l’histoire de l’équipe nationale féminine suédoise. Ce tourbillon d’échecs répétés et cette profonde crise ont beaucoup affecté le groupe de 2019. Et chez certaines, la motivation n’y était plus, comme les leaders Fanny Rask ou Erika Grahm qui ont préféré stopper l’aventure. C’est dans ce contexte houleux qu’est arrivé le nouveau sélectionneur Ulf Lundberg, qui a dû alors faire face, comme si ce n’était pas suffisant, à la pandémie de Covid qui a forcé l’annulation des Mondiaux D1A 2020 et 2021, prévus à Angers puisque la fédération suédoise n’avait daigné à soumettre une demande d’organisation.

Malgré tout, la SDHL est devenu un atout sur lequel l’équipe nationale pourra capitaliser. La ligue élite suédoise est devenue le meilleur championnat féminin en Europe, on serait tenté de dire au monde en l’absence d’une vraie ligue majeure en Amérique du Nord. Avec les sponsors comme le site de jeux en ligne Svenska Spel, le transporteur DHL, l’hôtelier Scandic et le brasseur Norrlands Guld, la SDHL suédoise est parvenue à se développer, se structurer, et même générer des revenus (même en temps de covid) qui ont pu être redistribués aux clubs. En revanche, son importante internationalisation fait grincer des dents. Outre la Suède, ce sont seize nations qui sont représentées cette saison en SDHL, une centaine de joueuses sur 237 sont étrangères, dont des Hollandaises et des Anglaises. Parmi les douze meilleures marqueuses de SDHL, une seule est suédoise. « Trop de joueuses étrangères », « manque de réservoir suédois » arguaient certains. En réponse, la fédération suédoise a décidé de réagir en s’alliant avec la SDHL pour imposer de manière progressive les talents locaux. L’objectif d’ici 2025 doit permettre aux équipes de disposer d’une majorité de joueuses suédoises formées localement. Le fameux système des « JFL », désormais bien connu en France, arrive en Suède !

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La nouvelle vague suédoise incarnée par Maja Nylén-Persson (Photo Timo Savela pour HockeyArchives)

Après une chute sans fin, la nouvelle génération suédoise peut changer beaucoup de choses. L’équipe U18 est bien installée en élite mondiale, d’ailleurs sacrée vice-championne du monde en 2018  après avoir été demi-finaliste en 2016 et 2017. Plusieurs jeunes talents ont confirmé depuis et réaliser le saut en équipe senior, c’est le cas de Maja Nylén Persson qui a pris beaucoup d’importance dans une défense suédoise en chantier. Nylén Persson a tout pour devenir la défenseure majeure de cette équipe pour les années à venir. La joueuse de 20 ans est d’ailleurs, au milieu de la cohorte de joueuses étrangères, la meilleure marqueuse suédoise de SDHL. Si on ajoute Mina Waxin, Jessica Adolfsson, Thea Johansson, Lina Ljungblom et la grande marqueuse de demain (et déjà d’aujourd’hui) Josefin Bouveng, c’est une nouvelle génération talentueuse qui a pris forme dans cette Damkronorna.

Mais à l’approche des qualifications olympiques, les blessures ont décidé de se mêler aux festivités. Bouveng n’a pas été disponible pendant plusieurs semaines pour Brynäs, mais le cas d’Emma Nordin était plus inquiétant. Nordin, l’une des meilleures marqueuses de l’histoire du championnat suédois (203 buts en 365 matchs de SDHL), n’a joué aucune rencontre depuis le début de saison en raison d’une blessure à l’épaule. Elle était censée jouer pour le club chinois KRS Vanke Rays en ZhHL russe, mais vu que l’équipe sert avant tout de sélection olympique chinoise pour préparer les JO, Nordin est restée à Luleå pour tenter de retrouver la forme. Et c’est une véritable course contre la montre qui a été lancée pour Nordin, retenue comme Bouveng dans la liste de Lundberg. Les deux stars offensives Bouveng et Nordin seront-elles aptes au jeu à temps ? Et dans quel état de forme ? En revanche, l’autre star offensive Hanna Olsson, qui n’avait joué aucun match la saison dernière après s’être arrachée les ligaments croisés, semble avoir retrouvé son plus haut niveau, tandis que Sara Grahn est toujours la titulaire indiscutable devant le but.

