Le départ des Jokerit vers la tentaculaire KHL avait incité la Liiga à leur trouver un remplaçant, l’élite finlandaise étant depuis de nombreuses années un circuit fermé, à quelques exceptions près.

Et depuis, Bertrand arbore le casque d’or, porté par le meilleur pointeur de l’équipe. Une satisfaction pour un joueur qui, malgré une médaille de bronze finlandaise – avec Lukko en 2011 – et une médaille d’argent suédoise – avec Färjestad la saison dernière – a connu deux derniers exercices délicats.
Malgré tout, le jeune coach Tomek Valtonen, qui a précédemment officié en tant qu’assistant derrière le banc des Jokerit, avait préféré séparer les deux internationaux français. Mais pour un groupe en pleine découverte de l’élite, il est primordial de trouver rapidement des automatismes. Valtonen s’est alors décidé à connecter Bertrand et Fleury sur la même ligne le 23 septembre dernier pour une partie face aux Blues d’Espoo. Pour ce que l’on peut considérer comme le match-référence de Vaasa : un score de 6-2 et 4 points amassés par le duo bleu. Propulsés depuis en première ligne, encadrés dernièrement par le centre Jarkko Immonen, Charles Bertrand et Damien Fleury mènent l’équipe avec respectivement 9 points (2+7) et 7 points (3+4) malgré le contexte particulier du petit nouveau. L’ancien attaquant des Remparts de Québec Kelsey Tessier, 5 matches sans point, a d’ailleurs vu son contrat résilié. Le Sport demeure bon dernier avec deux victoires au compteur.
C’est ainsi au tour du KooKoo de se voir inviter à la table des grands. Le club de la Vallée de Kymi, pensionnaire de l’élite à la fin des années 80, est très compétitif en Mestis : actuellement 2e au classement, demi-finaliste ces cinq dernières années, finaliste en 2013 et 2014, finalement vainqueur du championnat au printemps dernier. De plus, le KooKoo est sain financièrement avec un budget déjà évalué à 3,5 millions d’euros pour la saison 2015/16.
Une Liiga qui s’élargit donc à 15 et une Mestis qui perd une autre de ses places fortes, on peut être dubitatif devant cette partie d’échecs du hockey finlandais. Car au jeu des comparaisons, c’est un fossé qui semble s’être creusé entre les seconds échelons suédois et finlandais. L’Allsvenskan, qui a toujours pu préserver le système de promotion, a une structure solide, sa première partie de tableau peut clairement rivaliser avec la seconde de SHL et beaucoup de joueurs NHL ne s’y étaient pas trompés en y posant leurs valises lors de la dernière grève. En perte de vitesse ces dernières années, cette Mestis, davantage cloisonnée, saura-t-elle tourner la page ?
En tout cas, trois représentants français y évoluent cette saison : Ronan Quemener et Anthony Guttig aux Jukurit, Valentin Claireaux au LeKi. On parlait de clubs forts de la Mestis, les Jukurit de Mikkeli en sont un. Un vrai défi de carrière et une opportunité intéressante pour Ronan Quemener qui a tout raflé en France : titres de meilleur espoir, meilleur gardien, meilleur joueur des play-offs, Ligue Magnus et Coupe de France. L’ancien portier de Gap et Briançon est toutefois l’objet d’un système d’alternance de la part de son coach Antti Pennanen. Son concurrent, le jeune Tchèque Tadeas Galanský, a du répondant alors que Quemener avait connu une partie cauchemardesque le 1er octobre. Les Jukurit ont mené 5-0 à la 34e minute avant d’encaisser 4 buts en l’espace de 14 minutes, partie fort heureusement remportée 6-4.
Valentin Claireaux a rejoint Lempäälä, commune voisine de Tampere et donc de Teddy Da Costa. Et l’ancien Amiénois y tient déjà une place prépondérante avec 7 points (2+5) dont 4 lors des 4 dernières rencontres.
Et sur les trois dernières joutes, le LeKi a obtenu deux victoires pour une défaite en fusillade.
Le voisin Teddy Da Costa, blessé, manque toujours à l’appel du Tappara de Tampere qui doit également pallier aux absences de Henrik Haapala, Josh Green et Toni Kallela, également attaquants. Néanmoins, après une mauvaise série qui l’a enlisé en bas de tableau, le Tappara a finalement retrouvé une dynamique positive après sa qualification pour les play-offs de la CHL acquise la semaine dernière. Le gardien Juha Metsola a produit deux jeux blancs consécutifs, bien aidé par une première ligne Kristian Kuusela – Jan-Mikael Järvinen – Olli Palola retrouvée.
En parlant de mauvais départ, on peut évoquer le HPK de Nicolas Ritz, qui a toutefois très vite réagi. Le club de Hämeenlinna reste sur quatre victoires à ses cinq dernières parties. Absent lors des deux dernières représentations, Ritz n’a pas encore inscrit ses premiers points en Liiga.
Arrivé en 2008 en Finlande, Yohann Auvitu est désormais un visage familier du championnat finlandais. Il a désormais intégré le club – toujours très ambitieux – du HIFK. Alors que le club de la capitale est proche du podium, Auvitu a pris place en troisième ligne défensive, associé au jeune Julius Nyqvist. Avec succès puisque l’arrière français détient une fiche de +4 avec près de 20 minutes de jeu par match, par ailleurs crédité de 5 passes en Ligue des Champions. Qui plus est, l’IFK d’Helsinki possède la deuxième meilleure défense du championnat.
Derrière le leader Lukko se trouve KalPa, qui a fêté ses 85 ans d’existence le week-end dernier. Un anniversaire fêté à sa juste valeur devant 4400 spectateurs puisque les joueurs de Kuopio se sont imposés 2-0 face à Kärpät, blanchissage signé Eero Kilpeläinen.
Ce match était le premier du surdoué Kasperi Kapanen depuis son retour des États-Unis. Fils de la gloire Sami aux 900 matches NHL, Kasperi est revenu auprès de son club-formateur – et celui de son père avec qui il a joué la saison dernière – après les éloges de Pittsburgh. Premier choix des Penguins en 2014, il avait loupé le camp des recrues en raison d’une blessure à la main avant de laisser de très bonnes impressions durant quatre matches d’exhibition. Pittsburgh affichant finalement beaucoup de patience à son égard en préférant le céder un an de plus à Kuopio, le jeune prodige Kapanen devrait jouer un rôle prépondérant au sein de KalPa mais aussi avec la future sélection U20 pour le prochain Mondial junior de Toronto et Montréal, les Lionceaux ayant un titre à défendre.








































