Le rêve vire au cauchemar pour Grenoble
Il y a une semaine, les Brûleurs de Loups remportaient sur leur glace le deuxième match de leur quart de finale contre Dijon. Une victoire étriquée qui mettait Grenoble en position confortable pour se qualifier avec une avance de deux matchs à zéro dans la série.
Une semaine plus tard les deux équipes retrouvent la glace de Pôle Sud pour un cinquième match de tous les dangers. Entre temps, Dijon a remporté ses deux matchs à domicile pour recoller au score (3-1 et 6-2) et Grenoble a perdu son entraîneur principal, Richard Martel, dans le collimateur après une fin de match houleuse lors du quatrième match à Dijon au cours de laquelle il aurait donné l’instruction à Quentin Scolari d’aller bousculer le gardien dijonnais Henri-Correntin Buysse. Une action disciplinaire a été lancée par la fédération à l’encontre de l’entraîneur grenoblois dont la direction du club a hâtivement annoncé le départ jeudi soir « d’un commun accord ».

Le gardien Michal Zajkowski, sorti sur blessure mercredi à Dijon après un contact avec Roberts poussé par Gutierrez, tient finalement sa place. Une bonne nouvelle pour Grenoble qui enregistre les retours de blessure de Petit et Gervais alors que Kevorkian est de retour dans l’alignement du côté des Ducs.
Alors que le climat de la rencontre peut s’annoncer houleux, c’est surtout la réaction des Grenoblois qui sera suivie avec intérêt, le départ de l’entraîneur-chef en pleins play-offs créant une situation inédite à la veille d’un match décisif.
Les Brûleurs de Loups semblent pourtant débuter par le bon bout : Treille prend un premier lancer avant que Perret ne se montre dangereux avec une subtile déviation entre les jambes. Dufour est revenu à du classique dans sa composition de lignes avec Sivic-Petit-Chouinard et Perret-Lafrance-Bouchard, deux associations qui ont bien fonctionné cette saison.

Étonnamment, cette rencontre décisive se joue sur un tempo relativement lent avec très peu d’intensité. Les mises en échec sont rares pour ne pas dire inexistantes, comme si les acteurs craignaient de voir les arbitres sévir à la moindre charge après les débordements du match 4. Du coup le spectacle n’est pas au rendez-vous et le public reste un peu sur sa faim. Buysse se montre de nouveau décisif sur un lancer de Perret dévié puis en tendant sa jambière face à Treille. Dijon se montre plus offensif en fin de tiers avec notamment une tentative de Mulle repoussée par Zajkowski, mais le tiers s’achève sur un score nul et vierge qui témoigne bien de la crispation entourant ce match.

Grenoble procède essentiellement par contre-attaque avec Sivic notamment qui vient échouer sur Buysse. À la mi-match, la situation finit par se décanter lorsqu’Anthony Rech se saisit du palet en zone neutre, traverse la zone défensive et vient ajuster Zajkowski d’un tir à mi-hauteur sans être inquiété (0-1, 30’32 »).

Gustafsson sonne la révolte grenobloise après une bonne présence. Les Brûleurs de Loups se remettent à faire le jeu et finissent pas égaliser sur un lancer de Sivic venant de la gauche. Buysse est sur la trajectoire mais ne peut que freiner la rondelle avec sa mitaine (1-1, 38’13 »)
Cette égalisation regonfle le moral des Grenoblois qui pressent en fin de tiers. Zajkowski se retrouve sur la glace après un contact avec un défenseur bousculé par un attaquant grenoblois. Une situation qui n’est pas sans rappeler l’action de jeu qui lui avait valu de sortir à Dijon lors du match 4. Mais curieusement vu le contexte de la rencontre, les arbitres ne sifflent aucune pénalité sur l’action.

Grenoble est acculé dans sa zone défensive et a toutes les peines du monde à en sortir. Sur une des rares occasions grenobloises, Baylacq manque le cadre alors qu’un gros tir de Mielonen est repoussé par Zajkowski… du casque. Le portier suédois est sonné quelques instants avant de reprendre sa place. Dijon continue de dominer les débats avec Gutierrez qui teste de nouveau le gardien.

