Au pays des illusions perdues…

Le match démarre fort. Ducs et Dragons se procurent bon nombre d’occasions mais les portiers sont vigilants. Rouen se retrouve vite en infériorité mais les Angevins peinent à s’installer. Seuls deux tirs balayés de Lauri Lahesalu (3′ et 4′) à la bleue viennent inquiéter faiblement le gardien normand Fabrice Lhenry. À la fin de cette pénalité, les Rouennais appuient sur le champignon et font briller Andrej Hocevar sur des tirs à la bleue de Marc-André Thinel (7′) ou encore sur des incursions rapides d’Ilpo Salmivirta (9′ et 10′).
Tout naturellement, les Angevins sont poussés à la faute et Daniel Carlsson se retrouve sur le banc des pénalités. Rouen installe avec une aisance assez déconcertante son jeu de puissance et fait courir des Angevins complètement asphyxiés. Sur une superbe passe de Marc-André Thinel, Antonin Manavian décoche un slap ravageur de la bleue qui fait mouche. Le portier des Ducs, victime du trafic devant sa cage, ne peut rien faire (0-1, 11’48 »).

Le deuxième tiers reprend sur les bases du précédent. Angers met de la volonté mais n’y arrive toujours pas. Les Dragons, au contraire, jouent sérieux et appliqués. Leur jeu se développe sans réel accroc et c’est tout naturellement qu’ils enfoncent le clou. Après une pénalité infligée à Julien Albert, les protégés de Rodolphe Garnier mettent 20 secondes en supériorité pour aggraver la marque. Sur un tir de la bleue, stoppé de la jambe par un défenseur des Ducs, le palet traîne devant la cage d’Andrej Hocevar. Jean-Philippe Paré, plus prompt que Kévin Igier, pousse la rondelle du revers au-dessus de la botte droite du gardien slovène (0-2, 24’56 »).

On s’achemine alors vers ce 0-2 lorsque Marc Bélanger, bloqué le long de la balustrade au milieu de la patinoire, tente une passe hasardeuse dans l’axe. Une aubaine pour François-Pierre Guénette qui sert immédiatement son compère québecois Marc-André Thinel. Ce dernier a tout le temps de préparer son tir qui finit au-dessus de l’épaule droite du cerbère local (0-3, 39’40 »). Coup de froid dans la patinoire, ce but sonne le glas des minces espoirs angevins. Personne ne peut imaginer un retournement de situation tant la différence entre les deux équipes est flagrante. À la sérénité rouennaise s’oppose une faiblesse d’ensemble de la part des Ducs. Statistique éloquente du côté angevin : seulement trois tirs cadrés lors de ce deuxième tiers.
Le troisième tiers reprend et les Angevins se retrouvent vite en supériorité numérique. Une supériorité qui profite… aux Dragons. D’abord sur un une-deux Thinel-Guénette, qu’Andrej Hocevar repousse difficilement du bouclier (43′). Le salut normand viendra d’une percée tout en vitesse de François-Pierre Guénette qui vient tromper le gardien d’un geste technique remarquable (0-4, 43’22 »).
Les Angevins tentent alors le tout pour le tout en se ruant sur la cage adverse et sont récompensés par deux fois. D’abord, avec un peu de chance, lorsque Brian Henderson tire… de derrière la cage. Le palet frappe la base du poteau et se retrouve assez inexplicablement dans le dos de Fabrice Lhenry avant de terminer sa course dans le but (1-4, 49’19 »). Puis Marc Bélanger, après une montée côté droit, sert Éric Fortier – seul – qui bat Fabrice Lhenry de près (2-4, 53’22 »).
Le Haras recommence un peu à y croire mais Kevin Igier met fin aux espoirs angevins en « offrant » le cinquième but à Marc-André Thinel. Le défenseur angevin loupe sa passe alors qu’il est positionné dans sa zone défensive… Thinel reprend instantanément ce cadeau maison et place la rondelle entre les bottes d’Andrej Hocevar, médusé sur la boulette « made in Igier » (2-5, 53’55 »). Le dernier but – anecdotique – fait suite, une nouvelle fois encore, à une relance plus qu’approximative de la défense angevine. Julien Albert, positionné défenseur depuis quelques matchs, loupe sa passe qui finit directement dans la palette d’Anthony Rech. Ce dernier file tranquillement battre Andrej Hocevar d’une subtile feinte (2-6, 58’12 »).

Du côté des Dragons, la machine est bien huilée et n’a pratiquement aucune faille. Que ce soit le talent offensif (François-Pierre Guénette, Marc-André Thinel et Carl Malette aux engagements) ou la rigueur défensive (avec un Darcy Werenka omniprésent), Rouen est vraiment une machine redoutable. Si l’on ajoute à cela un Fabrice Lhenry rassurant, nul doute que Rouen ira loin dans cette compétition. Au vu de leur prestation ce soir, les futurs adversaires peuvent être légitimement inquiets.
Étoiles du match : *** Marc André Thinel (Rouen), ** François-Pierre Guénette (Rouen), * Fabrice Lhenry (Rouen).
Angers – Rouen 2-6 (0-1, 0-2, 2-3)
Mardi 22 novembre 2011 à 20h30 à la patinoire du Haras. 1100 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Pierre Dehaen et Yann Furet.
Pénalités : Angers 28′ (4′, 8’+10′, 6′) ; Rouen 36′ (4′, 4’+10′, 8’+10′).
Évolution du score :
0-1 à 11’48 » : Manavian assisté de Thinel et Salmivirta (sup. num.)
0-2 à 24’56 » : Paré assisté d’Elomo et Demen-Willaume (sup. num.)
0-3 à 39’40 » : Thinel assisté de Guénette et Elomo
0-4 à 49’19 » : Guénette assisté de Thinel (inf. num.)
1-4 à 53’22 » : Henderson assisté de Michel et Igier
2-4 à 53’55 » : Thinel assisté d’Elomo
2-5 à 58’12 » : Rech
Angers
Gardien : Andrej Hocevar.
Défenseurs : Daniel Carlsson – Jean-François David ; Kévin Igier – Lauri Lahesalu ; Julien Albert – Charlie Doyle.
Attaquants : Éric Fortier – Jonathan Bellemare (C) – Juho Jokinen (A) ; Tomas Baluch (A) – Thiery Poudrier – Marc Bélanger ; Valentin Michel – Brian Henderson – Brice Chauvel ; Nicholas Romano – Damien Raux – Nicolas Hébert.
Remplaçant : Lucas Normandon (G). Absents : Simon Lacroix (dos), Pavol Mihalik (tendon d’Achille).
Rouen
Gardien : Fabrice Lhenry.
Défenseurs : Richard Demén-Willaume – Darcy Werenka (A) ; Juha Alen – Jonathan Janil ; Antonin Manavian.
Attaquants : Anthony Rech – Carl Mallette (C) – Jean-Philippe Paré ; Teemu Elomo – François-Pierre Guénette – Marc-André Thinel (A) ; Alexandre Mulle – Loïc Lampérier – Ilpo Salmivirta.
Remplaçants : Sebastian Ylönen (G), Nicolas Lehericey, Romain Gutierrez, Valentin Dumélie, Quentin Berthon. Absents : Jimi Santala (genou), Julien Desrosiers (blessé).







































