Brest – Neuilly-sur-Marne (Division 1, demi-finale, match 5)

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Les Bisons finalement domptés

Après avoir empoché les deux premières manches à domicile, les Albatros se sont fait piéger sur la petite glace francilienne en s’inclinant à deux reprises face aux Bisons. Ils se seraient pourtant bien passés d’un cinquième match étant donné que dans le même temps Anglet a fait le travail face à Nantes en trois manches.

Neuilly espère tout simplement réitérer l’exploit du quart de finale où, menés deux manches à zéro, ils avaient renversé les Briançonnais en s’imposant trois fois de rang dont le dernier match sur la glace de René-Froger.

On rentre immédiatement dans le vif du sujet avec les premières frictions entre Pain et Saliji lors d’un arrêt de Ruby après quarante-huit secondes de jeu. Après une charge contre la bande d’Alan Dana (1’48’’), les Albatros tuent tranquillement l’infériorité numérique. Les Bretons prennent ensuite les choses en main sur une mise en jeu gagnée en zone offensive par Ondrej Rusnák. Elle est reprise par un lancer frappé de Suoraniemi qui transperce une nuée de joueurs et Ramon Sopko (1-0 à 4’18’’). La machine locale se met dès lors en route avec bien plus de rythme proposé que leurs adversaires qui peinent à rentrer dans le match.

Benjamin Lagarde gratifie le public d’un magnifique slalom dans la défensive adverse qui ne va pas au bout. Mais une pénalité est appelée sur Míka qui a accroché le virevoltant Canadien (5’59’’). Le jeu de puissance est installé sans tir, jusqu’à une passe de Lagarde déviée en course et dans l’axe par Cullen Bradshaw (2-0 à 7’57’’).

Franck Spinozzi appelle son temps mort, mais hormis un palet anodin en angle fermé qui déséquilibre Ruby sans franchir la ligne de but (9’23’’), les choses ne s’améliorent guère pour les visiteurs. Le pressing mis par Brest empêche les Bisons de développer leur jeu. Peu de tirs arrivent sur la cage et par conséquent ils n’ont quasiment aucun grattage de palet à se mettre sous la crosse devant l’enclave. C’est pourtant leur point fort habituel.

La marque ne bouge pas jusqu’à l’entame du deuxième tiers où Brest enfonce le clou sur un nouveau festival de Lagarde qui cette fois termine le travail (3-0 à 20’52’’). Une maîtrise au score qui n’est pas vraiment altérée par l’indiscipline locale. Brest écope en effet de dix minutes de pénalité dans la période dont deux situations à trois contre cinq à gérer (23’11 et 28’32’’). Neuilly passe totalement au travers car, si on fait exception de quelques palets errants non exploités devant Ruby, les Bisons n’ont pas proposé suffisamment de choses.

Hormis quelques frictions entre les deux numéros dix (Laine et Wigginton) après un arrêt couché de Ruby (36’54’’) et un Dubé dangereux sur un palet remis de la bande par Dubuc (38’41), les choses sont plutôt bien gérées par les locaux. L’avance de trois buts est conservée jusqu’à la deuxième pause. En début de troisième tiers, l’écart est même tout proche de s’agrandir sur une feinte de frappe de Rusnák qui mystifie Sopko. Le gardien slovaque se fait contourner mais est sauvé par son poteau droit qui repousse le tir de son compatriote (41’52’’).

Cependant, les deux équipes ont sans doute en tête le scénario du premier match où Brest menait au même moment sur un score similaire avant d’encaisser deux buts rapidement. Le timing n’est pas le même ce soir mais l’histoire se répète. Toujours hargneux autour du but de Ruby, Dubé exploite une rondelle repoussée par le portier canadien qui tombe. La gamelle de joueurs dans l’enclave sur cette action n’est pas considérée par le corps arbitral comme ayant gêné le cerbère local (3-1 à 46’32’’).

Brest repart à la charge mais vendange totalement un deux contre un avec la paire Kolodziejczyk – Stuart qui effectue une passe de trop dans leur « à toi à moi » (46’50’’). Cela coûte cher car, peu après, une énorme perte de palet derrière le but de Ruby permet à Slupski de remettre à Diaféria qui loge le palet en reprise instantanée dans le haut du but (3-2 à 48’25’’).

C’est au tour de Sylvain Codère de poser son temps mort après ce second but francilien. L’occasion sans doute de donner de nouvelles instructions et couper la dynamique adverse. Lagarde manque de peu le 4-2 mais le palet lui échappe et termine dans ses patins (48’50’’). On sent tout de même une petite fébrilité avec encore une prise de risque importante par Dana derrière Ruby (50’).

