Présentation des demi-finales de conférence en NHL

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Elles ne sont plus que huit équipes à pouvoir encore prétendre à la Stanley, et parmi elles figurent quelques surprises. Présentation des demi-finales de conférence : qui parviendra à se hisser dans le dernier carré ?

Par Thibaud Chatel @batonsrompus

 

DANS LA CONFÉRENCE EST

OTT NYR

Voici donc les deux seules équipes à s’être qualifiées pour les playoffs malgré un taux de possession négatif en demi-finale de conférence… Et l’une d’elles accèdera donc au tour suivant. Les Senators d’Ottawa se sont difficilement défaits des Bruins de Boston en six rencontres, chaque match finissant par un seul but d’écart, et ce malgré la ribambelle de blessés chez les Bruins. Sans rien enlever à leur qualification, les Sens n’ont pas éliminé là un favori, ni même une équipe en pleine possession de ses moyens. Et si Ottawa a semblé prendre la mesure de son adversaire sur la deuxième moitié de la série, force est d’avouer que ce duel fut plutôt pauvre en spectacle. Boston et Ottawa sont ainsi 14e et 15e (sur 16) pour le nombre de tentatives de tirs obtenues durant ces playoffs. La partie d’échecs morose que les deux équipes se sont livrées a, dès lors, fait la part belle aux exploits individuels capables de sortir le jeu de l’impasse. Erik Karlsson a démontré une fois de plus tout son talent, étant à l’origine de plusieurs buts décisifs comme cette passe sur l’égalisation de Brassard dans le match 2 et la montée du but vainqueur lors du duel suivant. Le capitaine des Sens a toutefois avoué jouer avec deux fractures au pied et il faut espérer pour Ottawa que son état ne s’empirera pas, lui qui menait la ligue cette année pour le nombre de tirs bloqués…

Car les Rangers s’amènent, eux, avec un effectif en santé, du moins il semble, et surtout le plein de confiance après avoir remporté les trois derniers duels face à Montréal. New York passera cependant du statut d’outsider à celui de favori ici et devra certainement prendre davantage le jeu à son compte, même si les Sens avaient dominé les face-à-face de la saison régulière en termes de possession. La trappe mise en place face à Montréal pourrait constituer un piège fatal aux attaquants des Sens sauf si ceux-ci parviennent à passer en vitesse, notamment appuyés par Karlsson, chose que Montréal n’a pas réussi à faire. Dans le cas contraire, les contre-attaques rapides de Rangers risquent de faire très mal à une défense d’Ottawa plutôt perméable. Assignés aux tâches défensives, la paire Cody Ceci – Dion Phaneuf a souffert face aux Bruins et en aura encore plein les bras face au top6 des blueshirts. Et surtout, la profondeur des Rangers pourrait encore une fois leur conférer un avantage certain, bien appuyée par les défenseurs Bredan Smith et Brady Skjei qui se sont régalés face à la 4e ligne de Montréal. S’ils n’ont pas été vraiment prolifiques, Rick Nash et Matts Zuccarello ont répondu présent lors des moments importants pour New York et surtout Henrik Lundqvist a été parfait, loin de sa saison décevante. S’il ne tiendra peut-être pas un tel rythme, sa défense devrait continuer de bien l’aider en tenant les attaquants adverses le plus éloignés possible de son but.

Prédiction : Si New York s’est débarrassé de Montréal, on imagine mal Ottawa leur poser des problèmes. Quoiqu’il en soit, cette demi-finale n’est que du bonus car le vainqueur sera assurément l’outsider en finale de conférence face aux Caps ou aux Penguins. New York en 5.

Selon Nicolas Leborgne : Rangers en 6

 

WSH PIT

C’est LA série que tout le monde attendait, celle dont tout le monde rêvait, une finale avant l’heure peut-être. Les grands favoris Washington contre le tenant du titre Pittsburgh. L’éternel duel entre Alex Ovechkin et Sidney Crosby qui se croisent pour la troisième fois après 2009 (4-3 Pit) et 2016 (4-2 Pit), deux années où les Penguins ont soulevé la coupe… Jamais deux sans trois ? Cette année risque de nous offrir encore un duel de haut vol alors que Pittsburgh a dissipé bien des doutes au premier tour face à Columbus. Privés de Kris Letang et à la dernière minute de Matt Murray, Pittsburgh est resté fidèle à son système de jeu très ouvert pariant que sa capacité offensive dépasserait ses largesses défensives. Ainsi, si seul Toronto a concédé plus de tentatives de tir que les Pens au premier tour, l’attaque s’est en revanche créée le plus grand nombre de chances de marquer de la ligue. Ajoutez à cela un Sergei Bobrovsky un peu branlant en face et l’équation fut, au final, positive. Surtout que les leaders ont répondu présent : Malkin (11 points en 5 matchs), Kessel (8), Crosby (7) et le jeune Jake Guentzel auteur de 5 buts. Le défi risque cependant de s’élever d’un cran face aux Caps qui présenteront en face non seulement une défense plus hermétique que celle des Blue Jackets, mais aussi une attaque plus talentueuse.

