Les Lions sortent les crocs.
Le promu lyonnais, après un bon début de saison, accumule les difficultés, entre blessures et difficultés à gagner des matchs. Après avoir chuté lourdement à domicile face à Caen, puis à Pôle Sud face à Grenoble, il n’y a plus d’alternative : il faut gagner. Les Lions, onzièmes au classement, seront encore privés de Matej Kristin, qui souffre de la cheville depuis de nombreuses semaines, mais aussi de Pasi Hirvonen (dos) et de Ben Parker, blessé à Grenoble lors du match précédent.
Du côté des Ducs, les difficultés et l’absence de régularité s’accumulent également, et après un bon début de saison, la tête du championnat s’éloigne. Au tableau des scores, les Ducs avaient eu besoin des tirs au but pour s’imposer à domicile en Ligue Magnus, et Lyon s’était imposé à domicile en Coupe de France.
En mémoire des victimes de Charlie Hebdo, de Montrouge et de la Porte de Vincennes, une minute de silence est observée avant le début du match. Les joueurs des deux formations se rassemblent autour du rond central, et les 3012 spectateurs debout brandissent en silence des panneaux « Je suis #Charlie ».

Les Dijonnais sont piqués au vif et sollicitent une défense lyonnaise solidaire et regroupée. Les visiteurs se montrent dangereux, Macrez laisse passer quelques palets, à l’image d’un tir le long de la ligne de but, derrière le portier lyonnais, qui ne franchit cependant pas la ligne. C’est ensuite Salmivirta qui trouve les jambières de Macrez, puis Cacciotti qui fait un tour de cage mais ne trouve pas d’angle de tir. Dijon profite d’une faute de Meilleur pour tenter à nouveau de revenir au score. Les Lyonnais défendent bien et sont agressifs sur le porteur du palet, ce qui n’empêche pas Mielonen, par deux fois, de placer un tir. Le premier est repoussé des jambières par le portier lyonnais, et le deuxième, puissant, tiré de la bleue, est bloqué par un patin lyonnais, puis Lebey parvient enfin à le dégager. Dijon revient en zone lyonnaise et place un tir dévié par le casque de Macrez, qui paraît sonné par le choc. La pénalité est tuée mais Dijon continue son pressing par un tir de Gascon qui finit dans le plexiglas derrière la cage lyonnaise.
Les locaux ne sont pas en reste, à l’image de Laberge et Ouellet qui réalisent une belle action vers l’avant, stoppés par Buysse de la mitaine. Les Bourguignons gagnent la mise au jeu et montent rapidement au but lyonnais, mais Briand rate la réception d’une passe et laisse le temps aux Lyonnais de redescendre en défense. Une minute plus tard, Cacciotti derrière la cage des Lions passe devant le but à Gutierrez tout seul, Macrez réalise un arrêt réflexe. Les rhodaniens augmentent le rythme, par Couture d’abord, qui parvient à s’infiltrer au plus près du portier adverse mais ne trouve pas d’angle, puis par Jacquier qui passe à Couture, mais celui-ci ne parvient pas à trouver le filet. Sur le contre, Macrez réalise un bel arrêt et les Lyonnais repartent à l’attaque. Laberge à la cage, passe en retrait, Ouellet reprend mais Buysse fige le palet, puis Millerioux s’infiltre mais ne parvient pas à trouver le filet. Dijon pousse en fin de tiers, mais peine à s’installer en zone offensive. Le jeu devient plus physique, Correia se fait jeter au sol sans faute apparente, Breton perd ensuite sa crosse et se fait prendre par la patrouille alors qu’il est derrière le but lyonnais, aux côtés de Macrez, essayant d’empêcher les Dijonnais de reprendre le contrôle de la rondelle. En supériorité, les visiteurs commettent quelques erreurs qui les empêchent de profiter de la situation pour ouvrir leur compteur. Gadoury d’abord, puis Lebey parviennent à s’échapper avec le palet, mais Buysse reste vigilant et ferme la porte. Une des plus belles occasions dijonnaises, par Gutierrez, tape le poteau, puis les deux formations sont de retour à cinq contre cinq. Le tiers se termine sans évolution du score et les deux formations regagnent les vestiaires sur le score de 2 à 0. Les Ducs dominent nettement au nombre de tirs (17 à 9), mais n’ont pas su profiter des nombreuses opportunités pour débloquer leur compteur.

