France – Lettonie (Euro Challenge à Méribel)

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Comme prévu, après avoir commencé avec les jeunes, Philippe Bozon a convoqué tous les meilleurs joueurs disponibles pour la préparation aux championnats du monde qui a pleinement commencé cette semaine. Il a ainsi défini son équipe-type, dans laquelle ne figurent plus des vétérans de l’ère Henderson comme Damien Raux – on s’y attendait – mais aussi Loïc Lampérier. Pour autant, l’effectif tricolore ne ressemble pas à l’équipe rêvée. Les habituelles stars du hockey français sont blessées (Auvitu, Roussel, et actuellement Stéphane Da Costa incertain). Les play-offs NHL occupent encore Bellemare mais aussi Alexandre Texier qui réussit des débuts outre-Atlantique au-dessus de toutes les espérances depuis quelques semaines. Seuls Ronan Quemener, Thomas Thiry et Jordann Perret sont des renforts certains. Il s’agit donc pour les joueurs présents de démontrer leur leadership en l’absence des habituels meneurs. On attend beaucoup de Charles Bertrand, qui n’a jamais trouvé sa place avec les précédents sélectionneurs et à qui Philippe Bozon confie des responsabilités en première ligne.

La Lettonie, qui joue son premier match de préparation, est bien plus éloignée de sa composition finale. Le principal absent n’est autre que… son coach Bob Hartley, qui dispute actuellement la finale de KHL avec l’Avangard Omsk (dont la défaite face au CSKA sera connue pendant le match). Son adjoint Artis Ābols le remplace. Les Baltes se sont déplacés avec pas mal de jeunes, et la présence méritée d’Elvijs Biezais, qui a effectué une solide saison de Ligue Magnus avec Gap. Plusieurs cadres comme les frères Bukarts sont restés à la maison. Les piliers qui ont fait le déplacement sont le défenseur Arturs Kulda et le gardien Kristers Gudlevskis, qui doivent jouer cette première rencontre mais être reposés après-demain.

C’est pourtant jutement Gudlevskis, rentré cette saison au Dinamo Riga après cinq années d’AHL (et 3 matches de NHL avec Tampa Bay), qui met son équipe dans la panade en se faisant hara-kiri sur une relance dès la première minute : un but-cadeau offert à Charles Bertrand. Si l’ouverture du score a été offerte sur un plateau avant que les efforts ne commencent vraiment, l’équipe de France effectue un début de match sérieux, avec une bonne intensité et des passes nettes. La seule alerte est une charge code en avant sur Damien Fleury, qui se relèvera heureusement. La constance de la domination des Bleus, avec des séquences de pression collective de chaque ligne, est récompensée à la dernière minute du tiers. Anthony Rech, que l’on attend en buteur au vu de son efficacité en DEL, met le rebond au fond après un lancer axial de la ligne bleue de Pierre Crinon.

La France a le match à sa main, mais elle doit rester vigilante en contre-attaque. En début de deuxième période, Edgars Kulda part à 2 contre 1 : le défenseur couvre la passe et Florian Hardy repousse le palet de l’épaule. Mais aux alentours de la mi-match, les Bleus commencent à subir le jeu pour la première fois. Antonin Manavian se laisse aller à dribbler devant sa cage et se fait prendre le palet par Emils Gegeris qui le donne à Oskars Batna : le tir fusille Hardy à mi-hauteur (2-1). L’équipe de France réagit vite par une occasion de Valentin Claireaux.

Sans évoluer au-dessus de son niveau, la Lettonie sait être disciplinée. Elle ne concède une pénalité que quand elle y est forcée, lorsqu’Edgars Kulda donne un coup de hache sur la crosse de Pierre Crinon, parti seul au but à sa propre sortie de prison. Les Bleus ont de plus en plus de déchet, à l’instar de Teddy Da Costa près de son but qui donne une occasion à Biezais. Le jeu plus décousu et plus ouvert de ce troisième tiers-temps n’est pas une bonne nouvelle pour la France, qui maîtrise bien moins son jeu qu’en début de soirée. Elle le paye cher : la passe de derrière la cage de Maris Bicevskis, destiné à Jefelejevs, ricoche sur le patin du malheureux Crinon qui marque contre son camp (2-2). Il aura malheureusement fallu attendre cette égalisation pour que les Bleus redeviennent conquérants, un peu tard dans la dernière minute, avec un tir de Bertrand dans le petit filet.

On passe donc à la prolongation à 3 contre 3. Hecquefeuille et Bertrand arrivent à se sortir, carbonisés, d’une longue séquence défensive dans leur zone. Il n’y a pas d’occasion pendant longtemps, notamment parce que Baazi, idéalement servi en retrait, n’ose pas tirer. Ce sont les joueurs de quatrième ligne qui signent la meilleure présence : Peter Valier signe deux excellentes passes pour Eliot Berthon, d’abord un passe levée en profondeur pour l’envoyer en échappée, puis un décalage au poteau opposé avec la cage ouverte… que le joueur de Genève-Servette manque. Néanmoins, Berthon a été accroché sur la première de ces deux actions, et les arbitres ont signalé un tir de pénalité. Anthony Rech est chargé de le tirer, il tente un mouvement gauche-droite sans faire perdre ses appuis à Gudlevskis qui bloque le tir du revers entre ses jambières.

