
Il fallait donc s’attendre à une réponse. Pour la première fois, le programme de match à Viry est agrémenté d’un édito du président d’honneur Christian Vigier, qui répond par une prose soignée. Quand le hockey français sera mûr pour le haut niveau (de langage), peut-être que des exégètes de la littérature hockeyistique se pencheront un jour sur ce texte et en dénoueront les fils… Sans doute que les spectateurs du match ne se sont pas préoccupés d’en saisir les subtilités. Ils n’ont même pas prêté attention au fait que les ex-Virois aient été inscrits à l’encre verte dans l’effectif des visiteurs (à vrai dire, la majorité de ces joueurs ont débuté ni chez les uns ni chez les autres, mais à Dammarie ou chez les défunts clubs de Yerres et Athis-Paray, ce qui rejoint d’ailleurs la problématique de l’édito du soir…).
En vérité, le derby se jouera non pas à plumes mouchetées, mais à patins aiguisés. Les Jets de Viry le savent parfaitement, eux qui ont besoin de points sonnants et trébuchants pour s’assurer une qualification en play-offs. Les prestations méritoires et remarquées à l’extérieur, comme dernièrement à Anglet, ou les rencontres perdues avec un sentiment d’injustice à domicile, comme contre les Volants, cela n’est pas d’une grande utilité au classement. Évry ne l’entend évidemment pas de cette oreille et entend confirmer sa réponse à la question de suprématie posée au match aller.

Les premières pénalités de dix minutes sont pour l’instant distribuées à Romain Danton et Stanislav Mistrik. La première ligne d’Évry, bien connue en ces lieux, est donc amputée pour un moment, Belhassen se chargeant de remplacer Danton. Dans le cas de Viry, la perte d’un défenseur est plus gênante car l’effectif ne compte que quatre arrières pour douze attaquants.
Pour autant, l’arrière-garde viroise n’est pas vraiment mise en danger. Évry peine à poser son jeu et perd trop de palets en zone neutre. À la septième minute, Giovanni Lelièvre contre dans l’axe. Kucera le fait trébucher en tombant/plongeant – photo de gauche – sans que l’arbitre n’inflige de sanction.
La première pénalité contre les visiteurs arrive après dix minutes à l’encontre de Dimitri Juan. Alors que les deux jeux de puissance évryens avaient été très peu dangereux, Viry est beaucoup plus incisif dans cet exercice. Après plusieurs rebonds, au lieu d’insister à côté du but face à une muraille formée du gardien et d’un défenseur couché, Giovanni Lelièvre remet intelligemment en retrait à Bertrand Danton qui conclut du haut de l’enclave (1-0, 11’01 »). À force de parler des anciens Jets à Évry, on en avait oublié celui qui vient de faire le chemin inverse : dernier arrivé à Viry au cours de l’automne, le transfuge des Peaux Rouges est l’inattendu premier buteur du soir !

Le jeu s’anime en fin de premier tiers. Antoine Cohen manque le cadre sur une passe transversale de Chougui. Douze secondes plus tard, le jeu est reparti dans l’autre sens, Marcon relâche un tir de Danton, mais sur le côté du but. Et c’est finalement une dernière contre-attaque de Chougui, à deux contre un, qui trompe Vancayseele du revers (3-0, 19’48 »).
Il est certain que cette première période ne doit pas être du tout du goût d’Évry. Le discours doit être musclé dans le vestiaire, en tout cas la réaction est vive. Les Peaux Rouges attaquent tout de suite la cage et provoquent une pénalité de Chougui au bout de douze secondes. Cette supériorité numérique n’a plus rien à voir avec celles cafouillées du début de match. Yanick Bernier d’Aoust glisse le palet entre les jambières de Marcon (3-1, 21’54 »). Une deuxième infériorité viroise est bien défendue, par la protection du slot du duo Kerneis-Jeannette, puis par des arrêts de Marcon.
Un tir d’Alexis Niverd est rabattu au sol par la crosse de Mickaël Beaudet – une combinaison sans doute travaillée car répétée à l’identique un peu plus tard. Le palet échoue près de la botte de Marcon, sans qu’il parvienne à y poser le gant. Karl Gourgand n’a plus qu’à pousser cette rondelle dans les filets déserts (3-2, 26’34 »). À son tour en supériorité, Viry n’arrive plus à construire. Au retour au complet, Bernier D’Aoust passe la ligne bleue plein axe et tire au ras du poteau gauche (3-3, 29’27 »).

