Le choc au sommet du groupe de Helsinki. L’affiche est alléchante, et pour la première fois de la compétition, les organisateurs n’ont pas eu de mal à vendre tous les billets malgré leur prix dissuasif (150 euros en tribune haute, 190 euros en tribune basse).
Le premier vrai test pour les champions du monde en titre finlandais. Les Lions sont encore invaincus et ont montré une belle maîtrise du jeu lors de leur quatre précédentes rencontres, un jeu collectif et physique qui leur avait si bien réussi l’an dernier.
Le Canada pour sa part, comme tous les ans, utilise les premiers matches de groupe en guise de préparation pour faire les ajustements nécessaire pour la phase finale. D’autant que son effectif évolue avec le retour au jeu d’Alexandre Burrows et l’arrivée du défenseur Kris Russell, en provenance des Saint Louis Blues.
Le Canada entame bien la partie et les tirs paraissent plus dangereux, notamment quand c’est Duncan Keith qui les arme. Pourtant, la Finlande prend petit à petit le dessus et c’est Antti Pihlström, laissé au repos la veille contre la France, qui ouvre le score grâce à une interception de Mika Pyörälä. Le petit attaquant finlandais à la chevelure peroxydée bat Cam Ward en 2 contre 1 d’un tir du revers à bout portant malgré une passe dans le dos de Niko Kapanen. 1-0 à 5’53. Mais le portier de la Caroline reste bien concentré sur les tentatives suivantes de la première ligne puis sur les tirs de Janne Pesonen et Jarkko Immonen. Sous la pression, le Canada est cependant acculé à faire faute.

Temps mort demandé par Brent Sutter. Le coach canadien sent bien que quelque chose ne va pas et demande à ses troupes de cesser les fautes inutiles.
L’effet n’est pas immédiatement perceptible car les Canadiens continuent à laisser beaucoup de shoots aux Finlandais, dominés qu’ils sont techniquement, collectivement et même physiquement ! La zone neutre se transforme en territoire finlandais où ils conservent bien le palet et interceptent ceux des adversaires.

Le Canada a su endiguer son mauvais début de match et relève bien la tête dans le jeu avec le palet, même s’il a encore du mal à se créer des occasions franches. Alors il met un but de raccroc. Sur un bon travail de récupération derrière le but d’Alexandre Burrows, le Canuck de Vancouver feinte la passe au centre pour Corey Perry qui emporte avec lui son défenseur et du coup laisse à Burrows l’espace pour se placer devant le gardien. Il se retourne face à la cage pour ajuster Kari Lehtonen. 2-1 à 25’34.
Mais ces efforts seront rendus inutiles par Jeff Skinner, coupable d’un coup de coude. Quand on connaît l’efficacité du power-play finlandais ce soir et dans le tournoi, on peut légitimement s’inquiéter. Et on a raison car le jeu de puissance des locaux est vraiment très fort, et pas seulement contre la France la veille. Jussi Jokinen fait une grande passe transversale à Anssi Salmela pour renverser le jeu qui lui remet directement. L’ailier fait une reprise magnifique en angle fermé et bat son coéquipier en NHL Ward, chapeau ! 3-1 à 27’36.

Sur un hors-jeu, l’arbitre est un peu lent à siffler et laisse tirer un avant. Même si l’arbitre est responsable, ce genre d’action a le don d’irriter les joueurs, toujours inquiets que leur gardien puisse se blesser sur un tir en dehors du jeu. Du coup, Jesse Joensuu et Jamie Benn en viennent aux mains et sont envoyés se calmer en prison.
À quatre contre quatre, les grands espaces bénéficient aux joueurs à la feuille d’érable : John Tavares conclut d’une reprise un 2 contre 1 initié par Kris Russell qui avait envoyé une longue passe à Jeff Skinner. Mikko Mäenpää ne peut couper la passe car Skinner a bien temporisé. 3-2 à 34’31.

Qu’à cela ne tienne, le Canada se réinstalle en zone offensive, empêche les lignes finlandaises de tourner, les épuise, pendant que les Canadiens, eux, plus proches de leur banc, changent leurs lignes. Jeff Skinner entre sur la glace, hérite du palet s’avance vers la cage, fait mine de tirer mais la contourne et marque du revers de derrière le but. Magnifique ! 3-3 à 38’18.
En un tiers-temps, le Canada est revenu au score et a renversé la dynamique du match. Il a fait parler toute sa vitesse avec un jeu direct et des passes rapides. Rares sont les équipes à ce niveau de la compétition à trouver les ressources morales et psychologiques pour créer un tel retournement de situation. Le choc tant annoncé tient toutes ses promesses. Les 13000 supporters vont devoir pousser leur équipe en dernière période car la Finlande en était réduite à faire des dégagements interdits.
La Finlande perd pied mais le Canada n’est pas à l’abri d’un coup du sort. Comme par exemple une passe déviée qui tape le poteau de Cam Ward. La domination canadienne finit pourtant par payer à nouveau avec un joli missile du cercle gauche de Corey Perry. 3-4 à 46’04
La Finlande est privée de palet et de contrôle comme elle aime le faire, et ce à cause du jeu physique et du pressing en zone offensive exercé par le Canada. Parfois ce pressing qui étouffe la Finlande a ses limites quand il est fait avec un peu trop d’enthousiasme : Corey Perry est sanctionné d’une crosse haute pour son bon travail autour de la cage adverse.
La pénalité différée permet un powerplay à 6 contre 5 quelques instants, et bien que Marc Methot semble avoir touché le palet. Mais même le jeu de puissance finlandais ne se montre plus aussi menaçant qu’auparavant, sauf en toute fin de pénalité où Cam Ward fait un bon arrêt, puis dévie le rebond des jambières dans un superbe mouvement plongeant. Le dieu des gardiens le récompense alors en envoyant le palet sur la barre transversale sur la troisième tentative finlandaise.
Kari Lehtonen ayant déserté sa cage, Jordan Eberle scelle le score dans la dernière minute. 3-5 à 59’36.
Désignés joueurs du match : Jussi Jokinen pour la Finlande et Evander Kane pour le Canada.
Commentaires d’après match :

