La douche froide strasbourgeoise

L’Etoile noire a connu pour sa part un début de saison difficile avec trois défaites en autant de matchs officiels face à Dijon (2-3), Angers (2-4) et Amiens mardi en coupe de la ligue (3-5). À chaque fois il ne manquait pas grand-chose aux Strasbourgeois pour s’imposer et c’est donc tout simplement une première victoire cette saison que viennent chercher à Pôle Sud les hommes de Daniel Bourdages. Pour ce match, Grenoble est toujours privé de ses blessés longue durée, Amar et Aquino, tandis que le seul Marcos fait défaut à Strasbourg. Après son blanchissage mardi, Quemener débute dans la cage grenobloise face à Hiadlovsky.

Dans la foulée Mathieu Le Blond reçoit une pénalité mais heureusement pour Grenoble il est suivi de peu en prison par David Cayer. Les Brûleurs de Loups essaient de s’approcher de la cage de Hiadlovsky mais se montrent rarement dangereux. Un contact de Christophe Tartari sur le portier strasbourgeois provoque l’ire des défenseurs visiteurs et s’ensuit une petite échauffourée entre le capitaine grenoblois et Blake Gallagher. Les deux protagonistes partent en prison avec Julien Baylacq et Pierre Bougé.
Une fois les esprits calmés, Grenoble bénéficie de son premier power-play suite à une faute de Cesnek. Le début d’une période de domination grenobloise ponctuée par un tir lointain de Dufresne qui heurte la transversale. Mais les Brûleurs de Loups ont toutes les peines du monde à construire des actions collectives d’envergure, principalement par manque de précision dans les gestes techniques. Pire même, les sorties de zone défensive sont très mal négociées par les défenseurs qui n’arrivent pas à se démarquer du pressing haut des attaquants strasbourgeois. C’est à l’issue de l’une de ces interminables périodes où les Grenoblois restent englués dans leur zone défensive que l’Étoile noire parvient à se détacher au score : incapables de dégager le palet que relâche Quemener à chaque fois devant leur cage, les défenseurs grenoblois laissent le contrôle de la rondelle aux Strasbourgeois à plusieurs reprises. Julien Correia en profite et marque sur un énième rebond (0-2, 13’39 »). Avec deux buts de retard au premier tiers-temps, les Grenoblois ont l’impression de revivre le même match que la saison dernière.

Finalement, Grenoble entrevoit le bout du tunnel sur une contre-attaque de Francis Desrosiers : l’attaquant québécois bute sur Hiadlovsky qui repousse, mais Damien Raux avait bien suivi et conclut au rebond (1-3, 31’53 »). Le but de l’espoir pour Pôle sud qui se met à rêver à un improbable retour de ses protégés. Ce but semble en effet galvaniser les Grenoblois pendant quelques minutes. Mais la pression retombe comme un soufflé devant la maîtrise strasbourgeoise et le manque de solution collective côté grenoblois. Arrossamena, bien discret dans ce match, exprime sa frustration en s’accrochant avec Striz, les deux joueurs partant en prison se calmer. Une pénalité de Petriläinen à deux minutes de la fin semble être la bonne occasion à saisir. Mais la bonne organisation strasbourgeoise neutralise un power-play grenoblois manquant singulièrement d’imagination.

Au moment de tenter un hypothétique retour alors qu’il ne reste plus que cinq minutes à jouer, les ailes grenobloises sont coupées par une pénalité d’Alexandre Rouleau. Comme si cela ne suffisait pas, le défenseur québécois, très moyen ce soir, prend deux minutes supplémentaires par pure frustration. Un 2’+2′ fatal qui empêche Dufour de sortir son gardien dans les dernières minutes et qui sera finalement sanctionné par un but en power-play de Kuuluvainen lequel dévie au passage un tir de la bleue de Maxime Mallette dévié par Kuuluvainen (1-4, 58’11 »). Mais Rouleau n’a pas le monopole de la frustration puisque Steiner se fait pénaliser à son tour pour un cinglage en passant devant Hiadlovsky, ce qui rend fou de rage le portier strasbourgeois qui sort de son slot pour expliquer sa façon de penser au défenseur grenoblois. Les arbitres le retiennent mais pénalisent Steiner. Il ne reste que onze secondes à jouer mais la sanction est immédiate avec un tir en lucarne de Burgert suite à l’engagement gagné par Franck (1-5, 59’49 »). L’addition est lourde mais méritée pour Grenoble.

