Grenoble premier sans briller
Pour s’assurer la première place de la saison régulière, il suffisait aux Brûleurs de Loups de remporter un match sur les deux derniers du calendrier. Mais ils ont brûlé un joker mardi à Gap en s’inclinant (3-1) face à leurs dauphins au classement. Désormais sous la menaces des Rapaces en déplacement ce soir à Amiens (seulement un point d’avance), les Grenoblois n’ont plus vraiment le choix : ils doivent s’imposer sur leur glace de Pôle Sud pour éviter de dépendre du résultat de Gap en Picardie.
Une tâche a priori abordable face à une équipe de milieu de tableau mais les Gamyos d’Épinal ont par le passé donné du fil à retordre aux leaders du championnat, notamment lors d’une demi-finale de coupe de la ligue extrêmement disputée (Grenoble vainqueur 3-1 à Poissompré alors qu’Épinal s’imposait 5-4 lors du retour à Pôle Sud). Sans leur coach Philippe Bozon, suspendu, ni Kuralt et Offret, tous deux blessés, les Spinaliens ont eux aussi un objectif : reprendre la huitième place à Strasbourg et par la même récupérer l’avantage de la glace dans le barrage qui se dessine entre les deux voisins du Nord-Est.

La (timide) réaction grenobloise vient de Perret puis Lafrance. Mais c’est bien Épinal qui contrôle la rondelle et les Brûleurs de Loups se retrouvent acculés dans leur zone défensive. Zajkowski est encore présent sur un lancer de Baazi et les Grenoblois peuvent enfin souffler après un surnombre spinalien. Une première supériorité numérique qui réveille les hommes de Richard Martel : Hočevar frustre Sam Roberts pourtant en excellente position avant de s’imposer dans la foulée face à Chouinard.
Ce double arrêt clé du portier slovène empêche Grenoble de concrétiser un power-play dans l’ensemble bien mis en place. Lorsque Baazi retient Baylacq, les Grenoblois ont une nouvelle opportunité mais cette fois rien de bon n’est à signaler. Le box play spinalien se sort sans dommage de ces quatre minutes d’infériorité et Grenoble a manqué une belle occasion d’ouvrir le score. En fin de tiers, une pénalité est appelée contre Lessard et les esprits s’échauffent entre Bouchard et Petrak. Les Gamyos terminent le tiers en supériorité numérique mais se font une belle frayeur sur un 2 contre 1 emmené par Treille et Chouinard mais heureusement pour eux, Hočevar s’impose de nouveau face au capitaine grenoblois.

Épinal a clairement plus de facilité pour porter rapidement le jeu en zone offensive. Cette vitesse de jeu oblige les Brûleurs de Loups à enchaîner les fautes : cette fois c’est Gustafsson qui fait trébucher Petrak. Nouvelle supériorité numérique pour Épinal, la troisième de suite et cette fois c’est la bonn : en dix secondes, Ograjenšek conclut à bout portant une action d’école à cinq contre quatre (0-1, 27’22 »).

La construction quasi inexistante du jeu grenoblois donne une impression très brouillonne. La solution vient de contre-attaques comme celle de Chouinard qui se présente seul face à Hočevar mais le portier spinalien remporte le duel. Une pénalité de Béron donne pourtant une chance à Grenoble de revenir dans la partie. Après avoir démontré une certaine fébrilité dans les passes, les Brûleurs de Loups trouvent finalement la faille à une seconde de la fin de la supériorité grâce à Perret, présent au rebond et qui bénéficie du trafic devant la cage (1-1, 34’08 »).

Jan Plch fait à peu près ce qu’il veut au milieu de la défense grenobloise et permet à son équipe de faire le break (1-3, 37’09 »). K.O. debout, les leaders du championnat sont méconnaissables et laissent Nicolas Leonelli inscrire un troisième but en deux minutes d’un tir de près du revers qui laisse Zajkowski sans réaction (1-4, 38’26).
À l’issue de ce tiers bien difficile (4 buts encaissés !), les Brûleurs de Loups sont raccompagnés au vestiaire par les sifflets du public de Pôle Sud, passablement agacé par l’absence totale de réaction de ses protégés et par la médiocrité du spectacle proposé par les leaders du championnat qui ont beaucoup de mal à se faire respecter sur leur glace.

Grenoble met clairement plus de pression dans cette troisième période. Les rôles sont inversés, cette fois ce sont les Spinaliens qui ne sortent plus de leur zone. Gervais échoue sur Hočevar alors que Šivic met de peu le palet à côté : ça chauffe sur la cage spinalienne ! Un accrochage entre Goulet et Treille donne le ton d’une rencontre qui prend enfin des allures de répétition générale avant les play-offs. Un rebond de Bouchard est détourné in extremis par Hočevar, excellent ce soir. Mais une pénalité d’Ograjenšek vient compliquer la tâche des visiteurs. La pression est énorme sur la cage spinalienne avec un Yorick Treille intenable devant le slot. Hočevar ne peut rien voir lorsque Šivic prend le rebond dans le trafic et ramène les siens à un but (3-4, 47’20 »).

