Les deux battus des demi-finales se jouent la revanche des Jeux de Vancouver en 2010. La Finlande s’était imposée 5-3, menée notamment par Teemu Selänne. La légende du hockey finlandais s’est fendue d’un message twitter scandalisé au sujet d’une potentielle obstruction de Brad Marchand sur Juuse Saros pendant le but canadien du 2-2. Les réponses ont été nombreuses et ont plutôt critiqué le plan de jeu : une fois à 2-0, les Finlandais n’ont lancé que neuf tirs en presque deux tiers entiers…
Une attaque anémique, qui doit en plus se passer de Mikko Rantanen, touché au « bas du corps », selon la formule consacrée, pendant le match face au Canada. Il est remplacé par Oliver Kapanen, et Eeli Tolvanen fait aussi son retour.
Côté slovaque, le rêve d’une deuxième médaille de bronze consécutive, après celle de Beijing, est dans toutes les têtes. Martin Pospisil est en tribunes, au profit de Peter Cehlarik. Aucune des deux équipes n’a changé son gardien.
Granlund sonne la charge
Après quelques minutes d’observation, la Finlande entreprend les premières actions. Miro Heiskanen lance du cerce droit, sans surprise pour Samuel Hlavaj. La réplique vient de l’inévitable Juraj Slafkovsky, d’un tir puissant à gauche, en angle fermé.
La Slovaquie recule, cherchant déjà une position de contre-attaque. Une stratégie risquée, et Erik Haula se charge de le rappeler avec un lancer. Il chasse le rebond, et il faut la crosse de son ancien coéquipier des Devils, Simon Nemec, pour le gêner.
Oliver Okuliar subit une charge sonore dans la neutre, et peine à rentrer au banc. Ses équipiers continuent l’action et Matus Sukel vient menacer Juuse Saros.
Le jeu penche de plus en plus sur le but de Hlavaj. Kaapo Kakko est ainsi trouvé seul au cercle droit, et le portier slovaque repousse. L’action se poursuit et, en déséquilibre, Hlavaj sauve les meubles sur une nouvelle chance de Kakko. Cette pression finit par payer. Miro Heiskanen allume de la bleue, et Artturi Lehkonen crée le chaos devant le gardien. Sebastian Aho est le plus rapide à dénicher le palet libre (0-1).
La Finlande insiste et Eeli Tolvanen frôle le 2-0. Pourtant, la meilleure chance sera slovaque. Adam Liska vole un palet à deux pas du but, ce qui crée un deux contre zéro. Il sert Pavol Regenda à bout portant… qui rate le cadre !
C’est ensuite Lehkonen qui met le feu dans la défense adverse. L’attaquant de Colorado teste d’abord Hlavaj de près, dans l’enclave, puis récupère et, de derrière le but, trouve Oliver Kapanen. C’est à nouveau arrêté, un double sauvetage qui s’enchaine avec un autre arrêt sur Lehkonen, et un autre sur Aho !
En face, pas grand chose : un tir d’Oliver Okuliar en haut du cercle, repoussé par l’épaule de Saros. Puis une fin de tiers plus fermée, sans grande occasion, qui se termine à quelques secondes de la pause par une pénalité en zone offensive de ce même Okuliar, qui a retenu Heiskanen.
Le jeu de puissance peut frapper un grand coup dès la reprise. Tolvanen est le premier tireur, puis Aho manque le cadre de près. La pénalité est tuée et la Slovaquie cherche de l’air. Okuliar se charge de relancer la machine d’un bon tir dans l’axe, suivi de Nemec de volée, dévié à côté. Une pression qui finit par coûter deux minutes à Haula, qui envoie le palet au-dessus du plexiglas. Dvorsky envoie un slap du cercle droit, et Saros repousse à l’opposée sur Slafkovsky, qui rate le cadre sur sa reprise.
La Finlande recule, et on se demande si elle ne part pas sur la même stratégie conservatrice que la veille. C’est le moment que choisit Erik Haula pour expédier un tir de l’aile mi-hauteur, avec une belle feinte de regard, qui surprend Hlavaj (0-2).
Sonnée, la Slovaquie manque de plier encore plus suite à un mauvais changement de ligne. Eetu Luostarinen attaque en un-contre-un, et le bout de la botte repousse. La mitaine s’impose ensuite face au tir d’Olli Määttä. Un moment de répit arrive heureusement pour la défense, lorsque Lehkonen tombe sur Hlavaj et est puni pour obstruction sur le gardien. Muet la veille contre les États-Unis, le power-play va-t-il se réveiller ? Avec une crosse qui vole au dessus du plexi sur une reprise ratée, puis un deux-contre-un concédé, pas vraiment… Ce n’est qu’à la toute fin de l’avantage que Saros doit intervenir devant Martin Gernat, bénéficiaire d’un palet contré au cercle droit.
Même échec sur un slap de Libor Hudacek en haut du cercle gauche, mais le danger se rapproche. Saros, masqué, sort tout de même un tir de Peter Ceresnak. Les tirs de loin ont profité au Canada contre la Finlande, alors pourquoi pas après tout !
La Slovaquie insiste, et se fait contrer. Encore Haula, à droite, qui lance un 2-contre-1. Il choisit le tir et Hlavaj ne laisse aucun rebond.
La défense nordique ferme la zone de vérité devant la cage. Un tir de Cernak est ainsi bloqué, et les attaquants n’arrivent pas à se retourner pour propulser le rebond vers la cage. Les joueurs de Vladimir Orszagh peinent à placer leur première ligne dans de bonnes conditions, à l’image de Slafkovsky, contraint à beaucoup d’efforts pour un simple tir en angle fermé en fin de tiers.
