Une nouvelle ligne de rêve

Ce sont Sushinsky et Mozyakin qui font les frais de ces arrivées en étant envoyés en tribune. Il ne reste plus que trois attaquants de KHL, Tereshchenko, Kozlov et Fedorov. Neuf attaquants de NHL sont rassemblés : un record sous l'ère Bykov !
Les Danois annoncent qu'ils vont faire tourner leurs lignes et reposer leurs cadres. Leur second gardien Fredrik Andersen est aligné, mais rappelons que c'est lui qui avait battu la Finlande. Ses coéquipiers sont si euphoriques dans ce Mondial qu'ils ne paraissent pas intimidés face à cette brochette de vedettes : ils osent et attaquent d'entrée. Le jeu va ainsi d'une cage à l'autre, une physionomie qui devrait logiquement être favorable au talent russe. Mads Bech Christensen se couche bien sur une passe de Tereshchenko pour Frolov en 2 contre 1.

Le jeu un peu trop ouvert du début ne pouvant pas tenir longtemps, le Danemark a mis en place une bonne organisation en zone neutre qui lui permet de gêner la construction russe et de maintenir un jeu équilibré.
Mais après une interception par une charge dans la bande en zone neutre, la Russie réussit une combinaison exceptionnelle : double passe-abandon de Malkin puis de Kovalchuk au même endroit dans le cercle droit, puis tir croisé de Pavel Datsyuk à mi-hauteur (0-1, 15'07"). La classe !

En fait, le but n'est pas accordé tout de suite car le palet a frappé la caméra à l'arrière de la cage : l'arbitre n'étant pas sûr qu'il soit rentré, il attend que le tiers-temps se termine et fait appel à la vidéo. Il faut ensuite que Semin retourne en prison pour cinq secondes et que l'on refasse jouer le temps restant…
Le score n'est pas vraiment mérité pour le Danemark, mais maintenant que la machine russe est lancée, il peut craindre le pire. Dès le début de la deuxième période, une passe de derrière la cage d'Ovechkin trouve Datsyuk pour une reprise à bout portant. L'élan russe est cependant arrêté par une crosse haute de Dmitri Kulikov qui prend 2'+2'.

Le Danemark n'a rien perdu de son allant offensif, avec les risques que cela comporte. Mads Christensen perd le palet à l'entrée de la zone d'attaque, et Semin envoie alors Ovechkin en échappée… Seule la transversale repoussera le tir du meilleur marqueur de NHL.
La résistance danoise s'est appuyée notamment sur une discipline remarquable : aucune pénalité pendant une moitié de match. On comprend combien c'était important lorsque Lars Eller perd un duel contre la bande face à Evgeni Malkin et l'accroche. La Russie, qui n'avait marqué que deux buts en supériorité numérique dans ce tournoi, réussit un superbe jeu en triangle entre Datysuk à droite, Kovalchuk entre les cercles et Malkin au poteau droit. La finition de ce dernier est superbe, il enveloppe le palet du revers puis tire du coup droit au poteau opposé – voir grande photo en bas de l'article (1-3, 33'40").

Les joueurs russes font peut-être une espèce de concours entre eux : Ilya Kovalchuk tire à son tour sur la transversale en début de troisième période. Ses compagnons de ligne ne sont pas en reste. Evgeni Malkin, qui attire les deux défenseurs Bødker et Nielsen, sort le palet de derrière la cage pour Pavel Datsyuk tout seul qui feinte le pauvre gardien (1-4, 47'51").
Cette ligne fait tellement vibrer le public que même les vendeurs de bière arrêtent de faire le tour des tribunes pour regarder la glace, interloqués. Une nouvelle action d'éclat en supériorité numérique, une mêlée devant la cage, et Dresler met la main sur le palet. Pénalty. Pavel Datsyuk le transforme d'une feinte magnifique qui s'achève avec un tir en lucarne. Andersen est sur le cul, au propre comme au figuré (1-5, 50'51"). On en oublierait presque le reste les lignes de l'ombre, mais la passe de derrière la cage d'Afinogenov pour Kulemin est parfaite (1-6, 52'26").

