Slovaquie – Norvège (match de préparation à Michalovce)

145

La pression monte en Slovaquie à l’aube des championnats du monde dont le début aura lieu ce vendredi à Bratislava et Košice. Lundi, les deux patinoires ont été officiellement présentées à la presse, notamment les vestiaires principaux qui ont revêtu les couleurs de la République tchèque et de la Russie dans la capitale et celles de la Double-Croix dans la deuxième ville du pays. Les Slovaques ont effectué leur premier entraînement dans la Steel Aréna en prévision du match contre la Norvège, le dernier d’une longue série de neuf rencontres entamée il y a un mois contre d’autres Scandinaves, les Suédois.

Après Piešťany, Trenčín, Nitra et Poprad samedi, c’est au tour de Michalovce, non loin de la frontière ukrainienne, de recevoir la sélection nationale dans une tournée pré-mondiale qui se rapproche donc progressivement du point névralgique de la compétition. La petite ville, située à une soixantaine de kilomètres à l’est de Košice, a récemment fait parler d’elle lorsque son club, le Dukla, champion de deuxième division, a validé son ticket pour l’élite la saison prochaine en évinçant Žilina à l’issue des barrages d’Extraliga. L’équipe de Slovaquie devrait y recevoir un soutien plus que chaleureux dont le šaľený východ (« l’Est délirant ») a le secret.

À l’inverse de la Norvège, qui a déjà divulgé son effectif pour le Mondial avant son arrivée sous les Tatras, le staff slovaque attend le dernier moment pour donner son verdict quand aux heureux élus. Il lui faut notamment apprécier le comportement de Patrik Rybár, le gardien de Grand Rapids Griffins (AHL), déjà parmi ses compatriotes samedi contre la Grande-Bretagne mais qui n’avait pourtant pas pu être sur la feuille de match car ses bagages, en provenance des États-Unis, s’étaient perdus en chemin et tout son équipement avec. Deux éléments offensifs n’ont pas encore eu l’occasion de se présenter en préparation : Libor Hudáček, finaliste malheureux avec Liberec dans la finale tchèque, est malade et le dernier venu Michal Krištof, lui aussi battu avec Kärpät en Finlande, vient juste de revenir au bercail.

Portée par un Tomáš Tatar qui perce de suite la défense norvégienne, la Slovaquie démarre très fort. Sur le premier engagement, Erik Černák envoie depuis la ligne bleue un palet flottant dévié par l’épaule du capitaine adverse Jonas Holøs dans son propre filet (1-0, 00’22). C’est déjà l’euphorie et dans les tribunes et sur la glace. Le tour de cage de Marek Ďaloga est difficilement contenu au poteau gauche par Henrik Haukeland et Michal Čajkovský insiste dans la foulée (01’38). Marko Daňo intercepte le palet en zone neutre et s’échappe mais vise directement la mitaine du portier scandinave, qui aurait pu espérer entame plus tranquille (06’18).

Dávid Bondra se rend coupable d’obstruction sur Christian Bull et écope de la première d’une longue série de pénalités (07’19). La Norvège peut enfin s’installer dans le camp slovaque et Patrik Rybár réalise alors son premier arrêt. Sur la relance suivante, Adam Liška se fait tamponner par Michael Haga qui file lui aussi en prison, sabordant de fait le power-play norvégien. À quatre contre quatre, la Slovaquie reprend son rythme effréné. Le projectile de Tomáš Marcinko, envoyé de loin, contraint Haukeland à un beau réflexe de la mitaine.

La première ligne offensive de la Double-Croix est intenable et le premier vrai jeu de puissance slovaque (11’47) lui permet de faire de nouveau la fête à Haukeland : le une-deux entre Tatar et Richard Pánik est exécuté avec brio mais le gardien viking parvient on-ne-sait-comment à contenir l’assaut. La Slovaquie joue juste. Elle s’efforce de tirer dans chaque position et de mettre un homme en rideau à la recherche du rebond ou de la déviation. En défense, la Norvège est parfaitement muselée dès la zone neutre. Les ouailles de Petter Thoresen sont bien heureux de reprendre le chemin des vestiaires sans encaisser davantage.

La Slovaquie est toujours aussi pressante en entame de deuxième période. La crosse haute de Pánik stoppe pourtant cet élan (23’15). Mathis Olimb trouve en transversal Sondre Olden, bien démarqué à gauche, mais celui-ci ne cadre pas sa reprise alors que Rybár était en retard sur son replacement. Pour le reste, la Slovaquie maîtrise plutôt bien son sujet. La Norvège, en dépit d’un bon mouvement, se heurte au premier rideau qui repousse beaucoup de tentatives.

