Cet Allemagne/États-Unis, dernier match du tour préliminaire, propose de multiples enjeux. Côté américain, il s’agit de continuer à travailler, mais aussi de creuser la différence de buts. Problème, le large succès du Canada contre la France (10-2) impose une victoire avec 11 buts d’écart pour attraper la première place… Le staff choisit de placer en tribunes Kyle Connor. La star de Winnipeg, transparente sur les deux premiers matchs, laisse sa place à Clayton Keller.
Côté allemand, la première place du groupe est encore possible en cas de victoire – ce qui serait un énorme séisme dans le tableau final. Au pire, les Allemands surveilleront le résultat de Danemark-Lettonie et peuvent quand même finir deuxièmes, à la faveur de la différence de buts particulière. Ils affronteraient alors… la France, pas le pire tirage pour eux.
Un but tardif qui change tout
La partie débute de manière équilibrée, mais tout à fait brouillonne. Quelques charges, de nombreux palets perdus et pas de franches occasions. Il faut attendre la septième minute et un accrochage de Lukas Kälble sur Matt Boldy pour un peu d’action. L’installation est poussive, le jeu est renvoyé dans le camp américain. Matthews et Jack Hughes s’y percutent et ce dernier se relève, perd le palet sur un dribble ce qui coûte un tir non cadré… Laborieux, mais dangereux à la toute fin avec deux actions près de la cage et un tir de Jack Hughes repoussé par Maximilian Franzreb.
Après cette séquence plus que poussive, les Américains reprennent le contrôle et Jake Guentzel dévie juste à côté un centre de Quinn Hughes. Un peu plus tard, Slavin tient le palet à la ligne bleue en le repoussant… sur Matthew Tkachuk, qui pivote et trouve le gardien sur sa route.
Matt Boldy enchaîne – après quelques minutes de bouillie imprécise – par une volée au centre, bloquée sans rebond. L’ailier du Wild (en photo ci-dessous) compte alors cinq des douze tirs américains, à cinq minutes de la pause.

Après les grosses ambiances du jour (Suisse-Tchéquie, Canada-France) ce match du soir est presque reposant, tant la patinoire reste silencieuse… Le public ne se réveille que modestement sur une longue présence allemande, ponctuée d’un tir de Kälble péniblement repoussé. Seider s’essaie aussi de loin sur la présence suivante, servi par Draisaitl.
Les Américains secouent la défense par la suite. Matthew Tkachuk se heurte au gardien, Brady est secoué dans l’enclave et Eichel marque, tirant après le coup de sifflet – pas du goût de la défense, donc le ton monte.
On se dirige vers la pause… mais il reste quelques secondes. 8,7 pour être précis, moment où Matthews renverse pour Werenski, qui fusille Franzreb (1-0).
La machine se met en route
Le match reprend par une pénalité, un accrochage de Eichel sur Peterka. L’équipe spéciale allemande perd un palet et se fait contrer. Tir de Brock Nelson sauvé de la mitaine, et le joueur de Colorado récupère le rebond derrière la cage et trouve Larkin dans le slot : nouvel arrêt ! Eichel sort alors de prison et s’échappe, résiste au retour défensif pour feinter le gardien. Il est arrêté, et Wissman repousse brutalement Trocheck qui cherchait le rebond. C’est bien trop visible et les officiels le sanctionnent pour obstruction.
Il ne faut que quelques secondes pour en profiter. Quinn Hughes lance à la cage avec Matthews dans le slot, qui dévie puis trouve le palet libre (2-0). Plus que huit pour passer devant le Canada…

Après six minutes, une percée plein axe de Lukas Reichel force la défense à cravacher. Werenski le rattrape, mais l’accroche, offrant un power-play. Seider lance au but, pile sur la mitaine de Hellebuyck, tranquille faute d’écran. Plus compliqué, l’arrêt de la jambière sur Stützle et son tir puissant du cercle gauche.
Le jeu revient à égalité et Guentzel en profite pour s’infiltrer dans le dos de la défense. Nouvel arrêt du portier de Mannheim. Le jeu s’ouvre alors un peu plus. Jack Hughes met le feu à la défense et son frère Quinn trouve le gardien. En face, Hellebuyck bloque un tir de Kälble sans rebond.
C’est à 2’21” de la pause que les États-Unis creusent l’écart. Brock Faber, à la bleue, lance à la cage et, avec la crosse de Eichel devant lui, Franzreb calcule mal la trajectoire du palet (3-0).
Les Américains en gestion
Le dernier tiers débute par une chance allemande gaspillée en deux-contre-un. Cet échec coûte cher, car peu après, les États-Unis s’installent. Le palet tourne derrière la cage et une passe en retrait déniche Tage Thompson entre les cercles. La volée du joueur des Sabres fait mouche (4-0).
Les Américains déroulent, jouant sur leur vitesse. Ils multiplient les chances, avec Jack Hughes, Werenski dans le slot. Finalement, Sanderson lance vers Matthews au deuxième poteau. Complètement oublié au marquage, le capitaine dévie sur la barre, puis pousse le palet dans le but (5-0, photo ci-dessous).

