Grenoble se fait peur
En remportant leur match en retard à Angers jeudi à l’issue des tirs au but (6-5), les Brûleurs de Loups se sont assurés une place parmi les quatre premiers à l’issue de la saison régulière, évitant ainsi le redoutable tour de barrage qui les avait vus trébucher la saison dernière. Ils ont également fait un grand pas vers la première place à l’issue de la saison régulière puisqu’ils comptent désormais trois points d’avance sur leurs poursuivants (Rouen, Gap et Angers) à trois rencontres de la fin. Deux succès leur suffiraient donc, et vu leur calendrier et un déplacement difficile prévu à Gap, le scénario idéal passerait par deux victoires à domicile, à commencer par ce soir face à Dijon.

Cependant, les précédentes confrontations ont été très accrochées. Les Grenoblois avaient arraché une victoire 5-2 à trois minutes de la fin au quart de finale retour de la Coupe de la ligue après un 5-5 mémorable à l’aller. Et lors du match de Ligue Magnus à Dijon, les Grenoblois s’étaient imposés aux tirs au but après un beau suspense. Tout cela laisse augurer d’une rencontre disputée, pour laquelle Grenoble sera privé de Favarin et Gustafsson alors que Rech manque à l’appel du côté de Dijon après un choc mardi à Briançon.
Les Brûleurs de Loups ont-ils eu le temps de récupérer de leur long déplacement à Angers ? La réponse ne tarde pas à tomber. Après une première attaque grenobloise sur le coup d’envoi, Dijon se montre plus offensif dans les secondes suivantes. Un puissant lancer d’Olivier Dame Malka est difficilement repoussé par Zajkowski. La défense grenobloise n’arrive pas à se dégager, Sébastien Gauthier récupère le palet dans l’axe de la cage et ouvre le score d’un lancer en hauteur (0-1, 01’08 »). Les Grenoblois tentent bien de réagir par Chapuis à bout portant mais Buysse ferme bien son angle et dévie le palet.
Dijon est plus tranchant au cours de ces premières minutes, comme si les Brûleurs de Loups n’étaient pas encore vraiment rentrés dans le match. Les réactions grenobloises sont sporadiques et viennent par Bouchard sur un gros lancer ou Jalbert du revers mais à chaque fois Buysse répond présent. Zajkowski se fait même une petite frayeur en relâchant un palet que Cacciotti n’arrive pas à maîtriser à bout portant.

Richard Martel demande aussitôt un temps mort pour réveiller sa troupe, il opère quelques changements dans les lignes et les Grenoblois reviennent sur la glace avec plus d’énergie. Un lancer de Roberts capté par Buysse provoque d’un début d’altercation devant la cage dijonnaise. Dame-Malka et Lafrance partent simultanément en prison et le jeu se poursuit à quatre contre quatre. La situation profite à Danick Bouchard qui parvient à trouver une belle lucarne sur un lancer du poignet flottant (1-2, 15’18 »). Ce but permet à Grenoble de limiter la casse même si Yorick Treille se fait pénaliser pour une faute devant la cage dijonnaise. Une première infériorité numérique bien négociée par Grenoble même s’il faut une parade de la mitaine de Zajkowski sur un lancer de Dame-Malka pour éviter un retard plus conséquent à la pause.

Grenoble tente de revenir en zone d’attaque avec un lancer de Gervais repoussé de la jambière par Buysse. Mielonen est pénalisé, puis Buysse se fait sanctionner pour avoir fait trébucher Perret : à chaque fois, les coéquipiers de Chouinard tentent sans trouver la réussite à cinq contre quatre. Grenoble cafouille ses power-plays : une constante depuis quelques matchs. Malgré ses six minutes passées en supériorité numérique, les Isérois sont toujours menés d’un but et Dijon continue de se montrer menaçant en contre-attaque, à l’image de Mulle rattrapé de justesse par Gervais ou d’un 2 contre 1 au terme duquel Gascon voit son tir repoussé par Zajkowski. Les Brûleurs de Loups confondent vitesse et précipitation en cette fin de tiers.

Cette égalisation aussi tôt dans la période redistribue les cartes et change le momentum de la rencontre. La tension monte d’un cran aussi. Un cinglage de Kevorkian sur le casque de Zajkowski provoque la colère de Gervais qui va s’expliquer avec l’attaquant dijonnais. Les deux joueurs partent en prison et le jeu s’anime à quatre contre quatre. Un jeu équilibré avec le palet qui va d’une cage à l’autre sans qu’une équipe ne parvienne à prendre l’ascendant. Une grosse charge de Dame-Malka sur Petit le long de la bande provoque une réaction de Chouinard qui en bon capitaine vient défendre son coéquipier en s’expliquant avec Dame-Malka. Après la bagarre, les deux joueurs sont envoyés en prison où ils continuent de s’invectiver, même si Chouinard, coupé à la lèvre, doit faire un détour par le vestiaire. Cet incident réveille une patinoire passablement endormie jusque-là. Le rythme du jeu, nettement plus élevé, du troisième tiers y contribue également.