Alexandre Burrows (attaquant du Canada) : « Un drôle de match, un peu. On s’attendait à un départ canon des Finlandais, avec la foule leur partisans. Ils amenaient beaucoup d’énergie. On a capitalisé sur un de nos revirements et ensuite sur l’avantage numérique. Mais pour nous, on savait que si on continuait à jouer notre plan de match, on allait avoir des chances de revenir dans cette partie. Il n’y a pas eu de nervosité du tout au début. On est habitué à des règlements nord-américains. Il y a quelques ajustements à faire du côté de l’arbitrage, mais en même temps il faut être plus intelligent pour rester en dehors du banc des pénalités. Maintenant, j’ai de bonnes jambes, je me suis senti bien toute la semaine, on a eu quelques bonnes pratiques et je me suis senti bien sur la patinoire. »
Brent Sutter (entraîneur du Canada) : « Beaucoup d’émotions dans ce match. J’ai pris le temps mort au début pour arrêter le jeu et nous adapter au bon niveau d’émotions du match, demander un peu plus de discipline et de concentration. Nous savions ce que nous devions faire pour gagner, et prendre des pénalités n’en faisait pas partie. »
Jukka Jalonen (entraîneur de la Finlande) : « Félicitations au Canada. Le début était excellent de notre côté, beaucoup de confiance en soi. Mais ensuite dans la deuxième période, quand on a été pressé dans notre zone, on a peut-être perdu un peu de confiance et on n’a plus attaqué, on n’a plus porté suffisamment le palet. Nous avons manqué de patience au troisième tiers-temps. Nous voulions amener le palet trop vite devant et rendions la possession du palet au Canada. C’est difficile de gagner quand on passe son temps à défendre face à une telle équipe. On aurait du attaquer davantage. »
Finlande – Canada 3-5 (2-0, 1-3, 0-2)
Vendredi 11 mai 2012 à 20h15 à la Hartwall Areena de Helsinki. 13059 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Christer Lärking (SUE) assistés de Jimmy Dahmén (SUE) et Sergei Shelyanin (RUS).
Pénalités : Finlande 4′ (0′, 4′, 0′), Canada 12′ (4′, 6′, 2′).
Tirs : Finlande 38 (15, 12, 11), Canada 26 (4, 11, 11).
Évolution du score :
1-0 à 05’53 » : Pihlström assisté de Kapanen et Pyörälä
2-0 à 10’31 » : Koivu assisté de Jokinen (sup. num.)
2-1 à 25’34 » : Burrows assisté de O’Reilly et Methot (sup. num.)
3-1 à 27’36 » : Jokinen assisté de Salmela
3-2 à 34’31 » : Tavares aasisté de Skinner et Russell
3-3 à 38’18 » : Skinner assisté de Nugent-Hopkins et Keith
3-4 à 46’04 » : Kane assisté de Perry
3-5 à 59’36 » : Eberle assisté de Tavares et Keith
Finlande
Gardien : Kari Lehtonen.
Défenseurs : Mikko Mäenpää – Juuso Hietanen ; Ossi Väänänen – Joonas Järvinen ; Janne Niskala (-2) – Anssi Salmela (-2) ; Lasse Kukkonen (A, -2) – Topi Jaakola (-2).
Attaquants : Valtteri Filppula (-2) – Mikko Koivu (C, -2) – Jussi Jokinen (A, -1) ; Janne Pesonen (-1) – Jarkko Immonen (-1) – Mikael Granlund (-1) ; Jesse Joensuu (2′) – Petri Kontiola – Leo Komarov (-1, 2′) ; Mika Pyörälä (-1) – Niko Kapanen (-1) – Antti Pihlström (-1).
Remplaçant : Petri Vehanen (G). Absents : Karri Rämö (G), Tuomas Kiiskinen, Jani Tuppurainen.
Canada
Gardien : Cam Ward.
Défenseurs : Jay Bouwmeester (+1) – Duncan Keith (+3) ; Marc Méthot (+1) – Dion Phaneuf (A, +1, 2′) ; Kris Russell (+3) – Kyle Quincey (2′) ; Luke Schenn (-1).
Attaquants : Evander Kane (+1) – Ryan Getzlaf (C, +1) – Corey Perry (+1, 4′) ; Jeff Skinner (+3, 2′) – John Tavares (+2) – Jordan Eberle (+1) ; Jamie Benn (-1, 2′) – Ryan Nugent-Hopkins – Patrick Sharp (A) ; Alexandre Burrows (+1) – Ryan O’Reilly (+1) – Andrew Ladd (+1) ; Teddy Purcell.
Remplaçant : Devan Dubnyk (G). Absents : Ryan Murray (en réserve), Marc-Édouard Vlasic (genou droit).













