À domicile, la Suède est favorite, avec la meilleure équipe sur le papier. Encore faudra-t-il confirmer tout ça sur la glace, car la Damkronorna aura la pression après les échecs répétés des dernières saisons, d’autant plus sur un tournoi aussi court que celui-ci où tout peut aller très vite. Personne en Suède n’imagine que la sélection féminine ne puisse pas se qualifier pour les Jeux olympiques. Sauf que personne n’imaginait voir un jour une équipe de Suède reléguée de l’élite mondiale…

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Emma Nordin échouant sur Caroline Baldin aux Mondiaux 2019, les retrouvailles vont être tout aussi intenses entre la Suède et la France (Photo Timo Savela pour HockeyArchives)


France

Quand l’équipe de Suède paye les négligences de sa fédération, les Françaises, elles, n’ont cessé de gagner en reconnaissance. À deux semaines du TQO, la FFHG a d’ailleurs annoncé que les féminines obtiendraient la même prime de qualification que celle prévue pour les hommes, quand bien même le CIO et l’IIHF versent moins pour les femmes. Un beau signal de parité qui vise à récompenser le travail et les nombreux sacrifices de ces joueuses. Même s’il s’agit de la première mesure sous le néo-président de la FFHG Pierre-Yves Gerbeau, cela reste dans la continuité d’un hockey féminin français mieux loti que son concurrent suédois. On peut véritablement citer comme facteur de réussite le travail réalisé par le Pôle France féminin, le centre de développement des futures joueuses dont la relocalisation à Cergy faisait partie du projet olympique 2022 mais aussi 2026. Des ambitions à long terme animent donc Hockey France qui aimerait voir sa sélection féminine défiler aux Jeux olympiques pour la première fois de son histoire.

Si, telle une bête blessée, la Suède aura clairement la pression sur les épaules, les Bleues peuvent elles se délecter d’une position de challenger qu’elles assumeront pleinement. À cet égard, le stage d’Albertville au mois d’août, qui a vu une triple confrontation face aux Suédoises, a été un très bon indicateur pour l’équipe de France, d’autant plus que les Françaises n’avaient joué que deux fois la Hongrie fin juin après seize mois sans disputer une seule rencontre internationale à cause de la pandémie, quand la Suède en a disputé six en neuf mois. En Savoie, la France a rempli son objectif : malmener son adversaire prétendu plus fort, jusqu’à obtenir une victoire historique 1-0, la première en l’espace de 84 ans d’une équipe de France de hockey face à la Suède. C’est en quelque sorte un message qu’ont délivré les Françaises, deux mois et demi avant ce TQO : elles livreront une bataille acharnée, la Damkronorna est prévenue.

En préambule du tournoi, la Suède et la France se sont entendus pour disputer une rencontre amicale dimanche soir, à une semaine pile de leur affrontement au TQO. Les Françaises sont arrivées à Kalix jeudi avant de prendre le chemin de Luleå samedi, le sélectionneur suédois Ulf Lundberg, qui voyait plus d’avantages que d’inconvénients à jouer une rencontre amicale, n’avait d’autre choix que jouer l’outsider n°1. Les Slovaques n’ont quitté Bratislava pour Luleå que samedi, et les Sud-Coréennes ont quitté leur base d’entraînement de Jincheon que dimanche, c’était donc la France ou rien. Ce dernier match avant le TQO a finalement été à sens unique pour la Damkronorna avec 3 buts en 10 minutes et un score cinglant de 8-0. Mais ce n’est pas sur un match amical, où les Suédoises ont eu une réussite maximale aux tirs (29 pour elles, 20 pour les tricolores) et les blessures doivent avant tout être évitées, que l’on peut tirer véritablement des enseignements.