Les Brûleurs de Loups essaient alors de contrôler le jeu jusqu’à la fin de match, en repoussant autant que possible les Dijonnais dans leur zone. Un exercice qui leur a réussi plutôt bien aux troisièmes tiers-temps cette saison. Mais sur un palet mal dégagé dans la zone défensive, Mielonen arrive à pleine vitesse pour expédier depuis la ligne bleue un gros lancer à ras de glace qui passe au ras du poteau de Zajkowski (2-2, 57’58 »). Le défenseur dijonnais fête son but en allant narguer les supporters grenoblois, une provocation largement inutile compte tenu du contexte….
Àeux minutes près, les Brûleurs de Loups tenaient leur qualification pour les demi-finales. Au lieu de cela, tout est à refaire donc pour les deux équipes qui devront se départager pendant la prolongation après une dernière occasion de Gascon qui ne cadre pas son tir.

Dijon continue pendant la prolongation de bénéficier de l’indulgence du corps arbitral qui refusera obstinément de siffler la moindre pénalité à l’encontre des Ducs ce soir malgré plusieurs accrochages nets tout au long de la partie. C’est donc à égalité numérique que doit passer le salut des Brûleurs de Loups dont la pression s’accentue sur la cage dijonnaise au fil de la prolongation. Treille est tout près de conclure mais Buysse sort un arrêt de grande classe. En fin de prolongation, Salmivirta aurait même pu donner la victoire à son équipe mais il était dit que le suspense irait jusqu’au bout du bout dans cette série.

Il faut donc poursuivre la série mais Rech trouve la mitaine de Zajkowski et Gervais la jambière de Buysse. Finalement, Salmivirta tente une nouvelle fois sa chance, avec plus de réussite cette fois puisque son freinage surprend Zajkowski et lui ouvre le but. Chouinard y va pour une deuxième tentative mais Buysse arrive à bloquer le palet avec le corps…. Dijon est en demi-finales !

Après deux matchs gagnés laborieusement à domicile, les deux défaites à Dijon ont remis le doute dans les esprits grenoblois. Des Isérois touchés par les événements qui ont suivi le match 4 et l’éviction de leur entraîneur, sanctionné et plus vraiment en phase avec son groupe, sans compter toutes les zones d’ombre qui entourent encore son départ.
Un contexte pesant, des perspectives pas forcément évidentes et des lacunes qui ressortent au grand jour : une intensité physique clairement insuffisante pour un match 5 de play-offs, une incapacité à générer durablement du jeu offensif et des individualités qui ne répondent pas présents, à l’image de Chouinard ou Bouchard, recrutés pour apporter un plus offensif mais non décisifs dans un match clé. Seul Zajkowski a vraiment donné satisfaction ce soir, montrant qu’il est sans doute la meilleure recrue des Brûleurs de Loups cette saison.
Mais visiblement un ressort s’est cassé chez les Grenoblois qui n’ont jamais pu retrouver la dynamique qui leur avait permis de réaliser cette incroyable série victorieuse à l’automne. Alors qu’ils semblaient sur la voie royale après leur première place en saison régulière, les Brûleurs de Loups voient leur saison se terminer brutalement et leurs perspectives d’avenir s’inscrire en pointillés avec la nécessité de recruter un nouveau coach qui devra encore tout reconstruire. Un bien beau gâchis.
Dijon r
Même si Rech n’a pas été aussi dominant que lors de la série des barrages contre Chamonix, il reste l’arme offensive n°1 des Dijonnais. L’inefficacité du power-play n’a pas eu de conséquences néfastes mais il faudra rectifier le tir pour la suite. Les Ducs retrouveront en demi-finale les Rapaces de Gap et leur gardien joker Clément Fouquerel… gardien prêté par Chamonix ! Des retrouvailles qui s’annoncent prometteuses…. L’aventure continue pour les Ducs.
Désignés meilleurs joueurs du match : Julien Baylacq (Grenoble) et Anthony Rech (Dijon)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :


