Cette soirée du 14 février 2026 était cochée depuis longtemps dans les agendas des amoureux du HGD. Le départ vers la capitale de l’Europe l’été dernier de Vít Budínský a laissé un goût amer. Ainsi s’achevait une décennie à admirer le sens du jeu, les talents de buteur et l’amour du maillot du numéro 81, qui aura marqué la montée en puissance du club flandrien, de son duo avec le « cousin » slovaque Marek Mikusovic à l’apogée d’une finale à Bercy, en passant par une complicité avec Clément Thomas ou Joseph Broutin. Le chouchou de Raffoux évolue désormais aux côtés de l’enfant du pays Matias Thomas, d’Antoine Torres, au passage très apprécié dans le Nord, et de Baptiste Meunier.
Pas de place aux sentiments au regard de la situation comptable de Corsaires renforcés depuis cette semaine par l’apport du stratège Mario Richer et au coup d’envoi par le navigateur Thomas Ruyant, venu en clet’che (déguisement) encourager le club dont il porta les couleurs dans sa jeunesse. En ces temps de Trois Joyeuses, l’ancien vainqueur de la Transat Jacques Vabre trouverait un troisième insuccès de suite fort de café…
Le début prudent trouve peut-être une explication dans un alignement expérimental contraint par les absences de Jeremiah Luedtke et Rayan Belharfi, blessés. Ainsi le staff positionne Pierre Vervoort sur le premier trio, aux côtés des Finlandais. Ybann Hetmaniuk prend place à l’arrière et le prometteur Thimothé Guillemot gagne un peu plus de temps de jeu. La première frayeur pour des visiteurs accompagnés d’une colonie de supporters vient d’un ancien de la maison, Louis Olive, qui reprend d’une position excentrée le palet de Daneau vers une cage instable. Le lancer puissant de Kojo offre à Tomas Hiadlovsky l’occasion de se rassurer du gant. Un autre essai de la ligne bleue le surprend toutefois, à sa décharge du fait de la présence de Clément Thomas opportuniste pour le masquer et le convertir en ouverture du score (1-0 à 05’09″). Incisif sur l’aile, Kuronen enchaîne pour maintenir la pression, le Slovaque dévie.
L’Étoile Noire, présente par intermittence dans la zone d’attaque, ne parvient pas encore à se montrer aussi létale, la faute à un dispositif défensif prudent, en témoigne le contre de Poirier sur Budínský, trouvé dans le cercle droit. Théo Lanvers poursuit cette entrée encourageante, passe deux joueurs, puis un autre arrière est démarqué près de la cage sans pouvoir redresser la course du caoutchouc qui file à droite du but. Strasbourg laisse passer la tempête et riposte par deux tentatives de Dugas, la dernière déviée devant Luba, dont l’intervention en catastrophe repousse le disque. Antoine Torres profite d’un changement de ligne pour armer, mais c’est le plus célèbre des anciens Dunkerquois qui égalise en ponctuant le travail avisé du technique Saarinen (1-1 à 10’12″). Dunkerque enchaîne les lancers jusqu’au premier coup de sirène, sans pour autant contraindre Hiadlovsky à des parades miraculeuses. Les efforts de Sointu pour contourner le rideau défensif ou d’un Lanvers porté sur l’attaque sans pour autant trouver la conclusion espérée de son capitaine n’y changent rien, pas plus que le lancer de Carpentier contrarié par le retour de son ancien partenaire Torres.
À la reprise l’élan maritime se confirme, Davranche d’un tir croisé et Carpentier en cherchant la lucarne préoccupent Hiadlovsky. Celui-ci plonge aux devants d’une rondelle frappée par Dinda et laissée libre devant Pierre Vervoort (23’07″). Dans la minute suivante, une action Thomas – Daneau, conclue par Olive venu en renfort dans le dos du Québécois, fait se lever Raffoux, mais les arbitres estiment que le palet a frappé la cage sans entrer, au grand dam de Michael Luba qui s’en émeut lors d’un arrêt de jeu. Romain Carpentier profite de plusieurs présences sur le trio n°1 pour délivrer des passes inspirées à ses partenaires, dont ne profite pas Deberge, et pour lancer à nouveau vers le haut d’une cage bien protégée. À ce moment l’Étoile Noire est uniquement dangereuse en contre-attaque, ainsi par Burgos qui trouve Trudeau. Il en est de même lorsque Risto Saarinen, posté à la ligne bleue, réclame de la crosse une longue passe ; le message est entendu par ses arrières et il s’en va profiter de la présence en attaque de Lanvers et Deberge pour vaincre Luba de près (1-2 à 27’22″). Le hors-jeu n’est pas sifflé, et quelques secondes après, Markus Kojo ironise en frappant le sol de la crosse devant le corps arbitral, ne récoltant que de vives remontrances. Piqué au vif par une action de Trudeau au cœur d’une défense passive, Dunkerque conclut cette séquence « finlandaise » par un lancer victorieux de Mikael Kuronen côté droit, au ras du poteau (2-2 à 29’22″).