En lâchant le frein à main et en donnant tout, les Bleues peuvent réellement croire en leur rêve olympique qui est au centre de leurs préoccupations depuis plusieurs années. « Chiffonniers », c’est un terme qui a longtemps été attribué à l’équipe de France masculine, capable par le passé de s’arracher pour sauver sa peau en élite, ou réaliser des exploits retentissants face à la Russie, la Finlande ou le Canada. Cet état d’esprit bleu, cette force de caractère, cette cohésion ne sont pas propres à la sélection masculine. Sous Grégory Tarlé, entraîneur en chef depuis 2013 et qui a fêté son 200e match derrière le banc tricolore dimanche dernier, les Bleues ont atteint leur sommet, le top 10 mondial, avant tout grâce à cette force, collective et mentale, qui a été polie au fil des années. La dixième place au classement IIHF 2020 – avant de perdre deux places en raison de l’annulation des Mondiaux D1A à cause de la pandémie – a permis à la France de se qualifier cette fois-ci automatiquement pour le tournoi de qualification olympique sans passer par un tour intermédiaire, comme ce fut le cas il y a quatre ans quand les Bleues ont dû disputer une pré-qualification à Cergy. La Suisse, l’Allemagne, le Japon, la Russie, et donc la Suède, sont des pensionnaires habituels de l’élite qui font partie du tableau de chasse des hockeyeuses françaises, vaincus en amical ou en compétition officielle. Si elles font preuve de sacrifice et de cohésion, en plus d’être au complet, ces Bleues sont capables du meilleur.

morgane rihet 2Cette équipe de France, soudée et qui se connaît très bien – elles se définissent d’ailleurs comme une famille – a clairement passé un cap, avec des talents individuels qui ne font pas simplement que s’exporter. Elles performent et tiennent des rôles majeurs. C’est particulièrement flagrant en Naisten Liiga finlandaise où Athena Locatelli est l’une des meilleures défenseures, et Estelle Duvin la meilleure marqueuse de la ligue – elle a été nommée meilleure joueuse d’octobre – quand ce n’est pas Clara Rozier et Emmanuelle Passard qui font parler la poudre avec une équipe du HIFK plus ambitieuse cette saison. Et comment ne pas évoquer Chloé Aurard, 22 ans et désormais l’une des meilleures attaquantes du circuit universitaire NCAA, virtuose qui incarne un vrai talent d’exception du hockey français. L’inusable titulaire Caroline Baldin – 7e saison avec Zurich, déjà 3 blanchissages cette saison – Caroline Lambert, Gwendoline Gendarme, Marie-Pierre Pélissou, Betty Jouanny, Lara Escudero, Marion Allemoz et Lore Baudrit sont bien installées à l’étranger. La capitaine des Bleues Allemoz est d’ailleurs la co-meilleure buteuse de son équipe de MoDo, tandis que sa complice Lore Baudrit semble s’être parfaitement remise de son opération du ligament. Morgane Rihet, Anouck Bouché – revenue en sélection nationale après un break de deux ans – Léa Parment, Léa Villiot et Raphaëlle Grenier sont aussi de précieuses joueuses de l’ombre. La concurrence est désormais rude, à tel point que la défenseure de l’Université de Montréal Éloïse Juré et l’attaquante de Göteborg Margot Desvignes ne sont « que » remplaçantes pour ce TQO.

Quelques jeunes joueuses ont été incorporées à l’alignement, Emma Morel, Lucie Quarto, Jade Barbirati et Julia Mesplède, issues du Pôle féminin et déjà expatriées en Amérique du Nord pour trois d’entre elles, disputeront leur première compétition internationale. Mais c’est évidemment l’expérience qui prime pour une équipe qui atteint l’apogée du cycle bâti par le manager Emmanuel Colliot, le coach Grégory Tarlé et son adjoint Sébastien Roujon. L’équipe de France est d’ailleurs l’équipe la plus expérimentée des quatre en lice à Luleå. Pour bon nombre de ces joueuses, il s’agit de la dernière chance olympique. C’est dire la motivation qui anime ces Bleues pour faire chuter la Suède dans cette finale annoncée… à condition d’assurer l’essentiel au préalable en déjouant les deux premiers adversaires, comme avaient pu le faire les Bleus en échouant de peu à Riga. Si les Françaises disposent de la Corée du Sud (jeudi) puis de la Slovaquie (samedi), elles auront alors le privilège de disputer la grande finale tant attendue face à la Suède dimanche. Pour rentrer dans l’histoire.

france slovaquie féminin 2019 escudero
Françaises et Slovaques se retrouveront, deux ans après Épinal