Les Ducs ont du mal à résister à la pression des gones, qui ont retrouvé leur niveau et proposent un jeu simple et collectif. Ainsi, Millerioux voit un premier tir bloqué, prend son propre rebond, repoussé une nouvelle fois par le portier bourguignon, et Biniek est à la reprise, cependant personne n’est là pour reprendre sa passe à l’aveugle. C’est ensuite Couture, au centre, qui passe à Eriksson, mais son tir n’est pas dangereux et Buysse arrête facilement de la mitaine. Lyon domine la zone neutre, ce qui donne un certain nombre d’occasions de se porter vers l’avant. Correia, derrière la cage, passe devant à Lebey qui est presque au contact du gardien dijonnais, qui prend le rebond et crucifie Buysse pour son premier but depuis le 5 décembre à Rouen (4-1, 31’29 »).
Le Bourguignon parvient à garder son équipe dans le match malgré les incursions de Gadoury, Breton et Lebey, et peut souffler lorsque Trefny fait trébucher Cacciotti et sort deux minutes. Les Ducs entrent en zone offensive et tentent d’installer leur jeu de puissance. Les Lyonnais, opportunistes, parviennent à interposer crosses et patins pour couper les passes et les angles de tir, jusqu’à ce que Gadoury sorte enfin la rondelle. Les Dijonnais se précipitent vers l’avant et peinent à résister au pressing lyonnais sur le porteur du palet. La pénalité est tuée, Trefny a à peine le temps de reprendre sa place en défense que Cacciotti rate une première fois une reprise en cage ouverte, mais pas la suivante, qui passe au dessus de l’épaule droite de Macrez et va s’enfoncer dans le filet (4-2, 36’58 »). Le jeu s’accélère sur la fin de tiers, les Ducs souhaitant réduire l’écart avant la pause. Macrez sur une montée en force dijonnaise, et Buysse sur un tir de Couture qui rebondit derrière le but et revient dans son dos, sont tous deux sollicités et répondent présents pour leur équipe. A dix secondes de la pause, Biniek est sifflé, les Dijonnais disposeront donc de près de 2 minutes de supériorité pour attaquer le dernier vingt. Ce deuxième tiers est plus équilibré en nombre de tirs, même si Dijon a toujours un léger avantage (13 à 11), ce qui se traduit bien dans l’évolution du score.

La tension monte entre les deux formations, Rech est sifflé pour un cinglage sur Biniek, qui résulte en une crosse cassée pour l’attaquant des Lions. Les Ducs parviennent à tuer cette pénalité grâce à un gardien qui continue à repousser les assauts lyonnais. A peine une minute plus tard, Gutierrez et Lebey sont tous deux sifflés, le premier pour cinglage, le second pour retenir, et les deux formations doivent évoluer à quatre contre quatre pendant deux minutes. Dijon pousse, Macrez est percuté et perd sa crosse dans la mêlée devant sa cage. Eriksson lui tend alors la sienne, mais le palet est rapidement sorti de la zone, et chacun peut reprendre son matériel. De l’autre côté de la patinoire, Buysse laisse un rebond sur un tir de Couture, mais personne n’est à la reprise, et le palet est dégagé. Salmivirta, isolé et plein axe, reprend une passe, l’arrêt est facile pour Macrez. Quelques secondes plus tard, Mielonen tire de la bleue, bien masqué par un de ses coéquipiers qui se décale au dernier moment. Macrez est battu, le palet file dans la lucarne (5-3, 54’13 »). Les Ducs invitent les mauvais gestes au match, à l’image de Roussel qui envoie Lebey au tapis et sort deux minutes pour obstruction. Une bien mauvaise opération pour Dijon que de se retrouver en infériorité à 5 minutes de la fin du temps réglementaire, avec 2 buts de retard. Couture puis Eriksson ratent des occasions de but mais les gones conservent le contrôle du palet. Les joutes verbales s’invitent à chaque arrêt de jeu, et les Dijonnais tentent d’envenimer les choses et de provoquer la faute des Lyonnais, mais sans succès. Jarmo Tolvanen demande son temps mort alors qu’il reste à peine plus d’une minute à jouer et sort son gardien. Les 70 secondes restantes sont intenses pour la défense lyonnaise et Landry Macrez, qui subissent les assauts de six Ducs. Macrez est exemplaire, Dijon ne revient pas au score.
