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Bulletin NHL : un échange et une candidature

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Chaque semaine, nous faisons un point sur la situation dans la NHL et revenons sur les nouvelles de la ligue. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.

Le point sur la ligue

Chicago prend du mieux. Les Hawks ont réalisé une véritable poussée offensive cette semaine et pointent désormais au 3e rang pour les buts anticipés marqués. Cela s’est concrétisé en 16 buts en 4 matchs, et 5 points pris.

Tiens donc, Montréal est en playoffs ! Depuis le retour de Carey Price, les Canadiens ont remporté leurs quatre matchs, dont deux contre des rivaux directs, Ottawa et Détroit. Price semble à 100% de ses moyens, il a stoppé 128 des 133 tirs dirigés contre lui pour un taux d’arrêts de 96.2%… Le PDO des habs remonte comme attendu depuis longtemps (il est désormais à 98.1 !) et le plan de jeu de Claude Julien voit enfin le fruit de son travail… Tout cela sans Shea Weber qui ne manque pas tant que ça, Jeff Petry ayant élevé son niveau d’un cran pour l’occasion. On a trouvé les bonnes combinaisons devant et en défense le retour de David Schlemko et l’émergence de Jakub Jerabek offre soudainement beaucoup de solutions. Si Boston peut repasser devant grâce à ses 4 matchs de retard, la saison des Canadiens est bien loin d’être terminée. Nous vous avions prévenus…

Scénario inverse pour l’autre équipe pour laquelle nous nous montrions optimistes il y a un mois. Les Oilers plongent, eux, dans une crise sans fin. Car si le début de saison catastrophique devait beaucoup à un gros manque de réussite, comme Montréal, Edmonton dominait largement ses adversaires, signe que les choses allaient s’améliorer sur la durée. Seulement voilà, à vouloir trouver des solutions, l’organisation a changé son plan de match et redistribué les rôles (on a séparé McDavid et Draisaitl, Klefbom joue moins, Russell plus…). Et si la réussite revient, comme prévu, les Oilers jouent de moins en moins bien. Les statistiques sur l’ensemble de la saison demeurent encore positives grâce au mois d’octobre mais voyez plutôt la courbe des buts anticipés pour et contre à travers le temps.

Depuis début novembre, Edmonton devrait s’attendre à encaisser plus de buts qu’ils devraient en marquer. La fiche de 7 victoires, 8 défaites et 1 autre en prolongation du mois de novembre reflète bien l’image d’une équipe qui joue désormais moyennement. Ce n’est certainement pas comme ça que les Oilers vont remonter la pente. Si l’on ajoute le malaise avec les médias, ça sent la saison cauchemar en Alberta.

Tampa cale un peu. Si le niveau de jeu continue de s’améliorer, ce qui est la vraie bonne nouvelle pour les Bolts, les résultats pâtissent du retour sur terre de la réussite folle du début de saison. Kucherov et Stamkos n’ont qu’un but à eux deux sur les quatre derniers matchs et le club a perdu trois fois durant cet intervalle. Cette petite traversée du désert devait bien arriver et pourrait même perdurer un moment. Stamkos est encore sur le rythme d’une saison de 120 pts ! Honnêtement, cela semble peu réaliste, les meilleurs compteurs ayant eu du mal à dépasser la barre des 100 ces dernières années.

Sinon, les échanges ça sert. La capacité offensive de Nashville s’est améliorée. La défense de Los Angeles est plus étanche depuis l’arrivée de Jokinen pour solidifier le 4e trio. Jeudi soir contre les Caps, les Kings avaient 60% de la possession avec Jokinen sur la glace, le meilleur taux de l’équipe. Le Finlandais a même marqué ! Par contre, Ottawa continue sa dégringolade avec 5 défaites sèches de suite. Duchene se crée bien des chances mais ce n’est rentré qu’une seule fois depuis son arrivée. Et dans le jeu c’est compliqué.

