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L’angoisse du Genève-Servette

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En-dehors d’un début de saison délicat, le Genève-Servette de Floran Douay et Stéphane Da Costa circule en eaux troubles quant à son avenir. Les Aigles, dans l’attente interminable d’une nouvelle enceinte, sont devenus fragiles.

Tout est parti d’un projet : le Trèfle-Blanc. C’est le nom de code de la nouvelle arène genevoise prévue depuis plusieurs années. Ce nouvel écrin a pour vocation de remplacer la patinoire des Vernets, inaugurée en 1958. Le projet a été lancé en 2010, un projet à 300 millions CHF (250 millions d’euros) supporté par un financement majoritairement privé. Le site de la commune de Lancy, à proximité du Stade de Genève, a été retenu en 2012 pour une ouverture initialement prévue en 2015. Mais aujourd’hui encore, le Genève-Servette Hockey Club évolue toujours dans ses vétustes Vernets, qui en l’état ne satisfont pas les exigences de la National League suisse.

Un projet porté par les Canadiens

Le président du GSHC Hugh Quennec était tout de même parvenu à s’attirer le soutien d’investisseurs canadiens, avec à sa tête l’avocat Peter Gall, chargé de superviser le projet, suivi par Mike Gillis. Ce dernier, ex-joueur NHL aux Colorado Rockies et aux Boston Bruins dans les années 80, était Manager général des Canucks de Vancouver entre 2008 et 2014. D’abord consultant, Gillis est rentré par la suite dans le conseil d’administration du GSHC. Conforté par cette situation, l’équipe de Quennec a alors avancé 3 millions CHF dans le projet, dans l’attente d’être remboursée par les fameux investisseurs outre-Atlantique.

Seulement, il y a un détail qui a échappé aux différentes parties. Dans le cadre d’un partenariat public – privé, un appel d’offres est obligatoire pour une concession de travaux, les autorités genevoises se sont d’ailleurs permises de le rappeler. La décision ne dépend pas de leur fait, ni du clan Quennec, ni du clan Gillis. Si le dossier canadien n’est pas retenu pour le projet Trèfle-Blanc, nul doute que ces investisseurs quitteraient la Suisse. C’est cette incertitude, ce scénario catastrophe qui met dans l’embarras tout le club. La situation est devenue délicate puisque le GSHC est en attente d’une subvention de 500.000CHF pour l’Association Genève Futur, ainsi que les frais avancés pour la nouvelle patinoire. Genève-Servette n’est donc plus sûr de remettre la main sur ses trois millions ! Les caisses sont dans le rouge, la direction a même annoncé la vente de plusieurs joueurs, Gerbe, Vukovic, Mercier et Antonietti sont sur la sellette.

Quennec toujours seul à la barre

Initialement, Mike Gillis devait entrer dans le capital genevois à hauteur de 20%. Le club assure désormais que le Canadien obtiendra 50% des parts. Pourtant, Hugh Quennec est toujours seul capitaine à bord. La délégation canadienne s’engagera-t-elle au bord du lac Léman ? Quennec acceptera-t-il de lâcher du lest dans l’actionnariat de son club ?

Beaucoup ont vu en Gillis l’homme fort dont avait besoin Genève-Servette. Car Quennec, fils d’un Français et d’une Suisse et né à Montréal, a eu beau redorer son image en tentant de se rapprocher des supporteurs, beaucoup le voient encore comme celui qui a mené le Servette FC droit dans le mur. Il y a deux ans, le club de football a évité de justesse la faillite, mais n’avait pu éviter la relégation sur tapis vert, avec Quennec à la présidence. Celui-ci a logiquement cédé les rênes footballistiques mais il a conservé la présidence de la section hockey, actionnaire majoritaire depuis 2005. Une posture d’autant plus dérangeante chez les ultras servettiens que Hugh Quennec a également possédé des parts chez l’ennemi lémanique, le Lausanne HC.

2013-09-03-Geneve-Lausanne3Quel avenir pour Genève-Servette ?

Jeudi se tenait une réunion extrêmement importante à la demande des collectivités publiques. Tout d’abord, le projet initié par Peter Gall a obtenu toute leur attention puisqu’un appel d’offres ne semble plus d’actualité. Néanmoins, la commission a constaté que le nouveau projet était finalement assez éloigné du projet initial. Il a donc été demandé des éclaircissements sur la viabilité financière de la proposition canadienne. Le feuilleton continue avec son lot d’incertitudes.

Une nouvelle patinoire tant attendue, des investisseurs canadiens, une nouvelle ère semblait se dessiner pour le GSHC. La destitution de Chris McSorley, coach historique pendant 16 ans mais qui n’est jamais parvenu à mener le club au titre, en était symptomatique. Mais aujourd’hui, les supporteurs doivent s’accommoder de performances sportives décevantes, en attendant le nouvel écrin qui ouvrirait désormais au mieux en 2022. D’ici là, le club suisse de 112 ans devra encore éviter bien des embûches.

Retrouvez le panorama du championnat suisse 2017-2018 ici.