France – Allemagne (Mondial U18 2019, division 1A, 5e journée)

Les Bleus par la petite porte

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Les Bleus ont dû trembler en regardant la rencontre Norvège-Ukraine du début d’après-midi, car il s’en est fallu de très peu pour que l’Ukraine n’accroche des prolongations à l’issue incertaine. En cas de victoire en prolongation ou aux tirs au but, l’Ukraine aurait mis les Bleus en position de relégable juste avant un match de tous les dangers face à l’Allemagne. Mais à sept secondes de la fin du temps réglementaire, les Norvégiens ont marqué, assurant du même coup le maintien à la France, quel que soit le résultat de ce soir. Plus tard dans l’après-midi, le Kazakhstan a arraché la deuxième place au Danemark qui finit troisième. Les Allemands eux, sont déjà assurés de finir premiers et de monter dans l’élite mondiale.

Cette dernière rencontre de la compétition n’a donc plus aucun enjeu. Les Bleus vont tout de même essayer de faire bonne figure après avoir encaissé trois défaites d’affilée face au Kazakhstan (2-7), la Norvège (2-3) et le Danemark (3-5). Histoire de terminer ces championnats du monde plutôt ratés sur une bonne note.

Comme on pouvait s’y attendre, les Allemands mettent d’entrée une grosse pression dans la zone défensive française. Mais surprise, c’est Tomasino qui ouvre rapidement le score d’un lancer du poignet à mi-distance après avoir fait le tour de la zone offensive (1-0, 01’49). Les Français sont bien en ce début de rencontre : une passe en retrait d’Allais pour Mainot aurait pu permettre à ce dernier de double le score mais Tiefensee ne se laisse pas surprendre.

Les Allemands réagissent rapidement avec Tim Stützle qui se présente face à Valentin Duquenne. Schmitt retient Stützle ce qui aide Duquenne à faire l’arrêt mais le défenseur tricolore est pénalisé sur l’action. Sur le power-play, les Allemands monopolisent le palet et Stützle se trouve bien placé à bout portant mais Duquenne repousse. Sur une belle passe en retrait de Schmacher, Nijenhuis reprend devant le slot mais le palet est repoussé par Duquenne. Les Français tuent la pénalité. Mais à cinq contre cinq, ce sont des vagues incessantes qui se dirigent vers la cage tricolore. Les Bleus résistent héroïquement jusqu’à une perte de palet d’Enzo Baravaglio en zone défensive, Nino Kinder s’en saisit et va battre Duquenne de près (1-1, 11’33).

Cette égalisation logique permet aux Allemands d’accentuer leur domination. Stützle fait un festival en zone offensive. Duquenne, très sollicité, multiplie les arrêts. Mais il cède sur un lancer anodin dans l’axe de Simon Gnyp en contrôlant mal le tir avec sa mitaine, le palet retombant en cloche derrière la ligne (1-2, 14’45). À peine l’engagement donné, Lukas Reichel place une accélération foudroyante, laisse sur place Christophe Tiramani et bat Duquenne d’une double feinte (1-3, 15’03). Sacré exploit individuel de l’attaquant allemand qui a profité de la passivité de la défense française.

Après ce double coup de massue, les Bleus essaient de réagir avec Flavian Dair qui s’y prend à deux fois pour lancer à la cage. Steven Raabe se retrouve à deux fois en bonne position pour lancer à la cage. Sur son deuxième lancer, Boscq est touché par le palet au niveau du poignet et doit sortir en grimaçant. Fébriles dans leur zone défensive, les Français perdent parfois le palet dangereusement dans leur zone défensive. Elias Lindner puis Jan Nijenhuis se retrouvent en très bonne position mais le premier se heurte à Duquenne et le second croise trop son tir. En fin de tiers, Raabe et Baravaglio s’accrochent mutuellement et partent ensemble en prison juste avant le coup de sirène.

Les Bleus commencent bien la deuxième période avec une belle combinaison entre Schmitt et Quattrone, qui voit son lancer repoussé par Tiefensee. Même si Glotzl parvient à lancer à la cage, les Tricolores sont plutôt bien en place défensivement en ce début de tiers. Lukas Reichel accélère et parvient à lancer en angle fermé mais Duquenne ne se laisse pas surprendre. Une belle action de Dair pousse Glotzl à la faute. Cette première supériorité numérique est plutôt bien gérée par les Bleus qui se retrouvent plusieurs fois en position de tir par Allais et Schmitt notamment mais Tiefensee bloque bien le palet sans laisser de rebond.