Néanmoins, malgré ce score serré, les Albatros ont l’intelligence de ne pas s’arc-bouter défensivement. Au contraire, forcés de se découvrir, les Bisons subissent plusieurs assauts adverses et perdent un temps précieux. Sopko sort à deux reprises pour permettre à un joueur supplémentaire d’entrer en jeu. Il reste dix-sept secondes et une mise en jeu se tient en zone défensive. Bradshaw l’emporte et sort le palet part vers l’autre bout de la glace. Lamacchia se lance à sa poursuite mais sa relance est interceptée par Kristek. Le Tchèque n’a plus qu’à libérer son équipe en ajustant le but ouvert (59’52’’).

Erwan Pain laisse exploser sa joie en poussant le but visiteur, geste qui ne plaît pas à Lamacchia qui lui assène un cinglage. Des coups sont échangés et les différents acteurs terminent la rencontre en prison avant de se serrer la main quelques secondes plus tard.

La série aura été jusqu’au bout mais Neuilly n’aura finalement pas réitéré son exploit. L’avantage de la glace s’est avéré décisif. Deux premiers tiers vraiment ternes de leur part, avec des doubles supériorités numériques non concrétisées, les ont condamnés. Les Bisons ont tout de même montré une nouvelle fois qu’ils ne lâchaient rien avec un suspense relancé dans le dernier tiers mais en vain. Le capitaine Maxime Dubuc prend vraisemblablement sa retraite puisqu’il sort de la glace sous une haie formée des deux joueurs des deux équipes.

Brest accède donc à sa deuxième finale en autant de saisons après deux tiers rondement menés. Ils ne seront pas favoris face à Anglet, invaincu dans ses play-offs et qui a trois matchs en moins (l’équivalent d’une série) dans les patins. L’inconstance affichée par intermittence par les Albatros risque de leur coûter cher si elle se reproduit face au champion de saison régulière. Elle leur a déjà coûté la première place et donc l’avantage de la glace important pour cette finale.

Joueurs du match : Jaroslav Kristek (Brest), Joé Dubé (Neuilly-sur-Marne).

 

Brest – Neuilly-sur-Marne 4-2 (2-0, 1-0, 1-2)
Dimanche 1er avril 2018 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1016 spectateurs.
Arbitrage de Maria-Tjana Picavet assisté de Jérémy Metais et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Brest 18′ (6’, 10’, 2’), Neuilly-sur-Marne 12′ (6’, 2’, 4‘).
Tirs : Brest 27 (10, 6, 11), Neuilly-sur-Marne 23 (5, 9, 9)

Évolution du score :
1-0 à 04’18’’ : Suoraniemi assisté de Rusnák
2-0 à 07’57’’ : Bradshaw assisté de Lagarde et Gréverend (sup. num)
3-0 à 20’52’’ : Lagarde assisté de Laine et Gréverend
3-1 à 46’32’’ : Wigginton assisté de Saliji et Dubé
3-2 à 48’25’’ : Diaféria assisté de Slupski
4-2 à 59’52’’ : Kristek

Brest

Attaquants :
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Adam Stuart
Jaroslav Kristek – Cullen Bradshaw – Erwan Pain (A)
Graham Avenel (Lubin au T2) – Ondrej Rusnák (G. Avenel au T2) – Jonathan Avenel (C)
Antonin Marcelle – Alexandre Lubin (Rusnák au T2)– Bastien Lardière

Défenseurs :
Aurélien Gréverend (A) – Michal Dobron
Clément Colombin – Aleksi Laine
Niko Suoraniemi – Alan Dana

Gardien :
Jordan Ruby

Remplaçants : Quentin Dubos (G), Jérémy Cormier, Maxime Foulon. Absent : Gaëtan Cannizzo (rupture du tendon d’Achille).

Neuilly-sur-Marne

Attaquants :
Sami Saliji (Bernier au T3) – Massimo Lamacchia – Jeffrey Jones
Joé Dubé – Quentin Jacquier (Wigginton au T3) – Andrew Wigginton (Saliji au T3)
Elie Raibon – Loïc Chabert – Axel Rioux
Nathan Bernier ; Marc Slupski ; Yann Diaferia

Défenseurs :
Stepan Jeník – Radek Míka (A)
Guillaume McSween – Maxime Dubuc (C)
Kévin Guimbard (A), Martin Ropert, Jérémy Fritsch (associés respectivement avec un défenseur des deux premiers blocs)

Gardien :
Ramon Sopko (sorti de 59’15’’ à 59’24’’ puis de 59’38’’ à 59’52’’)

Remplaçant : Hugo Souchère (G).

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