
Le Team USA, qui n’a eu aucun match de préparation avant le championnat du monde, et dont le coach ne connaissait même pas tous les joueurs personnellement, se fiant au staff pour leur sélection, a comme à son habitude souder son groupe au fil des premiers matches. Et cette année l’alchimie a vraiment bien pris autour de fidèle capitaine Paul Stastny. Ils ont écrasé la Russie 8-3 en quart de finale et le jeune John Gibson s’est imposé dans la cage américaine. On le retrouve ce soir face aux Suisses.

Grosse alerte qui ne vaccine pas les Américains contre les relances hasardeuses. Matt Carle perd à nouveau le palet sur le pressing helvète, mais c’est à nouveau sans conséquence pour le moment.
Malgré la domination suisse, les Américains arrivent à porter le danger en zone offensive, notamment comme on pouvait s’y attendre le long des bandes grâce à leur puissant patinage et à leurs gros travailleurs dans les coins. Mais sans vraiment inquiéter Reto Berra, le gardien de Bienne qui remplace le vétéran Martin Gerber déjà très utilisé et très sollicité lors du quart de finale.
À défaut d’apporter des buts, ça permet de provoquer une faute de Philippe Furrer qui charge deux fois Stephen Gionta avec sa crosse, la deuxième étant de trop au goût du duo arbitral tchéco-allemand.

En début de deuxième période, Simon Moser est tout prêt d’ouvrir la marque. Il contourne la cage et rabat le palet devant le gardien mais le puck glisse devant jusqu’au poteau et ne rentre pas.
Aaron Palushaj est sanctionné de deux minutes pour une charge dangereuse mais l’infériorité numérique est bien gérée par les Américains qui empêchent leurs adversaires d’être vraiment dangereux. Mais la Suisse profite de son contrôle du palet pour maintenir son temps fort, quand les deux équipes sont revenues à égalité numérique. Et ce temps fort finit par payer. Aaron Palushaj perd le palet à sa ligne bleue et Martin Plüss part en deux contre un. Il ajuste une bonne passe que Matt Hunwick ne peut couper, et le jeune Nino Niederreiter contrôle et tire. John Gibson touche le palet de la mitaine mais pas assez pour l’empêcher de terminer sa course dans le haut du filet. 1-0 à 30’01 ».

Mais ils s’exposent de ce fait beaucoup plus aux contres, à l’image d’un trois contre deux de Julian Walker et Matthias Bieber que Julien Vauclair ne peut conclure au second poteau, son tir passant à côté.
La Suisse regagne donc le vestaire pour la deuxième pause avec un petit but d’avance, mais aussi en infériorité numérique, à cause d’un surnombre. De retour sur la glace, elle n’aura aucun problème à nouveau pour tuer la pénalité.
Les États-Unis en revanche commencent à commettre un peu trop de fautes, comme ce cinglage de Jacob Trouba. Sur le power-play, la situation devient un peu trop chaude au goût de Ryan Carter qui desocle la cage. La Suisse ne profite pas de la double supériorité, malgré une bonne tentative de déviation de Simon Bodenmann. A-t-elle laissé passer l’occasion de tuer le match ? Les Américains l’espèrent mais tirent sur la transversale puis David Moss essaye un dribble en solitaire dans la défense suisse bien capté par le gardien.

La délivrance vient finalement de Julian Walker, l’attaquant de Genève-Servette apparemment bien remis d’un choc avec Gionta en deuxième période, qui part en contre à la ligne bleue impeccablement servi par Simon Moser. Jacob Trouba est en retard et assiste impuissant au tir puissant côté mitaine qui bat John Gibson. 2-0 à 50’11 ».
La Suisse ne se contente pas de cette avance et maintient le pressing sentant les Américains fébriles, loin d’être aussi à l’aise que contre les Russes auxquels ils avaient enfilé huit buts.
Les Américains sont impuissants à mettre au fond leurs occasions en fin de match, parfaitement contenus par des Suisses très appliqués, un petit peu à l’image de Martin Plüss qui a largement dominé son homologue Paul Stastny sur les engagements, alors que le Nord-Américain en est un des meilleurs spécialistes au monde.

