Grenoble assure l’essentiel
Les Brûleurs de Loups ont profité de la pause internationale pour mettre à jour leur calendrier. Avec un match en retard (gagné 2-1 à Lyon) et un match avancé (gagné 3-1 à Brest), les Grenoblois n’ont pas pu faire de pause contrairement à la plupart des autres équipes de Ligue Magnus. Mais cette période chargée leur a permis de prendre la tête du classement avec désormais quatre points d’avance (et un match de plus). Dans la foulée de cette semaine fructueuse, les Brûleurs de Loups sont allés chercher mercredi à Dijon leur qualification pour les demi-finales de la coupe de la ligue (5-2) à l’issue d’un match extrêmement disputé (but vainqueur à trois minutes de la fin). Une belle opération après un match aller très compliqué qui avait vu la série de victoires grenobloises s’interrompre (5-5).

Comme on pouvait s’y attendre, ce sont les Grenoblois qui déclenchent les hostilités. Un premier tir de Lafrance dès les premières secondes puis deux gros lancers de Chouinard et Bouchard mettent Hialdlovsky en condition. Le portier strasbourgeois, qui reste sur quelques prestations de haute volée, répond présent même s’il doit « encaisser » trois tirs dans son casque. La réaction strasbourgeoise vient de Valentin Michel qui fait passer un premier frisson en mettant le palet de peu à côté de la cage de Zajkowski. Dans la foulée, les joueurs de l’Étoile Noire se montrent plus présents en zone offensive à l’image du revenant Shupe qui se signale en contre-attaque. Zajkowski doit à son tour répondre présent sur un lancer de Danford puis face à Trudeau. Le match de gardiens attendu a bel et bien lieu.
La rencontre se dispute sur un bon tempo avec des attaques rapidement menées de part et d’autre. Les Grenoblois doivent assurer le repli défensif à l’image de Petit qui enlève le palet à Burgert alors en bonne position de lancer. Le rythme de la rencontre est cassé sur une blessure de Tarik Chipaux qui est touché au visage sur un contact devant la cage de Hiadlovsky. L’arbitre sanctionne après coup Toby Lafrance pour une crosse haute. Le temps de nettoyer la glace après cet incident, Strasbourg reprend le jeu en power-play et ne met pas longtemps à en profiter : un lancer de Jakob Goldberg est dévié devant la cage par Burgert (0-1, 11’44 »).

Les coéquipiers de Chouinard repartent à l’attaque et ce dernier trouve la mitaine de Hiadlovsky. Et suite à une pénalité de Ken Peroff, les Brûleurs de Loups bénéficient même de leur première supériorité numérique. Un superbe décalage de Petit pour Roberts aurait mérité meilleur sort mais le défenseur grenoblois ne trouve pas le cadre. Même manque de réussite quelques secondes plus tard pour Chouinard qui voit sa reprise à bout portant s’élever au-dessus de la cage. Mais les Brûleurs de Loups ne trouvent pas l’ouverture et doivent même finir le tiers en infériorité après une charge incorrecte de Tartari sur Bruneteau. Comme lors de leur première supériorité, les Strasbourgeois essaient de mettre du trafic devant la cage de Zajkowski mais ce dernier lit bien le lancer de Goldberg. Après une dernière occasion de Gervais, les deux équipes rentrent au vestiaire sur un score de parité.