De retour à cinq contre cinq, les Allemands passent tout de suite à l’offensive : Florian Elias passe en retrait pour Jakub Borzecki, le lancer de la bleue de ce dernier est repoussé par Duquenne qui s’oppose ensuite à Reichel au rebond. Les Bleus sont poussés à la faute et Daita est envoyé en prison. Un premier lancer de Stützle sur le power-play est repoussé par Duquenne. Et sur une passe transversale parfaite de Kinder, Lindner trompe Duquenne d’un one timer (1-4, 29’55).

Les Allemands essaient d’enfoncer le clou avec une échappée d’Alberg mais Duquenne repousse. Puis Varejcka tergiverse trop avant de lancer à la cage. C’est de nouveau un jeu d’attaque-défense auquel on assiste avec des Allemands qui monopolisent la rondelle et des Français qui défendent. Volek et Kinder combinent bien à 2 contre 1 mais cette fois la finition fait défaut. Sur un contre français, Quattrone tente de glisser le palet entre les jambes de Tiefensee qui ne se laisse pas surprendre.

Plus collectifs, les Allemands manquent une nouvelle fois la finition avec Tim Stützle qui n’arrive pas à redresser le palet. Mais ils arrivent à marquer sur une magnifique passe en profondeur de Lindner pour Peterka. Ce dernier feinte Duquenne qui arrive tout de même à repousser de la jambière… dans la crosse de Borzecki qui n’a plus qu’à pousser au fond (1-5, 36’11). L’Allemagne ne s’arrête pas pour autant. Elle marque un nouveau but sur une accélération de Stützle qui trouve Schumacher, esseulé devant le slot au milieu d’une défense française apathique (1-6, 37’11). Les Allemands continuent leur récital jusqu’à la fin du tiers en ayant encore plusieurs occasions d’alourdir la marque.

Changement de gardien au début de la troisième période. Mongellaz remplace Duquenne devant les cages françaises. Il ne lui faut pas longtemps pour se mettre en action puisque dès le coup d’envoi, Kinder vient frapper à la porte dans le slot. Les Bleus n’ont plus grand-chose à espérer si ce n’est faire bonne figure. Les Tricolores subissent moins en ce début de troisième tiers et Dubé lance à la cage suite à une belle accélération. Schumacher lui répond du tac ou tac mais son lancer en très bonne position est contré au dernier moment.  Les Français reprennent des couleurs offensivement avec un bon lancer de Allais dévié au passage par Guer. Les Bleus sont finalement récompensés de leur bonne période sur une passe en retrait de Proux pour Dubé qui arrive lancer et transperce Tiefensee d’un joli one timer (2-6, 50’31). Encouragés par ce but, les Français se portent de nouveau à l’offensive avec Tomasino qui tente par deux fois de battre Tiefensee, sans succès.

Les Allemands continuent d’attaquer même si la victoire est acquise depuis longtemps. Mais ce sont les Bleus qui marquent de nouveau avec une très belle combinaison à trois : Baravaglio décale Guer qui trouve devant la cage Mainot, et celui-ci feinte Tiefensee et dévie victorieusement le palet (3-6, 56’23). Les Bleus ont relevé la tête mais vont lâcher complètement dans la dernière minute : une perte de palet à la ligne bleue alors qu’ils étaient à l’offensive est sanctionnée par Alberg qui part en breakaway et bat Mongellaz de près (3-7, 59’31). Erreur d’inattention de la défense française qui connaît un véritable naufrage dans cette fin de match : une passe de Cirgues arrive directement dans la palette de Peterka (3-8, 59’40). Et comme si cela ne suffisait pas, Fabjon Kuqi offre un neuvième but à l’Allemagne en contournant la cage face à une défense française complètement démobilisée (3-9, 59’52). Triste épilogue pour les Bleus qui en l’espace de vingt et une secondes se couvrent de ridicule et perdent tout le bénéfice de leur bon troisième tiers-temps.

Sans surprise, l’Allemagne a assumé son statut de meilleure équipe de la compétition et a justifié sa promotion en élite mondiale la saison prochaine. Plus rapides, plus collectifs, plus précis et plus puissants, les Allemands ont dominé de la tête et des épaules une équipe de France courageuse mais limitée offensivement malgré un bon troisième tiers-temps avec deux beaux buts de Mainot et Dubé. Défensivement, les Bleus n’ont guère été à la fête ce soir avec parfois une énorme passivité devant le slot où les Français, pris de vitesse, ont été souvent plus spectateurs qu’acteurs, en particulier dans la dernière minute du match.

