Voilà le mois de novembre et la première trêve internationale. Mais tous n’arrêtent pas leur activité car, cette fois-ci, la KHL ne s’interrompra pas.
Du moins pour cette première étape de l’Euro Hockey Tour. Car la deuxième en décembre, organisée comme chaque année en Russie – tiens, tiens – bénéficiera d’une pause du grand circuit de l’est. Malgré les propos rassurants des dirigeants de la Ligue Continentale et de la fédération russe à l’encontre des sélections nationales, il était prévisible que cela allait poser quelques problèmes pour constituer les effectifs de novembre. Car les sélectionnables évoluant en KHL sont finalement soumis au bon vouloir de leur club. En élaborant l’équipe nationale pour ce tournoi Karjala, le sélectionneur suédois Pär Mårts et son assistant Peter Popovic se sont alors arrachés les cheveux et ont vu rouge.
Prenons l’exemple d’Oscar Möller de l’Ak Bars de Kazan. Mårts l’avait inclus dans sa liste en employant le conditionnel avant que sa venue ne soit officialisée. Mais sous la pression de son entraîneur Zinetula Bilyaletdinov, Möller a finalement cédé quelques jours plus tard et s’est rétracté.

Côté russe, l’entraîneur Olegs Znaroks a fait justement le choix d’une équipe jeune et large. Il n’y a d’ailleurs que deux champions du monde 2014 sur la glace : Evgeni Medevedev et Sergei Kalinin. Contrairement à la Suède, la sélection russe est ouverte : Aleksandr Radulov, meilleur marqueur de KHL, est par exemple bel et bien présent mais il rentrera à Moscou pour le match de samedi pour jouer Kazan, alors qu’Ilya Kovalchuk fera le chemin inverse…
Devenu vagabond en Russie ces dernières années, Nikolaï Zherdev, désormais au Dynamo Moscou, opère un come-back surprenant en Sbornaïa après deux ans d’absence. Face à Nilsson, on retrouve Stanislav Galimov, coéquipier de Stéphane Da Costa et qui réalisé un excellent début de saison avec le CSKA.
C’est Leksand qui accueille ce match déporté du Tournoi Karjala. Et s’il y en a un qui a marqué les esprits en Dalécarlie, c’est bien Patrik Hersley, aujourd’hui au Sibir Novosibirsk. La Russie va vite faire l’expérience de la force de frappe de Hersley, défenseur recordman du nombre de buts marqués en SHL, revenu dans son jardin pour l’occasion. Medvedev est en prison, Hersley fait, avec sa frappe, un blessé – temporaire – avec Kokarev puis réalise une splendide reprise de volée côté gauche (1-0, 01’35 »). La Tre Kronor démarre bien et ce bon début va se poursuivre.
Alors que Mattias Janmark purge déjà une deuxième pénalité – il en prendra trois au total – Ted Brithén et Andreas Engqvist partent en contre, le premier, sur l’aile droite, passe au second qui réussit à s’infiltrer devant la défense russe, Engqvist double la mise en infériorité numérique (2-0, 12’21 »). Dans ce premier tiers-temps, la Russie est particulièrement fébrile, surtout face à des artistes comme Linus Klasen ou Tom Wandell qui se régalent avec leur vista. Auteur d’une mauvaise passe, Zherdev aurait même pu être à l’origine d’un nouveau contre suédois dévastateur. Ilya Zubov s’offrira néanmoins la dernière occasion, plein axe, mais le capitaine de Vladivostok ne cadre pas.
Après une première période où elle se cherchait, cette Russie très expérimentale va finalement se trouver en deuxième. Kirill Petrov, Aleksandr Radulov et Nikolai Zherdev se créent de bonnes opportunités. La Suède réagit. Si le lancer de Klasen frôle le poteau, Marcus Paulsson touche le gauche à la mi-match. Le poteau, Dmitri Kugryshev le touche également, l’action se poursuit et le jeune ailier du Sibir réussit à reprendre poteau droit une passe millimétrée de Slepyshev (2-1, 30’50 »). Une minute plus tard, Radulov tire du revers, Zubov échoue sur le rebond mais garde le palet derrière le but avant de servir Denis Kokarev, imparable (2-2, 31’41 »). En 51 secondes, la Russie s’est relancée.

À l’origine de l’égalisation suédoise, Urbom prendra une pénalité stupide avec un dégagement hors de l’aire de jeu, toutefois sans conséquence. Mais la faute de Radulov en aura une.
À 5 contre 4, le tir lointain de Johan Fransson est puissant, Galimov, qui se décale trop sur la droite, arrête mais perd de vue le puck devant le trafic et Tom Wandell, devant l’angle ouvert, s’arrache du revers (4-3, 45’04 »). Mais la Russie a montré sa capacité de réaction dans ce match. 53 secondes après le but de Wandell, Dmitri Kugryshev résiste au pressing suédois en entrée de zone et transmet poteau gauche à Anton Slepyshev, oublié, qui égalise (4-4, 45’57 »).