Le solide défenseur Martin Marinčin se mue en attaquant et slalome dans l’enclave, décalant au dernier moment sur la droite pour Marián Studenič qui trouve Haukeland sur son passage (26’27). L’ailier des Binghamton Devils est envoyé en éclaireur sur l’action suivante mais bute encore une fois sur le gardien norvégien. Ce dernier se fait surprendre sur un dégagement en cloche de Tatar en zone neutre, alors que la Slovaquie effectue un changement de lignes ; le palet rebondit juste devant lui et passe dans son dos… en frôlant le poteau gauche alors que son but est totalement découvert (28’11).

La Norvège reprend du poil de la bête à la demi-heure de jeu. Mathias Trettenes rate son face-à-face avec Rybár mais hérite d’un power-play. Pour autant, les hommes du Nord montrent un visage catastrophique en supériorité et les Slovaques ont deux opportunités de faire le break, d’abord sur une échappée de Bondra qui s’écrase en fin de course (30’12) puis sur un contre mené par Adam Liška et Christián Jaroš contenu en deux fois par Haukeland (30’51). Mais la Slovaquie ne fait pas preuve de plus d’efficacité lorsqu’elle évolue à son tour en jeu de puissance. Le tourniquet perturbe certes la défense mais peu de tirs créent le danger.

Si la fin de tiers-temps perd en qualité technique, elle n’en reste pas moins riche en émotions. Il y a de l’électricité dans l’air depuis quelques minutes et les deux formations ne loupent pas une occasion d’en venir aux mains. La rencontre est souvent interrompue par les deux arbitres (qui font ce soir leur dernière sortie avant de ranger définitivement le sifflet). Martin Fehérváry et Andreas Martinsen, auteur d’une belle prise de judo sur Daňo, sont les plus prompts à montrer les crocs. Côté sportif, Samuel Buček file seul vers le but mais Martin Røymark le prend en chasse et l’empêche au dernier moment d’ajuster en déviant de sa crosse (37’09).

À l’instar des deux précédents opus, les locaux harcèlent d’entrée de jeu Haukeland en troisième période et le capitaine Andrej Sekera, au corps-à-corps, est finalement contrôlé (40’52). Martinsen, impliqué dans une nouvelle baston, puis Christian Kåsastul, auteur d’une charge trop appuyée, donnent à la Slovaquie un double avantage numérique de 68 secondes mais celle-ci tergiverse trop et gaspille cette aubaine. Plus tard, Tatar cogne fort dans le rond droit mais ni Sukeľ ni Černák au second rebond ne parviennent à devancer le gardien norvégien, qui affiche de plus en plus d’autorité dans ces interventions (44’14). La domination stérile des bleus commencent à inquiéter.

Car la Norvège est bien plus en jambes désormais alors que les défenseurs slovaques sont plus fébriles, à l’image de leur dernier rempart Rybár, parti chercher un palet anodin en fond de zone, mais pas loin de se faire surprendre sur une mauvaise passe en retrait. Les Scandinaves sont toujours aussi maladroits en power-play mais pile au moment où le fautif Černák fait son retour sur la glace, Trettenes égalise dans le rond gauche en faisant passer la rondelle dans le côté rapproché (1-1, 46’22).

La Slovaquie tente de réagir immédiatement. Ses attaquants sont toujours aussi mobiles en zone adverse. Alors qu’une faute norvégienne est signalée, la Double-Croix évolue à six et Tomáš Zigo, en position idéale dans l’enclave, est lui aussi frustré par Haukeland. Le joueur de Banská Bystrica montre plus de réussite sur la supériorité numérique qui suit lorsque sa reprise dans le slot permet aux siens de reprendre les commandes au score (2-1, 51’28).

La Norvège croit égaliser sur une frappe de Trettenes ; si le ralenti montre effectivement Rybár pousser le palet derrière sa ligne, cela se fait alors que la cage a été préalablement bougée par la ruée de joueurs de tous bords (52’56). Le but est donc refusé mais Marinčin fait faute sur le coup. Mauvais jusqu’ici en power-play, les Ours blancs sont cette fois-ci en pleine confiance et Tobias Lindström remet de nouveau les compteurs à zéro exactement de la même façon que Trettenes sur le premier but norvégien (2-2, 53’30). Quelle fin de match ! La Slovaquie, hégémonique pendant cinquante minutes, a péché une énième fois par inefficacité au tir et a ainsi entretenu l’espoir de son adversaire.