Finalement le détonateur sera Félix Petit dont les mouvements déroutants mettent la défense strasbourgeoise en difficulté. C’est ainsi que Tarik Chipaux, revenu au jeu, se fait pénaliser. Et cette fois, c’est Grenoble qui capitalise en power-play sur un lancer de Bouchard dévié devant la cage par Gervais qui s’offre ainsi un doublé (2-1, 25’47 »).
Les Brûleurs de Loups prennent les devants au score pour la première fois. Un une-deux entre Sivic et Chouinard aurait pu leur permettre d’enfoncer le clou. Mais l’intensité de jeu baisse clairement dans cette deuxième période. Le jeu se déroule plus en zone neutre entre deux équipes qui se craignent et ne veulent pas se découvrir. Et quand le palet arrive jusqu’à la cage, les gardiens font le spectacle. Hiadlovsky arrête un palet à bout portant sur un lancer de Bouchard alors que Zajkowski, moins sollicité, doit également se montrer déterminant sur sa ligne de but et se fait même une petite frayeur sur un palet mal dégagé. Le palet tourne autour de la cage de Hiadlovsky mais les hommes de Martel ne parviennent à concrétiser. Ils se mettent même inutilement la pression dans leur zone défensive dans les ultimes secondes du tiers, pression qui conduit Chouinard à dégager précipitamment le palet en tribunes, ce qui lui vaut une pénalité.

Cette troisième période est dans la lignée de la deuxième avec d’un côté une équipe strasbourgeoise qui cherche à égaliser sans trop se livrer et de l’autre une équipe grenobloise qui cherche à marquer ce troisième but qui lui donnerait de l’air mais sans trop découvrir ses arrières. Il en résulte un jeu relativement fermé avec quelques contres bien sentis de Perret qui tente de tromper Hiadlovsky du revers ou de Bouchard qui prend de vitesse Goldberg mais bute à son tour sur le portier strasbourgeois, impeccable. Une nouvelle passe lumineuse de Petit démarque Perret mais ce dernier ne trouve toujours pas le cadre.
Le duel des gardiens continue alors que les minutes défilent au tableau d’affichage. Chipaux a un palet d’égalisation au bout de la crosse mais son tir du revers passe de peu à côté. À l’inverse, un joli jeu en triangle de la première ligne grenobloise avec Petit et Sivic aurait mérité une meilleure conclusion.
Les Brûleurs de Loups font preuve d’abnégation dans les dernières minutes à l’image de Bouchard qui se sacrifie en bloquant un lancer. Mais la rencontre connaît un dernier rebondissement lorsque Chouinard est pénalisé pour une charge avec la crosse. Furieux contre la décision arbitrale, le capitaine grenoblois prend dix minutes de méconduite en prime. Malgré son absence, le box-play fonctionne parfaitement et neutralise cette dernière supériorité numérique strasbourgeoise. Daniel Bourdages demande un temps mort mais le forecheck grenoblois l’empêche de sortir son gardien suffisamment tôt. Bouchard aurait même pu marquer le troisième but tant attendu côté grenoblois mais il ne cadre pas sa reprise. Le pressing strasbourgeois est finalement vain et Grenoble garde son avance d’un petit but jusqu’au coup de sirène.