En revanche, la douche est terrible pour Grenoble qui a connu ce soir une sérieuse rechute dans la lignée du naufrage à Briançon. Incapables d’aligner trois passes dans la palette, les Brûleurs de Loups ont montré leurs limites collectives ce soir et s’en sont remis à leurs individualités comme Sivic et Desrosiers pour faire la différence. Mais face à une équipe aussi bien organisée que Strasbourg, cela ne suffit pas. Au delà de l’impuissance affichée à franchir le rideau défensif strasbourgeois, c’est aussi la quantité de déchets techniques qui inquiète aujourd’hui. Peu concentrés, les Isérois ont multiplié les approximations dans les contrôles et ont subi dans les bandes. Si l’attaque a déçu avec trop de joueurs en dessous du niveau attendu (Tartari, Le Blond, Arrossamena, Baylacq…), la défense n’a pas fait mieux.
Quemener, très fébrile et pas toujours bien placé, a laissé de nombreux rebonds. À sa décharge, sa défense n’a jamais été capable de faire le ménage devant lui, lui compliquant même la tâche avec des sorties de zone catastrophiques et des relances douteuses. Dufresne n’est pas pour l’instant au niveau annoncé et Rouleau a clairement raté son match. Dusseau n’a pas toujours fait les bons choix alors que Steiner a essayé d’utiliser sa vitesse pour accélérer le jeu mais a très mal négocié le troisième but. L’ombre de Baptiste Amar plane à la ligne bleue iséroise qui manque singulièrement de repères en son absence. Dans ces conditions, peut-on vraiment espérer un sursaut la semaine prochaine alors que Grenoble a deux déplacements délicats à négocier du côté de Gap et d’Angers ? Il le faudra bien pourtant sous peine de réviser ses ambitions à la baisse car la place dans les quatre premiers visée par les Grenoblois parait bien loin compte tenu du niveau de jeu affiché ce soir.
Désignés meilleurs joueurs du match : Francis Desrosiers (Grenoble) et Vladimir Hiadlovsky (Strasbourg)
(photos www.hockey-passion.com)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Ronan Quemener (gardien de Grenoble) : « On n’a pas fait notre meilleur match… En début de rencontre, on pousse trop fort et on se découvre défensivement. On est irrégulier depuis le début de saison. »
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « Ils savent ce que je demande mais font le contraire. C’est très frustrant. Mentalement, on est très faible. On manque d’investissement et ça ressemble de plus en plus à la saison dernière. »
Francis Desrosiers (attaquant de Grenoble) : « Pour gagner, on doit avancer en équipe. S’il n’y a aucun appui pour aider celui qui fait la différence, on ne peut pas espérer grand chose. »
Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : « On n’a pas laissé respirer notre adversaire. »
Grenoble – Strasbourg 1-5 (0-2, 1-1, 0-2)
Samedi 24 septembre 2011 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3078 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de Adrian Popa et Mathieu Barbez.
Pénalités : Grenoble 14′ (6′, 2′, 6′), Strasbourg 14′ (10′, 4′, 0′)
Tirs cadrés : Grenoble 35 (18, 12, 5) ; Strasbourg 42 (12, 15, 15)
Évolution du score :
0-1 à 04’07 » : Dufournet assisté de Cesnek et Tarantino
0-2 à 13’39 » : Correia assisté de Young et Gallagher
0-3 à 21’16 » : Gallagher assisté de Kuuluvainen et Cayer
1-3 à 31’53 » : Raux assisté de Desrosiers
1-4 à 58’11 » : Kuuluvainen assisté de Mallette et Cayer (sup. num.)
1-5 à 59’49 » : Burgert assisté de Franck (sup. num.)
Grenoble
Gardien : Ronan Quemener.
Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) – Michael Steiner ; Kévin Dusseau – Sylvain Dufresne ; Jason Crossman – Rémi Colotti.
Attaquants : Julien Baylacq (A) – Christophe Tartari (C) – Mathieu Le Blond ; Graham Avenel – Mitja Sivic – Nicolas Arrossamena ; François Ouimet – Damien Raux – Francis Desrosiers ; Elie Raibon – Loup Benoît – Joris Bedin ; Maxime Suzzarini.
Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Baptiste Amar (cheville), Anthony Aquino (épaule).
Strasbourg
Gardien : Vladimir Hiadlovsky.
Défenseurs : Pasi Petriläinen – Kevin Young ; Michal Cesnek – Maxime Mallette ; Hugues Cruchandeau (A) – David Striz ; Pierre Bougé.
Attaquants : Timo Kuuluvainen – Blake Gallagher – David Cayer ; Lionel Tarantino – Edouard Dufournet – Jan Cibula (C) ; Julien Correia – Timothée Franck – Pierre-Antoine Devin (A) ; Julien Burgert.
Remplaçant : Gilles Beck (G). Absent : Elie Marcos.








