Le banc explose de joie. La Suisse est en finale ! Un moment historique pour la confédération helvétique et son hockey qui attendaient depuis si longtemps ce moment. Une victoire largement méritée au terme d’un match très discipliné. Tout comme la Suède a muselé la première ligne finlandaise si prolifique en buts depuis le début du tournoi, la Suisse a elle aussi contenu les assauts de Craig Smith et Paul Stastny. Les États-Unis n’ont pas semblé capables de marquer dans les deux premières périodes et n’ont pas mis au fond leurs quelques occasions pour revenir au score.
La finale opposera donc la Suisse au pays hôte. Finale rafraîchissante pour le public, finale de rêve pour les Suisses.
Désignés joueurs du match : Reto Berra pour la Suisse et John Gibson pour les États-Unis.
Commentaires d’après-match :
Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : « On savait que ce serait une grosse bataille ce soir, au vu de l’alignement américain. On est resté fidèle à notre système et on fait quelque chose d’historique pour le hockey suisse et pour la Suisse elle-même en tant que pays. Si j’avais pensé il y a deux semaines que je jouerais la finale contre la Suède à domicile… Les joueurs le méritent, ils ont fait un bon tournoi. On reçoit le bénéfice des programmes de développement lancé il y a 20-25 ans pour les jeunes. »
Joe Sacco (entraîneur des États-Unis) : « Ça nous a pris du temps pour retrouver notre vitesse pendant la partie. John Gibson nous maintient dans la partie, il a été excellent, c’est impressionnant à son âge. Il n’y avait pas d’espaces facilement accessibles ce soir sur la glace. En fin de partie, on revient un peu à notre identité mais on n’a pas eu assez de temps de jeu en zone offensive. La Suisse a bien défendu, notamment dans la zone neutre. Ils étaient meilleurs du début à la fin. Il faut tourner la page, aller de l’avant. C’est décevant tout de suite mais on joue encore pour une médaille et il faut déjà se concentrer sur une autre partie dans moins de 24 heures. »
John Gibson (gardien des États-Unis) : « Ils ont commencé plus fort et nous ont dominés. Ils nous ont battus, ils étaient meilleurs que nous. Maintenant je me prépare pour le match de demain. Je ne sais pas si je serai encore dans l’équipe à l’avenir, il faut demander aux entraîneurs, mais je serai toujours honoré de représenter mon pays. Et demain ce sera un honneur de jouer a,lors on sera prêt. »
Suisse – États-Unis 3-0 (0-0, 1-0, 2-0)
Samedi 18 mai 2013 à 19h00 au Globen de Stockholm. 7136 spectateurs.
Arbitrage de Lars Brüggemann (ALL) et Antonin Jerabek (TCH) assistés de Sakari Suominen (FIN) et Chris Carlson (CAN).
Pénalités : Suisse 4′ (2′, 2′, 0′) ; États-Unis 8’ (0′, 2′, 6′).
Tirs : Suisse 31 (18, 6, 7) ; États-Unis 29 (9, 7, 13).
Évolution du score :
1-0 à 30’01 » : Niederreiter assisté de Plüss
2-0 à 50’11 » : Walker assisté de Moser et Furrer
3-0 à 59’41 » : Suri assisté de Niederreiter (cage vide)
Suisse (2′ pour surnombre)
Gardien : Reto Berra.
Défenseurs : Julien Vauclair (A, +2) – Mathias Seger (C, +2) ; Patrick von Gunten – Eric Blum ; Philippe Furrer (2’, +1) – Severin Blindenbacher (+1) ; Raphael Diaz – Roman Josi.
Attaquants : Simon Moser (+2) – Martin Plüss (A, +1) – Nino Niederreiter (+2) ; Reto Suri (+1) – Ryan Gardner – Andres Ambühl ; Denis Hollenstein – Luca Cunti – Simon Bodenmann ; Julian Walker (+1) – Morris Trachsler (+2) – Matthias Bieber.
Remplaçant : Martin Gerber (G). En réserve : Tobias Stephan (G), Thibaut Monnet, Robin Grossmann.
États-Unis
Gardien : John Gibson [sorti de 57’41 à 59’41].
Défenseurs: Matt Carle (A, -1) – Justin Faulk ; Erik Johnson (-3) – Matt Hunwick (-1) ; Jeff Petry (2′) – Chris Butler ; Jacob Trouba (2′, -1) – Jamie McBain.
Attaquants : Craig Smith – Paul Statsny (C) – David Moss (-1) ; TJ Oshie (-1) – Tim Stapleton (-1) – Alex Galchenyuk (-2) ; Ryan Carter (2′) – Nate Thompson (A) – Stephen Gionta (-1) ; Danny Kristo (-1) – Nick Bjugstad (-2) – Aaron Palushaj (2′, -1).
Remplaçant : Ben Bishop (G). En réserve : Bobby Butler, Drew Leblanc.








































