Comme un air de déjà vu…
Au bord de l’élimination après trois défaites consécutives, les Brûleurs de Loups s’en sont remis à l’énergie du désespoir pour remporter un succès inespéré à Rouen lors du match 4 de la série (1-0). Dans le rôle du sauveur, Lukáš Horák, le gardien « joker » arrivé en fin de saison régulière pour remplacer Victor Goy, blessé jusqu’à la fin de la saison. Depuis sa titularisation lors du match 3, il a apporté une stabilité devant les filets des Brûleurs de Loups alors que le titulaire habituel Ervīns Muštukovs s’était peu montré à son avantage lors des deux premiers matchs.

Après un début de rencontre équilibré sans occasion notable, Matthias Arnaud se fait pénaliser en zone d’attaque. Une première occasion pour Rouen dont le power-play a été très efficace tout au long de la série… sauf au match 4 (0 sur 9). Et les Rouennais sont plutôt bien en place sur avec les tentatives de Labelle, Thinel et Arrossamena successivement repoussées par Horák. Le gardien grenoblois, sur la lancée de son blanchissage, permet à son équipe de tuer la pénalité. Les Brûleurs de Loups se distinguent enfin en zone d’attaque avec un lancer de Harty repoussé par Sabourin. Les deux gardiens font le spectacle dans cette première période. D’abord Horák avec un arrêt à bout portant devant Sacha Treille puis Sabourin, impérial sur une reprise de Chouinard.

Marc-André Thinel rate un contrôle en bonne position, mais c’est Dany Sabourin qui fait grosse impression en cette fin de premier tiers, en déviant d’abord un lancer de Labrecque puis en effectuant un arrêt à bout portant devant Bouchard. Quelques secondes plus tard, il se signale encore par un arrêt réflexe de la crosse devant Arnaud. Du très grand Sabourin qui en trois arrêts majuscules évite l’ouverture du score grenobloise.
Cette bonne période grenobloise est concrétisée par une pénalité de Coulombe qui retient Perret. Les Brûleurs de Loups finissent le tiers en supériorité numérique mais ne se montrent dangereux que sur une déviation de Sébastien Thinel.

Horák se rassure sur un lancer dans l’axe de Guillemain mais l’ouverture du score est mal vécue par les Brûleurs de Loups qui retombent dans leurs travers. À trop vouloir en faire, ils se précipitent trop et multiplient les imprécisions. À l’inverse, Rouen tente des jeux parfaits autour de la cage grenobloise et manque l’occasion de faire le break.

Comme lors de la première période, Grenoble obtient une pénalité en toute fin de tiers. C’est Arrossamena qui se fait sanctionner pour une obstruction juste devant le gardien grenoblois. Les Brûleurs de Loups poussent jusqu’au coup de sirène pour égaliser… en vain. Après deux tiers-temps, ils n’ont toujours pas réussi à concrétiser un de leurs temps forts.
Les Dragons débutent très fort en troisième période. Harty est obligé de se coucher pour éviter que le palet ne franchisse la ligne, puis Horák repousse un palet alors que Rouen a la mainmise sur le palet dans la zone grenobloise. Successivement, Horák repousse les tentatives de Yorick Treille et de Damien Raux alors que Chouinard échoue sur une nouvelle contre-attaque, son tir étant dévié au passage par Sabourin. Le portier rouennais a tout d’une muraille invincible ce soir et le scénario du match 4 semble se répéter, en inversant les rôles. Jusqu’à un éclair signé Jonathan Harty lequel met toutes ses forces sur un lancer plein axe qui frappe la barre et finit par rentrer (1-1, 50’46 »).

Cette fois c’est Grenoble qui a l’occasion de plier la rencontre avant la prolongation. Mais s’il y a bien une chose qui n’a pas fonctionné dans cette série, c’est le power-play. Ces dernières minutes ne dérogent pas à la règle et les Isérois n’en profitent pas. Horák doit même rester vigilant sur une échappée de Guénette. Les dernières occasions sont grenobloises avec Sabourin qui frustre une nouvelle fois Chouinard d’une belle mitaine et Tartari qui rate le palet en deux contre un.

Grenoble se procure coup sur coup deux belles occasions : d’abord par Chouinard qui se retrouve tout seul face à Sabourin. Mais le capitaine grenoblois trouve le moyen de ne pas cadrer son lancer. Puis c’est un rebond repris par Labreque qui glisse juste à côté du poteau rouennais. Rouen fait le forcing par Thinel puis Matheson. Mais c’est sur une contre-attaque que le sort de la rencontre se joue : Krog et Lampérier partent en deux contre un, la passe du premier pour le second est parfaite. Lampérier met fin au suspense et envoie son équipe en demi-finales (1-2, 68’11 »).

Grand artisan de ce succès, Dany Sabourin, auteur d’une prestation de haut vol ce soir avec quelques arrêts réflexes incroyables. Extrêmement régulier depuis le début de la série, il a permis à Rouen de faire la différence, même lorsque l’attaque des Dragons se montrait moins efficace comme lors des deux derniers matchs de la série. Appliqués défensivement, les Rouennais ont su finir la série en 5 matchs, une belle performance. De quoi également économiser de l’énergie avant une demi-finale difficile face à Gap.

La contribution des leaders offensifs a été, comme depuis le début de la série, clairement insuffisante. L’utilisation avec parcimonie des quatre lignes face à un alignement rouennais plus homogène a également pesé en fin de match. Heureusement, avec le très solide Lukáš Horák, Grenoble a trouvé sur les trois derniers matchs un gardien capable de rivaliser avec Sabourin. Voilà qui ravive un peu plus les regrets des deux premières rencontres, au cours desquelles le choix de Muštukovs, pas encore complètement revenu dans le rythme, ne fut pas le plus judicieux.

