Rouen champion, une logique implacable…

Du côté grenoblois, le sentiment d’impuissance domine après le match 5 où les Brûleurs de Loups ont été franchement dominés tout au long du match. De plus, Maxime Suzzarini a été touché après une grosse charge de Janil et ne peut pas tenir sa place. Mais surtout, les Grenoblois auront-ils récupéré après leur incroyable débauche d’énergie depuis le début des play-offs, eux qui vont disputer ce soir leur vingtième rencontre de phase finale ? De la réponse à cette question dépend en grande partie l’issue de ce match… Comme face à Dijon en quarts-de-finale, les hommes de Jean-François Dufour font face à l’élimination et doivent gagner impérativement sous peine de se retrouver en vacances. Invaincus sur leur glace depuis le début des play-offs, ils chercheront à gagner un dixième match à Pôle Sud afin de forcer la tenue d’un match 7 mardi à Rouen.

Sur une mauvaise relance d’Aquino, Salmivirta se trouve seul face à Raibon mais là encore le portier grenoblois fait un arrêt spectaculaire. Si Rouleau essaie de porter le danger en contre, le palet revient très vite dans la zone grenobloise pour Desrosiers le long de la bande qui centre pour Thinel lequel passe au bon moment devant le slot et dévie facilement le palet hors de portée de Raibon (0-1, 15’12 »). Les affaires grenobloises se compliquent lorsque Sivic est pénalisé dans la minute suivante. La pression rouennaise est étouffante jusqu’à la fin du tiers et Grenoble ne peut se contenter que d’une interception de Aquino pour porter le danger devant Lhenry, mais Werenka dévie le tir de l’attaquant grenoblois. Avec 17 tirs cadrés à 6 au cours des vingt premières minutes de jeu, l’emprise rouennaise sur le jeu est totale et le score de 1-0 finalement un moindre mal pour les Brûleurs de Loups.

Les Grenoblois s’enhardissent et tentent quelques contres mais à chaque fois le repli défensif rouennais est très rigoureux, ce qui tue dans l’œuf les occasions iséroises. Baylacq et Le Blond continuent de s’employer mais Aquino fait trébucher Salmivirta le long de la bande. Le jeu de puissance rouennais s’installe et un tir à la ligne bleue de Manavian est repoussé par Raibon, mais le palet retombe à côté du gardien grenoblois sans qu’il ne s’en aperçoive ni qu’un défenseur ne puisse dégager le palet. Mallette en revanche n’a pas perdu le palet de vue et se jette dessus pour le pousser au fond et inscrire le deuxième but rouennais (0-2, 34’35 »).

Ces deux buts marqués coup sur coup en supériorité numérique rouennaise dans des situations particulières compliquent la tâche des Grenoblois qui se trouvent désormais devant une montagne. La frustration commence à s’emparer d’Alexandre Rouleau qui s’explique le long de la bande avec Manavian et rejoint le banc des pénalités pour la deuxième fois du tiers. Mais en supériorité numérique, les Dragons se font surprendre par Matthieu Le Blond qui s’échappent avant de se faire reprendre irrégulièrement par Darcy Werenka. Le Blond obtient un tir de pénalité mais ne parvient pas à surprendre entre les jambes Fabrice Lhenry qui arrête la tentative de l’attaquant grenoblois. Dans la foulée, Le Blond obtient une bonne occasion mais il se heurte de nouveau à Lhenry qui permet à son équipe de regagner les vestiaires avec une confortable avance de trois buts.

Au fil des minutes, les ressources semblent manquer aux Brûleurs de Loups et défensivement les Rouennais ne laissent pas beaucoup d’espaces aux attaquants grenoblois. Les dix dernières minutes ressemblent à une longue marche vers le titre des Rouennais entre une équipe grenobloise qui manque d’énergie et une équipe rouennaise sûre de son fait. La sortie inutile et désespérée de Raibon dans la dernière minute n’aura pour effet que de permettre à Rouen d’inscrire un quatrième but anecdotique en cage vide (0-4, 59’25 »).

Avec son gardien international et un effectif au complet, Rouen est une machine bien au point qui n’a pas beaucoup de failles. Et en supériorité numérique, le talent des Thinel, Mallette et autre Desrosiers a fini par faire la différence au sein d’un collectif bien huilé, surtout lorsque les individualités ne commettent pas d’erreurs comme ce soir. Premiers de la saison régulière, vainqueurs de la Coupe continentale, les Dragons complètement donc logiquement leur saison par la conquête de ce troisième titre consécutif.