Le Festival offensif incite à la prudence et le match se ferme quelque peu durant ce troisième tiers. Mais quand le molosse Jimmie Ericsson tente de jouer un palet en s’essuyant sur Galimov, tout le monde se réveille ! En fin de match, la Russie met un point d’honneur d’en finir, Anders Nilsson gardant en vie son équipe. Radulov protège de manière remarquable le palet près du but et transmet à Zubov qui reprend de volée plein axe, Nilsson se couche en captant du gant. Il s’interposerenfin de la plaque face à Apalkov avant d’intervenir sur le rebond, place à la prolongation.
Dominatrice dans les deux dernières minutes, la Russie sera moins conquérante lors des cinq minutes de temps supplémentaire. Contrairement à la Suède qui tape de nouveau le poteau par Daniel Rahimi avant d’offrir une séquence collective sublime. Les tirs au but décideront finalement de l’issue de la rencontre. André Peterson, du revers, et le spécialiste Linus Klasen, qui feinte avec le patin, offriront la victoire à la Suède, Anders Nilsson bloquant les essais de Radulov et Kugryshev.
Fragilisée par un début de match en douceur, la Russie s’incline finalement malgré de bonnes réactions par la suite. Session de rattrapage pour les hommes d’Olegs Znaroks contre la Finlande samedi, aux Suédois de confirmer face aux Tchèques.
Commentaires d’après-match
Olegs Znaroks (entraîneur de la Russie) : « Nous avions beaucoup de jeunes joueurs, et dans un premier temps, nous étions endormis avec peu de vitesse de jeu. Jouer en KHL, c’est une chose. Jouer en équipe nationale en est une autre. Mais nous avons bien réagi en deuxième période avec davantage de pressing. Les joueurs ont tout de même respecté les consignes. »
Dmitri Kugryshev (attaquant de la Russie) : « Les Suédois évoluaient à domicile. Mais nous n’avons pas commencé ce match comme nous l’espérions. Après la première période, nous avons tenté de construire. Mais l’entraîneur nous a demandé de jouer plus vite et de conserver davantage la rondelle. »
Suède – Russie : 4-4 (2-0, 1-3, 1-1, 0-0) / 2-0 aux tirs au but.
Jeudi 5 novembre 2014 à 19h00 à la Tegera Arena de Leksand. 6634 spectaeurs.
Arbitrage de Jan Hribik et Pavel Hodek (TCH) assistés d’Örjan Åhlén et Andreas Malmqvist (SUE).
Pénalités : Suède 16′ (4′, 10′, 2′, 0′), Russie 10′ (4′, 4′, 2′, 0′).
Tirs : Suède 33 (13, 8, 10, 2), Russie 29 (6, 15, 8, 0).
Évolution du score :
1-0 à 01’35 » : Hersley assisté de Danielsson et Klasen (sup. num.)
2-0 à 12’21 » : Engqvist assisté de Brithén (inf. num.)
2-1 à 30’50 » : Kugryshev assisté de Slepyshev
2-2 à 31’41 » : Kokarev assisté de Zubov et Radulov
2-3 à 34’03 » : Radulov assisté de Zubov et Medvedev (sup. num.)
3-3 à 36’09 » : Ullström assisté de Urbom et Klasen
4-3 à 45’04 » : Wandell assisté de Fransson (sup. num.)
4-4 à 45’57 » : Slepyshev assisté de Kugryshev
Tirs au but :
Suède : Petersson (réussi), Klasen (réussi).
Russie : Radulov (arrêté), Kugryshev (arrêté).
Suède
Attaquants :
Nicklas Danielsson (-2) – Joel Lundqvist (C, -2, 2′) – Andreas Thuresson (-2)
Linus Klasen – Tom Wandell (-1) – André Petersson (-1)
David Ullström (+1, 2′) – Andreas Engqvist (+2) – Ted Brithén (+1)
Dick Axelsson – Jimmie Ericsson (2′) – Marcus Paulsson
Mattias Janmark-Nylén (6′), Calle Ridderwall.
Défenseurs :
Johan Fransson (+1) – Patrik Hersley
Niclas Andersén (-1) – Niclas Buström (2′)
Alexander Urbom (-1, 2′) – Daniel Rahimi (-1)
Niclas Lundgren.
Gardien :
Anders Nilsson.
Remplaçant :
Henrik Karlsson (G).
Russie
Attaquants :
Dmitri Kugryshev (+2, 2′) – Sergei Kalinin (+2) – Anton Slepyshev (+2)
Egor Averin (-1) – Daniil Apalkov (-1) – Aleksandr Radulov (+1, 2′)
Nikolai Zherdev – Sergei Andronov – Kirill Petrov (-2)
Denis Kokarev – Ilya Zubov (2′) – Pavel Buchnevich.
Défenseurs :
Evgeni Medvedev (2′) – Aleksandr Kutuzov (2′)
Roman Rukavishnikov (-1) – Nikita Pivtsakin
Andrei Mironov (+2) – Ivan Vishnevski (+1).
Gardien :
Stanislav Galimov.
Remplaçant :
Ilya Sorokin (G).








































