Grenoble se fait peur

Pour ce match, les Brûleurs de Loups sont toujours privés de Mats Lusth, parti en Suède à cause d’un décès familial, de Sébastien Raibon, convalescent, et de Ludek Broz, qui a repris l’entraînement mais qui est encore trop juste pour retrouver la glace. À ces absences vient s’ajouter celle de Martin Jansson, suspendu après son expulsion à Amiens pour une charge irrégulière sur Sylvain Rodier. Loup Benoît est donc titularisé en attaque alors que Patrick Rolland en profite pour mélanger ses lignes en intervertissant Papa et Tartari. À Épinal, le banc est encore plus réduit avec les absences de Simko, Chassard et Chipaux qui contraignent Santino Pellegrino à titulariser les défenseurs Leroy et Simon en attaque.
Au coup d’envoi, Grenoble tente de prendre le jeu à son compte mais sans véritable danger pour Tojkander qui passe cinq premières minutes assez tranquilles, excepté sur une remontée de palet rapide de Fleury que le portier suédois maîtrise sans dommage. Bien entrés dans le match, les Dauphins d’Épinal n’hésitent pas alors à placer quelques contre-attaques dangereuses comme sur un 2 contre 1 Agostini-Ganz au terme duquel Agostini choisit le tir, arrêté par Ferhi. Le portier grenoblois est encore sollicité sur un slap de Petrak en entrée de zone qu’il a quelques difficultés à détourner. Les Brûleurs de Loups sont terriblement gênés en zone neutre par des Spinaliens agressifs sur le porteur du palet et à l’affût de la moindre interception. Niko Mäntylä, déséquilibré près de la bande par un joueur grenoblois, glisse dans la balustrade et peine à se relever : il rejoindra son banc en boitant bas et ne reviendra pas durant le reste de la partie, obligeant Pellegrino à faire redescendre Lionel Simon en défense.

L’orage passe sur la cage spinalienne et Grenoble semble avoir toujours autant de mal à accélérer dans cette rencontre. Épinal continue de développer des contre-attaques rapides, à l’image d’un débordement de Lionel Simon sur l’aile gauche qui se termine par un tir difficile pour Eddy Ferhi qui resserre ses jambières à temps. Une prison à l’encontre d’Antonin Manavian donne une chance à Épinal mais malgré les passes de Jan Plch, les Dauphins n’en profitent pas. En fin de tiers, Grenoble tente un dernier coup de reins par Anders Nilsson sur la droite, qui voit son tir repoussé par Tojkander sur… Tartari mais au moment où le capitaine grenoblois tire, la cage est déplacée… et on ne saura jamais si le palet serait rentré ! C’est donc sur un score nul et vierge que s’achève un premier tiers bien terne.
En début de deuxième période, les Grenoblois se montrent plus actifs. Et comme souvent depuis le début de la saison, c’est le duo Dufour-Fleury qui va débloquer la situation. Damien Fleury travaille bien le long de la bande, parvient à ressortir avec le palet et centre pour Dufour, esseulé face aux cages de Tojkander : l’attaquant québécois ne tremble pas et ajuste le portier spinalien pour l’ouverture du score (1-0, 21’45 »). On pense que les Brûleurs de Loups sont enfin entrés dans le match. Erreur, car une poignée de secondes plus tard, Nicolas Besch envoie le palet sur Jan Hagelberg qui ne se fait pas prier pour le récupérer, entrer en zone d’attaque et fusiller Ferhi d’un puissant tir sous la barre (1-1, 22’20 »). Les compteurs sont donc remis rapidement à zéro grâce à une belle erreur de la défense grenobloise. Les occasions s’enchaînent avec notamment Jan Plch du côté spinalien et Sivic côté grenoblois. Le match semble pouvoir basculer de part et d’autre et les Grenoblois ne donnent pas l’impression de vraiment maîtriser les débats, laissant les contres visiteurs se développer facilement à l’image de celui d’Agostini qui centre au dernier moment mais Ferhi sauve les meubles.

