À l’inverse des deux dernières saisons, les Boxers ont mal démarré. Pourtant invaincus en matchs amicaux, les Bordelais ont essuyé 2 défaites à Cergy et Rouen. Leur match d’ouverture contre Marseille avait été arrêté en cours de jeu, Mériadeck s’étant transformé en sauna, la faute à une présence trop importante de Finlandais sur la glace, ou à la qualité médiocrement récurrente de la climatisation de la patinoire.
Du coup, en recevant les Aigles de Nice en ce mardi 19 septembre, on attendait une victoire girondine pour enfin lancer la saison au point de vue comptable. Bordeaux abordait ce match somme toute important avec quelques absences de marque, Kevin Spinozzi, Charles-David Beaudoin, Rudolfs Polcs, et Maxime Legault le capitaine. En revanche, les Azuréens sont venus avec, notamment, trois anciens joueurs des Boxers, Louis Bélisle, Marc-André Levesque et Louis Vitou. Si vous ne lisez pas entre les lignes, vous allez vite comprendre…
Bordeaux sur de bons rails
Round d’observation à l’entame entre deux équipes clairement sur la retenue. Quelques essais de part et d’autres pour tester les portiers, mais rien de bien alarmant. On arrive tranquillement au premier frisson de la soirée avec cette entrée en zone offensive de Nikita Jevpalovs et son casque d’or, qui délivre une lumineuse ouverture à l’opposé vers Loïk Poudrier pour un lancer à la cage de Nikita Bespalov. Le gardien niçois laisse un rebond que Samuel Salonen ne laisse pas passer. 1-0 pour Bordeaux.
Si les Boxers ont des statistiques en leur faveur à ce moment, on sent quand même que l’équilibre est fragile et qu’ils ne sont pas à l’abri d’erreurs. On commence par ce coup de sifflet contre Julien Guillaume (retenir) qui déclenche la première d’une longue série de pénalités pour Nice. Joonas Larinmaa alerte Quentin Papillon sans danger, et Fabien Métais parvient même à s’échapper après avoir récupéré un palet à la bleue, mais ne peut pas battre le portier des Aigles. La pénalité prend fin, et Lucas Villain trouve Papillon bien positionné.
Une combinaison entre Ludovic Karsh et Loïk Poudrier donne un tir un peu mou sur Bespalov, avant que le show Aleksei Polodyan ne débute. Bien qu’un peu personnel, le Russe a des qualités plus qu’indéniables dans la conservation de la rondelle. Sur cette action il zigzague dans la défense niçoise, se trouve un angle de passe qui eût été parfait s’il avait vu Julius Valtonen absolument tout seul.
Mais, évidemment, cette bonne période est coupée par un faire trébucher parfaitement évitable de Nikita Jevpalovs en zone neutre, donnant une nouvelle supériorité numérique à Nice. Evgenii Nikiforov trouve tout d’abord le poteau sur un tir en angle (très) fermé, suivi de près par une grosse occasion de Norbert Abramov qui cherche le petit filet opposé, obligeant Quentin Papillon à un grand écart magistral.
Bordeaux semble maîtriser cette infériorité, c’est d’ailleurs sans doute ce que la défense locale s’est dit, en restant parfaitement en ligne, mais statique à la ligne bleue, contrairement aux deux Larinmaa qui partent seuls en zone offensive, et crucifient Quentin Papillon, seul contre les deux adversaires lancés. 1-1. Le tiers se termine là dessus avec 14 tirs à 5 pour des Boxers alors meilleurs, mais manquant de rigueur.
Pas de décision
Le début du deuxième tiers voit Aleksei Polodyan se mettre en valeur toujours individuellement. Omniprésent et dans tous les bons coups, il dynamise les attaques bordelaises, monopolisant le palet et créant du jeu. Maladroit dans le dernier geste le plus souvent, il ne parvient pas (encore) à être décisif.
On passe la troisième minute quand Aina Rambelo allume la cage de Bespalov depuis la ligne bleue, le jeune Raphaël Cacheux dévie ça sous la barre pour ouvrir son compteur en Magnus, 2-1 pour les siens et un scénario favorable pour le moment.
Les Boxers continuent, une action à trois, avec Vince Tartari, Julien Guillaume et Baptiste Bruche termine à côté, puis c’est de nouveau Polodyan qui dribble et est fait trébucher par Rychagov. Pendant ce jeu de puissance pour Bordeaux, seuls Ludovic Karsh et Samuel Salonen auront des munitions.
