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Salzbourg – Wolfsburg (CHL 2017/18, groupe A, 6e journée)

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Salzbourg et son sponsor Red Bull ont participé à l’origine de la relance de l’actuelle compétition européenne. La finale de l’European Trophy – tournoi non officiel qui avait précédé la CHL – était organisée dans la cité de Mozart, et Salzbourg avait d’ailleurs remporté la première édition. En CHL, le grand club autrichien s’est toujours qualifié en phase de poules… jusqu’ici. Red Bull a en effet réorienté ses investissements vers l’Allemagne et Munich. À l’image de ce qui se passe en football avec le Red Bull Leipzig en fer de lance, l’équipe de Salzbourg n’est plus que le second club dans la stratégie de la multinationale des boissons énergétiques, derrière le club allemand.

L’Allemagne a bien vu les effets des millions injectés à Munich, double champion intouchable. Elle en bénéficie aussi sur la scène européenne. Peu habituée à de grandes performances en Ligue des Champions, elle n’est qu’à un pas du carton plein cette année. La CHL resserrée avec une qualification strictement sportive lui permet de présenter ses meilleurs atouts. Ses deux clubs les plus puissants, Munich et Mannheim, se sont déjà qualifiés.

Le vice-champion Wolfsburg est plus à la pleine : battu chez lui par Salzbourg qui a remonté deux buts de retard la semaine dernière, il est obligé de prendre sa revanche à l’extérieur ce soir. Les Grizzlys ont comme excuse d’être affaiblis par trois blessures dans les lignes arrières, ce qui oblige l’attaquant Philip Riefers à jouer en défense. Mais c’est un attaquant qu’ils ont recruté en joker pas plus tard… qu’hier : Kamil Kreps. Le centre tchèque compte sur son CV 232 matches de NHL (60 points). Jusqu’ici, Wolfsburg, contrairement aux habitudes des équipes de DEL, ne comptait aucun vétéran de la ligue nord-américaine (seul Kris Foucault y a joué un match). Kreps reste sur trois saisons à Trinec, même si la deuxième était presque blanche avec 5 mois d’arrêt pour commotion cérébrale, mais n’a pas été reconduit. C’est un joueur avec de bonnes qualités techniques qui a progressé défensivement avec l’expérience, mais s’insèrera-t-il vite dans le collectif travailleur de Wolfsburg ?

Salzbourg démarre fort et ouvre le score dès la quatrième minute. L’ancien premier tour de draft NHL à la carrière sans cesse déclinante, Peter Mueller, travaille dans les bandes et ressort le palet pour Brant Harris dans l’axe : le « top-scorer » – que l’entraîneur Greg Poss a fait venir à Salzbourg après l’avoir déjà entraîné chez les Florida Everblades (ECHL) – fusille Gerald Kuhn entre les jambières (1-0, 03’58). Mais dans la minute qui suit, Jeremy Dehner lance une transition rapide en relançant de sa zone défensive. La passe au second poteau du joker Kamil Kreps est détournée vers la cage par le patin gauche de Christoph Höhenleitner qui semble dans son mouvement : le but est logiquement validé (1-1, 04’40).

Cette égalisation ne freine pas les Autrichiens qui maintiennent une forte pression et continuent de dominer. Ils tuent leur seule pénalité sans trop souffrir, et marquent au retour à 5 contre 5. Après deux tirs repoussés, le rebond en angle profite à Peter Mueller (2-1, 15’51). Dans la foulée, la passe de Raphael Herburger est déviée face à la cage par Alexander Rauchenwald, mais Jerry Kuhn détourne de l’épaule : le gardien germano-américain, qui s’est révélé l’an passé chez le promu Bremerhaven et a pris un peu le meilleur sur le titulaire Brückmann en ce début de saison, aura fait face à un impressionnant total de 25 tirs dans ce tiers-temps !

Même si Wolfsburg connaît par moment de meilleures séquences de passes, la deuxième période ne change pas fondamentalement la donne. Est-ce l’effectif réduit qui pèse sur les organismes ? En tout cas, les Grizzlys sont battus par leurs propres armes : l’intensité, le patinage. Salzbourg gagne les duels et imprime sa marque sur la partie. Suppléé par son poteau sur un tir de Thomas Raffl, Jerry Kuhn tient toujours et signe son plus bel arrêt grâce à un déplacement rapide sur un centre de Mueller pour Brent Harris à 2 contre 1. Une pénalité est sifflée sur l’action pour une faute d’Aubin sur Harris. Rien à faire, l’avance des Autrichiens est toujours minimale malgré leur nette domination.

Tant qu’il y a un seul but d’écart, tout peut se produire… et se produit au début du troisième tiers-temps. Alors que Salzbourg entame une minute de jeu de puissance après un 4 contre 4, Julien Brouillette se rend coupable d’une crosse haute sur Höhenleitner dans le coin. C’est au tour de Wolfsburg de se retrouver brièvement en avantage numérique. Tyler Haskins s’échappe alors sur l’aile droite et envoie du revers vers la cage dans un angle très fermé : le palet percute la mitaine de Luka Gracnar qui traîne et rentre ! Une fatale erreur d’inattention de la part du gardien slovène (2-2, 41’33).

Pire, Salzbourg est pénalisé pour un surnombre. Wolfsburg s’installe et Gerrit Fauser, bien servi dans le cercle gauche par Kris Foucault, place parfaitement son tir du poignet à mi-hauteur (2-3, 44’51). Et voilà les Autrichiens menés au score dans un match qu’ils contrôlaient de bout en bout !

