Après leurs victoires en prolongations en quarts de finale, Canadiens comme Finlandais s’attendent à nouveau à un duel serré et très disputé. Le Canada doit se passer de Sidney Crosby. Le capitaine a patiné un peu le matin, alors que le staff cherchait des solutions pour soulager son genou. Il est remplacé par Sam Bennett, et les lignes bougent également pour remplacer Crosby. La Finlande choisit d’écarter Eeli Tolvanen au profit de Joel Kiviranta.
Un éclair de Rantanen
Le début de match se révèle très équilibré et plutôt prudent. On ne compte que deux tirs de chaque côté après cinq minutes, et la Finlande obtient les chances les plus marquantes, dont un tir du cercle gauche de Hintz.
Le Canada ne réplique que par une percée de Toews, mais son centre à travers l’enclave échappe à Wilson. La Finlande insiste en attaque et il faut une belle intervention de Suzuki pour repousser le danger.
Après dix minutes, le Canada se rend coupable d’un surnombre, suite à un revirement de Bennett. On cherche Granlund au deuxième poteau, sans réussite. Tout le reste de l’avantage est annulé par les attaquants canadiens, attentifs pour intercepter les passes latérales.

Les joueurs de Jon Cooper peinent à franchir le rideau adverse et ne comptent que trois tirs cadrés en un quart d’heure. Le quatrième, signé McDavid au cercle droit, touche le masque de Saros. Puis, une bonne relance envoie Sam Benett tout droit, et Saros capte de la mitaine. Le joueur des Panthers, au duel avec son coéquipier de club Mikkola, percute le gardien et prend deux minutes pour obstruction, après un début d’explication chaude impliquant un troisième joueur des Panthers, Marchand… et un quatrième, Reinhart !
On joue depuis deux (!) secondes sur cette supériorité et la Finlande ouvre le score. Aho gagne la mise au jeu et Rantanen décoche immédiatement lucarne opposée (0-1).
McDavid veut relancer son camp et lance de la droite. Puis, Toews de la bleue cherche une déviation, qui file à côté. Le capitaine canadien envoie un dernier tir juste avant la sirène, trop facile pour la mitaine de Saros : 1-0 Finlande après vingt minutes, 8 tirs chacun.
La Finlande en mode tortue
Après un contact involontaire en MacKinnon et Hintz, le Canada entame fort avec une présence offensive maintenue, ponctuée de plusieurs tirs de Theodore. Les shifts s’enchaînent et les tirs aussi, pas toujours cadrés, mais témoignant des intentions très fortes des joueurs de Cooper. Intensions qui paient en contraignant Aho à faire faute sur Wilson…
L’occasion pour Joel Armia de lancer sur orbite Erik Haula après une palet perdu par Reinhart. Haula file seul au but et double la mise en hauteur côté mitaine (0-2).

Sonnés, les joueurs à la feuille d’érable peinent un peu à relancer la machine. Les arrières tentent de le faire : ni Parayko, ni Harley ne surprennent Saros malgré le trafic devant le gardien finlandais. Le premier trio, McDavid-MacKinnon-Celebrini, prend le relais et ce dernier trouve le poteau. Jarvis enchaîne sur la présence suivante, sans plus de résultat. La première ligne continue et Saros sauve devant MacKinnon, puis Celebrini.
C’est pourtant en zone offensive que la Finlande connait une erreur, avec une crosse de Lundell trop haute sur Marchand – deux joueurs des Panthers de Floride. Le carré magique entre en piste et McDavid sert Makar à la bleue. Au centre, le défenseur s’avance et catapulte un tir, parfaitement dévié mi-hauteur par Sam Reinhart (1-2).
La « grind line » canadienne enfonce le clou et accumule les mises en échec, ce qui permet à Wilson de récupérer et de chercher Bennett dans le slot, arrêt de Saros. Le gardien se rattrape bien après une sortie hasardeuse derrière la cage : McDavid avait récupéré le long de la bande et tiré immédiatement au but.
À la pause, le Canada est donc revenu à portée dans un tiers passé dans la zone adverse : 14 tirs à 3, dont un généreusement donné à Lundell qui avait poussé trop loin son palet avant que Binnington ne pose son gant dessus… La Finlande a clairement choisi un plan de jeu conservateur : trois joueurs pour bloquer l’entrée en zone. Une stratégie risquée, en reculade, face à des joueurs aussi techniques.

