Aucune surprise de voir les Américaines en demi-finale, elles qui n’ont connu quasiment aucune embuche sur leur parcours : 5 victoires en 5 matchs, 26 buts marqués pour un seul encaissé. En revanche, l’adversaire du jour, à ce stade de la compétition, n’est pas commun puisqu’il s’agit de la Suède.

Cela fait dix-sept ans aux Mondiaux, et douze ans aux JO, que la Tre Kronor Dam n’avait plus atteint le dernier carré. Elle a souvent fait les frais de la formule bancale des groupes de niveau qui a limité ses aspirations. Après neuf quarts de finale perdus consécutivement, et une relégation qu’elle n’a pas honorée car repêchée suite à l’exclusion de la Russie dès le Mondial 2022, la Suède est de nouveau en course pour la médaille, l’objectif fixé par la Fédération suédoise pour les JO 2026 et 2030.
Le fait que USA et Suède occupent les groupes A et B depuis de nombreuses années limitaient les chances d’affrontement, le dernier remonte… à la demi-finale des Jeux olympiques de Sotchi 2014, remportée par les Américaines 6-1. Autant dire que ces deux équipes ne se connaissent pas. La Suède, qui a survolé le groupe B, est-elle en mesure de faire douter la meilleure équipe du monde ? En tout cas, cette demi-finale réunit les deux gardiennes avec les meilleures statistiques : Aerin Frankel (97,8% d’arrêts en 3 matchs) et Ebba Svensson Träff (97,6% en 4 matchs). Elles ont d’ailleurs toutes deux signé deux blanchissages.
L’alignement suédois change en dernière minute. La défenseure Jenna Rautio, qui n’a pas beaucoup joué contre les Tchèques en quart, est remplacée par Linnéa Andersson. Mira Jungåker, absente en quarts, fait son retour.
La Suède résiste mieux que prévu
Le jeu occupe rapidement la zone suédoise, et déjà 1’30 » se passent sans que les Scandinaves n’arrivent à dégager le palet. La première occasion ne survient cependant qu’après 3’50 lorsque Alex Carpenter se plante dans l’enclave, en déviation d’un centre calculé de l’inévitable Caroline Harvey. Ebba Svensson Träff ne tremble pas, à bout portant.

C’est ensuite un tir de Taylor Heise qui est repoussé, dans ce qui s’apparente à une attaque-défense. La cinquième minute est la bonne. Le palet circule derrière la cage et est renvoyé en haut du cercle droit. Le petit gabarit de Cayla Barnes ajuste un tir en hauteur côté mitaine (1-0). Un but marqué pendant une pénalité différée.
Il y a un monde d’écart en terme de patinage et de qualité technique. Le retard sur chaque action se traduit par la première pénalité contre Sara Hjalmarsson pour charge contre la bande. À 21% d’efficacité, le jeu de puissance s’installe et ouvre pour Megan Keller. La gardienne dévie hors du terrain, puis la défense ferme l’enclave et résiste aux passes adverses, bloquant même quelques tirs.
Il faut attendre la onzième minute pour le premier tir suédois. Hilda Svensson récupère un palet dans la neutre et file en un-contre-un. Elle parvient à envoyer un lancer ras glace qu’Aerin Frankel détourne de la jambière.
Le compteur de tir ne grimpe que d’un côté par la suite. Abbey Murphy reçoit une passe de Taylor Heise entre les cercles, et échoue à son tour. La Suède résiste, obtient un tir lointain de Jungåker – le 2e tir suédois du jour – que Frankel rate du gant, mais le rebond est dégagé. Il n’y a que 1-0 à la pause, 13-2 au tir.
Huit minutes de cauchemar
Aerin Frankel stoppe le premier tier de ce tiers, un peu trop lointain pour être menaçant. Le jeu est plus équilibré, et plus de trois minutes se passent avant la première chance américaine. Kirsten Simms remonte le palet vers Joy Dunne qui lance à la cage. Alex Carpenter saute sur le rebond et trouve le poteau. Une action rare finalement, car la Suède s’enhardit et un faire trébucher de Hayley Scamurra ouvre une option.
Mira Jungåker, très en vue, percute au centre et décoche, Frankel repousse. Nouvel arrêt ensuite face à Thea Johansson du cercle gauche.
De retour au complet, les États-Unis profitent d’un revirement en zone offensive. Haley Winn reprend un genou au sol, Dunne reprend puis Hillary Knight. Panique à bord, mais Svensson Träff tient le choc !
Elle plie sur l’action suivante, un deux-contre-un mené par Hannah Bilka et conclut par Taylor Heise. Le déplacement latéral de la gardienne y était presque, mais le disque glisse doucement sous le bras et derrière la ligne (2-0).
Le plus dur est fait, mais Simms commet une obstruction. Hilda Svensson trouve la plaque de Frankel, puis son centre est dévié par Josefin Bouveng pour un nouvel arrêt. en infériorité, Dunne, très en vue ce soir, vole un palet et fonce au duel. Svensson Träff se montre patiente et ferme la porte, puis, sur la présence suivante, sort la mitaine face au lancer en angle fermé de Heise.

