Allemagne – France (Mondial U20, Division 1A)

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C’est le premier gros test des Bleuets : l’Allemagne, un peu poussive dans le tournoi, mais tout de même sur le papier largement meilleure que l’Autriche et la Hongrie. La France a souffert contre le promu hongrois, mais bénéficie de 24h de repos de plus que les Allemands, vainqueurs la veille de l’Autriche.

Compte tenu de la victoire du Kazakhstan plus tôt dans la journée, la victoire ce soir est impérative pour les joueurs de Dany Gelinas, s’ils veulent continuer à rêver.

Le froid réalisme allemand

Les Bleuets prennent d’ailleurs le match par le bon bout avec une première présence vers l’avant de la ligne Texier, auteur d’un tour de cage dangereux. Ils récupèrent le palet très haut, dominant dans la neutre dans ce début de match.

La partie est équilibrée, sans occasion franche. Mais après quatre minutes, Alexandre Pascal accroche et place l’Allemagne en supériorité. Une situation qui coûte cher. Un tir dans l’axe est bloqué, revient dans l’axe sur Leon Gawanke qui sert Dominik Bokk au cercle gauche. Sa volée trompe Gaëtan Richard (1-0).

Coup de froid sur le public, mais la France ne s’en laisse pas compter. Bougro intercepte une passe allemande et initie un deux-contre-un, qu’Olive ne parvient pas à conclure au duel contre Pantkowski. En difficulté, Alexandre Pascal concède une nouvelle faute lorsque Eder déborde le long de la bande. La punition est la même : le palet tourne à toute vitesse et Jahnke, du cercle droit, expédie une passe au cercle gauche pour une volée gagnante de Seider (2-0).

L’engagement est à peine joué que l’Allemagne assomme la partie par Soramies, qui conclut dans l’enclave un tour de cage de Postel (3-0). Dany Gelinas pose son temps mort et Julian Junca remplace Gaëtan Richard dans les buts.

Tout cela a le mérite de poser le jeu français, qui tente de prendre le contrôle du palet. L’Allemagne recule et attend son heure, concédant une pénalité de Soramies, occasion rêvée de revenir dans la partie. Plusieurs tirs sont bloqués avant que Texier ne trouve le cadre : Pantkowski contrôle. La deuxième minute est moins aboutie, et les Bleuets peinent à s’installer. L’Allemagne s’en sort sans problème et évolue avec aisance dans la zone française, gagne ses duels dans les bandes. La première erreur défensive offre une grosse occasion à Petit, servi seul dans l’axe sur un palet gagné au fond. Pantkowski gagne son duel et ses coéquipiers démarrent à l’autre bout. Junca doit réussir deux arrêts avant que Texier ne soit puni à son tour. La France défend bien et efface cette infériorité.

Une bonne attaque placée de Boudon pousse Pantkowski à l’arrêt, et Postel à la faute : tir de pénalité ! Boudon s’avance et tente une « Forsberg », sans réussite.

En dépit du patinage français, le jeu reste cantonné aux extérieurs et les lignes de passe et de tir sont bien bloquées. L’Allemagne domine son sujet et vire en tête : 3-0 à la pause, avec un réalisme spectaculaire, alors que les Bleus ont cafouillé leur hockey et vendangé plusieurs occasions.

Des Bleuets sans solution

Le chantier est énorme côté français. La ligne Texier s’emploie avec une occasion d’entrée, sans réussite. L’Allemagne, patiente, exploite ses contres. Dans un duel derrière la cage de Junca, un contact envoie Melin au sol et le défenseur français peine à rentrer au banc. La faute de Huss n’a pas échappé aux officiels et les Blancs posent leur jeu de puissance. Bougro frôle la réduction du score à bout portant. Pantkowski, vigilant, repousse ensuite de l’épaule un bon tir de Texier.

De retour à cinq-contre-cinq, le jeu s’équilibre. Chaque duel est âprement disputé et les espaces se réduisent. Un retard de jeu de Lefebvre fait encore plier la défense bleue. Elle reste bien en place et s’en sort.

La France joue un peu plus physique, et garde un peu plus le palet, sans parvenir à sortir de la toile allemande. Les rares tirs sont bien trop lointains pour perturber le gardien. Un bon deux-contre-un permet à Tassery de lancer Sarlin, mais Pantkowski suit.