Grenoble a aussitôt l’occasion de reprendre les commandes suite à une pénalité d’Agostini. Mais le jeu de puissance isérois est beaucoup trop lent et maladroit pour espérer quoi que ce soit. Encore une fois, les Grenoblois semblent particulièrement statiques et incapables d’accélérer. À cinq minutes de la fin du tiers, Jan Plch se fait sanctionner pour un accrocher, redonnant une chance à Grenoble en supériorité numérique. Comme les joueurs spinaliens mettent du temps à se positionner, M. Hauchart perd patience et ajoute deux minutes pour retard de jeu. Grosse colère de Santino Pellegrino qui demande même à ses joueurs de revenir au banc : M. Hauchart rajoute alors deux nouvelles minutes de pénalité pour retard de jeu. La confusion est totale mais le jeu parvient à reprendre à cinq contre trois. Tojkander se fait bombarder notamment par Wallin et Rouleau positionnés à la ligne bleue et s’en sort héroïquement jusqu’à ce qu’il renvoie un tir de Rouleau en direction de Damien Fleury qui reprend victorieusement dans la cage vide (3-2, 36’46 »).

On se dit alors que les Brûleurs de Loups vont finir par faire craquer la défense spinalienne dans la troisième période. Que nenni. Les joueurs coachés ce soir par Patrick Rolland sont toujours aussi empruntés et maladroits dans la transmission du palet. Malgré le retour à des lignes plus « standards », rien ne fonctionne pour les Grenoblois qui ne parviennent pas à porter le danger sur la cage de Tojkander. Le rythme de la rencontre baisse d’un ton comme si aucune des deux équipes ne voulait prendre de risque. Les Grenoblois manquent le coche sur une supériorité numérique pas très bien négociée. Les minutes s’égrènent et le public s’impatiente de voir son équipe autant déjouer face à une équipe certes vaillante mais qui avait essuyé une défaite 5-0 une semaine plus tôt.
À force de se mettre en position délicate, les coéquipiers de Tartari sont tout près de perdre le fil du match : d’abord sur deux pénalités de Tartari lui-même et Baylacq à une minute d’intervalle. Épinal joue près d’une minute en double supériorité numérique et il faut une grosse présence défensive et la vigilance de Ferhi sur les tirs de la bleue de Leroy pour éviter le désastre. Mais ce n’est pas tout, alors que les Brûleurs de Loups ne sont toujours pas revenus à égalité numérique, Erwan Agostini transperce le rideau défensif grenoblois et se fait accrocher par Alexandre Rouleau. M. Hauchart siffle un tir de pénalité dont se charge Jan Plch. Pôle Sud retient son souffle mais Eddy Ferhi ne tremble pas et bloque le palet entre ses jambières. Épinal sort ainsi d’une grosse période de domination sans avoir marqué et rate une bonne occasion de prendre les devants au score.

