En terme de choc au sommet, difficile de passer à côté de ce match. La République Tchèque, à domicile avec sa légende vivante, Jaromír Jágr, affronte le double champion olympique, le Canada, et sa star Sidney Crosby. Un Canada qui aligne pour une fois un effectif assez redoutable. Tout un pays attend beaucoup de ce match et l’ambiance est encore plus électrique que d’habitude.
Les Tchèques doivent se passer de Jakub Klepiš, qui avait quitté le match précédent sur blessure. Il est remplacé par Radek Smolenak, et les lignes tchèques en sont un peu modifiées.
Pour mettre dans l’ambiance, quoi de mieux qu’un hommage aux glorieux anciens ? Les champions de 1985 – premiers devant le Canada – sont ovationnés dans l’avant-match.
Une fin de tiers folle

La furia tchèque commence à gêner la défense canadienne. Quelques erreurs de communication entre Smith et ses défenseurs permettent une grosse charge dans le coin, une remise et une cage complètement ouverte… le tir est hors cadre et Smith, sorti loin du but, revient à temps pour un arrêt difficile, puis, peu après, deux autres sauvetages de la botte
En difficulté, le Canada, face à un public chauffé à blanc ? Pas vraiment ! Mise au jeu gagnée en zone offensive et Jordan Eberle travaille au fond avec Matt Duchene, qui lui laisse derrière le but. Ondrej Pavelec a anticipé Duchene, mais c’est Eberle qui sort à l’opposée et glisse le palet sous la botte (1-0). Douche froide dans les travées…
Fort heureusement, Jágr est dans un grand jour et repart immédiatement à l’assaut, créant une longue présence offensive. Petit à petit, la partie s’équilibre et les occasions se font rares, à l’exception d’un tir de Vorácek hors cadre à mi-période.

Le Canada a laissé passer l’orage, mais commet encore quelques revirements en défense. Novotný vole un palet dans le coin et trouve Hertl devant le but : l’attaquant de San José ne parvient pas à battre Smith, trop gêné par le retour d’un défenseur. Comme d’habitude, le Canada réagit très vite. Un palet envoyé au fond est chassé par Eberle, qui remise sur Muzzin en retrait. Il feinte son défenseur et envoie une transversale à travers l’enclave pour Hall. La reprise de volée en hauteur en angle fermé trompe un Pavelec pas assez rapide (0-2).
Sur l’engagement, les Tchèques partent à l’assaut et un tir de la bleue bondissant surprend Smith, masqué (1-2). Le but attribué à Erat sur déviation met le feu dans les tribunes et sur la glace : nouvelle attaque tchèque et c’est une pénalité à 18 secondes de la pause contre Savard… et une contre Kovár sur l’engagement.
Attrape-moi si tu peux

Après une courte pause commerciale, pendant laquelle le public assiste sur l’écran géant à une demande en mariage de supporters – les mascottes offrant alliance et bouquet -, le jeu reprend à pleine vitesse.
Une attaque tchèque en nombre force Smith à un gros arrêt de la jambière puis, pendant que Vorácek est maintenu par deux défenseurs, Cervenka prend le rebond : Smith est encore là pour sauver son camp. Vorácek et Hamhuis sont punis sur l’action, et à quatre-contre-quatre, les Tchèques poussent encore, sans réussite. De retour à cinq contre cinq, Muzzin, battu par Vorácek sur un palet, l’accroche et la supériorité passe chez les Tchèques. Jágr traîne encore ligne de fond et son pivot n’est pas loin de passer. Nemec allume ensuite de la bleue et Smith sort la mitaine ferme. Pavelec lui répond de la même manière sur un tir de Barrie, une fois Muzzin sorti de prison.

Abattu le Canada ? Non, car tout est à refaire pour les Tchèques deux minutes plus tard. Toffoli empêche le palet de sortir de la zone et parvient à lancer au but malgré la pression d’un défenseur. Son tir est dévié par Couturier et Pavelec est battu (3-2).
Les Tchèques ont pris un coup sur la tête et les Rouges en profitent. Seguin délivre une passe dans le dos de toute la défense vers Giroux lancé, qui patiente, patiente, mais ne réussit pas à lever son palet au dessus de Pavelec. MacKinnon et O’Reilly s’offrent aussi une chance sur la fin et la sirène retentit : le Canada est encore devant.
La précision canadienne

Les Tchèques coulent et Erat sort encore. En infériorité, un palet aux trajectoires approximatives rebondit au fond et Zatovic arrrive à toute vitesse devant Smith, qui ne cède pas. Le portier des Coyotes tient bon également sur une échappée partielle de Cervenka. Le palet file à l’opposée et Seguin découpe la défense vers Spezza : Pavelec a suivi.
Une pénalité d’Ekblad ne change rien au jeu tchèque, de plus en plus inoffensif. La frutration ressort en fin de pénalité avec quelques échanges d’amabilités devant la cage de Smith.
Les Tchèques sont à la peine, mais bénéficient d’une série de contres favorables devant l’enclave. Vorácek, dos au but, laisse le palet à Sobotka qui trouve la lucarne de Smith, masqué, à 2’23 » de la fin (5-3). Pavelec sort immédiatement après pour un attaquant. Cela ne suffit pas et Toffoli marque cage vide (6-3).
Le public finit le match debout, sur une ultime action chaude sur le but de Smith. Le Canada, réaliste, s’impose donc devant une équipe généreuse, mais maladroite et qui a laissé bien trop d’occasions dans son camp.
Désignés joueurs du match : Mike Smith (Canada) et Ondrej Pavelec (République Tchèque)
Commentaires d’après-match :
David Savard (défenseur du Canada) : « Ils ont très bien joué, ils ont été très bons et il nous a fallu bien jouer aussi pour gagner. Notre jeu en infériorité a été solide et notre gardien très fort. De notre côté, nous avons pris nos chances et, ce qui est un bon point, c’est que nous avons peu de chances mais avons été efficaces. [Au sujet des nombreuses passes transversales du Canada] C’est une grande patinoire, on a de la place pour un jeu est-ouest, avec des joueurs habiles pour ça. [La France ?] Ce sera un match fun, très spécial car tout le monde parlera français et ça fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé ! »