Joonas Larinmaa aura bien un contre arrêté par Papillon. Un petit coup donné après le coup de sifflet donne lieu à une embrassade. Une pénalité pour Nice pour dureté, et deux côté Boxers pour Vince Tartari et Kévin Dusseau. Il ne faudra pas longtemps aux Niçois pour, une nouvelle fois, convertir la supériorité numérique et égaliser à 2-2 par Norbert Abramov.
Bastien Lemaître tente de réveiller les siens, et alerte Bespalov, qui stoppe le palet avec son casque et reste sur la glace quelques instants. Il se remet malgré tout assez vite, car sur la mise en jeu suivante, il est mis à contribution et s’emploie de la botte. Rudy Matima met son grain de sel aussi, fait le tour de la cage et trouve Karsh, mais sans succès. Nice se rend coupable d’un retard de jeu donnant une supériorité pour Bordeaux. Peu de chances de marquer sauf pour Rychagov en contre sur Papillon.
La fin du tiers ressemble un peu à du hourra hockey, mais Nice bloque bien les entrées en zone offensive bordelaises forçant les Boxers à dumper (envoyer au fond). Seul Mattéo Mahieu parvient en toute fin de tiers à déborder sur la gauche de l’attaque et à placer une tentative bien stoppée par le gardien azuréen juste avant la sirène.
Bordeaux n’est une nouvelle fois par parvenu à garder le score, et la réussite adverse en supériorité numérique devrait encourager les Boxers à limiter l’indiscipline à son minimum pour ne pas donner trop de munitions à leur rival du soir.
Efficacité maximum
Nous voici donc à l’entame du dernier tiers, avec deux équipes qui s’accrochent, dans tous les sens du terme. Nice tient bon, malgré une domination adverse, mais est là au score, et efficace.
Bordeaux essaie toujours. Fabien Métais entre en zone offensive en contrôle, mais bute sur Bespalov. Mise en jeu, et c’est Samuel Salonen qui échoue à son tour sur le portier adverse. Poudrier est sanctionné pour une charge à la crosse, et remet son équipe en infériorité numérique. Nice obtient une grosse occasion via Lucas Villain qui reçoit une offrande de Joonas Larinmaa depuis le côté droit de la cage. Le numéro 18 est seul mais bute sur Papillon. Bordeaux a eu chaud. Louis Bélisle alerte de nouveau l’ancien gardien des Scorpions avant la fin de la pénalité.
Enzo Carry arrive à filer en contre, contourne la cage et se fait crocheter par un défenseur niçois. « Jouez » disent les arbitres au grand dam des Bordelais. Rudy Matima, lui, n’est en revanche pas épargné pour un accroché le long de la bande, et Nice se re retrouve en supériorité.
Jesper Larinmaa ne met pas bien longtemps pour convertir une chance et voilà les Aigles devant au score 2-3, encore une fois sur leur powerplay. Dur pour les Boxers, mais cela réagit tout de suite, et Rudy Matima obtient une pénalité différée, vue cette fois-ci par le corps arbitral. Quentin Papillon déserte sa cage et Bordeaux égalise dans la foulée par Julius Valtonen sur un rebond laissé par le gardien niçois. Soulagement côté girondin.
Le match devient un peu fou. Fabien Métais et Vince Tartari tentent de forcer la décision, mais Bespalov veille au grain. Les arbitres décident ensuite de sanctionner Axel Prissaint pour une faute le long de la bande. Nice n’en demandait pas tant, et les voilà de nouveau dans leur exercice favori de la soirée. Lucas Villain se retrouve en bonne position mais ne peut redresser un palet qui trainait dans l’enclave, en revanche, Louis Bélisle trouve l’ouverture dans la même position qui l’avait vu trouver le gant de Papillon quelques minutes auparavant. Cette fois ci c’est dedans, 3-4, on vous le donne en mille… en supériorité numérique.
Sauf que là, il ne reste que 5 minutes à jouer, et que l’on sent que c’est sans doute le but de trop. La tentative de Polodyan est à côté. Baptiste Bruche récupère le palet, prend une charge contre la bande que les arbitres ne sanctionnent bizarrement pas, le néo-Bordelais se venge dans la foulée, et se retrouve… en prison. Comme si cela ne suffisait pas, dans la précipitation, un surnombre bordelais vient les placer en double infériorité. Et ô surprise… Nice en rajoute un pour faire le break, définitivement cette fois-ci, 3-5, par Marc André Levesque à la ligne bleue. L’ex-capitaine bordelais crucifie ses anciennes ouailles en battant Quentin Papillon qui voit le puck lui filer entre les jambes.