Slovaquie

Alors que la Tchéquie arrive tout juste à viser désormais le top 5 mondial, la petite sœur slovaque traîne toujours à l’étage du dessous. Il faut remonter à 2011 pour voir la seule présence de la Slovaquie en élite mondiale, et à 2010 pour la seule participation aux Jeux olympiques. Une participation surprenante car, à l’époque, les Slovaques avaient réussi un véritable tour de force en remportant le tournoi de pré-qualification avant de déjouer, lors du tournoi de qualification olympique, l’Allemagne, le Kazakhstan et… la France. Vancouver 2010 et le Mondial élite 2011 avaient alors permis aux Slaves de passer du 15e rang IIHF à la septième place… avant de dégringoler. D’ailleurs, la situation s’est totalement inversée sur la dernière décennie entre les Françaises et les Slovaques. Battues en qualifications olympiques 1-3 pour les JO 2010 puis 1-5 aux Mondiaux 2009, les Bleues se sont ensuite imposées 3-1 (Mondiaux 2014), 5-0 (Mondiaux 2016) et 7-1 (Mondiaux 2018). Le dernier affrontement en date entre Françaises et Slovaques remonte à 2019, Marion Allemoz et ses coéquipières avaient gagné 3-1 dans l’ambiance électrique de Poissompré à Épinal.

Si les Françaises seront déterminées à bousculer les pronostics pour faire tomber la Suède, la Slovaquie a bien l’intention d’en faire de même et rejoindre la sélection masculine, déjà qualifiée à Pékin. Nicol Lucák-Čupková, qui avait 16 ans quand elle a joué les JO de Vancouver, sait que les exploits sont possibles. « Toutes les filles seront à 120% » prévient la triple championne de Russie. Lucák-Čupková, une des meilleures attaquantes de ZhHL russe, est d’ailleurs l’un des rares talents de premier plan à évoluer à l’étranger, en plus de la défenseure Lenka Čurmová qui a évolué ces dernières années en PHF (nouveau nom du circuit nord américain ex-NWHL) à Buffalo puis aux Riveters. Janka Hlinková et Danielle Hartje, nées aux États-Unis et qui ont évolué en NCAA, étaient des joueuses naturalisées bienvenues. Mais la veille du départ de Bratislava à Luleå, Hartje s’est réveillée avec une forte fièvre. Malgré un test négatif, la centre de l’université de Yale ne pouvait pas prendre le vol avec ses coéquipières, forcée de déclarer forfait…

lucia ištocyová et caroline lambertUn réservoir de joueuses de qualité a longtemps fait défaut au hockey féminin slovaque mais beaucoup d’efforts ont été réalisés. Le jeune entraîneur en chef de la Slovaquie, Tomáš Segíň – ancien joueur de Clermont et d’Annecy – est d’ailleurs très investi dans le développement. Segíň est à l’origine du programme « Super Talent Hockey Girls » afin de démocratiser le hockey féminin en Slovaquie, faciliter son accès aux néophytes et accompagner les plus aguerries. Il est aussi l’entraîneur du SKP Bratislava, club engagé dans le championnat paneuropéen EWHL avec des équipes de Hongrie, d’Autriche, d’Italie et du Kazakhstan. Cette saison, l’équipe de Bratislava, médaillée de bronze en EWHL la saison dernière, affiche moins de 19 ans de moyenne d’âge et fait office d’incubateur de talents.

Et les efforts semblent fonctionner. 14e en 2012 à l’échelle mondiale, la sélection U18 a côtoyé l’élite en 2020, soit le top 8 mondial. Même si l’équipe n’a pu éviter la relégation, les U18 slovaques ont particulièrement bien résisté, notamment face à la Suède et la Suisse. Parmi elles, la gardienne Nikola Zimková, titulaire à Bratislava, s’est montrée particulièrement solide et semble la plus à même à s’imposer en équipe senior après la retraite de l’expérimentée Jana Budajová. Comme les autres joueuses de sa génération, Zimková représente l’avenir d’un hockey féminin slovaque qui se veut plus ambitieux. Pour l’heure, la sélection de Tomáš Segíň, qui a inclus dans son staff l’ex-capitaine et olympienne 2010 Iveta Frühauf pour motiver les troupes, aura-t-elle les moyens de perturber la France, voire la Suède qu’elle rencontrera en début de tournoi ? Corrigées par les grandes sœurs tchèques au début de l’été (0-6 et 1-8), les Slovaques ont obtenu deux victoires convaincantes fin août, face à la Norvège (3-2) et la Pologne (4-2). « Le hockey est un sport d’équipe. Le tournoi portera sur la performance de l’équipe, chaque joueuse se verra attribuer un rôle important. Nous ne réussirons que si nous agissons sur la glace et en dehors ensemble » annonçait Segíň avant ce tournoi.