Au final, les Bleus terminent leur championnat du monde par une piètre cinquième place avec un bilan de quatre défaites en cinq rencontres. Ils ne doivent leur maintien qu’à une victoire acquise après prolongation lors de la première journée face à l’Ukraine, promue à ce niveau et qui va faire l’ascenseur vers la D1B. Pas brillant, surtout que le collectif a été à la peine à l’image des unités spéciales qui ont connu des ratés. Les Bleus s’en sont remis à quelques individualités pour marquer, notamment Pierrick Dubé qui avec 7 pts a largement dominé les compteurs du côté des Bleus. Derrière lui c’est le désert ou presque… Mainot (2 pts), Quattrone (1 pt), Tomasino (3 pts), Proux (2 pts), Dair (1 pt) et Guer (2 pts) n’ont pas produit autant qu’espéré. Et du côté des défenseurs, peu ont émergé et la plupart ont été en difficulté pendant la compétition. Idem pour les gardiens qui ont connu des performances irrégulières dans un contexte il est vrai compliqué.  Un petit cru donc, mais contrairement aux U20, les U18 ont au moins réussi à se maintenir en D1A.

Désignés joueurs du match : Hugo Proux (France U18) et Nino Kinder (Allemagne U18).

(Photos Philippe Crouzet)

 
France U18 – Allemagne U18 3-9 (1-3, 0-3, 2-3)
Samedi 20 avril 2019 à 19h30 la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 868 spectateurs.
Arbitrage d’Andrea Benvegnu (ITA) assisté de Nicholas Briganti (USA) et Jiri Svoboda (TCH).
Pénalités : France 6’ (4’, 2’, 0’), Allemagne 4’ (2’, 2’, 0’).
Tirs : France 28 (8, 6, 14), Allemagne 53 (20, 19, 14).

Évolution du score :
1-0 à 01’49 : Tomasino assisté de Dubé
1-1 à 11’33 : Kinder assisté de Volep et Gnyp
1-2 à 14’45 : Gnyp assisté de Kinder
1-3 à 15’03 : Reichel assisté de Kinder et Szuber
1-4 à 29’55 : Lindner assisté de Kinder et Szuber (sup. num.)
1-5 à 36’11 : Borzecki assisté de Peterka et Lindner
1-6 à 37’11 : Schumacher assisté de Stutlze et Gnyp
2-6 à 50’31 : Dubé assisté de Proux
3-6 à 56’23 : Mainot assisté de Guer et Baravaglio
3-7 à 59’31 : Alberg assisté de Varejcka et Elias
3-8 à 59’40 : Peterka assisté de Flade
3-9 à 59’52 : Kuqi assisté de Szuber

France U18

Attaquants :
22. Pierrick Dubé – 15. Axel Tarabusi – 10. Quentin Tomasino
6. Timothé Quattrone (C) – 14. Hugo Proux – 23. Flavian Dair
5. Paulin Mainot – 7. Enzo Baravaglio (2’) – 16. Samuel Guer (A)
24. Théo Gueurif – 18. Emmanuel Navarro – 13. Matteo Daita (2’)
19. Baptiste Léo

Défenseurs :
12. Jules Boscq (A) – 21. Mathias Thomas
9. Louis Cirgues – 4. Charles Schmitt (2’)
2. Guillaume Leucht – 17. Hugo Allais
3. Christophe Tiramani

Gardien :
1. Valentin Duquenne puis à 40’00 25. Tristan Mongellaz

Allemagne U18

Attaquants :
22. Lukas Reichel – 24. Justin Volek – 14. Nino Kinder
10. Jan-Luca Schumacher – 8. Tim Stützle – 23. Jan Nijenhuis (A)
7. Florian Elias – 17. Filip Varejcka – 9. Manuel Alberg (A)
13. Fabjon Kuqi – 15. Elias Lindner – 18. John Peterka

Défenseurs :
11. Simon Gnyp (C) – 19. Maksymilian Szuber
3. Niklas Heyer – 16. Jakub Borzecki
5. Maximilian Glotzl (2’) – 12. Steven Raabe (2’)
2. Moritz Raab – 6. Lucas Flade

Gardien :
25. Arno Tiefensee

Remplaçant : 1. Tobias Ancicka (G).

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