Des Islanders d’attaque

Oubliés au sein d’une division Métropolitaine particulièrement relevée, les Islanders de New York occupent pourtant la deuxième place de leur groupe, avec 32 pts en 24 matchs et l’équipe est invaincue dans son antre du Barclay Center dans le temps réglementaire, en 10 matchs. La raison de ce succès ? une attaque de feu, qui compte 89 buts, soit 3,71 par match ! Oui, une moyenne supérieure à celle du Lightning de Tampa Bay, qui fait pourtant bien plus les gros titres. Depuis le début de la saison, New York a inscrit quatre buts ou plus à quatorze occasions, une progression spectaculaire par rapport à l’an dernier (2,91 par match). Petit bémol, les Islanders comptent surtout sur une grosse réussite de leurs tireurs, qui rentrent 10.2% de leurs shoots, le 2e meilleur taux de la ligue ! Car, en termes d’occasions créées, les Isles ne viennent qu’à une modeste 16e place pour les buts anticipés marqués. La bulle finira par éclater mais les points amassés donnent un petit coussin pour passer l’orage à venir.

Au-delà de la réussite, les Islanders peuvent tout de même compter sur un très bon équilibre entre leurs lignes, menés par l’entraîneur Doug Weight, déjà en vue en fin de saison dernière.

Bien sûr, John Tavares mène la danse avec 16 buts et 28 pts, mais il est talonné par l’inattendu Josh Bailey, 5 buts et 23 assistances (2e de la ligue), en route vers la meilleure saison de sa carrière. Après ces deux-là, trois joueurs ont passé la barre des 20 pts : le finisseur Anders Lee (13 buts), le rookie passeur Matthew Barzal (24 pts dont 18 assistances), et le défenseur Nick Leddy, 20 pts, dont on commence à parler parmi les candidats au trophée Norris. Le reste du banc suit avec Eberle, Ladd, le rookie Ho-Sang, Nelson… tous capables de produire à l’occasion. En fait, on trouve huit joueurs à cinq buts ou plus, soit le meilleur total de la ligue, ex-aequo avec Las Vegas et les Rangers.

Cette attaque de feu vient compenser une défense plutôt poreuse, la 12e de la ligue avec 75 buts encaissés, un jeu en infériorité médiocre (79,2%, 20e) et surtout, 32,3 tirs encaissés par match, ce qui se situe dans les profondeurs du classement. C’est tout aussi moyen dans les cages, où Thomas Greiss et Jaroslav Halak plafonnent à 90,3% d’arrêts et 3,11 buts encaissés. La défense ne suffit pas pour prétendre au titre, mais l’efficacité au tir sera peut-être suffisante pour se mêler à la course aux playoffs… Suffisant, aussi, pour retenir Tavares, en fin de contrat au 1er juillet ?

Pittsburgh en crise

Matt Murray est blessé, percuté par un attaquant contre Philadelphie. Blessé, cela devient une constante du jeune gardien double vainqueur de la coupe Stanley : c’est la 5e blessure sérieuse depuis le début de sa jeune carrière. Vous avez dit fragile, ou malchanceux ?

Lorsque les Penguins disposaient de Marc-André Fleury, c’était gérable. Mais maintenant ? L’assurance Antti Niemi s’est révélée catastrophique et le champion en titre va devoir s’en remettre au prometteur Tristan Jarry, 22 ans, et Casey DeSmith. Deux rookies qui vont devoir assurer le travail derrière une défense en souffrance. Pittsburgh a encaissé 90 buts en 26 matchs : seul Arizona a fait pire !

Usure de deux campagnes longue durée ? Peut-être. Mais les mouvements de l’été ont fait très mal, eux aussi. Le départ de Kunitz, Bonino et Cullen ont affaibli le centre et aucun des jeunes n’a véritablement pris ses responsabilités en compensation. Seul Phil Kessel semble marcher sur l’eau, avec 11 buts et 32 pts en 26 matchs.

L’un des problèmes ? Les débuts de match, avec seulement 20 buts marqués au premier tiers (20e) contre 30 encaissés (31e !). Des départs lents qui contraignent l’équipe à cravacher pour revenir, et d’y laisser trop de forces tout en s’exposant aux contres. Malgré tout, l’équipe n’affiche que 5.5% de réussite au tir à 5v5, contre 8% en moyenne dans la NHL. Cette réussite catastrophique ne peut durer (ce serait de très loin le pire résultat de l’histoire récente de la ligue) et les buts vont finir par arriver. Ceci laisse une marge de progression et permettrait de remonter un PDO catastrophique, forcément le pire de la ligue. Pittsburgh a trop d’expérience pour rester à la traîne, mais au vu du niveau de cette division, il vaut mieux éviter de prendre du retard.