Les coups de canon canadiens
Le coach l’a bien senti et la Finlande sort de sa boite en ce début de tiers. Lehkonen manque le cadre, bien décalé au cercle gauche, et une série de récupérations hautes sont amenées dans le camp canadien. Les joueurs de Cooper font tourner leurs lignes, et cherchent à mettre sur de bons rails McDavid et Celebrini, clairement les plus dynamiques du soir. Mais une perte de palet profite à Lundell, qui dépasse la défense et se présente devant Binnington. Le palet file juste à côté du poteau !
Les tirs pleuvent côté canadien et Saros doit intervenir devant Marner puis Toews, tout deux de volée. Celebrini se démène, et, en déséquilibre, ne cadre pas. Marchand force ensuite son passage plein axe et encore une fois, le gardien de Nashville collecte le palet, pour son 28e arrêt. Il reste alors 9’47″…
Cette stratégie de « tirs dès que possible » finit par payer. Suite à une série de tirs en force, avec Wilson à la récupération, finit par passer : le slap de Theodore est au fin. Saros proteste avec la présence de Marchand près de lui et un contact sur le tir précédent, mais le but est bien validé ; pas de risque finlandais là-dessus car le joueur des Panthers avait été poussé par Haula (2-2). La stratégie canadienne de pilonner depuis la bleue a finit par passer.
Avec seulement six tirs depuis le début du deuxième tiers, la Finlande est absente offensivement. Un revirement de McDavid offre tout de même une énorme chance à Aho : Binnington répond présent.

Le Canada reprend sa méthodique stratégie : Makar de volée dans l’axe, arrêt de Saros. Puis, Stone trouve Marner dans l’intervalle et le gardien finlandais s’en sort encore, en étirant la jambière.
La première ligne canadienne pousse, avec un Celebrini déchaîné dans l’axe. Le palet échappe au cadre et MacKinnon le reprend en l’air : arrêt de Saros, puis crosse haute de Mikkola sur MacKinnon : pénalité à 2’35” de la fin !
Le jeu de puissance campe dans la zone finlandaise. Celebrini, MacKinnon, Malar, McDavid, tout le monde tente, Saros repousse, avec notamment un énorme arrêt sur le capitaine des Oilers. Mais alors que Binnington frappe le sol de sa crosse pour alerter de la fin de pénalité, à 35 secondes de la fin, McDavid renverse le jeu et MacKinnon déniche un trou de souris le long du poteau sur sa volée. La Finlande demande une révision vidéo en réclamant un hors jeu au départ de l’action, plus d’une minute avant le but. Les officiels consultent la vidéo et cela se joue au millimètre… Ils valident le but, et la Finlande est punie de deux minutes (3-2).
Temps mort, sortie du gardien… Il reste 20 secondes. Trop court : le Canada se qualifie pour la finale !
La Finlande aura sorti une très grosse prestation défensive. Pour autant, le choix tactique de vouloir fermer la boîte après le but du 2-0 s’est révélé très risqué. L’indiscipline, aussi, a coûté cher, alors que les stars canadiennes ont marqué deux fois en supériorité numérique. Jon Cooper a usé et abusé de sa première ligne, avec un Macklin Celebrini exceptionnel : près de 26 minutes de glace, 9 chances de marquer. McDavid et MacKinnon n’ont pas été en reste. Le changement stratégique de s’appuyer sur les tirs de loin de ses défenseurs s’est tout autant révélé payant. Les joueurs affichaient la confiance en eux, ils savaient qu’ils reviendraient au score.