Le momentum est grenoblois en cette fin de partie mais les minutes défilent à l’avantage d’Épinal. Grenoble est plus énergique mais ni Gervais ni Gustafsson ne trouvent la solution. Gervais repart même en prison. Mais à part un tir de Baazi, bien détourné par Zajkowski et une occasion de Kara, les Brûleurs de Loups maîtrisent cette situation. Bouchard aurait même pu mieux négocier un 2 contre 1.
Martel n’a d’autre solution que de sortir son gardien dans la dernière minute pour faire entrer un joueur supplémentaire. Pendant longtemps, les Grenoblois sont acculés contre la bande et ne parviennent pas à se trouver en position de tir. Finalement, le palet est ressorti par Perret pour Chouinard qui arrache l’égalisation à trois secondes de la sirène d’une splendide lucarne (4-4, 59’57 »).
Le point de la prolongation acquis, les Brûleurs de Loups vont se lancer à l’abordage pour aller chercher la victoire en mort subite. Une posture un peu trop offensive et à quatre contre quatre cela ne pardonne pas : sur une contre-attaque lancée par Moisand, Zajkowski fait l’arrêt de la jambière mais Plch avait suivi et donne finalement le deuxième point de la victoire à son équipe (4-5, 60’46 »).

Séduisants la plupart du temps offensivement avec un excellent Ken Ograjenšek, auteur d’un doublé, les Spinaliens se sont détachés en fin de deuxième tiers, validant ainsi un début de match sérieux et efficace. L’inépuisable Jan Plch, auteur également d’un doublé, a finalement mis fin au suspense. À noter également l’excellente prestation d’Andrej Hočevar qui a vraiment réussi à frustrer les attaquants grenoblois pendant tout le match. Seule ombre au tableau, un troisième tiers difficile où les Gamyos ont beaucoup subi et se sont fait remonter leur avance de trois buts. Malgré tout Épinal semble bien armé pour aborder les play-offs dès mardi.

Désignés meilleurs joueurs du match : Yorick Treille (Grenoble) et Ken Ograjenšek (Épinal)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :

On voulait terminer en première place mais pourquoi se chicaner sachant qu’on allait terminer dans les deux premiers ? C’est pour la fierté mais pas question de s’engueuler après le deuxième tiers avec la saison que les joueurs nous donnent. On est quand même resté à la première place tout le long, on est tombé à la deuxième place seulement le fait d’un match. Cela faisait cinq ans que Grenoble n’avait pas terminé pas dans les quatre premiers.
Épinal a très bien joué ce soir. Ils nous ont bien neutralisés. Il faut apprendre de ce match là aussi. Je préfère avoir un match difficile avant d’enchaîner les deux semaines. Si on avait eu un match facile, on aurait eu un peu de mal à revenir sur terre. Dans le fond, ce n’est peut-être pas si mal de gagner la première position en étant un peu déçu du résultat final et de la performance d’aujourd’hui. Il y a des joueurs qui ne sont pas contents à 100%.
Il n’y aura pas de match amical pendant deux semaines, on va pratiquer, on va faire nos affaires à nous. Le but sera d’arriver prêts mentalement et physiquement pour ce match là. »

Grenoble – Épinal 4-5 après prolongation (0-0, 1-4, 3-0, 0-1)
Vendredi 13 février 2015 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de David Courgeon et Gwilherm Margry
Pénalités : Grenoble 14′ (4′, 6′, 4′), Épinal 14′ (6′, 4′, 4′)
Tirs cadrés : Grenoble 36 (11, 14, 11, 0), Épinal 27 (6, 16, 3, 2)
Évolution du score :
0-1 à 27’22 » : Ograjenšek assisté de Valier et Hordelalay (sup. num.)
1-1 à 34’08 » : Perret assisté de Lafrance et Jalbert (sup. num.)
1-2 à 36’20 » : Ograjenšek assisté de Leonelli et Baazi
1-3 à 37’09 » : Plch assisté de Petrak
1-4 à 38’26 » : Leonelli assisté d’Ograjenšek
2-4 à 42’10 » : Treille assisté de Petit et Šivic (sup. num.)
3-4 à 47’20 » : Šivic assisté de Chouinard et Roberts (sup. num.)
4-4 à 59’57 » : Chouinard assisté de Perret et Lessard
4-5 à 60’46 » : Plch assisté de Moisand
Grenoble
Gardien : Michal Zajkowski (sorti de 59’29 » à 59’57 »)
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard (2′) – Stéphane Gervais (4′) [puis Roberts à 40’00 »] ; Dominic Jalbert – Sam Roberts (2′) [puis Gervais à 40’00 »] ; Pierre-Antoine Simonneau – Nicolas Favarin.
Attaquants : Mitja Šivic [puis Treille à 40’00 »] – Felix Petit – Eric Chouinard (C) ; Hampus Gustafsson (2′) – Jordann Perret [puis Tartari à 40’00 »] – Yorick Treille (A) [puis Perret à 40’00 »] ; Danick Bouchard (2′) – Christophe Tartari (A) [puis Lafrance à 40’00 »] – Toby Lafrance (2′) [puis Šivic à 40’00 »] ; Julien Baylacq – Romain Chapuis – Aubin Lamirault.
Remplaçants : Jimmy Darier (G), Arnaud Faure, Quentin Scolari.
Épinal
Gardien : Andrej Hočevar (2′)
Défenseurs : Gašper Sušanj – Alain Goulet ; Maxime Ouimet (C) – Peter Slovak ; Vojtěch Kloz – Maxime Moisand ; Martin Charpentier.
Attaquants : Grégory Béron (2′) – Michal Petrak (A) (2′) – Jan Plch (A) ; Ken Ograjenšek – Aziz Baazi (2′) – Nicolas Leonelli ; Peter Valier (2′) – Matthieu Le Blond – Vincent Kara (2′) ; Anthony Rapenne – Pierre-Charles Hordelalay – Maxime Martin.
Remplaçant : Pierre Mauffrey (G). Absents : Yannick Offret (côte cassée), Anže Kuralt (oreille interne).









