Pour cela, ils ont démontré certaines qualités d’abnégation, que ce soit dans le repli défensif ou par leur capacité à bloquer des tirs. Ils ont également pu compter sur un Michal Zajkowski de plus en plus régulier, lui qui avait été déjà déterminant à Lyon, à Brest et mardi à Dijon en coupe de la ligue. Les performances du gardien suédois des Brûleurs de Loups donnent une vraie confiance à ses coéquipiers et les défenseurs, expérimentés, parviennent à gérer plus facilement les fins de match et les infériorités numériques. Ce qui ne les empêche pas d’apporter un soutien à l’offensive, à l’image de Gervais, auteur de deux buts ce soir. Aux Grenoblois de continuer sur leur lancée dimanche à Dijon, pour un troisième affrontement en quelques jours contre les Ducs.
L’Étoile Noire, pour sa part, est passée tout près de ramener au moins un point de leur déplacement en Isère. Comme à leur habitude, les Strasbourgeois se sont montrés prudents, ne s’exposant pas trop offensivement, préférant procéder par contre-attaque. L’ouverture du score en supériorité numérique était le scénario idéal pour eux mais ils se sont fait surprendre à cinq contre quatre et n’ont jamais réussi à retrouver le chemin des filets par la suite. Le retour de Shupe en attaque a fait du bien même s’il faut qu’il trouve encore ses marques. Défensivement, les Alsaciens se sont montrés solides, bien regroupés autour d’un Hiadlovsky encore une fois particulièrement efficace et qui a été très en vue ce soir. Strasbourg a démontré, même avec quelques absents, que son début de saison n’était pas dû au hasard. Mais pour avoir moins de regret par rapport au match, il faudra gagner contre Amiens dimanche.
Désignés meilleurs joueurs du match : Stéphane Gervais (Grenoble) et Jakob Goldberg (Strasbourg)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Richard Martel (entraîneur de Grenoble) : « C’était un match important car c’est toujours difficile quand on arrive de quatre matchs en déplacement. C’est un long périple. Il y avait la fatigue du voyage mais les joueurs voulaient bien faire parce qu’on revenait à la maison. Ce qui était intéressant ce soir, c’est que lorsqu’on a été en avance d’un but, on l’a gardé, on a payé le prix, on a arrêté des rondelles. On a tout fait pour sortir avec la victoire, c’est ça qui est important. Nous avons contrôlé, nous n’avons pas paniqué. »
Stéphane Gervais (défenseur de Grenoble) : « Je ne sais pas quoi dire. C’est un bon moment, j’étais là au bon endroit voilà tout ! »
Toby Lafrance (attaquant de Grenoble) : « C’est le caractère qu’on a cette année qui apporte cela. On a joué beaucoup de matchs dernièrement, il y avait peut-être un peu de fatigue dans le troisième tiers-temps mais il faut mettre ça de côté. C’est notre boulot. »
Grenoble – Strasbourg 2-1 (1-1, 1-0, 0-0)
Vendredi 14 novembre 2014 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3300 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Benjamin Scolari et David Courgeon
Pénalités : Grenoble 20′ (6′, 2′, 2’+10′), Strasbourg 4′ (2′, 2′, 0′)
Tirs cadrés : Grenoble 30 (15, 6, 9), Strasbourg 15 (5, 5, 5)
Évolution du score :
0-1 à 11’44 » : Burgert assisté de Goldberg et Shupe (sup. num.)
1-1 à 13’10 » : Gervais assisté de Perret et Bouchard (inf. num.)
2-1 à 25’47 » : Gervais assisté de Bouchard et Jalbert (sup. num.)
Grenoble
Gardien : Michal Zajkowski
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Sam Roberts ; Dominic Jalbert – Stéphane Gervais ; Nicolas Favarin – Pierre-Antoine Simonneau.
Attaquants : Mitja Sivic – Felix Petit – Eric Chouinard (C) (4’+10′) ; Danick Bouchard – Toby Lafrance (4′) – Jordann Perret ; Hampus Gustafsson – Christophe Tartari (A) (2′) – Julien Baylacq (A) ; Romain Chapuis – Victor Orset – Aubin Lamirault.
Remplaçants : Jimmy Darier (G), Arnaud Faure, Quentin Scolari. Absent : Yorick Treille (genou).
Strasbourg
Gardien : Vladimir Hiadlovsky (sorti de 59’25 » à 60’00 »)
Défenseurs : Matthew Bruneteau – Benjamin Danford ; Pierrick Hoehe – Jakob Goldberg ; Pierre Bougé – Kenneth Peroff (2′).
Attaquants : Jan Pardavy (A) – Preston Shupe – Julien Burgert ; Peter Bourgaut – Jan Cibula (A) – Sébastien Trudeau ; Valentin Michel – Tarik Chipaux (2′) – Anthony Goncalves ; Karl Messinger – Julien Baeumlin – Thomas Mathieu.
Remplaçant : Gilles Beck (G). Absents : Elie Marcos (poignet), Jordy Anglès (cheville), David Striz (bras).







