Malgré les moyens mis en œuvre et le recrutement de qualité, les Brûleurs de Loups ne trouvent plus le chemin du dernier carré. Forcément un constat d’échec pour un club ambitieux comme Grenoble et pour Edo Terglav dont la première saison derrière le banc grenoblois est vierge de titre. De quoi provoquer une (nouvelle) remise en question du secteur sportif ?
Désignés meilleurs joueurs du match : Jonathan Harty (Grenoble) et Dany Sabourin (Rouen)
(Photos Philippe Crouzet : http://www.ipernity.com/doc/182273/album/872520)
Commentaires d’après-match :

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « Ce soir, honnêtement, je pense que Grenoble a mieux joué que nous, a eu beaucoup plus d’occasions. Par contre Dany Sabourin a vraiment fait de gros arrêts, je pense que c’est son meilleur match de la saison. Ce soir il nous a permis de retarder l’échéance, on concède l’égalisation à dix minutes de la fin. On a été malmenés dans notre zone, on a fait pas mal d’erreurs de marquages. Heureusement que Dany Sabourin a fait sept-huit gros arrêts, c’est ce qui a fait la différence ce soir. On a été opportunistes à la fin avec ce but qui nous a bien délivrés. Grenoble faisait partie des favoris comme Gap. En tombant sur eux au premier tour, c’est un soulagement de passer en demi-finales. Après, si on veut aller au bout, il faut battre tout le monde, mais c’est une grosse satisfaction ce soir. De n’avoir fait que cinq matchs aussi, on n’est pas allé trop loin dans la série, il n’y a pas de blessé donc on va pouvoir récupérer et se pencher sur les demi-finales. »
Mathias Arnaud (attaquant de Grenoble) : « On ne pensait pas perdre la série 4-1 comme ça. Surtout là sur le dernier match, on donne tout. L’envie ne reflète pas du tout le début de la série où on perd 3-0. Le match de ce soir, on s’en mord les doigts. On a les occasions à la fin. Ça ne rentre pas. Grosse, grosse déception. Bon gardien en face, on a shooté, on est allé à la cage, c’est le sport. À Rouen, on fait un gros match défensif. Ce soir on revient, on score et on mérite de gagner mais quand ça veut pas…. On a eu des bonnes occasions, Chouinard à la fin, c’était un bon shoot, Labrecque ça passe entre les jambes du gardien et ça va à côté de la cage… Quand on se fait éliminer comme ça au premier tour, l’ambiance n’est pas au top. C’est frustrant. Avec le groupe qu’on a, l’ambiance qu’il y a entre les joueurs, la qualité technique, même l’intensité que donnent certains joueurs, c’est un groupe très solide et ça fait chier de pas passer ce tour-là. »
Yorick Treille (attaquant de Rouen) : « Gros soulagement, c’était une série tendue…. Tous les matchs accrochés, aujourd’hui on est content. Mission accomplie. On continue, Grenoble c’était la première étape. On savait que c’était un gros gros morceau pour un quart de finale. Tout le monde a fait des sacrifices, il y a eu deux beaux gardiens. Sur les trois derniers matchs, il y a eu des 1-0, des 2-1, c’est ça les play-offs. Aujourd’hui on est du bon côté, c’est bon à prendre. Gap très grosse équipe ça joue bien, on les a joués quatre fois cette année, on a gagné deux fois, on a perdu deux fois, c’est un gros collectif, ils se sacrifient, ils jouent bien en équipe, en bloc. Il y a un bon gardien aussi, c’est un match qui va ressembler à ça je pense. »
Grenoble – Rouen 1-2 après prolongation (0-0, 0-1, 1-0, 0-1).
Samedi 27 février 2016 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3000 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Laurent Garbay assistés de Matthieu Barbez et Joris Barcelo.
Pénalités : Grenoble 6′ (4’, 0’, 2’, 0’), Rouen 8′ (4’, 2’, 2’, 0’)
Tirs cadrés : Grenoble 39 (13, 17, 8, 1), Rouen 34 (7, 10, 9, 8)
Évolution du score :
0-1 à 24’35 » : Dorey assisté de Krog
1-1 à 50’46 » : Harty assisté de Chouinard et Barlock
1-2 à 68’11 » : Lampérier assisté de Krog et Coulombe
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Sébastien Gauthier – Danick Bouchard
Sébastien Thinel – Dave Labrecque – Jordann Perret
Romain Chapuis – Christophe Tartari (A) – Mathias Arnaud (2’)
Robin Lamboley – Julien Baylacq – Aubin Lamirault
Défenseurs :
Jakob Milovanovic – Nicolas Favarin
Jonathan Harty (4’) – Sébastien Bisaillon (A)
Ryan Barlock – Quentin Scolari
Stéphane Gervais
Gardien :
Lukáš Horák
Remplaçants : Corentin Noré (G), Arthur Montenoise.
Absents : Julien Guillaume (main), Andrej Hebar (surnuméraire), Petr Kalus (commotion), Ervīns Muštukovs (surnuméraire), Victor Goy (hanche).
Rouen
Attaquants :
Loic Lampérier – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel
Sacha Treille – Jason Krog – Olivier Labelle (2’)
Yorick Treille (A) – Joël Perrault – Nicolas Arrossamena (2’)
Fabien Colotti – Damien Raux – Dan Koudys
Défenseurs :
Léo Guillemain – Patrick Coulombe (C) (2’)
Tero Konttinen – Mark Matheson (2’)
Florian Chakiachvili – Aurélien Dorey
Gardien :
Dany Sabourin
Remplaçants : Quentin Papillon (G), Vincent Nesa. Absent : Olivier Dame-Malka (suspendu)








































