L’attrait de ce match est simple. Un point suffit aux Diables valenciennois pour se maintenir quand une victoire de l’Étoile Noire en temps réglementaire renverra les Nordistes en division 3. Les Alsaciens ont vécu une saison frustrante (relégués en play-down le dernier weekend de saison régulière) et un début de poule plutôt décevant, avant de bien se reprendre le weekend dernier contre les Grizzlys isérois (victoire 8-3).
Pour ce dernier match à l’Iceberg, l’effectif est quasiment au complet, les grands frères magnusiens sont presque tous venus aider leurs potes minots. L’affluence est plutôt bien garnie en ce beau samedi ensoleillé, complétée par une poignée de fans nordistes. Le match peut donc commencer.

La seconde période commence à peine que le même Sarlin prolonge de la crosse un échange avec Samuel Rousseau, direction la pleine lucarne d’un Noting qui se prendra peu de temps après 10 minutes de méconduite (2-0 à 21’20 »). Dans la foulée, Thybaud Rouillard se voit aussi puni d’un coup de coude, signe d’une grosse fébrilité sur le banc nordiste, pas vraiment serein. Strasbourg mène toujours les débats et poursuit sa chevauchée, par l’intermédiaire de David Fritz-Dreyssé qui exploite le rebond d’une première action de Rousseau (3-0 à 24’11 »). Ça sent le KO, et ça le frise même lors de ce break du même Rousseau, contré in extremis d’un poke-check désespéré de Noting sorti loin de sa cage (25’35 »), ou sur cet échange culotté des duettistes Lucas Sénéchal – Arthur Pousse (26’55 »).
Attention, l’histoire rappelle souvent qu’il faut ne pas faire de quartier dans ce genre de partie, sous peine de se voir rejoint. Nous n’en sommes pas encore là, même si Ales Machacek réduit le score d’un tir tendu à mi-distance (3-1 à 27’17 »), avant que Ludovic Rio ne capte d’une mitaine magistrale un envoi hennuyer (29’51 »). Les Nordistes semblent un peu ragaillardis par leur but, et héritent d’une nouvelle supériorité, durement accordée contre une amorce de cinglage de Colin Morillon. Le power play est poussivement appuyé par les Valenciennois, qui se font même inquiéter en contre… Hélas, une mauvaise compréhension entre les deux aiguillons alsaciens partis en embuscade, et Lukas Janos capte le palet pour envoyer en contre ses coéquipiers, et notamment Petr Zib qui n’en demandait pas tant (3-2 à 32’43 »)… Qu’importe, passés les premiers instants de doute, les Bas-Rhinois se remettent à patiner collectivement et pressent de nouveau Noting, notamment sur cet essai culotté, et de près, de Sénéchal (33’00 »). Le portier nordiste se retrouve de nouveau acculé avec ses coéquipiers dans sa zone.

La prolongation est jouée sans gros entrain. La formule à 3 contre 3, favorisant surtout les numéros de solistes, n’est pas pertinente sur cette partie où les organismes ont bien donné. On retiendra surtout la réalisation valenciennoise, qui résume bien l’issue frustrante de la partie. Jakub Hierman remonte vers la zone alsacienne, Rio sort pour le contrer, et se retrouve gêné par son défenseur revenu le soutenir, le grand diable logeant le palet sous les jambes du gardien (3-4 à 64’28 »).
Autant dire que l’allégresse finale des blancs et rouges (qui fêtent ainsi dignement le dernier match du cadre David Selin) contraste avec l’abattement des noirs et jaunes locaux. Une nouvelle fois, l’adage « dominer n’est pas gagner » a été vérifié, aux dépens du plus collectif, du plus rapide, du plus entreprenant et du plus vivant.
Pour Strasbourg (que ce soit l’équipe réserve, comme la « une » d’ailleurs), c’est donc une saison bien frustrante qui se termine à l’Iceberg, avec des réussites, mais pas suffisamment pour compenser les erreurs de jeunesse, quand bien même leur hockey volontaire, et de mouvement, est agréable à regarder. La haie d’honneur faite par tous ses potes, et sa future relève, à Ludovic Rio, jeune gardien retraité, officialisait dès lors la fin d’une époque, celle de la D2, amorcée sept ans plus tôt par le titre de champion de D3.
Valenciennes, quant à lui, surfe sur l’adage « seule la victoire est belle », et a maintenant toute l’intersaison pour méditer sur une manière plus attrayante et convaincante de gérer ses parties.
Strasbourg II – Valenciennes 3-4 après prolongation (1-0, 2-2, 0-1, 0-1)
Samedi 23 mars 2019 à 18h30 à la patinoire de l’Iceberg. 350 spectateurs.
Arbitrage de M. Gardiol assisté de MM. Thorrignac et Fauvel.
Pénalités : Strasbourg 12′ (2′, 6′, 4′, 0′) ; Valenciennes 16′ (6′, 2’+10′, 6′, 0′).
Tirs : Strasbourg 33 (12, 11, 10, 0) ; Valenciennes 29 (5, 9, 13, 2).
Évolution du score :
1-0 à 19’58 : Sarlin assisté de Morillon (sup. num.)
2-0 à 21’20 : Sarlin assisté de Rousseau
3-0 à 24’11 : Fritz-Dreysse assisté de Rousseau (sup. num.)
3-1 à 27’17 : Machacek assisté de Janos et Hierman (sup. num.)
3-2 à 32’43 : Zib assisté de Machacek et A. Harmegnies (sup. num.)
3-3 à 54’15 : Zib
3-4 à 64’28 : Hierman
Strasbourg II
Attaquants :
Hugo Sarlin – Samuel Rousseau – Eddy Thonnessen
Maël Lecomte (C) – Julien Baeumlin – David Fritz-Dreyssé
Karl Messinger – Arthur Pousse – Lucas Senechal
Défenseurs :
Aurélien Chausserie Laprée – Colin Morillon
Romain Bureau (A) – Peter Hupka
Lucas Turlure (ou Alastair Franc à 20′) – Aurélien Vinals
Gardien :
Ludovic Rio
Remplaçants : Thomas Mehl (G), Romain Schmitt, Théo Lobstein, Yssah Mensah.
Valenciennes
Attaquants :
François Marchal – Petr Zib (C) – Allan Harmegnies
Ales Machacek – Thybaud Rouillard – Arthur Delbecque
Jérôme Davoine – Mael Harmegnies – Jamie Mc Ilroy (A)
Défenseurs :
Lukas Janos, Guillaume Mameri, Louis Camurat, David Selin (A) et Jakub Hierman en rotation
Gardien :
Timothy Noting
Remplaçants : Axel Brassart (G), Théo Berdou.









