Sur le coup de sifflet final, Kevin Gadoury en vient aux mains avec Mielonen. Les deux joueurs sont finalement séparés par les arbitres, et écopent chacun de 2’+2’+10′ pour dureté.
Sur les dernières 20 minutes, Lyon a nettement dominé le jeu, et a su de nouveau montrer, comme face à Grenoble (et malgré le score), un jeu plein pendant 60 minutes. Lyon réalise une bonne prestation dans l’ensemble, et ce malgré une défense largement amputée : avec deux défenseurs et le premier gardien blessés, seuls cinq défenseurs ont eu du temps de jeu ce soir.
Etoiles du match : Jens Eriksson (Lyon), Steven Cacciotti (Dijon)
Photos d’Emmanuel Giraudeaux et Julie Drewnowski (Galerie du match : https://goo.gl/NO585d).
Lyon – Dijon 5-3 (2-0, 2-2, 1-1)
Samedi 10 janvier 2015 à 20h à la patinoire Charlemagne, Lyon. 3 012 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Gabriel Pointel et Guillaume Gielly.
Pénalités : Lyon 26′ (6′, 4′, 16′); Dijon 22′ (2′, 0′, 20′)
Tirs : Lyon 37 (9, 11, 17); Dijon 38 (17, 13, 8)
Evolution du score
1-0 à 02’28 » : Eriksson assisté de Ouellet et Correia (sup. num.)
2-0 à 03’24 » : Eriksson assisté de Gadoury (inf. num.)
2-1 à 23’29 » : Dame-Malka assisté de Gauthier et Gutierrez
3-1 à 27’10 » : Eriksson assisté de Couture et Meilleur
4-1 à 31’29 » : Lebey assisté de Biniek et Correia
4-2 à 36’58 » : Cacciotti assisté de Gauthier et Briand
5-2 à 48’06 » : Ouellet assisté de Gadoury et Meilleur
5-3 à 54’13 » : Cacciotti assisté de Dame-Malka et Mielonen
Effectif
Lyon
Gardien : Landry Macrez.
Défenseurs : Francis Meilleur – Radovan Trefny; Martin Millerioux – Jules Breton ; Victor Vitton-Mea.
Attaquants : Dean Ouellet – Jonathan Laberge (C) – Kevin Gadoury; Julien Lebey (A) – Nicolas Biniek (A) – Julien Correia; Quentin Jacquier – Vincent Couture – Jens Eriksson.
Remplaçants : Gabriel Lyant (GB), Elie Raibon, Timothée Franck, Léo Girod, Thomas Lapointe.
Absents : Matej Kristin (cheville), Ben Parker (genou), Pasi Hirvonen (dos), Mathieu Touveron (Roanne – D2).
Dijon
Gardien : Henri-Corentin Buysse (sorti à 58’50 »).
Défenseurs : Kevin Raymond Bergin – Olivier Dame-Malka; Adam Sedlak – Thomas Roussel; Juho Mielonen – Quentin Mahier.
Attaquants : Ilpo Salmivirta (A) – Martin Gascon (C) – Anthony Rech; Romain Gutierrez – Steven Cacciotti (A) – Sebastien Gauthier; Alexandre Mulle – Mathieu Briand – Aram Kevorkian.
Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (GB), Mathis Chiappino, Arthur Montenoise, Bastien Lardiere.









































