Encore un Ukrainien qui renie son pays

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Il est extrêmement rare qu’une équipe nationale soit victime de défections de joueurs qui décident de changer de sélection à l’âge adulte en utilisant la période de latence de quatre ans imposée par les règlements IIHF. En quelques mois, l’Ukraine vient de perdre deux internationaux. On a déjà évoqué le cas de Materukhin, marié à une Biélorusse et qui s’est inscrit pour ce pays. C’est désormais Pavel Padakin – célèbre pour son costume de Superman lors du All-Star Game KHL – qui « trahit » en portant les couleurs « ennemies » de la Russie, le voisin qui soutient les insurgés dans le Donbass.

Padakin, alors junior au Canada, avait représenté l’Ukraine en 2014, avec Materukhin. C’était quelques semaines après le début de l’insurrection armée. Andrei Nazarov, coach du Donbass Donetsk, était sur le banc comme sélectionneur. Un mois plus tard, la Donbass Arena était incendiée, le club devait renoncer à la KHL et partir en exil de sa propre ville, tombée aux mains des rebelles. Le hockey ukrainien recommençait une descente aux enfers. Nazarov filait au Kazakhstan, et certains joueurs ne sont jamais revenus en équipe nationale, dont les deux hommes qui ont changé de couleurs.

Natif de Kiev, Padakin, qui a quitté le pays à 14 ans (passant trois ans de sa formation à Voskresensk en Russie), a dit ne pas regretter d’avoir abandonné sa nationalité et se considérer comme russe, en ajoutant un cinglant « le hockey en Ukraine est mourant, sinon déjà mort. » Joueur du HK Sotchi, il débute avec la Russie « à domicile » dans cette même ville, pour le premier match de l’Euro Hockey Challenge dans une équipe très inexpérimentée. L’adversaire allemand l’est tout autant.

Plus de 11000 spectateurs assistent à cette réédition de la finale olympique de PyeongChang… sans les acteurs ! Marco Sturm a en effet décidé d’accorder d’abord une pause à ses médaillés. Même les joueurs ayant déjà fini leur saison en club ont d’abord droit à des jours de récupération avant de rejoindre le camp de la sélection. Dans ces conditions, on comprend qu’il qualifie de « ridicule » les questions sur la revanche de la finale perdue. Les Russes ne sont pas là non plus puisque les deux clubs dont ils sont presque tous issus (SKA Saint-Pétersbourg et CSKA Moscou) s’affrontent en play-offs de KHL.

Entre Russie « B » et Allemagne « B », l’avantage est net pour la première dans tous les compartiments du jeu : tirs totaux (80 à 35), tirs cadrés (45 à 18), mises au jeu (41 à 17) et temps passé avec le palet en zone offensive (15 minutes à 7).

Mathias Niederberger est vite contraint à de beaux arrêts, parant du bouclier un tir du poignet de Korshkov entré en zone à pleine vitesse puis sur une reprise dans le cercle gauche de Kagarlitsky pendant le premier jeu de puissance russe. Mais il ne peut rien contre l’ouverture du score d’Artyom Ilenko, servi par une passe de derrière la cage de… l’ex-Ukrainien Pavel Padakin, qui n’aura pas tardé à honorer sa nouvelle casaque.

En début de deuxième période, Daschner puis Ebner vont en prison, et Kirill Semyonov double la mise à 5 contre 3. Artyom Ilenko ajoute un deuxième but personnel avec un peu de chance, puisque le palet ricoche sur le patin du malheureux défenseur débutant Simon Sezemsky.

Timorés en début de match, les jeunes Allemands réagissent au troisième tiers-temps. D’abord Mirko Höfflin n’arrive pas à contrôler le palet en échapper et Sudnitsin écarte le danger d’un poke-check. C’est finalement l’universitaire Marc Michaelis qui arrive à trouver le chemin des filets dès son premier match international. Mais la Russie récupère ses trois buts d’avance sur un lancer masqué d’Aleksei Bereglazov en avantage numérique.

Désignés joueurs du match : Artyom Ilenko pour la Russie et Mathias Niederberger pour l’Allemagne.

Commentaires d’après-match

Marc Michaelis (attaquant de l’Allemagne) : « Pour moi, ce match était une formidable expérience. Au début, je me suis senti un peu rouillé, mais à partir de la mi-match ça allait mieux. Sebastian Uvira a fait un super job sur mon but. Je n’ai plus ou moins eu qu’à bien tenir la crosse. C’est bien sûr agréable de marquer pour son tout premier match en équipe nationale. Mais j’aurais préféré gagner. »

 

Russie – Allemagne 4-1 (1-0, 2-0, 1-1)
Vendredi 6 avril 2018 à 19h30 au palais de glace Bolchoï de Sotchi. 11171 spectateurs.
Arbitrage de Yuri Oskirko et Aleksandr Soin (RUS) assistés de Nikita Novikov et Nikolai Krasotin (RUS).
Pénalités : Russie 8′ (2′, 4′, 2′) ; Allemagne 14′ (4′, 4′, 6′).
Tirs : Russie 45 (19, 19, 7) ; Allemagne 18 (1, 7, 10).

Évolution du score :
1-0 à 09’11 : Ilenko assisté de Padakin
2-0 à 22’53 : Semyonov assisté d’Elesin et Tryamkin (double sup. num.)
3-0 à 32’10 : Ilenko assisté de Koshelev
3-1 à 49’03 : Michaelis assisté d’Uvira
4-1 à 54’07 : Bereglazov assisté de Mikheev et Kagarlitsky (sup. num.)

Russie

Attaquants :
Dmitri Kagarlitsky (C) – Pavel Kraskovsky (A, 2′) – Yegor Korshkov
Semyon Koshelev (-1) – Kirill Semyonov (-1) – Ilya Mikheev (-1)
Aleksandr Khokhlachyov – Aleksandr Dergachyov – Vyacheslav Leshchenko
Artyom Ilyenko (+2) – Aleksei Byvaltsev (+2) – Pavel Padakin (+2)
Denis Zernov [une présence]

Défenseurs :
Nikita Tryamkin (A, 4′) – Aleksandr Elesin
Maksim Mineev (-1) – Aleksei Bereglazov (-1)
Evgeni Kulik – Vladislav Provolnev
Nikolai Demidov (+2) – Ivan Vereshchagin (+2, 2′)

Gardien :
Aleksandr Sudnitsin

Remplaçant : Ivan Bocharov (G).

Allemagne (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Nicolas Krämmer (C, -1) – Stefan Loibl – David Elsner (-1, 2′)
Thomas Holzmann (-1, 2′) – Simon Danner (A) – Daniel Schmölz (-1)
Marc Michaelis (+1) – Mirko Höfflin – Sebastian Uvira
Maximilian Kammerer – Jaroslav Hafenrichter

Défenseurs :
Pascal Zerressen – Stephan Daschner (2′)
Marco Nowak (A) – Fabio Wagner (4′)
Bernhard Ebner (-1, 2′) – Simon Sezemsky (-1)
Tim Bender – Benedikt Brückner

Gardien :
Mathias Niederberger

Remplaçant : Dustin Strahlmeier (G).

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