Commentaires d’après-match :
Jordan Binnington (gardien du Canada) : « Quel match. C’était incessant, rugueux et serré jusqu’à la fin. Un gros effort de toute l’équipe. Quand le jeu de puissance s’est installé, j’essayais juste de rester concentrer, mais c’était fun à voir. C’est une équipe costaude en face, qui sait capitaliser sur ses occasions. Non, je n’ai pas regardé l’horloge au troisième. »
Drew Doughty (défenseur du Canada) : « Nous y avons toujours cru. Notre deuxième tiers est très bon et nous sentions que les bonnes choses allaient arriver. MacKinnon, c’est un joueur de grands moments, il a déjà une Coupe Stanley et on espère bientôt un autre titre. Des moments comme ça, ça forge le caractère, face à une équipe difficile à battre. Retourner en finale, ça signifie le monde pour moi. La pression est là, il faut pourtant l’aborder comme un autre match, se concentrer sur le palet au coup d’envoi. Non, il n’y a eu aucune panique, on est restés fidèles au système, et on a fait de bons deuxième et troisième tiers. »
Sam Bennett (attaquant du Canada) : « Celebrini, c’est fou la maturité à son âge. J’ai l’impression qu’il grandit match après match. Les détails dans son jeu sont incroyables. J’ai joué avec deux des meilleurs (Marchand, Wilson) pour jouer du hockey de costaud, mettre de l’énergie, de l’échec-avant, gagner des batailles. J’en ai trop mis sur ma pénalité, et on sait l’importance de tout ça dans ce tournoi. Je ferai différemment à l’avenir, je dois rester plus prudent. »

Canada – Finlande 3-2 (0-1, 1-1, 2-0)
Vendredi 20 février 2026 à 16h40 à Milano Santagiulia. 11 155 spectateurs.
Arbitrage de Eric Furlatt (CAN) et Dan O’Rourke (CAN) assistés d’Albert Ankerst-Jerne (DEN) et Ryan Daisy (USA).
Pénalités : Canada 4′ (4′, 0′, 0′) ; Finlande 8′ (0′, 4′, 4′).
Tirs : Canada 39 (8, 14, 17) ; Finlande 17 (8, 3, 6).
Récapitulatif du score :
0-1 à 16’55” : Rantanen assisté d’Aho (sup. num.)
0-2 à 23’26” : Haula assisté d’Armia (inf. num.)
1-2 à 34’20” : Reinhart assisté de Makar et McDavid (sup. num.)
2-2 à 50’34” : Theodore assisté de Sanheim et Wilson
3-2 à 59’24” : MacKinnon assisté de McDavid et Celebrini (sup. num.)
Canada
Attaquants :
Macklin Celebrini (-1) – Connor McDavid (C, -1) – Tom Wilson (+1)
Bo Horvat – Nathan MacKinnon (A, -1) – Seth Jarvis
Mitch Marner – Nick Suzuki – Mark Stone
Brandon Hagel – Sam Bennett (2′, +1) – Brad Marchand (-1)
Sam Reinhart (+1)
Défenseurs :
Devon Toews – Cale Makar (A, -1)
Thomas Harley – Colton Parayko
Travis Sanheim (+1) – Drew Doughty
Shea Theodore (+1)
Gardien :
Jordan Binnington
Remplaçant : Logan Thompson (G). Réservistes : Sidney Crosby (A, genou), Josh Morrissey (D, blessé), Darcy Kuemper (G).
Finlande
Attaquants :
Artturi Lehkonen – Sebastian Aho (A) – Mikko Rantanen (A)
Mikael Granlund (C) – Roope Hintz – Teuvo Teräväinen
Eetu Luostarinen – Anton Lundell – Kaapo Kakko
Joel Kiviranta – Erik Haula – Joel Armia
Défenseurs :
Esa Lindell (-1) – Miro Heiskanen (-1)
Rasmus Ristolainen (+1) – Niko Mikkola (+1, 2′)
Olli Määttä – Henri Jokiharju
Nikolas Matinpalo
Gardien :
Juuse Saros
Remplaçants : Joonas Korpisalo (G), Oliver Kapanen (A). Réservistes : Mikko Lehtonen (D), Kevin Lankinen (G), Eeli Tolvanen (A)









































