C’est la deuxième place du groupe A qui se joue : Suisse et Tchéquie ont largement été dominés par le Canada en dépit de matchs de grande qualité. Le gagnant terminera vers le haut du tableau et aurait alors la chance d’affronter un « petit » en barrage – France ou Italie. À moins d’un scénario improbable où l’un des deux écrase l’autre pour compenser la différence de buts de +11 de la Finlande pour finir meilleure deuxième !
C’est aussi la revanche de la finale des Championnats du monde 2024, gagnée par les Tchèques à domicile, 1-0…
Le match contre le Canada a laissé des traces dans les deux camps. Jan Rutta, victime d’un coup de crosse de Nathan MacKinnon dans les côtes, manque son deuxième match. Côté suisse, Kevin Fiala a été opéré et est out pour la saison (certains soupçonnent une jambe cassée). Andrea Glauser, mis en échec par Connor McDavid, est forfait, tout comme Denis Malgin. Patrick Fischer doit donc recomposer ses lignes, plaçant notamment J.J. Moser et Roman Josi ensemble. Tim Berni entre en jeu en n°7. En attaque, Simon Knak joue son premier match. Les Tchèques mettent en tribunes Dominik Kubalík.
Une partie d’échecs
Les six premières minutes sont très disputées, mais pauvres en tirs. Une cascade de mises en échec, duels accrochés et bons replis défensifs limitent les occasions. Une faute de Damien Riat offre enfin un peu de pression sur le but de Genoni. Le portier helvète ferme la porte sur trois chances, dont une de Palát sur le côté du but.
La rencontre est une partie d’échecs, très fermée et physique. Les deux gardiens ont très peu de travail en réalité. Le septième arrêt de Dostál, après douze minutes, est sans doute son plus compliqué face à Niederreiter.
À cinq minutes de la pause, la Suisse est piégée. Kämpf gagne son duel contre Moser dans la zone neutre, et lance Nečas en deux-contre-un. La passe pour Chlapík est parfaite et Genoni ne peut rien faire (0-1). C’était le premier tir tchèque depuis sept minutes.
Les affaires de la Suisse ne s’arrangent pas puisqu’ils terminent le tiers à une de moins pour un accrochage de Siegenthaler – une faute « utile », puisqu’il a empêché Nečas de partir seul au but depuis sa ligne bleue. Il y a du spectacle pendant cette pénalité : Bertschy décolle en 2 contre 1, se heurte à Dostál et ne cadre pas le retour du lancer. Le jeu se renverse alors à l’opposée et il faut un sacrifice au bloc de Josi pour sauver le 2-0. Les esprits s’échauffent ensuite lorsque Fora fait le ménage sur Sedlák, qui cherchait un rebond près du gardien. Pas de pénalité appelée, et la pause survient.
La Suisse renverse le match en deux minutes
La première chance revient à Nico Hischier. Le capitaine des Devils s’infiltre plein axe sur un petit décalage de Timo Meier. Sa percussion, au duel avec Tomáš Hertl au repli, lui permet de lever son palet devant Dostál, qui s’impose. Heureusement, aucun des deux ne se blesse sur la collision qui suit.
La présence suivante se révèle négative pour Michal Kempný, puni pour un accrochage sur Meier. Encore une fois bien servi par un renversement de jeu, Hischier a le champ libre… et Dostál gagne son duel !
Pénalité tuée donc, et les Tchèques repartent avec une chance sauvée par Genoni, bien avancé sur un tir de Červenka. Le match repart ensuite dans un bras de fer, ou une partie d’échecs, en tout cas une rencontre équilibrée…
La Suisse pousse, et une remise dans le slot vers Timo Meier – très en vue sur une superbe mise en échec sur Kempný peu avant – est presque convertie. Dostál sauve et sur l’action, Nečas prend deux minutes. Le jeu de puissance est cantonné à la périphérie et disparaît sans la moindre occasion.
Une charge de Siegenthaler sur Sedlák, qui se poursuit avec un coude bien trop haut au visage, suscite la colère du public et lui vaut deux minutes. L’occasion se présente et un palet qui traîne dans le slot est récupéré par Pastrňák… le revers est au-dessus ! Nečas, de volée, trouve ensuite la plaque de Genoni sur sa route.