Les joueuses à la double croix sont à la poursuite du rêve olympique, attachées à faire rayonner un hockey slovaque en deuil après les décès, la semaine dernière, à seulement quelques jours d’intervalle, du dirigeant Dušan Pašek (suicide) après celui du joueur Boris Sádecký (insuffisance cardiaque), tous deux des Bratislava Capitals. Rebeka Sádecká, cousine de Boris, est d’ailleurs membre de cette équipe de Slovaquie et arborera avec ses coéquipières un autocollant sur le casque en hommage aux deux disparus. Avec l’espoir, onze ans après les Jeux olympiques de Vancouver, de créer la surprise.

Corée du Sud

Seule qualifiée du groupe à l’issue du tour intermédiaire, la Corée du Sud s’invite à la fête, avec le souvenir nostalgique de PyeongChang 2018. Bien au-delà du sport, qui avait vu une défaite respectable face aux Japonaises en-dehors de trois cuisants revers, cette équipe avait offert de bien belles histoires. La sélection unifiée a connu un incroyable final riche en émotions au cours duquel les Nord-Coréennes enlaçaient en larmes leurs coéquipières du sud en guise d’adieu. La belle histoire également de deux sœurs qui ont joué pour deux nations différentes : Park Yoon-jung, connue sous le nom de Marissa Brandt, son nom d’adoption par une famille du Minnesota dont fait partie Hannah, qui a joué ce même tournoi olympique pour les États-Unis. Mais passées les lumières d’une équipe qui a pu jouer les Jeux olympiques grâce au statut de pays-organisateur, le retour à la réalité dans l’anonymat (et la Division 1B) était inéluctable pour la 17e nation mondiale qui a amorcé un nouveau cycle.

corée du sud féminine

En conséquence, l’équipe de Corée du Sud 2021 n’a plus grand chose à voir avec celle de PyeongChang, les renforts nord-américains naturalisés ayant désertés l’équipe. Dans la sélection constituée pour le tour de pré-qualification olympique, seule une poignée de joueuses des JO 2018 étaient présentes : les défenseures Kim Se-lin, Park Chaekin et Park Ye-eun, les attaquantes Choi Ji-yeon, Choi Yu-jung, Jung Si-yun, Lee Eun-ji et la capitaine Park Jong-ah, qui avaient à peine 20 ans voire moins à l’époque. Les « anciennes » étant finalement assez jeunes, la moyenne d’âge a chuté avec 19 ans et demi. Cela tombe bien, le nouvel entraîneur Kim Sang-joon, nommé cette année, a l’habitude des jeunes joueuses, il a entraîné l’équipe nationale U18. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est audacieux puisqu’il est allé, pour les qualifications olympiques, jusqu’à titulariser une toute jeune gardienne… de 16 ans.

Durant le tour intermédiaire, Jang Inhye a totalement impressionné en blanchissant la Slovénie (3-0) puis l’Islande (10-0) avant d’encaisser le seul but de la Corée durant ces pré-qualifications, face à la Grande-Bretagne. Grâce à une étonnante gardienne prodige et la discipline qui les caractérise, les Coréennes ont obtenu leur billet pour le TQO malgré une égalité à trois et un dernier revers 0-1 face aux Britanniques devant 1700 spectateurs à Nottingham (un record pour un match de hockey féminin sur le sol britannique). La Corée du Sud était d’ailleurs censée organiser ce tournoi de pré-qualification au Gangneung Hockey Centre qui avait accueilli les matchs durant l’olympiade, avant que les restrictions sud-coréennes n’offrent l’organisation à la Grande-Bretagne et Nottingham.

Dans les Midlands, les joueuses du pays du matin calme ont donc remporté le groupe d’un rien en disposant de nations classées au mieux 23e. Déjouer la Slovaquie, deux places devant au ranking IIHF, mais surtout deux équipes qui ont le niveau de l’élite mondiale, la Suède et la France, ce sera tout de même une toute autre paire de manches pour cette jeune sélection coréenne qui tentera avant tout de faire bonne figure.

Programme :

Jeudi 11 novembre
France – Corée du Sud (15h)
Slovaquie – Suède (19h)

Samedi 13 novembre
France – Slovaquie (12h)
Suède – Corée du Sud (16h)

Dimanche 14 novembre
Corée du Sud – Slovaquie (12h)
Suède – France (19h)

Les matchs de la France sont retransmis sur la chaîne Sport en France

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