Les ultimes secondes du troisième tiers-temps sont les plus haletantes de la rencontre. Par deux fois Rybár sauve son équipe, d’abord sur un tir à bout portant d’Alexander Reichenberg (57’09) puis sur une échappée de Kristian Forsberg (58’58). Les Slovaques sont les derniers à frapper avec Lantoši puis Marcinko mais la défense norvégienne bloque leurs tentatives (59’34).

La victoire se joue donc dans la prolongation de cinq minutes à trois contre trois. Tatar déborde sur la droite et se présente devant Haukeland, lequel se focalise sur l’ailier de Montréal en négligeant de couvrir son flanc droit ; Pánik qui déboule démarqué au centre n’a plus qu’à mettre au fond (3-2, 60’54).

La dernière sortie de la Slovaquie a confirmé la nette amélioration ressentie dans son jeu depuis la double confrontation avec les Tchèques fin avril. Mais elle a aussi démontré une nouvelle fois sa grande inhabileté dans le geste final. Quoi qu’il en soit, la Double-Croix a fait le plein de confiance à trois jours de son entrée en lice dans son Mondial, dans un match déjà crucial contre les États-Unis. Ce sera sans le défenseur Mário Grman ni les attaquants Tomáš Marcinko et Samuel Buček, recalés ce midi.

Désignés joueurs du match : Martin Marinčín (Slovaquie) et Henrik Haukeland (Norvège)

Réaction d’après-match

Craig Ramsay (entraîneur de la Slovaquie) : « Ce fut un match fou ! Nous avons joué exceptionnellement les dix premières minutes, mais ensuite les joueurs n’ont pas rempli tout ce qu’on leur avait demandé. Je le répète encore une fois, nous devons jouer pleinement pendant la totalité des 60 minutes. »

Slovaquie – Norvège 3-2 après prolongation (1-0, 0-0, 1-2, 1-0)
Mardi 7 mai à 18h00 à Michalovce. 3059 spectateurs.
Arbitrage de Peter Jonák et Vladimír Snášel assistés de Rastislav Gajan et Martin Smrek (tous SVK).
Pénalités : Slovaquie 18′ (2′, 8′, 8′, 0′) ; Norvège 34′ (14′, 2′, 18′, 0′)
Tirs : Slovaquie 45 (11, 17, 16, 1) ; Norvège 17 (2, 8, 7, 0)

Évolution du score :
1-0 à 00’22 : Černák assisté de Tatar et Pánik
2-1 à 46’22 : Trettenes assisté de Forsberg et Kristiansen
2-2 à 51’28 : Zigo assisté de Lantoši (sup. num.)
2-2 à 53’30 : Lindström assisté de Holøs (sup. num.)
2-3 à 60’54 : Pánik assisté de Tatar et Sekera

Slovaquie [2′ pour surnombre]

Attaquants :
Richard Pánik (2′, +2) – Matúš Sukeľ (+1) – Tomáš Tatar (A, +2)
Marián Studenič – Tomáš Zigo – Marko Daňo (2′)
Róbert Lantoši (-1) – Tomáš Marcinko – Dávid Bondra (2′)
Adam Liška (-1) – Dávid Buc – Samuel Buček

Défenseurs :
Erik Černák (A, 2′) – Andrej Sekera (C, +2)
Christián Jaroš – Martin Marinčin (2′)
Marek Ďaloga – Martin Fehérváry (2′)
Michal Čajkovský (2’+2′, -1) – Patrik Koch (-1)

Gardien :
Patrik Rybár

Remplaçant : Denis Godla (G). En réserve : Marek Čiliak (G), Mário Grman (D, au repos), Libor Hudáček (A, malade), Michal Krištof (A), Mário Lunter (A), Ladislav Nagy (A).

Norvège

Attaquants :
Sondre Olden (-2) – Mathis Olimb (A, -1) – Alexander Reichenberg (-1)
Mathias Trettenes (+1) – Michael Haga (2’+10’+2′, -1) – Thomas Valkvæ Olsen
Niklas Roest (2′) – Tobias Lindström (2′) – Andreas Martinsen (2’+2′)
Martin Røymark – Kristian Forsberg (+1) – Tommy Kristiansen (+1)

Défenseurs :
Erland Lesund – Jonas Holøs (C, -1)
Alexander Bonsaksen (A) – Stefan Espeland
Mattias Nørstebø – Johannes Johannesen
Christian Bull – Christian Kåsastul (2’+10′)

Gardien :
Henrik Haukeland

Remplaçant : Henrik Holm (G). En réserve : Jonas Arntzen (G), Mats Rosseli Olsen (A), Patrick Thoresen (A).

Les commentaires sont fermés.

vel, nunc venenatis, ultricies Aenean tempus