Mondial féminin 2019 : présentation

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C’est une onde de choc qui a émoussé le hockey féminin à quatre jours du début des Championnats du monde féminins : les dirigeants de la CWHL ont fait savoir que leur ligue canadienne allait s’éteindre officiellement en mai prochain. La CWHL constituait l’un des deux circuits majeurs d’Amérique du Nord, mais la nouvelle direction à la tête de la ligue depuis la rentrée dernière n’a pas permis d’assurer une viabilité du circuit. Sa dissolution va laisser plus de 150 joueuses sur le carreau, qui se mobiliseront sans aucun doute pour trouver une solution. La NWHL représente pour l’heure la seule alternative sur le continent nord-américain, hors championnats universitaires, une alternative modeste avec seulement quatre équipes participantes, même si l’expansion vers le Canada pourrait devenir tentante.

Avec l’extinction de la CWHL, ne serait-ce pas temps de dégainer la fameuse grande ligue « pro » féminine tant souhaitée ? Le grand patron de la NHL Gary Bettman avait annoncé ces dernières années que, tant qu’il y aurait deux ligues actives en Amérique du Nord, la NHL ne s’impliquerait pas pour éviter de favoriser une ligue plutôt qu’une autre. La CWHL désormais hors-jeu, Bettman tendra-t-il une main aussi attendue que salutaire au hockey féminin ?

Avant de connaître la suite de ce feuilleton, il y a un Mondial élite féminin à disputer, le vingtième régi par l’IIHF, et que la ville finlandaise d’Espoo accueille pour la deuxième fois, vingt ans après le premier en 1999. Et à plus d’un titre, ce Mondial est historique. C’est d’abord, pour le hockey français, une première de se retrouver parmi les meilleures nations mondiales. Mais c’est aussi la première fois, chez les femmes, que le Championnat du monde élite se joue à dix nations. Entre 2004 et 2009, la top division du hockey féminin s’était élargie à neuf, avant de revenir à huit équipes.

L’élargissement à dix, qui sera désormais effectif aussi pour les tournois olympiques, témoigne d’une plus grande homogénéité du hockey féminin mondial, en dehors des superpuissances canadiennes et américaines qui dictent à chaque fois leur loi. L’IIHF souhaitait du renouvellement parmi l’élite, motivée par un nombre croissant de sélections féminines prenant part aux divers programmes. Mais l’élargissement à dix a un prix : ce n’est plus une seule équipe mais deux qui seront désormais reléguées en Division 1A.

Le nombre d’équipes a changé mais la formule demeure la même. Les nations sont réparties en deux groupes de niveau. Les équipes du groupe B (celui de la France) devront à la fois éviter la relégation et obtenir un ticket pour les quarts de finale. Les équipes du groupe A sont elles assurées de participer aux quarts, qu’importe leur classement. Des équipes qualifiées (et donc maintenues) d’office, la formule, visée à éviter trop de scores fleuves de la part du Canada et des États-Unis, demeure quelque peu douteuse sur le papier.

Groupe B

France

S’il y a une équipe pour laquelle l’élargissement de l’élite aura été le plus profitable, c’est bien la France. Les Bleues, dernières du Mondial D1A en 2017, avaient exprimé un ouf de soulagement à la suite du gel des relégations cette année-là (conséquence de l’élargissement de l’élite) avant de capitaliser sur ce maintien pour finalement remporter le Mondial D1A 2018 à domicile, à Vaujany. Cela a ainsi permis une performance unique dans l’histoire du hockey français : la sélection nationale féminine est en élite mondiale. Mais l’annonce de deux relégués lors de la réforme rend la tâche des Bleues particulièrement difficile, la France étant, pour cette édition 2019, la seule nation inexpérimentée à ce niveau. La bataille d’Espoo sera donc une bataille de tous les instants pour l’équipe entraînée par Grégory Tarlé.

