Les occasions manquées de Grenoble (finale de la Ligue Magnus, match 3)

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Deux matchs à l’extérieur, deux victoires : tout roule pour les Dragons de Rouen, auteurs de deux prestations défensives de haut vol en Isère. Grenoble n’a pas trouvé la clé devant son public, mais n’a plus le choix. En cas de défaite, il faudrait remonter un 3-0, une performance rarement réussie dans l’histoire du hockey.

L’Ile-Lacroix affiche complet pour ce match 3. Comme attendu, Grenoble entame avec des intentions offensives… et la première chance revient aux Rouennais avec une échappée de Deschamps, repoussée par le gardien.

Un duel appuyé coûte deux minutes à Stehlik. Les supériorités numériques sont sans aucun doute la clé du match pour les visiteurs, peu efficaces dans les deux premiers matchs. Pas mieux ce soir, l’équipe se montrant incapable de s’installer. Finalement, la meilleure chance survient juste après, avec un bon décalage sur l’aile gauche et un tir de Legault, contré hors du cadre.

Hordelalay, loin du jeu, vient accrocher Roy de manière complètement inutile et offre à Rouen une supériorité. Les Dragons s’y montrent bien plus efficaces. Guttig entre en zone dans l’axe et écarte sur sa gauche vers Deschamps, qui attend que son compère attaque la cage. Le Canadien lance au but et Guttig dévie en hauteur derrière Horak. Les officiels vérifient à la vidéo et valident l’ouverture du score (1-0). Premier but rouennais en supériorité après onze tentatives dans cette finale !

Grenoble est dans les cordes, mais frôle rapidement l’égalisation. Un contre force Pintaric à sortir loin de son but. Le gardien est devancé, mais Golicic n’arrive pas à profiter de cette cage ouverte, gêné par le retour d’un défenseur qui vient contrer son tir.

Occasion manquée, et indiscipline derrière avec deux minutes contre Leblond. Aleardi, Ritz puis Chakiachvili pilonnent la cage, et Horak s’en sort, de justesse devant Lampérier. Grenoble a plié, sans craquer. Les visiteurs repartent alors à l’attaque. Une faute de Colotti, qui vient toucher le gardien isérois, offre l’occasion aux Brûleurs de loups de revenir. Après quelques secondes de domination, ponctuées d’un tir de Rodman, un cinglage envoie Kyle Hardy en prison. À quatre contre quatre, Grenoble emploie une recette similaire à celle de son adversaire. Baazzi lance au but et Leclerc vient masquer le gardien et dévier le palet (1-1).

Il ne restait qu’une seconde avant le retour de Colotti et les Dragons enchaînent donc avec une trentaine de secondes d’avantage. La partie s’anime. Aleardi d’un côté, Kara de l’autre : les deux équipes enchaînent les occasions. Un coup de sifflet rapide vient peut-être même priver Kara d’un but, car le palet avait roulé derrière Pintaric. À l’issue de vingt minutes disputées et équilibrée, les deux équipes se séparent sur ce 1-1.

Rouen reprend avec énergie. Un duel gagné le long de la bande permet un centre entre les deux défenseurs. Horak repousse la tentative. De l’autre côté, Rohat élimine Dusseau et se heurte à Pintaric. L’échange d’amabilités qui suit envoie deux joueurs en prison, pour un quatre contre quatre.

La partie, serrée, bascule dans un duel contre la bande. Grenoble en sort vainqueur. Leclerc trouve Tartari tout seul à l’opposée, qui fixe Pintaric avant de passer dans l’enclave pour Joël Champagne, qui marque dans la cage déserte (1-2).

Le but donne confiance aux visiteurs, qui travaillent bien pour récupérer le palet dans les duels. Rouen balbutie son hockey et frôle la catastrophe lorsque Rodman voit ton tir percuter le montant sur une sortie hasardeuse de Pintaric. Le gardien était sorti au fond, mais le Slovène a reçu là un palet difficile à contrôler du patin, avant d’échouer sur cette cage ouverte, protégée par un défenseur…

Les occasions pleuvent. Leclerc, intenable, parvient à reprendre en pivot dans l’enclave, puis trouve Champagne dans le slot. Pintaric sauve à deux reprises, et Dusseau prend deux minutes. Le gardien des Dragons réalise des prouesses sur cet avantage avec une belle mitaine sur un revers de Hardy à bout portant.

Faute de punir Rouen sur ces multiples chances, Grenoble se fait surprendre contre le cours du jeu. Une série de contres favorables profite aux Dragons, et un tir lointain de Nicolas Deschamps gêne Horak. Le rebond est poussé au fond par le patin du malheureux Baylacq (2-2).

L’intensité monte encore d’un cran. Rodman part en contre et sert Rohat en retrait, qui se heurte à Pintaric. Le tiers se termine sur quelques échanges musclés… 2-2 après quarante minutes.

Musclé, c’est le maître mot du début du troisième tiers. Rohat rentre vers le banc et percute Aleardi, qui chute violemment, touché à la cuisse. Il rentre péniblement au banc.

Le bras de fer continue. Un palet contré permet à Vincent Kara de filer à l’attaque. Sur un pas, il met Paquet dans le vent et expédie un tir précis au fond des filets (2-3).