Lorsque deux gardiens sont dans cette forme, il faut parfois un coup de pouce. Roman Josi sonne la charge, et percute en un-contre-un. Radko Gudas le force sur l’extérieur mais l’arrière de Nashville centre du revers… et le palet tape le patin de Gudas, directement entre les jambes de Dostál (1-1). Presque comme les Tchèques plus tôt, c’était le premier tir cadré suisse depuis huit minutes et demi.
On approche de la fin du tiers et les Tchèques le joueront à un de moins, puisque Červenka place sa crosse dans les patins de Bertschy. Le public de la Nati prend le contrôle sonore de l’arena… et explose très vite. Mise au jeu gagnée, palet décalé pour la volée puissante de Josi. Dostál repousse et Meier, esseulé, plante le rebond (2-1). La Suisse a renversé le match en moins de deux minutes et vire en tête à la pause.
Une ambiance de feu
Match fermé, troisième : les premières minutes proposent le même scénario, des duels physiques, des revirements et des jeux de transitions avortés grâce à de bons jeux à la crosse et des replis défensifs. Un rare tir vient après quatre minutes de Roman Josi, dans l’axe, bloqué par Dostál. Le gardien sort ensuite un bon lancer de Meier, servi par un tour de cage de Nico Hischier.
La Tchéquie se montre alors plus efficace. Après une première chance que Genoni n’arrive pas à contrôler, le palet est récupéré et renvoyé à la bleue. Filip Hronek expédie un joli tir à travers la foule. Chlapík traîne dans l’enclave pour perturber le gardien, et dévie… Šimek fonce et bonifie le rebond cage ouverte, avant de glisser et percuter la bande (2-2, photo ci-dessous).
Moins de deux minutes plus tard, Meier, intenable, entre en zone, et secoue la défense. Son centre est bloqué mais arrive dans le patin de J.J. Moser, qui remise astucieusement pour Pius Suter, sorti du banc. Le tir croisé ras-glace surprend Dostál, masqué (3-2).
Les Tchèques n’ont plus le choix, ils doivent faire le jeu. Face à une équipe suisse qui recule mais se sacrifie en défense, à l’image d’un Andrighetto qui se jette pour contrer un tir, les joueurs de Radim Rulík se heurtent à un mur.
Il reste 4’34 et Fora sort deux minutes, coupable d’une mauvaise charge dans le coin. Danger immédiat dans le slot, et le palet est dégagé sous la crosse de Palát. Les Tchèques pensent ensuite égaliser sur un tir lointain dévié, mais les officiels signalent tout de suite une obstruction sur le gardien : Pastrňák est passé trop près et a percuté le masque de Genoni… mais en dehors de la zone. Le staff tchèque décide de ne pas prendre le risque de demander une révision vidéo. Le portier sauve ensuite un tir de Červenka en angle fermé en se levant bien.
La pénalité est tuée mais les Tchèques insistent et sortent Dostál. Hronek, servi en entrée de zone à droite, mystifie la défense d’un renversement de jeu magnifique et Nečas reprend de volée, à 2’06 de la fin (3-3, photo ci-dessous).
Plus rien n’est marqué : prolongation. Pastrňák lance d’entrée et Genoni sort avec son bouclier. Il y a de la tension, et on va d’un but à l’autre. Finalement, une montée de Kukan sur l’aile gauche ouvre une porte : le défenseur décoche un tir laser, qui trompe Dostál au-dessus de l’épaule et donne la victoire à la Nati (4-3). La délivrance pour la moitié du public et le niveau des décibels monte encore d’un cran !
