Grenoble sans forcer
La dernière rencontre des Grenoblois en Ligue Magnus date du 31 octobre et un succès arraché aux Gothiques d’Amiens. Trois semaines plus tard, les champions de France ont une nouvelle fois l’occasion de refaire leur retard sur une équipe qui les devance au classement, les Ducs de Dijon, auteurs d’un très bon début de saison mais qui restent sur une défaite à domicile face à Strasbourg samedi (3-6) et qui se doivent de réagir.
Pour ce match, l’équipe vainqueur de Gap mardi en coupe de la ligue est entièrement reconduite, avec Alexandre Rouleau qui prolonge son interim en attaque. Du côté dijonnais, ce match marque les grands débuts officiels de Matt Reynolds dans les rangs des Ducs après une première sortie en amical mardi face à Epinal où il a marqué un but (défaite de Dijon 3-4 aux tirs au but). Cet attaquant canadien de 28 ans vient du club anglais de Hull où il avait affolé les compteurs l’an dernier avant de connaître un début de deuxième saison beaucoup plus difficile. Son recrutement permet à Daniel Maric d’aligner trois lignes d’attaque homogènes. Seuls Arnaud Hascoët, blessé à Strasbourg, et Aymeric Gillet, ménagé sur le banc, manquent à l’appel au coup d’envoi.
Les Ducs montrent qu’ils ne sont pas venus faire de la figuration en pressant très haut les Grenoblois dans leur zone. Une première prison de Pavol Resetka les freine dans leur élan mais les Brûleurs de Loups sont longs à se mettre en route durant ces deux minutes. Dijon peut donc reprendre son travail de harcèlement à l’image d’Anthony Guttig, particulièrement remuant. Ce dernier s’offre même un petit slalom dans la défense grenobloise mais bute in extremis sur Ferhi. La méconduite de Kristin, pour des mots un peu trop déplacés envers l’arbitre, ne perturbent pas les Ducs outre mesure et Guttig remet ça en servant Decock en position idéale, mais ce dernier se heurte à nouveau à Ferhi. Offensivement, les Brûleurs de Loups peinent à réagir et c’est finalement assez logiquement que le pressing des Ducs s’avère payant : sur un palet en fond de glace, Erwan Pain, parti avec deux longueurs de retard, rattrape Jakob Milovanovic dans la bande et lui chipe le palet pour servir en retrait Anton Lezo seul devant la cage. L’attaquant slovaque ne se fait pas prier pour mettre le palet en lucarne (0-1, 07’41 »).

Et suite à une accélération sur l’aile droite, Damien Fleury sert Jean-François Dufour devant la cage. Le Canadien, libre de tout marquage, rate son contrôle et ne peut que pousser le palet sur Hardy mais ce dernier le renvoie avec sa jambière dans la crosse de Dufour qui marque d’un joli geste réflexe (1-1, 12’25 »). Moins d’une minute plus part, un slap ras de glace de Wallin est repoussé par Hardy sur Martin Jansson qui contrôle le palet et ajuste Hardy du revers (2-1, 13’14 »).
Les ennuis dijonnais ne sont pas terminés puisque Guttig regagne la prison quelques secondes plus tard. Une troisième supériorité numérique dans ce tiers pour Grenoble qui parvient enfin à tirer profit de la situation sur un slap de Fleury à la ligne bleue qui finit sa course sous la barre transversale sans qu’Hardy n’ait vu venir le palet (3-1, 14’54 »). En un peu plus de deux minutes, les hommes de Mats Lusth sont parvenus à renverser une situation compliquée, au grand dam de Daniel Maric, navré de voir son équipe s’effondrer ainsi. Les Ducs, indisciplinés et finalement perdus dans ce tiers qu’ils avaient pourtant bien commencé, écopent d’une quatrième pénalité pour une faute de Kristin qui venait à peine de purger sa méconduite. Sans conséquence cette fois.