Christophe Tartari (attaquant de Grenoble) : « Ça s’est joué à rien. On avait l’impression d’avoir fait le plus dur avec ce deuxième but. Et au final, on sort sur les tirs au but. La plus grande déception et de ne pas avoir fait honneur à notre public. On sait que le championnat se nivelle sur l’année et que la difficulté commence à monter en play-offs. C’est un choc. »
Yorick Treille (attaquant de Grenoble) : « Impossible de trouver les mots ce soir. On est des compétiteurs et l’échec est immense. Il n’est pas encore temps de parler de la saison prochaine, on fera le bilan demain, mais je suis fier de cette équipe. »
Jarmo Tolvanen (entraîneur de Dijon) : « On a réalisé quelque chose de génial. Dans le jeu, l’écart était mince, et on a su garder la tête froide et rester disciplinés. La défense a été exceptionnelle. On doit savoir progresser de match en match dans ces play-offs, et je sais qu’on est capable de créer la surprise. »
Sébastien Gauthier (attaquant de Dijon) : « C’est une immense joie. Le contexte était difficile, on craignait le leader de la saison. On savait qu’il y avait du talent de partout à Grenoble et qu’il fallait défendre groupés, ne pas les laisser s’organiser. On a su les faire douter, et derrière, on se qualifie sur un coup de dés. »
Grenoble – Dijon 2-2 (0-0, 1-1, 1-1, 0-0). Dijon vainqueur aux tirs au but 1-0.
Samedi 7 mars 2015 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Alexandre Bourreau assistés de David Courgeon et Yann Furet.
Pénalités : Grenoble 8′ (2′, 4′, 2′), Dijon 0′ (0′, 0′, 0′)
Tirs cadrés : Grenoble 25 (9, 6, 5, 5), Dijon 38 (10, 10, 15, 3)
Évolution du score :
0-1 à 30’32 » : Rech assisté de Gascon et Buysse
1-1 à 38’13 » : Sivic assisté de Lafrance et Lessard
2-1 à 53’10 » : Baylacq assisté de Chouinard et Petit
2-2 à 57’58 » : Mielonen assisté de Gascon et Rech
Tirs au but :
Grenoble : Chouinard (raté), Bouchard (raté), Treille (raté), Gervais (raté), Chouinard (raté).
Dijon : Gascon (raté), Salmivirta (raté), Mielonen (raté), Rech (raté), Salmivirta (réussi)
Grenoble
Gardien : Michal Zajkowski
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Stéphane Gervais ; Sam Roberts – Dominic Jalbert ; Nicolas Favarin (4′) – Pierre-Antoine Simonneau (2′).
Attaquants : Mitja Sivic [puis Baylacq] – Felix Petit – Eric Chouinard (C) ; Danick Bouchard – Toby Lafrance – Jordann Perret [puis Sivic] ; Yorick Treille (A) (2′) – Christophe Tartari (A) – Julien Baylacq [puis Perret] ; Hampus Gustafsson – Romain Chapuis.
Remplaçants : Jimmy Darier (G), Arnaud Faure, Victor Orset, Aubin Lamirault. Absent : Quentin Scolari (suspendu).
Dijon
Gardien : Henri-Corentin Buysse
Défenseurs : Thomas Roussel – Juho Mielonen ; Benoît Quessandier (A) – Adam Sedlak ; Quentin Mahier.
Attaquants : Anthony Rech – Mathieu Briand – Martin Gascon (C) ; Ilpo Salmivirta – Sébastien Gauthier – Steven Cacciotti (A) ; Alexandre Mulle – Kevin Bergin – Romain Gutierrez ; Aram Kevorkian.
Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Mathis Chiappino, Arthur Montenoise, Bastien Lardière. Absent : Olivier Dame-Malka (suspendu).








