Toutefois, ne dressons pas un tableau totalement noir. Cette accession au gratin mondial est une suite logique pour un groupe arrivé à totale maturité. C’est justement la force de cette équipe, elle peut compter sur un noyau solide et diversifié. La France est représentée par une gardienne multititrée en Suisse, Caroline Baldin, et une capitaine exemplaire, Marion Allemoz, auxquelles s’ajoutent Athéna Locatelli, Gwendoline Gendarmen Léa Parment, Lore Baudrit, Morgane Rihet, Betty Jouanny, Emmanuelle Passard, ainsi que Lara Escudero sacrée championne de Suisse avec Lugano. C’est ce noyau qui a permis la montée, de parfaitement assimiler la physionomie de jeu de Tarlé basée sur la solidité défensive et des transitions rapides, et de bien figurer en amical, et ce depuis de nombreuses années. D’ailleurs, la France a terminé sa phase préparatoire par une victoire contre l’Allemagne, qu’elle retrouvera lors de la dernière journée de la phase de groupe.

En plus d’un solide noyau, bon nombre de jeunes joueuses ressortent d’une saison intense. Aux côtés de Passard, Estelle Duvin et Jade Vix ont terminé à la troisième place du championnat universitaire canadien. Margot Desvignes (seulement 18 ans) s’est taillée une place de choix dans les lignes offensives de Neuchâtel en élite suisse avec 17 points en 20 matchs. Enfin, comment ne pas évoquer la trajectoire de Chloé Aurard, qui ressort d’une saison particulièrement productive en NCAA : près d’un point par match au compteur de l’attaquante iséroise de 20 ans, vainqueur avec la Northeastern University de la division Hockey East et quart de finaliste du championnat universitaire américain. À Espoo, Aurard, qui avait su profiter aux USA de son alchimie avec la Suissesse ultra-technique Alina Müller, sera probablement l’atout offensif numéro 1 des Bleues.

Aurard, Duvin, Desvignes, la nouvelle vague d’expatriées a apporté de l’épaisseur au noyau de l’équipe de France féminine, qui en aura bien besoin pour grappiller des points ici et là, et accomplir la mission maintien. On ressortira le traditionnel leitmotiv qui nourrit la sélection masculine à chaque Mondial élite : prendre les matchs les uns après les autres, et faire les comptes à la fin.

Programme de la France :
France – Japon (jeudi 4 avril, 17h00)
Tchéquie – France (vendredi 5 avril, 15h00)
France – Suède (dimanche 7 avril, 15h00)
Allemagne – France (lundi 8 avril, 17h00)

Tchéquie

Alors que l’équipe masculine fait partie des grandes nations, la sélection féminine tchèque ne peut prétendre à la même réputation. Les Tchèques ne se sont jamais qualifiées pour un tournoi olympique, et elles ont souvent fait l’ascenseur entre les divisions aux championnats du monde. L’élargissement à dix nations a été perçu comme une bénédiction puisque les Slaves, dernières des Mondiaux élite 2017, avaient profité du gel de la relégation et espèrent enfin s’installer durablement dans la top division.

Car les Tchèques ont toujours eu du mal à faire tomber les grandes nations du hockey, et ce ne sont pas les matchs amicaux de cette saison 2018-2019 qui prouveront le contraire. L’équipe entraînée par Petr Novák s’en remettra surtout à sa gardienne n°1, Klara Peslarová (collègue de Marion Allemoz, Lore Baudrit et Betty Jouanny au MODO) et à quelques pointures comme Aneta Tejralová, Aneta Lédlová, Denisa Krížová, Katerina Mrazova, et une nouvelle génération qui a incubé avec succès en NCAA, dont Anna Zíková, Tereza Vanišová et surtout Michala Pejzlová, qui a atteint la barre des 55 points en NCAA ces deux dernières années. Le groupe est jeune et aura à cœur de nourrir de nouvelles ambitions, et ce dès le premier match… contre la France (qui aura joué le Japon la veille).

Allemagne

On pourrait croire que l’Allemagne est l’équipe la plus accessible pour la France. Les Bleues étaient par exemple à un souffle de les battre lors du tournoi de qualification olympique de PyeongChang, et elles l’avaient même emporté en avril 2018 en amical à Besançon. On se rappellera néanmoins que les Allemandes avaient réalisé un parcours extraordinaire aux Mondiaux 2017 à Plymouth en atteignant les demi-finales, stade de la compétition qu’elles n’avaient jamais atteint… et alors qu’elles faisaient leur retour dans l’élite !