Viry est-il en train de craquer ? Non, car Robin Chrétien égalise en déviant un tir de la droite de Loïc Lemoine (4-4). Un but marqué à 36’56 » et attribué de mémoire à 36’59 » car la table de marque vient de s’éteindre après un souci électrique. Le redémarrage du chrono ne coupe pas l’élan des Jets, puisque Lelièvre ne se pose pas de questions en entrant en zone sur la gauche et envoie un slap dans les filets (5-4, 37’46 »).
Nouvelle pause « active » dans le vestiaire d’Évry. D’une part avec un changement de gardien, Nicolas Husarek remplaçant Vancayseele. D’autre part avec une attaque encore immédiate, et un but de Kévin Ledoux à mi-hauteur côté plaque (5-5, 40’11 »). Viry multiplie alors les occasions pour essayer de reprendre l’avantage. En powerplay, le rebond de Hugo Vinatier passe juste à côté du cadre après le lancer de la bleue de Bertrand Danton. À égalité numérique, Sarnovsky repique devant la cage mais tarde à tirer et trouve le petit filet.
Les pénalités se succèdent avec un coup de coude de Goujot, une charge incorrecte de Kerneis sur son ami Ledoux mal retombé près de la bande (il reviendra heureusement au jeu) et une crosse haute de Devaux sur Cohen. Les Jets jouent donc à 4 contre 3, et la réussite change alors de camp : le lancer de la bleue de Mistrik s’élève sur le dos du défenseur évryen Divisek, couché devant le lancer, et passe au-dessus du gant de Husarek (6-5, 49’22 »).

Neuf buts, on n’avait pas vu cela à Viry depuis très longtemps et les plus fidèles se demandent si cela ne datait pas du temps de l’élite. En fait non, c’était contre Toulon l’année de la montée en D1. Les huit buteurs différents témoignent du potentiel de l’attaque castelviroise – qui était pourtant la moins bonne de la poule ! – lorsqu’elle est presque au complet, ce qui ne lui est pas arrivé souvent. Cet automne, il manquait notamment à l’appel les jeunes formés au club Hugo Vinatier (17 ans, photo de droite face à Romain Danton), auteur du seul doublé, et Giovanni Lelièvre (19 ans), qui amène beaucoup de dynamisme. Même Zdenko Sarnovsky, rétrogradé en troisième ligne parce qu’il peinait à être le buteur annoncé, a relevé la tête.
Évry, qui avait pourtant programmé un match amical contre Asnières pour reprendre le rythme du jeu après trois semaines sans compétition, devra surtout tirer les leçons de ce match en matière de condition physique : les fins de tiers ont été difficiles, la troisième période encore plus. Les Jets ont semblé en meilleure forme lors de cette reprise en livrant leur meilleur performance à domicile pour un match intense et spectaculaire.
(photos Philippe Rivier)
Viry-Châtillon – Évry 9-5 (3-0, 2-4, 4-1)
Samedi 9 janvier 2010 à 20h30 à la patinoire des Lacs. 300 spectateurs.
Arbitrage de MM. Gardiol et Roulet.
Pénalités : Viry 44′ (4’+10′, 6′, 4’+10’+10′), Évry 34′ (2’+10′, 2′, 10’+10′).
Tirs : Viry 47 (15, 12, 20), Évry 39 (9, 22, 8).
Évolution du score :
1-0 à 11’01 » : B. Danton (sup. num.)
2-0 à 14’33 » : Sarnovsky assisté de Lelièvre
3-0 à 19’48 » : Chougui
3-1 à 21’54 » : Bernier d’Aoust assisté de Beaudet et Belhassen (sup. num.)
3-2 à 26’34 » : Gourgand assisté de Beaudet
3-3 à 29’27 » : Bernier d’Aoust assisté de Goujot
3-4 à 34’04 » : Divisek assisté de Kucera
4-4 à 36’59 » : Chrétien assisté de Lemoine
5-4 à 37’46 » : Lelièvre assisté de Vinatier
5-5 à 40’11 » : Ledoux assisté de Divisek
6-5 à 49’22 » : Mistrik assisté de M. Denis
7-5 à 53’36 » : Vinatier assisté de Lelièvre et Sarnovsky
8-5 à 55’45 » : M. Denis (double sup. num.)
9-5 à 58’06 » : Vinatier assisté de Sarnovsky et Chougui
Viry-Châtillon
Gardien : Geoffroy Marcon.
Défenseurs : Yvan Kerneis (C) – Guillaume Jeannette (A) ; Pierre-Jean Karimbocus – Stanislav Mistrik.
Attaquants : Antoine Cohen – Hugo Vinatier – Felix Chougui ; Giovanni Lelièvre – Mickaël Denis – Éric Blossier ; Robin Chrétien – Loïc Lemoine – Zdenko Sarnovsky ; Benjamin Aubry – Bertrand Danton – Killian Dufaut.
Remplaçant : Nicolas Cargou (G). Absents : Alexis Gautron (suspendu), Romain Costes (accident de moto), Virgil Ponticelli (malade), Anthony Denis.
Évry
Gardien : Vincent Vancayseele puis Nicolas Husarek à 40’00 ».
Défenseurs : Michal Divisek – Ivan Kucera ; Mickaël Goujot – Alexis Niverd ; Benjamin De Avelar – Alexandre Devaux.
Attaquants : Victor Peduzzi – Romain Danton – Kevin Ledoux ; Yanick Bernier d’Aoust – Mickaël Beaudet – Karl Gourgand ; Aurélien Morillon – Dimitri Juan – Arnaud Niverd ; Mehdi Belhassen, Fabian Gumucio (C), Mohamed Benyahia.
Absent : Antoine Devaux.




