La Russie a concédé 34 tirs hier et 31 aujourd'hui, ce qui est en soi inquiétant pour le champion en titre. Mais elle a un tel talent offensif qu'elle peut se permettre un match ouvert. Est-ce que ce sera le cas contre un adversaire plus fort ? On le saura mardi contre la Finlande. Pour l'heure, elle a gagné et fait le spectacle. La défense danoise a fini par être dépassée : il faut dire que son capitaine Damgaard est finalement sorti à la mi-match à cause d'une nuque douloureuse. L'attaquant-vedette Peter Regin a alors pris sa place en défense.
Désignés joueurs du match : Daniel Nielsen pour le Danemark et Pavel Datsyuk pour la Russie.
Commentaires d'après-match
Per Bäckman (entraîneur du Danemark) : "Mon commentaire est simple : ils sont trop forts pour nous, on le savait avant et on le sait maintenant. Notre match se joue demain."
Daniel Nielsen (défenseur du Danemark) : "C'est une super expérience. C'est super de voir de plus près ces joueurs. Avec eux, il faut regarder par dessus son épaule tout le temps, on ne sait pas d'où peut venir le danger. Leurs deux premières lignes ont un talent exceptionnel. Datsyuk est un joueur que j'ai toujours aimé regarder, il a une telle technique. […] Nous avons des joueurs offensifs qui prennent leur chance quel que soit l'adversaire. Nous aurions pu marquer plus de buts aujourd'hui. Mais il faut se concentrer sur le match de demain contre le Bélarus pour se qualifier en quart de finale."
Peter Regin (attaquant du Danemark, provisoirement reconverti défenseur) : "J'ai joué arrière en powerplay, mais ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas si facile qu'il n'y paraît de mettre ces bonnes mises en échec."
Danemark – Russie 1-6 (0-2, 1-1, 0-3)
Dimanche 16 mai 2010 à 16h15 à la Lanxess-Arena. 5789 spectateurs.
Arbitrage d'Ole Stian Hansen (NOR) et Christer Lärking (SUE) assistés d'Ansis Eglitis (LET) et Peter Sabelström (SUE).
Pénalités : Danemark 6' (2', 4', 0') ; Russie 8' (4', 2', 2').
Tirs : Danemark 31 (11, 16, 4) ; Russie 32 (12, 8, 12).
Évolution du score :
0-1 à 15'07" : Datsyuk assisté de Kovalchuk et Malkin
0-2 à 19'12" : Ovechkin assisté de S. Fedorov et Atyushov (inf. num.)
1-2 à 25'02" : Christensen assisté de Regin et Green (sup. num.)
1-3 à 33'40" : Malkin assisté de Kovalchuk et Datsyuk (sup. num.)
1-4 à 47'51" : Datsyuk assisté de Malkin et Kovalchuk
1-5 à 50'51" : Datsyuk (tir de pénalité)
1-6 à 52'26" : Kulemin assisté d'Afinogenov et Anisimov
Danemark
Gardien : Frederik Andersen.
Défenseurs : Stefan Lassen – Philip Larsen ; Mads Bødker – Daniel Nielsen ; Mads Christensen – Jesper Damgaard (C) [puis Regin].
Attaquants : Morten Madsen puis Jesper Jensen à 40'00" – Frans Nielsen (A) – Lars Eller ; Nichlas Hardt – Peter Regin – Mads Christensen ; Kasper Degn – Morten Green (A) – Julian Jakobsen ; Kim Staal – Thor Dresler – Kim Lykkeskov ; Alexander Sundberg.
Remplaçant : Peter Hirsch (G). Absents : Patrick Galbraith (G), Jesper Duus (côtes).
Russie
Gardien : Vasili Koshechkin.
Défenseurs : Denis Grebeshkov – Konstantin Korneïev ; Sergei Gonchar – Dmitri Kalinin ; Alekseï Emelin – Ilya Nikulin ; Dmitri Kulikov – Vitali Atyushov.
Attaquants : Aleksandr Ovechkin (A) – Sergei Fedorov (A) – Aleksandr Semin ; Ilya Kovalchuk (C) – Pavel Datsyuk – Evgeni Malkin ; Aleksandr Frolov – Alekseï Tereshchenko – Viktor Kozlov ; Nikolaï Kulemin – Artyom Anisimov – Maksim Afinogenov.
Remplaçant : Aleksandr Eremenko (G). En réserve : Semyon Varlamov (G), Maksim Sushinsky, Sergei Mozyakin.









