Les minutes défilent : Kieffersauer commet un faire trébucher en entrée de zone allemande, mais le jeu de puissance français n’en profite pas et concède même, une minute plus tard, un cinglage de Guebey. La France n’a pas réussi à combler son retard dans ce tiers fermé et équilibré.

Jahnke parachève le succès

L’Allemagne va-t-elle ressentir la fatigue du match de la veille ? Pas vraiment. Junca doit arrêter deux tirs, puis un trois-contre-un, alors que ses coéquipiers laissent trop d’espace de manoeuvre.

Aucune des deux équipes ne parvient à conserver durablement le palet et à créer des séquences offensives construites. On observe plutôt des exploits individuels, à l’image d’un essai de Petit, tout proche d’ouvrir le compteur français – le palet traîne dans l’enclave et est dégagé.

Il reste treize minutes lorsque l’Allemagne commet un retard de jeu. La défense contre plusieurs tirs, et Pantkowski repousse une volée de Guebey. Cela ne passe toujours pas.

Les minutes défilent, le collectif bleu se délite : trop de recherche d’exploits individuels, trop de passes manquées. À huit minutes du terme, Adam se rend coupable d’un cinglage et les Bleuets mettent un temps fou à s’installer. Les rares tirs manquent de soutien – écrans ou rebonds.

L’Allemagne lance peu, mais se montre autrement plus dangereuse. Sur ses mouvements offensifs, elle trouve des décalages, des hommes oubliés au marquage, et un bon tir dans le slot fait briller Junca.

Une séquence qui lance un temps fort germanique. Les noirs campent dans la zone bleue, face à une défense en retard. La France semble accuser le coup physiquement comme mentalement. Junca sauve même les meubles en deux temps à deux minutes du terme, avec des arrêts à bout portant. L’entrée du second gardien des Bleus restera l’un des rares points positifs de la partie…

Il ne peut toutefois pas grand chose lorsque Jahnke élimine Melin sur son débordement à droite et repique vers la cage, effaçant Junca de près (4-0).

Le score est final est lourd, mais pas immérité. L’Allemagne, particulièrement solide défensivement, a su convertir ses chances en début de match avant de gérer son avance. La France s’est montrée incapable de jouer de manière collective, de trouver des espaces, elle a manqué d’impact à l’échec-avant et d’efficacité en supériorité. Il faudra corriger face à la Lettonie…

Désignés joueurs du match : Mirko Pantkowski (Allemagne) et Julian Junca (France)

 

Allemagne – France 4-0 (3-0, 0-0, 1-0)
Mercredi 13 décembre 2017, 19h. Courchevel, 817 spectateurs.
Arbitrage de Miroslav Stefik (SVK) assisté de David Obwegeser (SUI) et Viktor Zinchenko (BLR)
Pénalités : Allemagne 10′ (2′, 4′, 4′), France 10′ (6′, 4′, 0′)
Tirs : Allemagne 38 (11, 10, 17), France 28 (8, 9, 11)

Récapitulatif du score
1-0 à 04’17 : Bokk assisté de Gawanke et Huss (sup. num.)
2-0 à 06’46 : Seider assisté de Jahnke et Adam (sup. num.)
3-0 à 07’05 : Soramies assisté de Postel
4-0 à 59’16 : Jahnke assisté de Kiefersauer et Reiter

Allemagne

Attaquants :
Dominik Bokk – Tobias Eder (C) – Dani Bindels
Vincent Hessler – Charlie Jahnke – Christoph Kiefersauer
Niklas Postel – Samuel Soramies – Timo Walther
Valentin Busch – Nicolas Strodel – Lucas Glaser
Max Kislinger

Défenseurs :
Johannes Huss (A) – Moritz Seider
Leon Gawanke – Maximilian Adam (A)
Pascal Grosse – Marinus Reiter
Florian Krumpe

Gardien :
Mirko Pantkowski

Remplaçant : Hendrik Hane (G)

France

Attaquants :
Louis Petit – Alexandre Texier – Louis Boudon (A)
Justin Addamo (C) – Jordann Bougro – Louis Olive
Maxence Leroux – Teo Sarliève-Fonfraid – Julien Munoz
Benjamin Berard – Hugo Sarlin – Jean Gleizes
Kevin Tassery

Défenseurs :
Alexandre Pascal – Axel Prissaint
Joris Rama – Enzo Guebey
Jules Lefebvre – Vincent Melin (A)
Clément Mermoux

Gardien :
Gaëtan Richard (1/4) puis Julian Junca (33/34) à 07’05 »

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