Auteurs d’un parcours miraculeux en play-offs, les Grenoblois sont allés jusqu’au bout de leurs forces avec vingt matchs de play-offs dont dix à domicile. Pourtant tout aurait pu prendre fin le soir du cinquième match contre Épinal, à l’issue d’une séance de tirs au but forcément à l’issue très incertaine. La chance leur a souri ce jour-là, grâce à Quemener, héros d’un soir, et Rouleau, auteur d’une performance majuscule dans ces play-offs qu’il termine à la première place des compteurs grenoblois. Leur courage et leur combativité ont fait la différence face à Dijon puis Chamonix.
Mais cela n’a pas suffi pour passer le dernier obstacle, celui de Rouen. Les lacunes collectives dans le jeu grenoblois ont été un handicap lorsque la défense adverse a resserré les rangs en ne laissant plus partir de contre-attaque et lorsque le gardien rouennais n’a plus laissé de rebond. Les attaquants grenoblois, souvent habitués à marquer en profitant de ce type d’erreurs adverses, n’ont plus eu d’opportunités et n’ont marqué qu’un seul but lors des deux derniers matches… De quoi mettre en lumière les insuffisances de cette équipe grenobloise lorsqu’il s’agit de construire le jeu offensif, et donner matière à réflexion pour la saison prochaine. Car avec les recettes exceptionnelles réalisées au cours de ces play-offs, le staff grenoblois aura l’opportunité de réaliser les ajustements qui s’imposent pour combler l’écart avec Rouen et franchir cette fois la dernière marche qui les sépare de la coupe Magnus.
Désigné meilleur joueur de la série finale : Julien Desrosiers (Rouen)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Julien Baylacq (capitaine de Grenoble) : « Une finale, on ne pense qu’à la gagner… Rouen a fait une grosse finale, il faut savoir le reconnaître. On savait que l’on était capable de faire une grosse saison mais il y a eu des hauts et des bas. Ce groupe-là, ce sont des potes. Chaque matin, j’allais à l’entraînement avec le sourire. Je veux leur dire merci. Vivre dans un groupe comme ça, c’est hors du commun. On a vécu une grosse aventure. C’était beaucoup de joie, le fun comme diraient nos amis canadiens. Après, sur cette finale, Rouen a eu une super équipe. Ils ont du talent, c’est mérité qu’ils soient champions. On a un groupe qui se construit. Il faut de la continuité, se servir de cette déception que l’on vit maintenant pour arriver avec les dents qui rayent le sol. J’ai vraiment une chose à dire, c’est que les gars de ce groupe grenoblois sont formidables. Ce soir, on s’est tous serrés dans les bras… Après, c’est sûr qu’on a du mal à se dire que c’est bien lorsqu’on perd une finale… »
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « On est arrivé un peu court sur cette finale. Mais il faut garder la tête haute. On a montré un énorme caractère. Dans les moments difficiles, les joueurs sont restés solidaires. Cette finale, c’est une nouvelle leçon. Il faut se servir de cette expérience pour rebondir la saison prochaine. Une bonne majorité de ce groupe sera là. »
Julien Desrosiers (attaquant de Rouen, MVP de la finale) : « On a le sentiment du devoir accompli. À cinq contre cinq, on était plus forts que Grenoble. »
Antonin Manavian (défenseur de Rouen) : « On a joué en équipe. On a très bien joué défensivement et Fabrice Lhenry a été impeccable. »
Alexandre Rouleau (défenseur de Grenoble) : « Sur le coup, c’est décevant. Mais avec un peu de récupération, on va se rendre compte que c’est beaucoup de fierté. Ça a été une saison difficile, mais ça a surtout été une saison collective, avec un bel esprit d’équipe. »
Luc Tardif (président de la FFHG, en photo ci-dessus) : « Il ne manquait pas grand-chose mais Grenoble a réalisé une saison exemplaire. Je félicite Jean-François Dufour qui a fait monter en puissance cette équipe. D’un point de vue financier, l’accumulation de matchs à domicile sur les play-offs va permettre à Grenoble de présenter un dossier financier plus sexy que la saison dernière. »
Grenoble – Rouen 0-4 (0-1, 0-2, 0-1)
Samedi 7 avril 2012 à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs
Arbitrage de Bruno Colleoni et Alexandre Bourreau assistés de Pierre Dehaen et Gwilherm Margry
Pénalités : Grenoble 12′ (2′, 8′, 2′), Rouen 2′ (0′, 2′, 0′)
Tirs cadrés : Grenoble XX (6, 10, XX) , Rouen XX (17, 12, XX)
Évolution du score :
0-1 à 15’12 » : Thinel assisté de Desrosiers
0-2 à 34’35 » : Mallette assisté de Manavian et Thinel (sup. num.)
0-3 à 35’47 » : Mallette assisté de Desrosiers et Manavian (sup. num.)
0-4 à 59’25 » : Lamperier assisté de Mallette et Salmivirta (cage vide)
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon [sorti de 58’53 » à 59’25 »]
Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) – Michael Steiner ; Kévin Dusseau – Sylvain Dufresne ; Jason Crossman (A).
Attaquants : Francis Desrosiers – François Ouimet – Anthony Aquino ; Graham Avenel – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond ; Mitja Sivic – Nicolas Arrossamena – Julien Baylacq (C) ; Elie Raibon – Loup Benoît – Joris Bedin.
Remplaçants : Ronan Quemener (G), Rémi Colotti. Absents : Baptiste Amar (blessé à la main), Maxime Suzzarini (commotion).
Rouen
Gardien : Fabrice Lhenry
Défenseurs : Richard Demén-Willaume – Darcy Werenka (A) ; Juha Alén – Jimi Santala ; Antonin Manavian ; Jonathan Janil.
Attaquants : Julien Desrosiers – François-Pierre Guénette – Marc-André Thinel (A) ; Ilpo Salmivirta – Carl Mallette (C) – Loïc Lampérier ; Romain Gutierrez – Jean-Philippe Paré – Anthony Rech.
Remplaçants : Sebastian Ylönen (G), Teemu Elomo, Alexandre Mulle, Raphaël Faure, Nicolas Lehericey, Quentin Berthon.







