Grenoble mène au score pour la première fois et ne va plus lâcher ce maigre mais précieux avantage. Dans les dernières minutes, Chouinard, de retour sur la glace, manque de peu l’occasion de tuer le suspense. Puis c’est Lafrance qui voit Buysse lui voler le quatrième but d’une belle mitaine. Tartari, touché au visage par un palet lancé par Roberts, doit sortir précipitamment de la glace.
Les Dijonnais semblent tout de même émoussés en cette fin de troisième tiers et n’ont plus leur allant de la première période. D’ailleurs, un gros travail de Perret dans la zone dijonnaise empêche les Ducs de se porter rapidement vers l’avant et Buysse ne peut sortir de sa cage qu’à vingt secondes de la fin. Bien trop tard pour espérer forcer une prolongation…

Menés 2-0 d’entrée et après deux premiers tiers très moyens, les Grenoblois ont réussi à s’imposer dans la douleur après avoir « galéré » comme lors de leurs précédentes rencontres à domicile. Avec cinq défenseurs et seulement trois lignes d’attaque, Martel n’a pas pu faire tourner autant qu’il l’aurait sans doute espéré. Mais le résultat est là et malgré ce match pas très convaincant, Grenoble compte toujours trois points d’avance sur ses poursuivants, Rouen et Gap à deux rencontres de la fin… Une victoire suffira pour assurer la première place mais méfiance car les Rapaces sont les prochains adversaires des Brûleurs de Loups dans 10 jours après la pause internationale. D’ici là, les Grenoblois auront le temps de se ressourcer et ils en ont bien besoin.

Finalement, ils ont payé leur débauche d’énergie au troisième tiers avec deux buts encaissés. L’absence pour la fin du match de leur « peste », Olivier Dame-Malka, leur a aussi coûté cher. Le défenseur dijonnais a été le plus en vue sur la glace ce soir, par son impact physique, mais aussi par la menace offensive qu’il représente avec son lancer. À deux journées de la fin, les Ducs ne comptent que deux points d’avance sur le treizième et ne sont donc toujours pas assurés de jouer les play-offs. La fin de saison s’annonce tendue du côté de Dijon.
Désignés meilleurs joueurs du match : Mitja Sivic (Grenoble) et Sébastien Gauthier (Dijon)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match :

On a énormément de difficulté en power-play, on se cherche un petit peu. Il y a des joueurs qui ne sont pas en confiance présentement sur l’avantage numérique. Il n’y a pas le mouvement qu’on veut. J’essaie de m’organiser pour avoir deux défenseurs en arrière parce qu’on s’est fait prendre trop souvent avec Eric à la pointe, on se fait compter des buts contre nous. Sivic a joué un fort match ce soir, il a été très bon. L’avantage numérique où Mitja était sur la glace avec Toby qui avait beaucoup d’énergie ce soir, c’est là qu’on a créé quelque chose. Le dernier jeu, Mitja est revenu en avant, mais Yorick Treille est resté complètement devant le gardien, il n’a pas bougé et cela a aidé la cause de Mitja. C’est très important pour nous.

Nicolas Favarin va être de retour. Il nous manque beaucoup, on s’en aperçoit dans notre défensive, c’est un défenseur physique, il joue droitier, avec du caractère. On voit dernièrement que ça nous fait une bonne police d’assurance quand il est dans l’alignement. »
Eric Chouinard (capitaine de Grenoble) : « C’est en démontrant notre caractère que l’on ira loin dans les séries. Combien de fois on a réussi à revenir au score ? Ca démontre du caractère, je prends le positif. Avec un classement aussi serré, il faut se concentrer sur soi. »
Stéphane Gervais (défenseur de Grenoble) : « De la fatigue ? On n’aime pas vraiment trouver des excuses. »
Grenoble – Dijon 3-2 (1-2, 0-0, 2-0).
Samedi 31 janvier 2015 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté de Thomas Caillot et Guillaume Gielly
Pénalités : Grenoble 10′ (4′, 0′, 6′), Dijon 26′ (2′, 6′, 8’+10′)
Tirs cadrés : Grenoble 23 (7, 7, 9), Dijon 20 (10, 6, 4)
Évolution du score :
0-1 à 01’08 » : Gauthier assisté de Cacciotti et Gutierrez
0-2 à 13’24 » : Gauthier assisté de Dame-Malka et Gutierrez
1-2 à 15’18 » : Bouchard assisté de Roberts et Petit
2-2 à 40’47 » : Sivic assisté de Chouinard et Petit
3-2 à 52’54 » : Sivic assisté de Petit et Jalbert (sup. num.)
Grenoble
Gardien : Michal Zajkowski
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Stéphane Gervais (2′) ; Pierre-Antoine Simonneau – Sam Roberts ; Dominic Jalbert.
Attaquants : Mitja Sivic – Eric Chouinard (C) (4′) [puis Petit à 40′] – Jordann Perret [puis Chouinard à 40′] ; Danick Bouchard – Felix Petit [puis Lafrance à 40′] – Toby Lafrance (2′) [puis Perret à 40′] ; Romain Chapuis [puis Baylacq à 40′] – Christophe Tartari (A) – Yorick Treille (A) (2′) ; Julien Baylacq.
Remplaçants : Jimmy Darier (G), Arnaud Faure, Quentin Scolari, Victor Orset, Aubin Lamirault.
Absents : Nicolas Favarin (ligament interne du genou), Hampus Gustafsson.
Dijon
Gardien : Henri-Correntin Buysse (2′) [sorti de 59’44 » à 60’00 »]
Défenseurs : Thomas Roussel – Juho Mielonen (4′) ; Olivier Dame-Malka (6’+10′) – Adam Sedlak ; Quentin Mahier – Benoît Quessandier (A).
Attaquants : Ilpo Salmivirta – Mathieu Briand – Martin Gascon (C) ; Romain Gutierrez – Sébastien Gauthier – Steven Cacciotti (A) ; Alexandre Mulle – Kevin Bergin – Aram Kevorkian (2′).
Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Mathis Chiappino, Arthur Montenoise, Bastien Lardière. Absent : Anthony Rech (blessé).









