Aussi remarquable soit cette performance, elle sera bien difficile à rééditer. Parce qu’il n’y a pas véritablement de révolution du hockey féminin en Allemagne, si ce n’est la nomination de Christian Kunast, nouveau sélectionneur promu à ce poste depuis le 1er janvier après quatre saisons à le tête de la sélection U20. Le maintien demeurera l’objectif numéro 1 car ce groupe n’a qu’une faible marge de progression. On retrouvera des taulières comme les gardiennes expérimentées Jennifer Harss et Ivonne Schröder, et les Julia Zorn, Laura Kluge et Marie Delarbre devront mobiliser les troupes pour éviter la contre-performance.

Japon

Depuis sa participation régulière aux programmes féminins dans les années 90, le Japon s’est toujours battu pour coller à l’élite mondiale. À l’issue des Mondiaux D1A 2017 en Autriche, les Japonaises ont obtenu une nouvelle promotion, participant ainsi à sa huitième campagne mondiale élite, et elles ont terminé à une honorable sixième place aux Jeux olympiques de PyeongChang, obtenant d’ailleurs une victoire historique contre la Suède.

On retrouvera évidemment dans cette équipe du Japon la titulaire habituelle Nana Fujimoto, qui semble s’être bien remise d’une grave blessure à l’épaule à PyeongChang. Shoko Ono à la retraite après les JO 2018, Hanae Kubo, l’expérimentée de 36 ans qui disputera son douzième championnat du monde, est la grande sœur de cette troupe nippone. Évidemment, la surnommée « Smile Japan » ne se résume pas à ces deux figures puisque le leadership est également assumé par Akane Hosoyamada, Shriori Koike, Ayaka Toko, Chiho Osawa, Haruna Yoneyama et Rui Ukita, qui tiennent toutes une place importante dans le jeu. Un jeu rapide et techniquement redoutable pour une équipe très expérimentée, que la France devra apprivoiser.

Suède

Le hockey suédois féminin a cette contradiction. Il dispose de l’un des meilleurs championnats, la SDHL fortement internationalisée avec bon nombre de joueuses de classe mondiale. Mais son équipe nationale fait du surplace depuis plusieurs années. La Damkronorna n’a fini qu’à la septième place des Jeux olympiques de PyeongChang, et cela va faire dix ans qu’elle n’a pas accédé aux demi-finales des championnats du monde.

Incontestablement, la Suède avait besoin d’un nouveau souffle. Exit le coach très médiatique Leif Boork, Ylva Martinsen, deux fois médaillée aux Jeux olympiques, lui succède derrière le banc et tentera de redorer le blason des trois couronnes. Martinsen disposera de quelques valeurs sûres, comme la gardienne Sara Grahn, Pernilla Winberg, Emma Nordin, Lisa Johansson, Erika Grahm ou Fanny Rask (la grande-sœur du NHLer Victor), mais aussi d’une nouvelle génération qui devrait permettre à la Suède d’obtenir davantage de rayonnement. Demi-finaliste en 2016 et 2017 puis finaliste en 2018, l’équipe U18 a accouché de quelques perles parmi lesquelles Ebba Berglund, Jessica Adolfsson, Hanna Olsson, Celine Tedenby, Sara Hjalmarsson. Il y a aussi Lina Ljungblom qui constitue, à 17 ans, probablement le plus grand espoir de la sélection. Les dernières années n’ont pas été reluisantes mais Martinsen peut composer avec des bases solides et prometteuses, de quoi lui permettre aussi d’instaurer aux Mondiaux un jeu qu’elle souhaite plus créatif. Il ne serait donc pas étonnant de voir les Suédoises dans le dernier carré.

Groupe A

Suisse

La cinquième place de la Suisse aux Jeux olympiques de Pyeongchang a eu pour conséquence de gagner une place au classement IIHF et d’atteindre le cinquième rang, la meilleure performance de leur histoire. Et cela a donc permis à la Suisse de se joindre au groupe A, promis aux Suédoises avant les JO et où l’on retrouve les qualifiées d’office pour les quarts de finale. Déjà qualifiée, c’est bon à prendre pour la Frauen-Nati entraînée par Daniela Diaz qui entame un renouvellement particulièrement difficile.