C’est donc avec un joueur supplémentaire sur la glace que Grenoble débute la prolongation. L’avantage n’est pas négligeable, mais à l’image du match, les Brûleurs de Loups se montrent trop lents et empruntés dans la prise de décision. Les Spinaliens, qui ont déjà empoché un point inespéré, se battent avec courage pour tenir jusqu’au retour de Quessandier sur la glace. La séance de tirs au but commence à poindre à l’horizon lorsque Mitja Sivic remonte rapidement le palet jusque vers la cage spinalienne et centre devant le but… Nilsson rate le palet mais pas Wallin, monté à propos, qui ne manque pas la reprise dans la cage grande ouverte (4-3, 63’12 »).
Épinal s’incline finalement de justesse après avoir obtenu un point bien mérité en Isère et aurait même pu espérer mieux. Les Dauphins ont visiblement retenu la leçon de leur défaite une semaine auparavant car ils ont énormément gêné les Grenoblois, incapables de construire leur jeu habituel. Devant un Tojkander excellent, la défense, pourtant désorganisée par la perte rapide de Mäntylä, s’est montrée particulièrement mobile avec notamment Jan Hagelberg, très en verve ce soir, avec deux buts splendides et une activité dans les deux sens de la patinoire assez impressionnante. Sa réussite a permis de compenser les absences devant et le manque d’efficacité de Plch, un peu plus en retrait que d’habitude. La troisième ligne Ganz-Agostini-Benchabane n’était pas en reste ce soir, provoquant à maintes reprises la défense grenobloise. Les hommes de Pellegrino peuvent désormais attendre de pied ferme un autre gros morceau, Angers, qui se présente dans les Vosges samedi.
Grenoble s’en sort pour sa part miraculeusement avec les deux points de la victoire. Passifs, lents et maladroits, les Brûleurs de Loups se sont montrés hésitants pendant toute la rencontre, ne donnant jamais vraiment l’impression d’être entrés dans le match. Incapables de passer la vitesse supérieure pour dominer leurs adversaires, les Grenoblois se sont laissé endormir dans une rencontre qui a rarement atteint les sommets. À l’image d’un manque de concentration au deuxième tiers qui s’est traduit par des erreurs impardonnables à ce niveau. Au milieu du naufrage, comme d’habitude seuls Dufour, auteur d’un doublé, et Fleury, ont surnagé malgré la séparation initiale du trio avec Tartari. Pas franchement une réussite d’ailleurs. La seule bonne nouvelle ce soir, c’est que même en jouant très mal, les Brûleurs de Loups arrivent quand même à gagner. Décevants à Pôle sud en ce moment par leur manque d’entrain, ils ont l’opportunité de se ressaisir à l’extérieur, dès samedi à Dijon. Mais il faudra montrer bien plus dans le jeu sous peine de voir s’éloigner rapidement la quatrième place convoitée…
Désignés meilleurs joueurs du match : Eddy Ferhi (Grenoble) et Jan Hagelberg (Epinal)
(photos www.hockey-passion.com)
Commentaire d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Patrick Rolland (entraîneur-adjoint de Grenoble) : « Ce soir, seuls les deux points comptent. On a largement dominé sans être toujours récompensés. On touche les poteaux, on rate des cages vides. Mention spéciale à leur gardien qui s’est montré excellent. »
Grenoble – Épinal 4-3 après prolongation (0-0, 3-3, 0-0, 1-0)
Mardi 2 février à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Alexandre Hauchart assisté de Frédéric Peurière et Guillaume Gielly.
Pénalités : Grenoble 10′ (2′, 4′, 4′, 0′), Épinal 18′ (4′, 10′, 4′, 0′).
Évolution du score :
1-0 à 21’45 » : Dufour assisté de Fleury
1-1 à 22’20 » : Hagelberg
2-1 à 29’54 » : Dufour assisté de Tartari et Rouleau
2-2 à 31’28 » : Petrak assisté de Leroy (sup. num.)
3-2 à 36’46 » : Fleury assisté de Rouleau (double sup. num.)
3-3 à 38’36 » : Hagelberg assisté de Haapasaari
4-3 à 63’12 » : Wallin assisté de Sivic et Besch
Grenoble
Gardien : Eddy Ferhi.
Défenseurs : Viktor Wallin (A) – Maxime Moisand ; Alexandre Rouleau (A) – Jakob Milovanovic ; Antonin Manavian – Nicolas Besch.
Attaquants : Loup Benoît [puis Baylacq au troisième tiers] – Mitja Sivic – Anders Nilsson ; Jean-François Dufour – Raphaël Papa [puis Tartari au troisième tiers] – Damien Fleury ; Julien Baylacq [puis Benoît au troisième tiers] – Christophe Tartari (C) [puis Papa au troisième tiers] – Nicolas Arrossamena.
Remplaçants : Anthony Koren (G), Elie Raibon, Jason Crossman, Vincent Llorca. Absents : Ludek Broz (lombalgie), Sébastien Raibon (doigt cassé), Martin Jansson (suspendu).
Epinal
Gardien : Henrik Tojkander.
Défenseurs : Jan Hagelberg – Peter Slovak ; Benoît Quessandier – Niko Mäntylä [puis Simon au premier tiers].
Attaquants : Guillaume Papelier (A) – Tomi Karlsson – Jan Plch (C) ; Fabien Leroy – Michal Petrak (A) – Jussi Haapasaari ; Nathan Ganz – Erwan Agostini – Lionel Simon [puis Kévin Benchabane au premier tiers].
Remplaçants : Stanislav Petrik (G), Yvan Charpentier. Absents : Jan Simko (fracture de la main), Guillaume Chassard (épaule luxée), Tarik Chipaux (entorse du genou), Anthony Rapenne (cheville, saison terminée), Borislav Ilic.








