Finalement, le capitaine Tomas Tatar trouve la faille. Heiskanen et Lindell se font piéger par un rebond bizarre de la balustrade, qui retombe pile devant le but et Tatar, seul devant Saros. Il fixe le gardien au sol et lève son palet, mettant le feu à l’arena (1-2, photo ci-dessous). Un ultime tir de Liska, que Saros repousse, montre une chose : le match est loin d’être fini après deux tiers…
Cela part mal pour la Slovaquie. Regenda en met trop à l’échec-avant et son cinglage retire la crosse des mains de Mikkola. Une bonne entrée en zone libère Kapanen, ont le tir est repoussé par le poteau gauche. Hlavaj gèle ensuite quelques actions chaudes.
Après cet échec, la Finlande subit la furia slovaque. À l’origine, l’énergie de Tomas Tatar, des montées de Simon Nemec, le travail dans les bandes d’Adam Ruzicka. Le palet tourne bien et Juuse Saros doit intervenir sur plusieurs palets bouillants devant lui. La première ligne enchaine et Slafkovsky tente de s’arracher dans le slot. Mais le palet est perdu et Ruzicka, maladroit dans son repli défensif, fait trébucher Aho à 12’13 de la fin.
Sanction rapide : après quarante secondes d’avantage, le score monte à 3-1, Hintz voilant Hlavaj et déviant un tir flottant de Heiskanen (photo ci-dessus). La « Dallas connexion » a parfaitement fonctionné.
Les vannes s’ouvrent. Une minute plus tard, Gernat glisse dans la neutre et laisse Kakko filer au but. Le sniper de Seattle creuse l’écart (1-4). On frôle ensuite le 5-1 sur un deux-contre-un consécutif à un revirement dans la neutre. Slafkovsky tend sa crosse et dévie juste assez le palet devant Aho pour le priver d’une reprise. Puis, Oliver Kapanen, servi en retrait, a du champ libre : son lancer percute cette fois la transversale (photo ci-dessous) !
Il reste cinq minutes et le coach slovaque n’a pas le choix, il sort son gardien pour attaquant. Le but cage vide de Joel Armia scelle la rencontre (1-5).
La Slovaquie ressort son gardien et Slafkovsky se démène, sans réussite. Presque trop collectifs et à la recherche du tir parfait, les joueurs se heurtent à une défense bien placée et qui monte rapidement sur eux. Un nouveau duel gagné dans la bande permet à Armia d’offrir à Haula un doublé cage vide (1-6).
C’est la septième médaille pour la Finlande lors des neuf derniers Jeux olympiques, un record – dont cinq sur six avec joueurs NHL. Ce n’est pas l’or de Beijing, mais les NHLers devront s’en contenter. La Slovaquie remercie ses supporters dans un tour d’honneur vibrant : la jeune garde slovaque, l’une des équipes les plus jeunes du tournoi, a de l’avenir.

Slovaquie – Finlande 1-6 (0-1, 1-1, 0-4)
Samedi 21 février 2026 à 20h40 à Milano Santagiulia. 10522 spectateurs.
Arbitres : Michael Campbell (CAN) et Mikael Holm (SUE) assistés de Daniel Hynek et Libor Suchánek (TCH).
Pénalités : Slovaquie 6’ (2’, 0’, 4’) ; Finlande 4’ (0’, 4’, 0’)
Tirs : Slovaquie 31 (6, 15, 10) ; Finlande 35 (10, 12, 13).
Évolution du score :
0-1 à 07’27” : Aho assisté de Lehkonen et Heiskanen
0-2 à 28’05” : Haula assisté d’Armia et Tolvanen
1-2 à 39’30” : Tatar assisté de Fehérváry
1-3 à 48’27” : Hintz assisté de Heiskanen et Tolvanen (sup. num.)
1-4 à 49’09” : Kakko
1-5 à 55’32” : Armia assisté de Hintz (cage vide)
1-6 à 58’42” : Haula assisté d’Armia et Ristolainen (cage vide)
Slovaquie
Attaquants :
Juraj Slafkovský (-3) – Adam Ružička (-1, 2’) – Tomáš Tatar (C, -1)
Miloš Kelemen – Lukáš Cingel – Pavol Regenda (-2, 2’)
Oliver Okuliar (-4, 2’) – Dalibor Dvorský (-3) – Libor Hudáček (-1)
Peter Cehlárik – Matúš Sukeľ (+1) – Adam Liška
Défenseurs :
Martin Fehérváry (A, -1) – Šimon Nemec (-3)
Martin Gernát (-3) – Erik Černák (A, -1)
Martin Marinčin – Peter Čerešňák
Patrik Koch
Gardien :
Samuel Hlavaj [sorti de 55’11” à 55’32” et de 56’04” à 58’42”]
Remplaçants : Stanislav Škorvánek (G), Samuel Takáč (A). Réservistes : Adam Gajan (G), Michal Ivan (D), Martin Pospíšil (A)
Finlande
Attaquants :
Artturi Lehkonen (+1, 2’) – Sebastian Aho (A, +1) – Oliver Kapanen (+1)
Mikael Granlund (C) – Roope Hintz (+2) – Teuvo Teräväinen (-1)
Eetu Luostarinen – Anton Lundell (+1) – Kaapo Kakko (+1)
Eeli Tolvanen (+1) – Erik Haula (+2, 2’) – Joel Armia (+3)
Défenseurs :
Miro Heiskanen (A, +2) – Esa Lindell
Niko Mikkola (+2) – Rasmus Ristolainen (+2)
Olli Määttä – Henri Jokiharju (+2)
Nikolas Matinpalo
Gardien :
Juuse Saros
Remplaçants : Kevin Lankinen (G), Joel Kiviranta (A). En réserve : Joonas Korpisalo (G), Mikko Lehtonen (D), Mikko Rantanen (A).















