Les Brûleurs de Loups s’étaient montrés jusque là disciplinés mais une pénalité de l’incorrigible Jansson en fin de premier tiers prend des proportions plus importantes lorsque Milovanovic est sanctionné à son tour au début de la deuxième période. Dijon bénéficie ainsi d’une double supériorité numérique, l’occasion idéale de revenir dans la partie. Mais les Ducs ne parviennent par à trouver les décalages et la défense grenobloise se dégage sans trop de difficulté devant un Eddy Ferhi rassurant. Les coéquipiers de Christophe Tartari continuent de gérer tranquillement la rencontre sur un faux rythme en attendant la faute dijonnaise. Celle-ci finit par arriver une nouvelle fois par Miroslav Kristin, retombé dans ses travers ce soir avec quatorze minutes passées sur le banc des pénalités. La sanction est immédiate : Ludek Broz adresse une belle passe transversale à Anders Nilsson qui reprend instantanément et trouve le cadre (4-1, 27’39 »).

Avec un écart déjà sensible au score, le dernier tiers ne présente que peu d’intérêt et Daniel Maric en profite pour changer ses lignes et faire évoluer Reynolds dans une autre position. Sans forcer leur talent face à des Dijonnais dépassés et visiblement peu concernés, les Brûleurs de Loups continuent à faire gonfler le compteur. Sur une attaque à trois initiée par un Fleury encore intenable ce soir, Dufour déborde sur l’aile droite et centre pour Christophe Tartari qui prend de vitesse la défense bourguignonne et conclue à bout portant, comme à l’entraînement (6-1, 44’11 »). Un accrochage pas bien méchant entre Rouleau et Reynolds conduit les deux joueurs en prison. Le score large fait tomber Grenoble dans la facilité : Tartari réalise alors une splendide passe devant son but pour Stephen Dugas qui ne se fait pas prier pour allumer Ferhi à bout portant (6-2, 48’42 »). Une belle boulette du capitaine grenoblois, sans conséquence heureusement. Dugas se distingue par la suite en regagnant le banc des pénalités, bientôt imité par Anton Lezo. Et à force de prendre des pénalités, les Ducs cèdent à nouveau en infériorité numérique sur un palet récupéré en sortie de zone par Fleury qui sert son compère Dufour, lequel ne manque pas l’occasion de compléter son coup du chapeau (7-2, 53’53 »).

Après dix premières minutes très prometteuses, les Dijonnais ont rapidement baissé les bras, ne se remettant pas des trois buts encaissés coup sur coup. La défense, privée de Gillet, s’est montrée particulièrement empruntée, laissant des boulevards aux attaquants grenoblois qui s’en sont donnés à cœur joie, notamment en supériorité numérique. Une performance d’ensemble à oublier pour les Ducs qui ne se sont pas montrés à la hauteur de leur classement ce soir, se montrant par exemple bien moins accrocheurs que les Gapençais vus mardi à Pôle Sud. Florian Hardy a été très loin de se montrer décisif et a perdu nettement son face-à-face avec Eddy Ferhi ce soir. Kristin s’est plus distingué sur le banc des pénalités que par ses exploits devant la cage. Matt Reynolds s’est engagé mais n’a pas pu peser suffisamment sur le jeu à sa première titularisation. Finalement, la meilleure satisfaction côté dijonnais est sans doute Anthony Guttig, le danger offensif n°1 chez les Ducs par sa capacité à semer le trouble dans la défense adverse. Les Dijonnais devront s’en inspirer s’ils veulent rester dans le haut du tableau après deux lourdes défaites consécutives. Réaction attendue samedi prochain face à Villard.