Car si leur série face à Toronto a été longue et disputée, ce n’est pas faute d’avoir tenter ! Personne n’a obtenu plus de tentatives de tirs que Washington durant ce premier tour. Ovechkin-Bäckström-Oshie ont été une nouvelle fois dominants, Justin Williams est toujours capable de marquer au bon moment et le 3e trio de Lars Eller a gagné la bataille du bottom6. Seul bémol pour les Caps, la paire Niskanen – Orlov a subi la loi des jeunes talents des Leafs et aura fort à faire face aux stars de Pittsburgh. Toronto a tout de même servi de répétition avant cette demi-finale car les Leafs, comme Pittsburgh, misaient également sur un jeu ouvert mais risqué. Il suffit de regarder les duels de la saison régulière pour finir de se convaincre que cette série devrait être un feu d’artifice offensif. Washington ayant par exemple gagné 7-1 le 16 novembre avant un grand numéro de cirque mi-janvier voyant une victoire 8-7 de Pittsburgh en prolongation.

L’an passé, Pittsburgh avait un peu volé les matchs 3 et 4 grâce au brio de Matt Murray et la présence de Marc-André Fleury dans les buts pourrait se révéler problématique. Malgré de très bonnes performances face à Columbus, le portier n’a pas un historique très rassurant depuis le premier sacre des Penguins et, dans une série aussi indécise, échapper un match pourrait coûter très cher. Surtout que Braden Holtby aura à cœur de se rattraper d’une série en dessous de ses standards au premier tour.

Prédiction : Il existe tant de matchs dans le match pour ce duel qui pourraient faire pencher la balance qu’il est difficile de prédire une issue. Les deux équipes présentent des atouts majeurs mais Pittsburgh possède aussi quelques défauts qui pourraient ouvrir la voie aux Caps. Washington pourrait ainsi enfin vaincre ses démons. Caps en 7.

Selon Nicolas Leborgne : Washington en 7

 

DANS LA CONFÉRENCE OUEST 

STL NSH

Jusqu’où peuvent aller les Predators après leur démonstration du premier tour ? Au-delà de la performance de Pekka Rinne, qui peut expliquer le balayage, Nashville a dominé Chicago de la tête et des épaules, notamment grâce à leur solidité défensive et la vitesse de ses attaquants. Le défi ne sera toutefois pas le même ici car les Blues de Mike Yeo débarquent avec une mentalité résolument défensive, n’ayant pas peur, selon leur propre coach, d’accepter une domination adverse, persuadé que leur rigueur défensive rendra celle-ci stérile. Les attaquants n’auront alors qu’à capitaliser sur quelques chances et le tour sera joué. Cette stratégie s’avère en réalité risquée et n’a jamais historiquement conduit au succès si elle ne s’accompagne pas d’une capacité offensive suffisante. Or, si les Blues ont effectivement présenté le 13e bilan (sur 16) pour le nombre de tentatives de tirs accordées au premier tour, leur attaque s’est tout bonnement classée 16e et dernière pour les tentatives obtenues. Certes, la défense des Blues a effectivement limité avec succès les bonnes chances de marquer de Minnesota, mais sans les performances extraordinaires de Jake Allen, il est fort à parier que le Wild aurait prolongé la série, voire renversé la situation. Car le risque de cette philosophie est qu’elle ne se laisse aucune marge d’erreur. St Louis a remporté ses quatre matchs par un seul but d’écart (deux avec la cage vide lors du match 3), dont deux fois en prolongations. Un seul coup de moins bien de Allen et tout s’écroule, car l’attaque ne semble pas en mesure de compenser.