L’échec-avant américain fait la différence petit à petit. Les récupérations dans les bandes finissent par ouvrir un chemin à Abbey Murphy. En bas du cercle droit, elle parvient à lever son palet au dessus de l’épaule (3-0).
Un but qui fait craquer la Suède, battue sur la présence suivante. Laila Edwards envoie un tir du poignet mi-hauteur, avec Kendall Coyne en écran – l’annonceur modifie pour indiquer qu’il y a même eu déviation de la vétérante (4-0). Fin du match pour Svensson Träff, remplacée par Emma Södeberg.
Les vannes sont ouvertes : la malheureuse Söderberg ne peut rien sur la reprise de Scamurra dans le slot. Sa défense n’arrive plus à suivre (5-0).
Il y a de la frustration. Jessica Adolfsson et Abbey Murphy se chauffent et les officiels interviennent. La Suédoise n’a pas aimé la charge de Murphy sur sa gardienne sortie jouer le palet derrière le but ! 5-0 à la pause : les Américaines ont fait la différence en huit minutes, alors que la Suède n’a pas démérité offensivement (tirs, 24-15).
Un tiers de gestion
Le tiers débute par une perte de palet de Laila Edwards. Hilda Svensson en profite et sert Thea Johansson devant le but.. elle ne cadre pas cette chance en or. C’est ensuite Josefin Bouveng, bien servie sur la droite, qui glisse une passe pour Lina Ljungblom. Frankel sort la jambière.
Un beau mouvement de Harvey, avancée ligne de fond, trouve ensuite Kelly Pannek en déséquilibre dans le slot. Söderberg étire bien la botte.
Le match baisse alors de rythme et d’intensité. De longues minutes sans vraie occasion, quelques tirs lointains peu dangereux.
On se dirige doucement vers la fin du match, et Frankel continue à bloquer les essais suédois. Un tir d’Adolfsson de la bleue, avec Hana Thuvik devant la gardienne, est maîtrisé sans rebond. Le match se termine sur une pénalité de Simms ; la défense américaine défend le blanchissage de Frankel jusqu’au bout.
Les États-Unis joueront donc sans surprise pour la médaille d’or, encore une fois. Le tournoi a été particulièrement dominant : six victoires, cinq blanchissages consécutifs (331’23 ») et un différentiel de 31-1, le seul but venant de la toute jeune slovaque Barbora Jurickova, sur une échappée en sortant de prison…
La Suède jouera donc pour la médaille de bronze, elle qui n’en a plus remporté depuis le Mondial 2007…
Commentaires d’après-match
Ulf Lundberg (entraîneur de la Suède) : « Peut-être qu’aujourd’hui nous avions besoin de plexiglass devant le but. »
Hannah Olsson (attaquante de la Suède) : « Je pense que nous avons bien joué. C’est vraiment dommage que nous n’ayons pas réussi à en marquer un, et que nous n’ayons pas réussi à tenir le score à 0-0 plus longtemps. Cela nous aurait aidés. »
Kirsten Simms (attaquante des États-Unis) : « À chaque fois que vous luttez pour l’or, c’est particulier. Surtout aux Jeux olympiques. »
Laila Edwards (défenseure des États-Unis: « Je pense que c’est l’un des meilleurs groupes dont j’ai pu faire partie. Il y a la profondeur, d’en haut jusqu’en bas. Tout le monde joue un très bon hockey dans les deux sens du jeu, ensemble. »
États-Unis – Suède 5-0 (1-0, 4-0, 0-0)
Lundi 16 février 2026 à 16h40 à Milano Santagiulia. 7894 spectateurs.
Arbitres : Cianna Murray (CAN) et Amanda Tassoni (USA) assistées de Tiina Saarimäki (FIN) et Erin Zach (CAN).
Pénalités : États-Unis 8’ (0’, 6’, 2’); Suède 6’ (4’, 2’, 0’).
Tirs : États-Unis 34 (13, 11, 10); Suède 23 (2, 13, 8).
Récapitulatif du score
1-0 à 05’09” : Barnes assistée de Pannek et Stecklein
2-0 à 29’09” : Heise assistée de Bilka et Murphy
3-0 à 35’12” : Murphy assistée de Bilka et Winn
4-0 à 36’10” : Coyne assistée de Edwards et Keller
5-0 à 37’59” : Scamurra assistée de Curl et Janecke
États-Unis
Attaquantes :
Britta Curl-Salemme (+1) – Alex Carpenter (A, +1) – Hilary Knight (C)
Hannah Bilka (+2) – Taylor Heise (+2) – Abbey Murphy (+2, 2’)
Kendall Coyne-Schofield (+2) – Kelly Pannek (+1) – Grace Zumwinkle (+1)
Joy Dunne – Tessa Janecke (+2) – Kirsten Simms (4’)
Hayley Scamurra (+1, 2’)
Défenseures :
Megan Keller (A, +1) – Laila Edwards (+2)
Caroline Harvey (+2) – Haley Winn (+1)
Lee Stecklein (+2) – Cayla Barnes (+3)
Rory Guilday [1 présence]
Gardienne :
Aerin Frankel
Remplaçante : Gwyneth Philips (G). En réserve : Ava McNaughton (G).
Suède
Attaquantes :
Hilda Svensson (-3) – Hanna Olsson (A, -2) – Thea Johansson (-3)
Lisa Johansson (-2) – Sara Hjalmarsson (A, -3, 4’) – Hanna Thuvik (-1)
Josefin Bouveng – Sofie Lundin – Mira Hallin
Ebba Hedqvist – Lina Ljungblom – Nicole Hall
Felizia Wikner Zienkiewicz (-1)
Défenseures :
Mira Jungåker (-2) – Maja Nylén Persson (-2)
Jessica Adolfsson (-3, 2’) – Anna Kjellbin (C, -2)
Linnéa Andersson – Ida Karlsson (-1)
Gardienne :
Ebba Svensson Träff puis à 36’10” Emma Söderberg
Blessée : Jenna Raunio (D). En réserve : Tindra Holm (G).









