Il y a de quoi changer totalement un match. Désormais, Wolfsburg semble mieux défendre, bien tenir la zone neutre et ne plus lâcher sa position. Le hold-up semble se dessiner au fil du temps. Mais, à trois minutes de la fin, le capitaine Thomas Raffl donne l’impulsion qu’il faut pour passer devant son défenseur Björn Krupp et se retrouver avec un temps d’avance à la cage pour recevoir la passe de John Hughes après une longue circulation de palet dans les bandes (3-3, 57’08).

Salzbourg continue de mettre le feu en zone offensive. Une énième mise en jeu est gagnée par Ryan Duncan (qui en a remporté 17 sur 23). Le centre de 1m68 finit à terre pour le gain de ce palet, mais se relève aussitôt et convertit la passe de derrière la cage de John Hughes (4-3, 58’45).

Salzbourg mérite amplement sa victoire et sa qualification, pour l’engagement physique supérieur puis pour ses ressources mentales après le coup du sort des deux buts encaissés coup sur coup. Il assure la représentation de l’EBEL alors que les deux autres clubs autrichiens ont perdu leur match décisif en Suisse (Vienne défait 3-1 à Zoug et Klagenfurt dominé 3-0 à Zurich). Une belle victoire pour un club traumatisé par l’accident vasculaire cérébral de Daniel Welser (34 ans) survenu la nuit du 19 septembre : l’ex-international autrichien est sorti des soins intensifs la semaine dernière et commence sa rééducation.

Il y aura donc sept pays différents représentés en huitièmes de finale de la CHL. Une belle diversité qui est aussi à mettre au crédit de la nouvelle formule. Lors du tirage au sort vendredi midi, Salzbourg affrontera un premier de poule : cela peut tout aussi bien être l’équipe-surprise Nottingham que Zoug, le champion finlandais Tappara, les trois clubs suédois ou les deux équipes allemandes. 1 chance sur 8 pour une confrontation 100% Red Bull, donc…

(voir les résultats et classements complets de la CHL)

Commentaires d’après-match

Greg Poss (entraîneur de Salzbourg) : « Nous avons donné le ton pendant tout le match et nous étions la meilleure équipe. Nous avons laissé filer trop d’occasions au deuxième tiers-temps. Mais l’équipe a montré un moral incroyable au dernier tiers pour renverser de nouveau la partie. Chacun a joué pour l’autre et le palet a fini par sauter en notre faveur. »

Pavel Gross (entraîneur de Wolfsburg) : « C’était un match intensif. Nous nos y attendions. Dans les 40 premières minutes, Salzbourg s’est plus investi. Au troisième tiers, nous étions dans le match. Nos unités spéciales ont alors fonctionné. Mais à la fin Salzbourg avait plus de souffle à cinq contre cinq. Nous devons apprendre de telles rencontres. »

Salzbourg – Wolfsburg 4-3 (2-1, 0-0, 2-2)
Mercredi 11 octobre 2017 à 19h30 à l’Eisarena de Salzbourg. 2301 spectateurs.
Arbitrage de Oldřich Hejduk (TCH) et Trpimir Piragić (CRO) assistés d’Ulrich Pardatscher et Elias Seewald (AUT).
Pénalités : Salzbourg 8′ (2′, 2′, 4′) ; Wolfsburg 6′ (2′, 4′, 0′).
Tirs : Salzbourg 54 (25, 17, 12) ; Wolfsburg 29 (7, 10, 12).
Engagements : Salzbourg 39 (11, 11, 17) ; Wolfsburg 25 (10, 11, 8).

Évolution du score :
1-0 à 03’58 : Harris assisté de Mueller et Aleardi
1-1 à 04’40 : Höhenleitner assisté de Kreps
2-1 à 15’51 : Mueller assisté de Harris
2-2 à 41’33 : Haskins assisté de Dehner et Likens (sup. num.)
2-3 à 44’51 : Fauser assisté de Foucault et Dehner (sup. num.)
3-3 à 57’08 : Raffl assisté de Hughes et Hochkofler
4-3 à 58’45 : Duncan assisté de Hughes et Raffl

Salzbourg

Attaquants :
Thomas Raffl (+2) – Ryan Duncan (C, +2, 2′) – John Hughes (+2)
Peter Mueller (+2) – Brant Harris (+2) – Alexander Aleardi (+2)
Raphael Herburger (-1) – Alexander Rauchenwald (-1) – Mario Huber (-1)
Alexander Cijan (2′) – Michael Schiechl – Florian Baltram

Défenseurs :
Robert Raymond (+2) – Matthew Generous (+2, 2′)
Peter Hochkofler (+2) – Julien Brouillette (+2, 2′)
Layne Viveiros (-1) – Alexander Pallestrang (-1)
Daniel Jakubitza

Gardien :
Luka Gracnar

Remplaçants : Bernhard Starkbaum (G), Manuel Latusa (A). Absent : Dominique Heinrich (D, blessé), Matthias Trattnig (A, hématome), Daniel Welser (A, AVC, saison terminée).

Wolfsburg

Attaquants :
Gerrit Fauser (-1) – Tyler Haskins (-1) – Sebastian Furchner (-1)
Alexander Weiß (-2) – Stephen Dixon (-2) – Brent Aubin (-2, 4′)
Kris Foucault – Kamil Kreps – Christoph Höhenleitner
Tyson Mulock – Carter Proft – Alexander Karachun (-1)

Défenseurs :
Björn Krupp (-2) – Robbie Bina (-2)
Armin Wurm (2′) – Jeff Likens (-2)
Jeremy Dehner (-1) – Philip Riefers (+1)

Gardien :
Gerald Kuhn [sorti de sa cage à 59’12]

Absents : Torsten Ankert (D, épaule), Jimmy Sharrow (D, doigt cassé), Alex Roach (D, « haut du corps »), Mark Voakes (A, haut du corps), Marcel Ohmann (A, nerf coincé), Fabio Pfohl (A, problèmes musculaires).