Bordeaux tentera bien le tout pour le tout, mais ne réussira pas l’impossible, et pour clore le spectacle, Louis Vitou, dernier ex-Bordelais à ne pas avoir scoré, s’en va clôturer la marque en cage vide, sans effusion particulière. 3-6, et le sentiment sur les dix dernières minutes que les Boxers n’ont pas été vernis. Toutefois, avec 6 buts encaissés, dont 5 en infériorité, la vérité est ailleurs, notamment dans l’indiscipline catastrophique du soir.
Réactions d’après-match
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « Nous perdons le match sur notre indiscipline. Nos fautes, elles y sont, même si ça n’a pas sifflé les mêmes fautes de l’autre côté. Donc il y a de la frustration et nous prenons 5 buts en infériorité, ce qui n’avait pas été le cas lors des deux matchs précédents. Je crois qu’à 5 contre 5, nous avons fait notre match. Nous avons peut-être manqué d’efficacité dans certaines phases de jeu mais nous avons eu la maîtrise du palet, même si nous avons eu un creux physique lors du deuxième tiers. Nous perdons vraiment le match sur ces fautes évitables, notamment trois qui sont en zone offensive. On ne peut pas se permettre de faire ce genre de faute à ce niveau-là. Il faut que nous nous servions de ce match pour progresser. Et surtout, il faut que mentalement, nous soyons plus forts. Dans l’adversité, nous verrons si cette équipe a du caractère. Anglet vendredi, c’est un derby, un match où il va falloir tout donner, aller au combat parce que ça ne va pas être simple. Aujourd’hui, nous courons après notre première victoire et il faut que nous allions la chercher au Pays Basque. Nous savons que ça va être un match compliqué, un match rude. Mais nous allons continuer à bosser et ça va payer. »
Bordeaux – Nice 3-6 (1-1, 1-1, 1-4)
Mardi 19 septembre à 20H15 à la patinoire Mériadeck. 2492 spectateurs.
Arbitres : Raphaël Rohwedder et Alexandre Hauchart assisté de Nicolas Constantineau et Alexia Cheyrou.
Pénalités : Bordeaux 18′ (4′, 4, 10), Nice 8 (0, 6, 2).
Tirs : Bordeaux 35 (14, 13, 8), Nice 28 (5, 9, 14).
Évolution du score :
1-0 à 06’28 : Salonen assisté de Poudrier et Jevpalovs
1-1 à 18’15 : Je. Larinmaa assisté de Jo. Larinmaa et Belisle (sup. num.)
2-1 à 23’29 : Cacheux assisté de Rambelo et Métais
2-2 à 30’49 : Abramov assisté d’Esipov et Rychagov (sup. num.)
2-3 à 49’27 : Je. Larinmaa assisté de Rychagov et Abramov (sup. num.)
3-3 à 50’33 : Valtonen assisté de Salonen et Matima
3-4 à 55’15 : Bélisle assisté de Jo. Larinmaa et Villain (sup. num.)
3-5 à 58’43 : Levesque assisté de Nikiforov et Babka (double sup. num.)
3-6 à 59’44 : Vitou assisté de Levesque et Salve (cage vide)
Bordeaux
Attaquants :
Rudy Matima – Alexei Polodyan – Julius Valtonen
Nikita Jevpalovs – Loik Poudrier – Samuel Salonen
Enzo Carry – Julien Guillaume – Baptiste Bruche
Vince Tartari – Fabien Métais – Raphaël Cacheux
Défenseurs :
Kevin Dusseau – Bastien Lemaitre
Mattéo Mahieu – Axel Prissaint
Aina Rambelo – Ludovic Karsh
Gardien :
Quentin Papillon [sorti de 58’56 à 59’45]
Remplaçant : Victor Bodin (G). Absents : Charles-David Beaudoin, Kevin Spinozzi, Rudolfs Polocs, Maxime Legault (commotion)
Nice
Attaquants :
Norbert Abramov – Andrei Rychagov – Evgenii Nikiforov
Jesper Larinmaa – Joonas Larinmaa – Bryan Sautereau
Kaïs Faure Brac – Louis Vitou – Mickael Kuronen
Elo Kasper – Alexis Sutor – Daniel Babka
Défenseurs :
Marc André Levesque – Ivan Esipov
Louis Bélisle – Theo Lanvers
Yoan Salve – Lucas Villain
Gardien :
Nikita Bespalov
Remplaçant : Lou Silighini (G). Absent : Ondrej Kopta (retour annoncé hier).










