Du coup, les rumeurs vont bon train. Principal nom sur le marché, le défenseur Ian Cole, 28 ans, souvent mis en tribunes ces derniers temps. Son salaire de 2,1 millions expire au 1er juillet prochain.

Au tour de Seattle

Nous évoquions dans ces colonnes le retour de Houston parmi les candidats à une franchise. Mais le principal favori reste Seattle, qui intéresse particulièrement la NHL. Dans cette aire métropolitaine se trouvent quelques-unes des plus grandes entreprises high-techs, notamment Amazon, Microsoft et Boeing. Des entreprises gigantesques, qui ont attiré des travailleurs venus de partout, y compris des terres de hockey. La candidature de Seattle vers la NHL a pris de l’ampleur lorsque le millionnaire Tim Leiweke a fondé Oak View Group, un organisme décidé à rénover la KeyArena, ancienne arène de l’équipe NBA peu adaptée à la pratique du hockey. Il s’agit de dépenser pas moins de 600 millions de dollars pour doubler la capacité de la salle et passer à 17.100 en configuration hockey. Pour cela, le conseil municipal de Seattle doit réviser un document, le “Memorandum of Understanding”, qui va régir les conditions de ces dépenses.

Leiweke, ancien des Maple Leafs et de Anschutz – groupe propriétaire de Los Angeles et à l’origine de l’Arena de Vegas – a reçu des soutiens importants : le banquier David Bonderman et le producteur de cinéma Jerry Bruckheimer. Le succès de la franchise de soccer montre la passion sportive de la ville, qui aligne une équipe junior, les Thunderbirds, en WHL, et dispose d’une histoire avec la NHL. Les “Metropolitans” ont soulevé la coupe Stanley en 1917… La proximité avec Vancouver en fait par ailleurs une franchise intéressante.

Si l’on reparle de Seattle cette semaine, c’est qu’un vote décisif du conseil municipal aura lieu le 4 décembre et devrait relancer sérieusement le projet. Un vote préliminaire s’est conclu sur un 5-0 favorable, et on imagine mal le vote définitif échouer.

Le groupe Oak View absorberait les coûts de construction moyennant un bail de 39 ans avec options de reconduction, le bâtiment restant propriété de la ville par ailleurs. Parmi les points d’achoppement, les transports et les accès à l’arena, pour lesquels Oak View verserait pas moins de 40 millions de dollars au total, soit 1 par an. Un certain nombre de compensations liées aux impôts locaux feraient aussi partie des négociations.

Une fois ces obstacles locaux passés, resterait à engager réellement les travaux, puis monter un dossier complet pour la NHL… et signer le chèque considérable qui va avec. Pour mémoire, Las Vegas a payé son ticket d’entrée 500 millions, et il serait surprenant qu’une 32e franchise puisse payer moins…

La fin pour Derek Dorsett

La nouvelle est malheureusement tombée hier pour le joueur des Canucks, un des contes de fées du début de saison avec ses 9 points en 20 parties. Victime d’une nouvelle blessure aux cervicales, son médecin lui a cette fois déconseillé de continuer sa carrière. Triste fin pour le dur à cuire de 30 ans.

Vatanen à New Jersey, Henrique à Anaheim

Des gros échanges en pleine saison ? Voici quelque chose dont nous avions perdu l’habitude. Hier, Ducks et Devils ont chacun comblé des besoins immédiats. Anaheim, décimé par les blessures de Getzlaf et Kesler, se cherchait un centre offensif, moyennant un de ses nombreux défenseurs. New Jersey voulait renforcer sa défense, moyennant un de ses nombreux centres… Le mariage était tout trouvé. Les Devils obtiennent en Vatanen un défenseur top4, rapide et porté sur l’attaque, ce qui correspond bien au nouveau style de l’équipe. Si Henrique a connu des saisons de 20 à 30 buts, ce n’est cependant pas un faiseur de jeu et il subit souvent en termes de possession du palet. Il semble juste pour remplacer les blessés des Ducks et risque de se retrouver coincé dans l’organigramme une fois tout le monde en santé. Avantage Devils donc ? À moins que les Ducks ne renvoient Henrique ailleurs d’ici mars s’ils ratent les playoffs ? Ils bonifieraient ainsi le retour total de l’échange. À noter qu’ils ont aussi reçu le jeune Joseph Blandisi, un centre de 23 ans, et un choix de 3e ronde des Devils.