Dans un match serré qui aurait pu basculer des deux côtés, la Suisse s’en sort et accroche la deuxième place de la poule, synonyme d’un match de barrage a priori plus facile. Reste à voir si la Lettonie (face au Danemark) ou l’Allemagne (face aux États-Unis) peuvent les doubler au classement et les priver d’un match contre la France ou l’Italie…
Commentaires d’après-match :
Philipp Kurashev (attaquant de la Suisse) : « Nous faisons un bon tournoi. Il faut être prêt dès le début, et nous avons fait un bon travail en équipe aujourd’hui. Kevin (Fiala) nous a envoyé une vidéo, pour nous encourager et ça a donné de l’énergie à tout le monde. C’était un match important, maintenant nous attendons de voir ce qu’il va se passer après. Roman Josi est sans doute l’un des meilleurs joueurs du monde depuis longtemps. Il est si intelligent dans son jeu, il fait toujours le juste. Timo Meier ? Il est à son meilleur quand il utilise sa taille et sa vitesse, il est si fort près de la cage, à chasser les rebonds, toujours au bon endroit et au bon moment. »
Nico Hischier (attaquant de la Suisse) : « Nous savons à quel point Kevin (Fiala) aime l’équipe nationale et voulait être là. Nous sommes tous de bons amis dans cette équipe et forcément, c’était beaucoup d’émotions. Je trouve qu’il a vraiment bien géré tout ça. C’était un gros match, du bon hockey, rapide, intense même si le 3-3 était un peu crève-cœur pour nous. Genoni, il est légendaire pour nous. Je crois qu’il était déjà dans les buts quand j’étais gamin ! Il est incroyable, il lit si bien le jeu, il sait quand vous êtes prêt à tirer. C’est un pilier de l’équipe. Le message de Kevin ? Qu’il croyait en nous. Je ne sais pas pour Nino (Niederreiter, qui a quitté le match courant 3e tiers). Nous avons déjà perdu trois joueurs, malheureusement ce sont des choses qui arrivent et nous devrons nous montrer résilients. Nous avons une bonne équipe, et les joueurs qui jusque là regardaient des tribunes étaient prêts à entrer en jeu. »

Suisse – Tchéquie 4-3 après prolongation (0-1, 2-0, 1-2, 1-0)
Dimanche 15 février 2026 à 12h10 à Milano Santagiulia. 11 263 spectateurs.
Arbitres : Michael Campbell (CAN) et Chris Rooney (USA) assistés d’Onni Hautamäki (FIN) et Libor Suchánek (TCH).
Pénalités : Suisse 8′ (4′, 2′, 2′, 0′) ; Tchéquie 6′ (0′, 6′, 0′, 0′).
Tirs : Suisse 29 (9, 10, 9, 1) ; Tchéquie 32 (8, 10, 12, 2).
Récapitulatif du score :
0-1 à 15’19” : Chlapík assisté de Nečas et Kämpf
1-1 à 36’53” : Josi assisté de Moser et Jäger
2-1 à 38’37” : Meier assisté de Josi et Hischier (sup. num.)
2-2 à 46’33” : Šimek assisté de Chlapík et Nečas
3-2 à 48’07” : Suter assisté de Moser et Meier
3-3 à 57’54” : Nečas assisté de Hronek et Pastrňák
4-3 à 61’49” : Kukan
Suisse
Attaquants :
Philipp Kurashev (+1) – Nico Hischier (A) – Timo Meier (+2)
Sven Andrighetto – Pius Suter – Nino Niederreiter (A, -1)
Simon Knak (-1) – Ken Jäger (-1) – Damien Riat (-2, 2’)
Christoph Bertschy – Calvin Thürkauf (+1) – Sandro Schmid
Défenseurs :
Roman Josi (C, -1) – Janis Moser
Jonas Siegenthaler (4’) – Dean Kukan (+1)
Michael Fora (2’) – Christian Marti
Tim Berni (-1)
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçant : Akira Schmid (G). En réserve : Reto Berra (G). Blessés : Andrea Glauser (D), Kevin Fiala (A), Denis Malgin (A)
Tchéquie
Attaquants :
Ondřej Palát – Tomáš Hertl – David Pastrňák (A, +1)
Filip Chlapík (+1) – David Kämpf (+3) – Martin Nečas (+2, 2’)
Roman Červenka (C, 2’) – Lukáš Sedlák – Ondřej Kaše (-1)
Jakub Flek (-1) – Radek Faksa – Matěj Stránský (-1)
David Tomášek (-1)
Défenseurs :
Radim Šimek (-1) – Filip Hronek (+3)
Michal Kempný (+1, 2’) – Radko Gudas (A, -1)
David Špaček (-1) – Tomáš Kundrátek (-1)
Jiří Ticháček
Gardien :
Lukáš Dostál
Remplaçant : Daniel Vladař (G). En réserve : Karel Vejmelka (G), Dominik Kubalik (A). Blessé : Jan Rutta (D)














