Les Predators, eux, auraient pu faire sans les blanchissages de Rinne face à Chicago. Le trio Arvidson-Johansen-Forsberg a bousculé la défense des Hawks par sa vitesse. La paire Roman Josi – Ryan Ellis joue un jeu dangereux mais souvent payant et le reste du top4 composé de P.K. Subban – Matthias Ekholm a complétement étouffé le trio de Jonathan Toews et dominé le jeu lorsqu’ils étaient sur la glace. La force de Nashville, on le répète, est de pouvoir aligner ces quatre défenseurs 50 minutes par match. Ces joueurs contrôlent le jeu mais devront cette fois faire face à une équipe qui va attendre patiemment dans sa zone défensive et ne se fera pas surprendre par la vitesse des Preds en zone neutre. Privés de leur élan, les joueurs de Nashville sauront-ils trouver la clé du verrou installé par Mike Yeo ? Il faut quand même parier que oui, et rarement un gardien a tenu des performances aussi élevées sur deux tours de playoffs. Il ne serait pas surprenant de voir Jake Allen retomber un peu sur terre cette semaine.

Prédiction : Nashville aura du fil à retordre mais trouvera la solution, en 6 matchs.

Selon Nicolas Leborgne : Nashville en 5.

 

ANA EDM

Les jeunes Oilers d’Edmonton ont causé l’une des grosses surprises de ce premier tour en sortant l’un des favoris, les Sharks de San José, en six manches. Et non seulement les coéquipiers de Connor McDavid ont éliminé les finalistes de l’an dernier, mais ils l’ont fait avec la manière, dominant le jeu lors de leurs quatre succès. On pouvait craindre cette équipe un brin fragile, surtout qu’elle avait un peu régressé cet hiver, alors que le jeu de la ligue se resserrait et que les autres équipes accéléraient en vue des playoffs. Pourtant sans expérience face à des Sharks rompus aux joutes éliminatoires, McDavid a lessivé une des meilleures paires de défense de la ligue en Vlasic-Braun et le longtemps décrié Ryan Nugent-Hopkins a tenu en respect les gros canons adverses. La première paire Oscar Klefbom – Adam Larsson a très bien tenu le choc et Cam Talbot a blanchi San Jose à deux reprises. Le fond d’alignement a également su contribuer au bon moment, Zack Kassian et David Desharnais enregistrant par exemple des buts cruciaux. Bref, un bilan au-delà des attentes.

Pourront-ils refaire le coup face aux Ducks ? En réalité, la situation risque d’être différente car Anaheim représente un défi d’un autre genre pour Edmonton, ne pratiquant pas du tout le même style de hockey que les Sharks. Autant San José propose un jeu ouvert, autant les Ducks tendent depuis le retour de Randy Carlyle sur le banc à présenter un hockey typiquement « californien », fait de pressing physique et d’opportunisme. Et si les Ducks se sont débarrassés de Calgary en quatre petits matchs, ils le doivent surtout aux déboires de Brian Elliott dans les cages adverses. En effet, Calgary n’a pas du tout démérité et a dominé le jeu lors des trois premières rencontres, se faisant remonter au score in extremis à chaque fois. Le jeu des Ducks est parfaitement résumé par leurs statistiques : une équipe à peine au-dessus de 50% de possession mais qui maximise ses chances de marquer en attaque, affichant un différentiel largement positif pour lesdites chances de marquer et les buts espérés. C’est un peu cliché mais les Ducks ne font pas dans la dentelle, ils jouent du hockey réaliste et font payer chaque petite erreur. Leur power play a également été très efficace lors du premier tour avec 23% de réussite, le quatrième total de la ligue.

Alors, qui risque de prendre le dessus ? Lors de la saison régulière, les cinq rencontres ont été à couteaux-tirés même si Edmonton a globalement dominé le jeu. Cela devrait résumer la série à venir où les grosses lignes risquent de se livrer un match captivant. Durant la saison, McDavid a donné le tournis au trio défensif de Ryan Kesler et celui de Nugent-Hopkins avait fait jeu égal avec la ligne de Ryan Getzlaf. Edmonton devra néanmoins faire attention aux passages à vide comme lors du 4e match face à San José où ils sont passés à côté, chose qu’Anaheim ne manquera pas d’exploiter. Dans les cages, Cam Talbot et John Gibson ont réalisé un premier tour très semblable, se faisant également sortir d’un match chacun… Leur constance pourrait jouer un rôle plus qu’important ici.

Prédiction : Edmonton va devoir faire le jeu ici, une position parfois inconfortable face à des Ducks qui ne lâcheront jamais le morceau. Si Edmonton reste concentré, ils devraient passer en 7.

Selon Nicolas Leborgne : Edmonton en 6

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