D’une position similaire, Main ne peut l’imiter, mais Strasbourg prend peu à peu le contrôle du jeu, et de la rencontre car Vít Budínský surprend Luba à ras glace (2-3 à 30’19″). Torres au deuxième poteau passe près d’enfoncer ironiquement le clou face à des anciens partenaires à la peine pour patiner après une rondelle dont ils tardent à faire bon usage. Y compris sur la première supériorité numérique consécutive à un retard de jeu du même Torres, coupable d’avoir conservé l’objet de toutes les convoitises dans son gant. La plus grosse occasion vient même d’une contre-attaque de Trudeau, qui pivote pour lancer du revers, car en face le tir de Romain Carpentier est dévié dans les airs par Kuronen. Au retour à cinq, le rusé Budínský se démarque sur la gauche, d’où il délivre un centre millimétré pour Risto Saarinen (2-4 à 35’15″). Et si le gant de Tomas Hiadlovsky tremble sur un autre essai de Kuronen côté droit, c’est en infériorité que les hommes de Ludovic Duchesne terminent un tiers-temps frustrant. Antoine Torres se heurte encore à la mitaine de Luba, auteur d’une parade sur un tir de Chapleau détourné dangereusement au-dessus de son corps.
Le HGD n’abdique pas et Clément Thomas fait résonner le métal d’une cage visée par les arrières au maillot bleu, aidés par des entrées en zone inspirées de Matias Sointu. Strasbourg est plus prudent, retrouvant une posture proche du premier tiers, même si Budínský profite d’une rare cartouche pour tenter sa chance dans un angle fermé. Louis Olive a l’opportunité de punir un relâchement alsacien en allant défier un gardien protégé par le retour de Giorgi avant de subir une crosse haute de l’attaquant tchèque (50’08″). L’occasion est belle pour relancer le suspense. Lubomir Dinda vient reprendre une passe aux abords du but, il est contré ; servi par Sointu, Kuronen s’avance et se casse les dents sur le dernier rempart, soulagé de voir Zackary Daneau manquer le cadre sur un rebond. Strasbourg peut souffler, d’autant que Lucas Sénéchal trouve le haut du but en déviation (2-5 à 54’12″). En voyant le visage dépité de Romain Carpentier après un lancer sur la barre transversale, on comprend que le HGD doit se concentrer sur le déplacement à Meudon ce dimanche et espérer retrouver la réussite qui a fui notamment Daneau, frappé au visage par la crosse de Main. Strasbourg aurait pu creuser l’écart en fin de rencontre sur une deuxième échappée de Saarinen et une ultime action de l’homme du match pour éviter un défenseur et trouver le poteau. Qu’importe, la troupe de Michal Duras conforte sa position derrière le duo de tête grâce à une quatrième victoire de rang loin de l’Iceberg.
Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Vít Budínský pour Strasbourg et Mikael Kuronen pour Dunkerque.
Commentaires d’après-match
Antoine Torres (attaquant de Strasbourg) : « Jouer à Dunkerque n’est jamais évident, c’est une équipe qui a connu des difficultés et ne mérite pas sa place. Ils restent difficiles à jouer et ont beaucoup tenté dans les dix premières minutes. On a voulu faire le dos rond et être prudents. [Sur la série de victoires à l’extérieur] Je n’ai pas d’explications, il fallait se relever après le match de Cholet, cela nous tenait à cœur. On n’a pas su faire le dos rond comme on l’a fait ce soir. Le contexte était spécial pour moi, mais surtout pour Vit. On sait comment ça s’est fait, il fallait qu’il se relance et on est content pour lui. Il rebondit aussi comme Matias. Je ne regarde pas trop le classement, on prend les matchs un par un, et celui de Villard sera encore particulier pour moi. »
Dunkerque – Strasbourg 2-5 (1-1, 1-3, 0-1)
Samedi 14 février 2026 à 19h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 417 spectateurs.
Arbitres : Samuel Fessier et Mickaël Gasnier assistés d’Alban Delsarte et Achille Lefèvre
Pénalités : Dunkerque 2′ (0’, 2’, 0’), Strasbourg 4’ (0’, 2’, 2’).
Tirs : Dunkerque 47 (21, 18, 8), Strasbourg 35 (17, 14, 4).
Évolution du score :
1-0 à 05’09″ : Thomas assisté de Deberge et Olive
1-1 à 10’12″ : Budínský assisté de Kopta et Saarinen
1-2 à 27’22″ : Saarinen assisté de Poirot et Chapleau
2-2 à 29’22″ : Kuronen assisté de Deberge et Lanvers
2-3 à 30’19″ : Kopta assisté de Budínský et Saarinen
2-4 à 35’15″ : Saarinen assisté de Budínský et Torres
2-5 à 54’12″ : Sénéchal assisté de Poirot et Giorgi
Dunkerque
Attaquants :
Matias Sointu – Mikael Kuronen – Pierre Vervoort
Clément Thomas (C) – Louis Olive – Zackary Daneau (A)
Romain Carpentier – Thimothé Guillemot ou Enzo Abis – Timon Davranche
Défenseurs :
Lubomir Dinda (A) – Markus Kojo
Martin Poirier ou Hugo Deberge – Théo Lanvers
Ybann Hetmaniuk
Gardien :
Michael Luba
Remplaçants : Léo Bertein (G), Logan Ducrocq, Gabriel Roldan. Absents : Jeremiah Luedtke et Rayan Belharfi (blessés).
Strasbourg
Attaquants :
Alejandro Burgos Ramirez – Antoine Torres – Sébastien Trudeau (C)
Ondrej Kopta – Risto Saarinen – Vít Budínský (A)
Enzo Poirot – Lucas Sénéchal – Nathan Goncalves
Baptiste Meunier – Pamphile Beau – Merlin Gendreau
Défenseurs :
Philippe Chapleau – Thomas Giorgi (A)
Mathias Thomas – Tanner Main
Milo Avoine – Owen Dugas
Gardien :
Tomas Hiadlovsky
Remplaçant : Gauthier Siegel (G).










































