Sur une série de trois défaites consécutives après une défaite dans le derby (1-4), samedi soir, Amiens n’est pas au mieux sportivement et compte ses blessés. Si James Phelan est bien de retour de suspension, c’est cette fois Ilies Djemel qui se rajoute à la longue liste d’absences, aux côtés de Jesper Larinmaa, Noa Besson, Ugo Tocquin et Clément Fouquerel. Pour compenser, Mario Richer s’est contraint à rappeler Anatole de Mali de Valenciennes mais surtout se faire prêter Paul Le Lem par le meilleur ennemi rouennais afin de tourner à quatre trios offensifs, tout en comptant sur la deuxième apparition en élite de Gaspard Vanwormhoudt.
Pour les Cergypontains, la situation n’est guère plus reluisante. Battus lors des cinq derniers journées, les joueurs de Miika Elomo n’ont inscrit que cinq petits buts, restent sur une claque à domicile contre Marseille (0-4) et doivent également déplorer de nombreux absents en Danick Bouchard, Alex Barber, Louis Petit, Raphaël Faure, Nikita Shalei et Paulin Hostein. En revanche, le capitaine Patrick Coulombe fait son retour. Suffisant pour enrayer la spirale infernale, qui a amené à convoquer une conférence de presse dès le jeudi 2 janvier ?

Contre le cours du jeu
D’entrée, la pression était mise par les locaux, cherchant à profiter de la difficulté présente actuellement chez les Jokers. Cepon remontait la glace et tentait un tir du poignet depuis la droite stoppé par Ylonen (1’10) avant que l’international français ne laisse un rebond mal maîtrisé – consécutif à un tir de Tessier – repris par Gibert le forçant à un nouvel arrêt compliqué (5’).
Malgré les quelques situations, le jeu n’était pas des plus brillants. Entre mauvais contrôles, enchaînement techniques limités et passes ratées, Gothiques et Jokers ne proposaient pas le plus beau des spectacles. Et c’est sur une situation de ce type que les visiteurs rentraient dans leur match. Pas aidé par une mauvaise passe à rebond, Brittain perdait le palet à la bleue de lui-même et laissait s’échapper Perrenoud qui perdait son duel face à Kozun (5’30). Un premier test d’une longue série pour le gardien canadien qui voyait Pardo jouer intelligemment pour éviter un dégagement interdit mais ne parvenait pas à le battre (7’). Définitivement dominateurs désormais, les Franciliens accentuaient encore un peu plus la pression. Sur une nouvelle transmission ratée en zone neutre, Hämäläinen s’en allait défier Kozun mais manquait le cadre (8’).

Acculé et en difficulté sérieuse dans le jeu, Amiens comptait sur un coup d’éclat de Plagnat – qui gagnait une mise au jeu en zone défensive avant de remonter toute la glace – pour faire passer un frisson à la cinquantaine de supporters cergypontains présents (10’). Du doute, les Franciliens passaient à la frustration quand Kozun réalisait un triple arrêt fantastique, dont deux sur Welsh (14’). Puis quelques instants plus tard, sur un tir à la bleue de Cepon, Plagnat effectuait une incroyable déviation pour offrir le palet à Svanenbergs devant le but vide, une offrande que le “top scorer” amiénois convertissait (1-0, 17’19).
En tête contre le cours du jeu, les Gothiques se montraient proches du break sur un tir lointain de Mony dévié, Ylonen allait au sol et ne parvenait pas à se relever mais par deux fois Brittain manquait la mire pourtant déserte (19’). Conscients de mériter bien mieux qu’un retard à la fin du premier acte, les joueurs de Miika Elomo augmentaient un peu plus l’intensité dans le tiers médian. De quoi accentuer légèrement la domination et les situations, notamment lorsque Théodore déshabillait Roussel avant de servir Welsh, au deuxième poteau, qui – en fin de présence – manquait la cible (22’30).

Cergy recolle logiquement
Peu de temps après, Melin pénétrait dans la défense, décalait Limtong sur sa gauche dont la reprise instantanée forçait Kozun à un très gros arrêt (25’). En délicatesse comme dans le premier acte, la troupe de Mario Richer parvenait bien à trouver de l’air sur des contres, à l’image de celui initié par Bergeron en zone neutre et presque conclu par Svanenbergs (27’), cela restait trop beau. Et malgré un niveau physique qui montait petit à petit, les réelles situations étaient bien pour Cergy qui butait encore et toujours sur un Kozun de gala, auteur d’un double arrêt devant Myllymaa et ses compères de ligne (32’). En supériorité numérique pour la première fois de la partie, les Cergypontins étaient proches de se faire surprendre par le duo Lavigne – Lepage qui s’échappait dès la mise au jeu, mais le tir de ce dernier, seul face à Ylonen, manquait le cadre (33’).
En difficulté offensive, les Amiénois s’exposaient de plus en plus à un retour. Surtout, ils se montraient incapables de protéger correctement leur gardien qui, suite à un double arrêt, voyait les Jokers prendre plusieurs rebonds d’affilée jusqu’à Myllymaa qui glissait la rondelle au fond (1-1, 36’30). Frustrant pour Kozun mais terriblement logique pour des Franciliens qui s’offraient les meilleures situations depuis le début de la partie.