Les Brûleurs de loups basculent en mode défense, et reculent sur leur propre cage. Un choix tactique risqué d’Edo Terglav, alors que son équipe semblait plus à l’aise que Rouen dans son jeu offensif ce soir. Une pénalité de Dame-Malka accentue la pression. Le jeu de puissance ne parvient pas à échapper au harcèlement des défenseurs et reste muet. À peine revenus au complet, les visiteurs commettent une faute inutile. Kara se rend coupable d’une obstruction en zone offensive, et Rouen repart à l’attaque. Le jeu s’installe, tourne… et Dame-Malka donne un coup de coude à Aleardi, offrant quarante secondes de cinq-contre-trois. Rohat gagne l’engagement et envoie le palet au fond, gagnant un peu de temps. Thinel envoie à travers la zone bleue vers Aleardi, qui reprend mal et trouve Horak, alors qu’une partie de la cage était ouverte. Grenoble revient à quatre, et se repose sur son gardien. Horak réalise une série d’arrêts décisifs et tient le score, bien aidé par des défenseurs qui se sont sacrifiés pour contrer les tirs.

Une longue passe de Tartari envoie ensuite Giroux en échappée, gêné par le retour fusée d’Aleardi, et Pintaric gagne son duel. Les visiteurs auraient pu tuer le match mais devront à la place souffrir encore quatre minutes.

Après un tir dangereux de Chakiachvili, Grenoble se dégage mais Kara assène une crosse trop haute au visage du défenseur en pleine zone neutre. Il reste 2’21 » à jouer, supériorité numérique pour Rouen… et Anthony Guttig envoie une volée magique en lucarne depuis le cercle droit trente secondes plus tard (3-3, photo).

Il ne reste que seize secondes lorsque Guttig vient accrocher le long de la bande : Grenoble finit en supériorité et joue le début de prolongation à quatre contre trois.

Grenoble s’installe, et tourne le palet bien trop lentement pour mettre en défaut la défense rouennaise. Les rares mouvements ne suffisent pas et la pénalité est tuée. Au premier coup de sifflet, les deux équipes reviennent au trois-contre-trois réglementaire. Rouen confisque alors le palet et tourne, plus d’une minute, avec Aleardi puis Chakiachvili. Le tir de Lampérier dans l’axe est finalement contré et Thinel s’empare du rebond, offrant un troisième succès aux Dragons (4-3, photo).

Grenoble a beaucoup donné mais a surtout gaspillé ses chances : indiscipline, manque de réalisme… Menant 3-2, les Brûleurs de loups n’ont pas converti une échappée de Giroux et ont surtout donné des pénalités complètement inutiles. Cela a servi l’égalisation sur un plateau, mais il restait encore une chance en prolongations, avec un jeu de puissance particulièrement poussif. Rouen a alors défendu avec aplomb, et attendu son heure. Les Dragons n’ont pas très bien joué, mais ils se sont montrés diablement réalistes et ont désormais une patte sur la coupe Magnus.

(photos de Christophe Delaville)

 

Rouen – Grenoble 4-3 après prolongation (1-1, 1-1, 1-1, 1-0)
Rouen mène 3-0 dans la série.
Lundi 26 mars 2018, 20h30. Patinoire de l’Ile-Lacroix. 2476 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Benjamin Gremion assistés de Thomas Caillot et Jérémie Douchy.
Pénalités : Rouen 10′ (4′, 4′, 2′, 0′), Grenoble 16′ (6′, 2′, 8′, 0′)
Tirs : Rouen 35 (11, 8, 13, 3), Grenoble 31 (10, 12, 6, 3)

Récapitulatif du score
1-0 à 05’50 : Guttig assisté de Deschamps et Aleardi (sup. num.)
1-1 à 14’19 : Leclerc assisté de Baazzi et Bisaillon
1-2 à 24’57 : Champagne assisté de Leclerc et Tartari
2-2 à 34’38 : Deschamps assité de Roy
2-3 à 44’03 : Kara
3-3 à 58’07 : Guttig assisté de Langlais et Wohlberg (sup. num.)
4-3 à 63’14 : Thinel assisté de Lampérier et Chakiachvili
 

Rouen

Attaquants
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig – Alex Aleardi
Loïc Lampérier – David Wohlberg – Marc-André Thinel
Petr Hubacek – Nicolas Ritz – Joris Bedin
Joran Reynaud – Fabien Colotti – Vincent Nesa

Défenseurs
Kévin Dusseau – Chad Langlais
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy
Richard Stehlik – Philippe Paquet
Julien Msumbu – Camil Durand

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçant : Quentin Papillon (G).

Grenoble

Attaquants
Alexandre Giroux – Bostjan Golicic – David Rodman
Guillaume Leclerc- Joël Champagne – Vincent Kara
Charles Hordelalay – Mathieu Leblond – Maxime Legault
Gabin Ville – Sébastien Rohat – Julien Baylacq

Défenseurs
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Jean-Philippe Côté – Olivier Dame-Malka
Christophe Tartari – Joona Kunnas
Mathias Arnaud – Aziz Baazzi

Gardien :
Lukas Horak

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G)

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