Les Brûleurs de Loups, pour leur part, enregistrent une nouvelle victoire face à une équipe qui les devance au classement, un résultat précieux dans la course-poursuite qu’ils ont engagée. Sans dominer outrageusement la rencontre, ils se sont montrés plus efficaces, profitant des lacunes de la défense adverse pour faire enfler le score progressivement. Un trio s’est révélé dans cette rencontre : celui formé de Dufour, Fleury et Tartari, présent sur cinq des sept buts grenoblois ce soir. Si Fleury est toujours dans une forme internationale, Dufour est sorti de l’ombre dans laquelle il évoluait depuis le début de la saison. Rarement décisif, sa production était en deçà des attentes placées en lui lors de son arrivée, lui qui était le meilleur pointeur de la Ligue Magnus la saison précédente. Avec trois buts ce soir, il livre enfin un match plein qui lui servira peut-être de déclic pour la suite. Après deux succès pour cette semaine de reprise, les Brûleurs de Loups doivent maintenant valider leur ticket pour les demi-finales de la coupe de la ligue mardi à Gap avant de recevoir d’autres Ducs, bien plus redoutables ceux-là, ceux d’Angers, leaders invaincus de la Ligue Magnus. Un beau défi en perspective !
Désignés meilleurs joueurs du match : Jean-François Dufour (Grenoble) et Stephen Dugas (Dijon).
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Patrick Rolland (entraîneur-adjoint de Grenoble) : « On savait que Dijon jouait avec trois attaquants qui mettent la pression. Après avoir encaissé le premier but, dans l’ensemble on a su se ressaisir et porter le danger dans l’autre camp. C’est un match qui fait du bien surtout parce qu’il nous donne un peu de rythme, c’était notre deuxième match en novembre. »
Grenoble – Dijon 7-2 (3-1, 2-0, 2-1)
Samedi 21 novembre à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Guillaume Gielly et Adrian Popa.
Pénalités : Grenoble 14′ (2′, 8′, 4′), Dijon 34′ (8’+10′, 4′, 12′).
Tirs cadrés : Grenoble 34, Dijon 33.
Engagements gagnés : Grenoble 44, Dijon 42.
Évolution du score :
0-1 à 07’41 » : Lezo assisté de Pain et Reynolds
1-1 à 12’25 » : Dufour assisté de Fleury et Tartari
2-1 à 13’14 » : Jansson assisté de Wallin et Sivic
3-1 à 14’54 » : Fleury assisté de Dufour et Tartari (sup. num.)
4-1 à 27’39 » : Nilsson assisté de Broz et Jansson (sup. num.)
5-1 à 38’49 » : Dufour assisté de Fleury et Tartari
6-1 à 44’11 » : Tartari assisté de Dufour et Fleury
6-2 à 48’42 » : Dugas
7-2 à 53’53 » : Dufour assisté de Fleury et Rouleau (sup. num.)
Grenoble
Gardien : Eddy Ferhi.
Défenseurs : Viktor Wallin – Maxime Moisand ; Jason Crossman – Jakob Milovanovic ; Nicolas Besch – Antonin Manavian.
Attaquants : Mitja Sivic – Martin Jansson (A) – Anders Nilsson ; Jean-François Dufour – Christophe Tartari (C) – Damien Fleury ; Alexandre Rouleau – Ludek Broz (A) – Julien Baylacq.
Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Loup Benoît, Raphaël Papa, Nicolas Arrossamena.
Dijon
Gardien : Florian Hardy [sorti de 56’46 » à 58’26 »].
Défenseurs : Pavol Resetka – Peter Strapaty ; Matthieu Mille – Aki Nurminen ; Jesse Lustberg.
Attaquants : Thomas Decock – Anthony Guttig (A) [puis Reynolds à 40’00 »] – Miroslav Kristin (A) [puis Séguy à 40’00 »] ; Stephen Dugas (C) – Luc Mazerolle – Matthew Reynolds [puis Kristin à 40’00 »] ; Anton Lezo – Erwan Pain – Mathieu Séguy [puis Guttig à 40’00 »].
Remplaçants : Andy Foliot (G), Aymeric Gillet. Absents : Arnaud Hascoët (blessé).





