La Suisse doit désormais faire sans Christine Meier, Sara Benz et Anja Stiefel, mais surtout l’emblématique gardienne Florence Schelling, qui était de toutes les campagnes depuis 2004. C’est dire la pression qui attend les gardiennes qui lui succéderont : Andrea Brändli et Janine Alder, toutes deux engagées en NCAA avec de bonnes statistiques. La star Schelling a raccroché, mais une nouvelle star helvète explose. Alina Müller (convertie en Mueller aux USA), 20 ans, a été élue meilleure attaquante à PyeongChang et elle a épaté la galerie cette saison en NCAA aux côtés de la bleue Chloé Aurard. Aucun doute, Müller sera une joueuse majeure du hockey féminin pour la décennie à venir. Et le retour en santé inattendu d’une autre star offensive, Lara Stalder, après une grave blessure à l’épaule sera précieux pour cette jeune sélection à la croix blanche.

Russie

Demi-finaliste de quatre des six dernières compétitions internationales, la Russie poursuit sa tentative de rapprochement parmi les meilleures des meilleures. Et la préparation cette saison s’est parfaitement déroulée, avec notamment deux tournois internationaux aboutis en novembre et février (celui de décembre étant réservée à l’équipe B) : 6 victoires, 0 défaite, 29 buts marqués pour 6 encaissés. Et aux Universiades d’hiver (des JO organisés par la fédération internationale des sports universitaires) disputés le mois dernier, les Russes ont décroché l’or avec plusieurs membres qui seront également présentes à Espoo.

Élue meilleure attaquante du tournoi final à Dmitrov et déjà très en vue au dernier tournoi olympique de PyeongChang, Anna Shokhina a montré qu’elle pouvait devenir la locomotive qu’il fallait à la Russie. Cette jeune femme de 21 ans sera l’atout n°1 d’une Sbornaïa féminine qui comptera également sur Olga Sosina, Yelena Dergachyova, Maria Balatova. Devant les filets, la passation de pouvoir entre les deux Nadezhda, l’expérimentée Aleksandrova et la jeune Morozova, a été consommée. Les Russes n’ont désormais qu’un seul souhait : bousculer les deux puissances nord-américaines.


Finlande

Bousculer le bloc nord-américain, la Finlande y songe également, et avec peut-être davantage d’arguments que la Russie. Le coach Pasi Mustonen, dont le mandat a été prolongé jusqu’en 2022, disposait de deux gardiennes de grande classe, avec Noora Räty et Meeri Räisänen, mais finalement cette dernière n’a pas pu se remettre d’une blessure contractée en janvier. Räty, qui a réalisé deux dernières saisons solides en CWHL, a le champ libre, avec devant elle l’une des meilleures défenseures au monde, Jenni Hiirikoski qui a fini à seulement 1 point de la meilleure marqueuse de la saison régulière du championnat suédois. L’offensive est toujours menée par Michelle Karvinen, Susanna Tapani, Venla Hovi et la quadragénaire Riikka Sallinen (ex-Välilä car mariée depuis 2018), qui aura à cœur de terminer sa carrière sur une bonne note, elle qui avait loupé les Mondiaux d’Espoo en 1999 à cause d’une blessure. Quel beau pied de nez !

Et une nouvelle génération talentueuse s’est déjà immiscée dans le groupe. Citons notamment Ronja Savolainen, Petra Nieminen et un joyau de 17 ans nommé Elisa Holopainen. Cette dernière était la meilleure marqueuse et a été nommée meilleure attaquante du dernier Mondial U18. Plus en vue que les rivales suédoises, les Lionnes ont fini en bronze lors de trois des quatre dernières compétitions internationales. Mais avec 18 joueuses de PyeongChang et l’équipe la plus mobile et la plus compétitive de l’histoire (dixit le coach Mustonen), elles auront davantage d’appétit.

Canada

En près de trente ans de compétitions internationales, le Canada a toujours été finaliste des Mondiaux et des tournois olympiques. On pourrait se dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf que les victoires successives des grandes rivales américaines ces dernières années ont assombri le ciel. Les Canadiennes se sont inclinées lors de sept des huit derniers championnats du monde, dont les quatre derniers, et la grande vengeance attendue à PyeongChang n’a pas eu lieu, sacre olympique également remporté par les Américaines.