Pas vraiment piqués au vif, les joueurs de Mario Richer concédaient une nouvelle pénalité et se montraient tout heureux de voir Myllymaa – pourtant complètement seul – manquer inexplicablement son “one timer” alors que le but était ouvert (39’). Dans la foulée, Svanenbergs lançait un contre, était accroché par Hämäläinen et provoquait la faute du finlandais fou furieux, Plagnat récupérait le palet, trouvait Bergeron au deuxième poteau qui butait à son tour sur Ylonen (39’30).
Un peu plus actifs dans les duels à l’aube de l’ultime période, les Picards prenaient très légèrement l’ascendant dans un match toujours autant marqué par les imprécisions techniques et tactiques. Décalé par Lepage, Maïa tentait sa chance de près mais était stoppé par Ylonen (41’), tout comme Tessier, pourtant idéalement trouvé par Plagnat (45’30). Si Théodore et Addamo mettaient à contribution un Kozun toujours impeccable (48’), le dernier vingt était bel et bien à l’avantage des locaux. Svanenbergs héritait du palet près du but mais n’arrivait pas à conclure (50’). Même constat pour Gibert qui récupérait le rebond après un tir de Cepon mais ne trouvait même pas le cadre (54’).
Les Jokers soufflent, les Gothiques souffrent
Alors que la prolongation se profilait, une ultime grosse occase était à mettre au crédit de Tessier qui prenait tout son temps pour ajuster Ylonen… mais finissait par lancer directement sur l’international français (59’10). À trois contre trois, Cergy soufflait quelque peu et savourait de prendre enfin un point. À tel point que les visiteurs du soir ralentissaient sérieusement le rythme, allant jusqu’à conserver le palet pendant de nombreuses secondes à plusieurs reprises dans la période supplémentaire. Les Gothiques, quant à eux, essayaient d’aller chercher le succès mais seul Bergeron se procurait une chance de marquer qu’il n’arrivait pas à convertir (61’10).
Poussées en fusillade, les deux formations ne brillaient guère plus. Hämäläinen trompait Kozun pendant que les huit autres tireurs ne parvenaient pas à enfiler l’aiguille, certains étant même proches de ne pas tirer sur leur duel. Le banc des Jokers exultait, la victoire était enfin de retour, le tout avec de nombreux joueurs majeurs manquant à l’appel.

De quoi passer le réveillon du Nouvel An avec le sourire avant de démarrer 2025 sur une réception de Bordeaux puis de se rendre dans les Hautes-Alpes pour deux affrontements décisifs en vue de la qualification en playoffs contre Briançon et Gap.
Pour Amiens, la situation va de mal en pis. Apathiques pendant une très grande partie de ce dernier duel de 2024, les joueurs de Mario Richer n’ont jamais vraiment semblé au-dessus de leur adversaire et ont dû se remettre plusieurs fois à un très grand Kozun pour ne pas sombrer. Le top 4 s’éloigne encore un peu plus et les Gothiques voient les Spartiates recoller sérieusement. Les six prochains matches seront très certainement décisifs pour les ambitions des Amiénois puisqu’ils défieront Nice, Chamonix par deux fois, Gap à deux reprises ainsi que Briançon. Suffisant pour se remettre les têtes et les jambes à l’endroit ?
Élus meilleurs joueurs du match : Taran Kozun (Amiens) et Sebastian Ylonen (Cergy)

Amiens – Cergy-Pontoise 1-1 (1-0, 0-1, 0-0, 0-0) / 0-1 aux tirs au but
Lundi 30 décembre 2024 à 20h15 au Coliséum. 3100 spectateurs.
Arbitres : Adrien Ernecq et Julien Peyre assistés de Maxime Laboulais et Thomas Caillot.
Pénalités : Amiens 6’ (0′, 4’, 2′, 0’) ; Cergy 6′ (0′, 4’, 2′, 0’).
Tirs : Amiens 40 (13, 11, 13, 3) ; Cergy 29 (13, 7, 9, 0).
Évolution du score :
1-0 à 17’19’’ : Svanenbergs assisté de Cepon et Lavigne
1-1 à 36’26’’ : Myllymaa assisté de Addamo et Welsh
Tirs au but :
Amiens : Matima (manqué), Svanenbergs (manqué), Gibert (manqué), Phelan (manqué), Bergeron (manqué)
Cergy : Hämäläinen (réussi), Myllymaa (manqué), Welsh (manqué), Limtong (manqué)
Amiens
Attaquants :
Zachary Lavigne (C, +1) – Janis Svanenbergs (+1) – Antonin Plagnat
Josh Brittain – James Phelan – Gauthier Gibert (-1)
Rudy Matima – Julien Tessier (A, -1, 2’) – Bastien Maïa (A)
Anatole De Mali – Paul Le Lem
Défenseurs :
Aleksandar Magovac (+1) – Kristjan Cepon (+1)
Justin Bergeron (-1, 2’) – Jordan Lepage
Guillaume Roussel (-1) – Mathieu Mony
Gardien :
Taran Kozun
Remplaçants : Raphaël Châteauvieux, Gaspard Vanwormhoudt, Raphaël Opoma. Absents : Noa Besson (main), Jesper Larinmaa (blessé), Ilies Djemel (blessé), Clément Fouquerel (blessé), Ugo Tocquin (blessé)
Cergy-Pontoise
Attaquants :
Philéas Perrenoud (-1) – Aleksi Hämäläinen (A, -1, 2’) – Colin Delatour
Sayam Limtong – Tyler Welsh – Kalle Myllymaa (+1)
Christopher Théodore – Tomas Pardo – Antoine Addamo (+1, 2’)
Arthur Hostein – Lyly Jokinen
Défenseurs :
Patrick Coulombe (C, 2’) – Daniels Gorsanovs
Vincent Melin (+1) – Antoine Fertin (+1)
Raphaël Brites (-1) – Aurélien Dorey (A, -1)
Gardien :
Sebastian Ylonen
Remplaçant : Olivier Richard (G). Absents : Danick Bouchard, Alexander Barber, Louis Petit, Raphaël Faure, Nikita Shalei.









