C’est un petit avantage psychologique pour le gardien letton avant la séance décisive de tirs au but. Florian Hardy arrête d’abord de la mitaine le tir de Jelisejevs, mais Gudlevskis repousse lui aussi du gant la tentative de Peter Valier. Dzierkals mime une feinte et laisse le palet glisser dans les bottes de Hardy. Le portier du Dinamo Riga repousse le tir de Bertrand avec le bouclier, ce que ne réussit pas à faire Hardy devant Edgars Kulda. On en est alors à 2-0 pour la Lettonie, mais Anthony Rech, désireux d’effacer son échec de la prolongation, maintient l’espoir en se mettant sur son revers pour lever le palet qui touche même la barre transversale. Néanmoins, les dernières tentatives de Bicevskis, Bozon, Krastenbergs ou Bouvet échouent toutes dans les bottes des gardiens, ce qui donne la victoire aux Lettons.

Cette défaite est gênante pour l’équipe de France face à une équipe largement à sa portée. Elle avait tout pour s’imposer dans ce match, mais a eu du mal à maintenir son intensité, qu’elle n’a retrouvée après s’être fait rejoindre. Entre-temps, elle a commis des erreurs individuelles à proscrire au niveau international. Du travail en perspective pour Philippe Bozon avant la revanche après-demain à Grenoble.

Commentaires d’après-match (dans L’Équipe)

Philippe Bozon (entraîneur de la France) : « On a bien entamé le match, on a réussi un bon premier tiers, et pas seulement parce que l’on menait au score. On était bons dans l’intention, dans la tactique, bien en place. Ensuite, c’est devenu plus compliqué, il y a eu des erreurs dans ce système, mais c’est normal, on a peu d’entraînements ensemble. Les joueurs travaillent fort et continuent de s’améliorer. »

France – Lettonie 2-2 (2-0, 0-1, 0-1) / 1-2 aux tirs au but
Vendredi 19 avril 2019 à 20h15 au Parc olympique de Méribel. 1000 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Jimmy Bergamelli (FRA) assistés de Nicolas Constantineau et Gwilherm Margry (FRA).
Pénalités : France 8′ (2′, 4′, 2′) ; Lettonie 6′ (4′, 0′, 2′).
Tirs : France 24 (10, 8, 5, 1) ; Lettonie 15 (4, 5, 3, 3).

Évolution du score :
1-0 à 00’36 : Bertrand assisté de Guttig et Crinon
2-0 à 19’33 : Rech assisté de Crinon et T. Bozon
2-1 à 30’51 : Batna assisté de Gegeris
2-2 à 55’18 : Bicevskis

Tirs au but :
Lettonie : Jelisejevs (arrêté), Dzierkals (réussi), E. Kulda (réussi), Bicevskis (arrêté), Krastenbergs (arrêté).
France : Valier (arrêté), Bertrand (arrêté), Rech (réussi), T. Bozon (arrêté), Bouvet (arrêté).

France

Attaquants :
Sacha Treille (+1, 2′) – Anthony Guttig (+1) – Charles Bertrand (+1)
Tim Bozon – Valentin Claireaux – Anthony Rech
Cédric Di Dio Balsamo – Teddy Da Costa – Damien Fleury
Eliot Berthon (-1) – Maurin Bouvet (-1) – Peter Valier (-1)

Défenseurs :
Pierre Crinon (+1, 2′) – Kévin Hecquefeuille (+1)
Olivier Dame-Malka (-1) – Antonin Manavian (-1, 4′)
Kévin Dusseau – Jonathan Janil
Aziz Baazzi

Gardien :
Florian Hardy

Remplaçant : Henri-Corentin Buysse (G). En réserve : Sebastian Ylönen (G), Florian Chakiachvili, Hugo Gallet, Nicolas Ritz, Guillaume Leclerc.

Lettonie

Attaquants :
Edgars Kulda (+1, 4′) – Māris Bičevskis (+1) – Nikolajs Jeļisejevs (+1)
Renārs Krastenbergs (-1, 2′) – Artūrs Ozoliņš (2′) – Mārtiņš Dzierkals (-1)
Emils Ģēģeris (+1) – Oskars Batņa (+1) – Rihards Merenis
Elvijs Biezais – Daniels Bērziņš – Gunārs Skvorcovs
Roberts Lipsbergs

Défenseurs :
Artūrs Kulda – Uvis Balinskis
Roberts Mamčics (+2) – Krišjānis Rēdlihs (+1)
Hugo Jansons (-1) – Ēriks Ševčenko
Renārs Kārkls – Tomass Zeile

Gardien :
Kristers Gudļevskis

Remplaçant : Gustavs Davis Grigals (G). En réserve : Artūrs Salija, Egils Kalns.

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