Derrière le banc, Laura Schuler, qui n’est pas parvenue à mener l’équipe à l’or, a cédé sa place au très expérimenté Perry Pearn, 67 ans et une longue carrière de coaching, notamment auprès de cinq équipes NHL. Son objectif : donner un « push », une impulsion nécessaire à cette équipe pour retrouver les joies d’un titre. Pearn avouait d’ailleurs au Toronto Star qu’une remise en question était essentielle, prenant l’exemple du succès de Washington et du cas Ovechkin.

Le Canada s’est donc lancé dans une nouvelle mission commando pour démolir l’hégémonie américaine. La Rivalry Series de février face aux États-Unis est tombée à pic pour se rassurer puisque Marie-Philip Poulin et ses coéquipières l’ont remportée 2 manches à 1. Mais évidemment, on sait pertinemment que les résultats obtenus en préparation n’ont aucune valeur, seule la compétition compte. On se rappellera d’ailleurs que le Canada avait un excellent bilan, en particulier aux dépens des USA, avant la campagne de PyeongChang.

Lors de la Rivalry Series, Shannon Szabados a tout de même obtenu son 18e blanchissage, le deuxième meilleur total de l’histoire de la sélection. Élue meilleure gardienne en NWHL cette saison, Szabados demeure donc encore aujourd’hui un gage de solidité devant la cage, depuis dix ans maintenant. Mais l’Albertaine de 32 ans aura fort à faire avec Emerance Maschmeyer, meilleure gardienne du Mondial 2016 mais bizarrement écartée de la sélection olympique de PyeongChang. À 24 ans, Maschmeyer est animée d’un esprit de revanche, c’est ce qu’il faudra d’ailleurs à cette équipe.

Car d’un point de vue qualitatif, il n’y a absolument rien à redire sur la constellation d’étoiles que possède le Canada : outre Szabados, Poulin et Mashmeyer, on retrouvera encore les Renata Fast, Laura Fortino, Jocelyne Larocque, Mélodie Daoust, Brianne Jenner, Rebecca Johnston, Natalie Spooner et cie. Rien à envier aux reines américaines, et leur attitude au combat sera déterminante pour effacer cette spirale négative.

États-Unis

Quadruples championnes du monde en titre et une médaille d’or récoltée à PyeongChang vingt ans après l’unique sacre olympique de Nagano, les Américaines ont désormais, incontestablement, une incroyable emprise sur le hockey féminin. Malgré tout, USA Hockey ne laissera aucunement l’occasion de rester sur ses acquis. L’ex-NHLer Bob Corkum a remplacé Robb Stauber à la tête de la sélection, une sélection qui devra se débrouiller sans deux cadres essentielles. Les jumelles Lamoureux, Jocelyne et Monique, ont toujours tout fait ensemble, les voilà mamans après les succès mondiaux et olympique, et donc en break maternité. Le capitanat reviendra cette fois-ci à Kendall Coyne Schofield, dont les coups de patin supersoniques au dernier All-Star Game NHL avaient impressionné. Un beau symbole.

La base de PyeongChang est conservée avec quatorze championnes olympiques, dont les têtes d’affiches Hilary Knight, Dani Cameranesi, Brianna Decker, Megan Keller ou Kacey Bellamy. Il sera intéressant de voir dans quelle forme se présentera Amanda Kessel, handicapée par le passé par une commotion cérébrale et plutôt discrète à PyeongChang. « AK28 » totalise 24 points en 15 matchs aux Mondiaux et, en forme, elle constitue une arme redoutable.

Dans cet effectif, signalons tout de même que six joueuses feront leurs débuts aux championnats, mais signalons également le retour de deux pointures. Contre toute attente, Stauber avait écarté l’attaquante Alex Carpenter et la défenseure Megan Bozek de la liste olympique. Son successeur Corkum a décidé de les réintégrer.

La jeune Maddie Rooney avait réussi une sensationnelle performance en 2018 en s’accaparant le poste de titulaire à PyeongChang et en menant son équipe jusqu’à l’or. Mais le nouveau sélectionneur a semble-t-il préféré redonner les clefs de la cage US à Alex Rigsby, qui a gagné sa confiance au tournoi des quatre nations et lors de la Rivalry Series. Se tourner vers des valeurs sûres plutôt que de prendre des risques, ce sera peut-être le credo de Corkum à Espoo.

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