Mike Smith (gardien du Canada) : « C’était un gros match, plus exigeant face à une équipe technique, à domicile. Une ambiance formidable. Nous nous améliorons à chaque match. [Son coéquipier de club Erat a marqué contre lui] Il a marqué ? Non, ça a dû lui rebondir dessus, jamais il ne marquera contre moi ! Blague à part, nous avons beaucoup de fierté à porter nos maillots d’équipe nationale. Nous en rigolerons après, mais pendant le tournoi, c’est du sérieux ! [La sortie hasardeuse] Heureusement, j’ai réussi à revenir à temps pour placer ma crosse. Ce n’était pas le départ idéal au premier tiers. »
Todd McLellan (entraîneur du Canada) : « Nous avions une bonne idée de ce qui nous attendait. L’énergie du public était palpable. Le staff tchèque a vraiment bien préparé ses joueurs et Smith nous a donné des arrêts décisifs au début. Petit à petit, nous avons renversé les choses, et mener au score nous a bien aidé. Cela a un peu éteint le public, ce qui était un bon avantage pour nous. Contrairement à l’Allemagne, où nous avons gagné en vitesse et en technique, ce match s’est plus joué en force, en puissance. Nous avons réussi à nous adapter à cela en fin de deuxième tiers, en commençant à bouger plus. Les équipes spéciales ont aussi joué en notre faveur. Ce n’était pas le match le plus joli, mais la victoire compte. »
Martin Erat (attaquant de la République Tchèque) : « C’était un gros match, nous avons bien joué pendant deux tiers. Puis, les pénalités nous ont coûté, nous avons commencé à faire des erreurs. Nous devons arrêter d’être menés au score à chaque match, cela nous donne beaucoup de pression. »
Vladimir Ruzicka (entraîneur de la République Tchèque) : « Nous avons eu un bon premier tiers, même si nous étions menés. Je suis satisfait d’être revenu au score, mais au troisième, nous avons commis trop d’erreurs, et le Canada a pris le contrôle. Nous avons été dominés dans le jeu, par leurs passes appuyées. Bravo à eux. »
Canada – République Tchèque 6-3 (2-1, 1-1, 3-1)
Lundi 4 mai 2015, 20h15. O2 Arena de Prague, République Tchèque. 17383 spectateurs (guichets fermés).
Arbitrage de Viacheslav Bulanov (RUS) et Jyri Rönn (FIN) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Sakari Suominen (FIN).
Tirs : Canada 38 (12, 16, 10), République Tchèque 25 (7, 10, 8).
Pénalités : Canada 10′ (2′, 4′, 4′), République Tchèque 14′ (4′, 4′, 6′)
Récapitulatif du score
1-0 à 04’18 » : Eberle assisté de Ekblad et Duchene
2-0 à 19’01 » : Hall assisté de Muzzin et Eberle
2-1 à 19’22 » : Erat assisté de Kovár et Jágr
2-2 à 35’45 » : Zatovic assisté de Simon et Kolár
3-2 à 37’40 » : Couturier assisté de Toffoli
4-2 à 42’02 » : Seguin assisté de Hall et Barrie (sup. num.)
5-2 à 50’07 » : Crosby assisté de Giroux (sup. num.)
5-3 à 57’36 » : Sobotka assisté de Vorácek
6-3 à 58’31 » : Toffoli assisté de O’Reilly et MacKinnon (cage vide)
Canada
Attaquants
Nathan MacKinnon (+1) – Sidney Crosby (C) – Jason Spezza (A)
Tyler Ennis (-1) – Claude Giroux (-1) – Tyler Seguin (-1)
Taylor Hall – Matt Duchene – Jordan Eberle
Cody Eakin – Ryan O’Reilly (+2) – Tyler Toffoli (+2)
Sean Couturier (+1)
Défenseurs
Dan Hamhuis (A, 4′) – Brent Burns
Jake Muzzin (2′) – Tyson Barrie (-1)
David Savard (2′, +2) – Patrick Wiercioch (+1)
Aaron Ekblad (-1)
Gardien
Mike Smith
Remplaçant : Martin Jones (G). En tribunes : Brayden Schenn (A).
République Tchèque
Attaquants
Roman Cervenka – Vladimír Sobotka – Jakub Vorácek (C, -1)
Martin Erat (-4)- Jan Kovár (2′) – Jaromír Jágr
Tomáš Hertl (-1) – Jirí Novotný (-1) – Radek Smolenak (2′, -1)
Martin Zatovic – Petr Koukal – Dominik Simon (2′)
Défenseurs
Jan Hejda (A, 2′, -2) – Ondrej Nemec (-1)
Jan Kolár – Jakub Nakládal (-1)
Petr Cáslava (+1) – Michal Jordán (+1)
Jakub Krejcík
Gardien : Ondrej Pavelec
Remplaçant : Alexander Salák (G). Blessé : Jakub Klepiš.













