L’Allemagne ne démérite pas et s’accroche. Le vingtième tir est le bon. Stützle réduit le score après avoir feinté Hanifin, d’un lancer précis en hauteur (5-1). Pas de blanchissage pour Hellebuyck, envolé à 8’38” de la fin.
Plus grand chose après ce but, quelques banderilles américaines dont un revers en pivot de Larkin, et une pénalité de l’inévitable Matthew Tkachuk pour conduite antisportive.
Les joueurs de Steve Sullivan remportent donc le groupe C et rejoignent le Canada comme seules équipes à 9 points. La différence de but ne leur est cependant pas favorable, ils sont donc deuxième des douze équipes, qualifiés automatiquement pour les quarts de finale où ils pourraient retrouver un gros morceau, la Suède. L’équipe américaine laisse encore une drôle d’impression dans ce match. Un peu brouillonne, maladroite, elle a fait la différence par sa capacité à tenir un rythme élevé sur soixante minutes, et bonifier les exploits individuels de ses joueurs. La prestation d’ensemble de ce soir a tout de même paru meilleure que lors des deux premiers matchs, même si la défense, à part Werenski et Quinn Hughes, est parfois peu rassurante. Le chemin est encore long avant l’objectif de finale, avec un gros morceau en face.
Pour l’Allemagne, le résultat de l’autre match du groupe entre Danemark et Lettonie lui offre un joli cadeau : la place de deuxième du groupe, un duel contre la France en barrage et un tableau dirigeant vers la Slovaquie en quarts. L’espoir d’aller loin occupe tous les esprits.

Commentaires d’après-match :
Connor Hellebuyck (gardien des États-Unis) : « Y-a-t-il plus que 100% ? Oui je me sens bien, il fait chaud ici donc je transpire beaucoup, et maintenant je dois rester debout pour les interviews (rires). Je vais me relâcher maintenant, donc on va dire maintenant 99% ! Mais oui, je me sens bien. »
Matthew Boldy (attaquant des États-Unis) : « C’est l’un des meilleurs gardiens du monde. Il est en confiance, veut être dans la cage. Il veut faire ces arrêts, faire la différence. Il a les qualités pour, mais je pense que cette attitude et cette confiance, c’est ce qui le rend si fort. »
Matthew Tkachuk (attaquant des États-Unis) : « Nous voulions juste gagner, pour gagner le groupe. Nous n’avons jamais parlé d’être n°1, tout s’ajuste tout seul n’est-ce pas ? Vous devez jouer tout le monde pour gagner l’or. Notre but c’était de gagner les trois matchs de poule, maintenant que c’est fait on avance, pas de barrage. C’est accompli, et il reste beaucoup à accomplir. »

États-Unis – Allemagne 5-1 (1-0, 2-0, 2-1)
Dimanche 15 février 2026 à 21h10 à Milano Santagiulia. 11 497 spectateurs.
Arbitres : Jan Hribik (TCH) et Wes McCauley (CAN) assistés de Nick Briganti (USA) et Jonny Murray (USA).
Pénalités : États-Unis 6’ (0’, 4’, 2’) ; Allemagne 4’ (2’, 2’, 0’).
Tirs : États-Unis 37 (15, 13, 9) ; Allemagne 24 (8, 7, 9).
Récapitulatif du score :
1-0 à 19’51” : Werenski assisté de Matthews
2-0 à 23’25” : Matthews assisté de Q. Hughes et M. Tkachuk (sup. num.)
3-0 à 37’35” : Faber assisté de M. Tkachuk et B. Tkachuk
4-0 à 41’55” : Thompson assisté de Larkin et Sanderson
5-0 à 46’46” : Matthews assisté de Sanderson et Hanifin
5-1 à 51’22” : Stützle assisté de Peterka
États-Unis
Attaquants :
Brady Tkachuk (+1) – Jack Eichel (+1, 2’) – Matthew Tkachuk (A, +1, 2’)
Jake Guentzel (+1) – Auston Matthews (C, +1) – Matt Boldy (+1)
Clayton Keller (+1) – Dylan Larkin (+1) – Tage Thompson (+1)
J.T. Miller – Brock Nelson – Jack Hughes
Vincent Trocheck
Défenseurs :
Quinn Hughes (+1) – Charlie McAvoy (A)
Jaccob Slavin (+1) – Brock Faber (+1)
Zach Werenski (+1, 2’) – Jake Sanderson (+2)
Noah Hanifin
Gardien :
Connor Hellebuyck
Remplaçant : Jake Oettinger (G). En réserve : Jeremy Swayman (G), Jackson LaCombe (D), Kyle Connor (A).
Allemagne
Attaquants :
Joshua Samanski – Leon Draisaitl (C, -1) – Frederik Tiffels (-1)
John Peterka (-1) – Tim Stützle (A, -1) – Lukas Reichel (-1)
Parker Tuomie – Marc Michaelis – Dominik Kahun (-1)
Tobias Rieder (-1) – Nico Sturm (-1) – Alexander Ehl (-1)
Défenseurs :
Fabio Wagner (-1) – Moritz Seider (A, -1)
Jonas Müller (-2) – Kai Wissmann (-2, 2’)
Lukas Kälble (2’) – Leon Gawanke (-1)
Moritz Müller (+1)
Gardien :
Maximilian Franzreb
Remplaçant : Philipp Grubauer (G). En réserve : Matthias Niederberger (G), Korbinian Geibel (D), Wojciech Stachowiak, Justin Schütz (A).







































