NHL: Présentation des finales de conférences

Source: Instagram San Jose Sharks
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Empreints de folie au premier tour, ces playoffs nous ont amenés sur des terrains un peu plus connus au tour suivant. Entre les Hurricanes de la Caroline ou les Blue Jackets de Columbus à l’est, et les Stars de Dallas ou l’Avalanche du Colorado à l’ouest, les finales de division ont fourni leur lot d’émotion.

 

Pour autant la logique semble avoir été globalement respectée et nous retrouvons en finales de conférences ceux que la plupart des observateurs avaient pronostiqué dans leurs brackets. Il est temps pour nous de vous présenter ces deux confrontations.

 

Boston Bruins – Carolina Hurricanes

Sur le papier, l’équipe expérimentée contre le feu follet du moment. En réalité, si Boston compte sur ses cadres historiques Patrice Bergeron, Zdeno Chara, Brad Marchand, Tukka Rask, David Krejci, le reste de l’équipe n’a pas connu la conquête de 2011 et les succès des années suivantes. Ce groupe-là date de la mini-reconstruction. Krug est arrivé juste après, Pastrnak, McAvoy, DeBrusk, Heinen, Carlo ont découvert le dernier carré l’an passé. Charlie Coyle sera également à ce niveau de la compétition pour la première fois. L’image est donc sans doute faussée par l’historique du début de la décennie. Il n’empêche que Boston pourra compter sur quelques individualités rompues aux matchs qui se jouent sur un détail.

Mais le détail, ce sera certainement aux coaches d’aller le chercher. Statistiquement, Boston et Carolina semblent deux monstres qui vont s’entrechoquer avec fracas. Boston a dominé Columbus avec 55,6% des tirs tentés et 53,2% des buts anticipés, les plus hauts taux du deuxième tour. Carolina a fini avec 52,3% des tirs et 51% des buts anticipés mais ces chiffres masquent des réalités de matchs où New York devait cravacher pour revenir au score. Lorsque le score était égal, Carolina a survolé les débats avec 56,2% des tirs et 58,8% des buts anticipés ! Pour Boston c’était 58,6% des tirs et 58,9% des buts anticipés lorsque le score était égal face aux Jackets. Simplement dominants.

Mais deux équipes ne peuvent pas être dominantes l’une face à l’autre et chacun comptera sur ses armes. Boston a le trio de Patrice Bergeron, que l’entraîneur Bruce Cassidy envoyait au maximum contre Artemi Panarin dans une confrontation élite conte élite dans lequel Boston était suffisamment confiant pour en sortir vainqueur. Cassidy tentera-t-il la même chose en profitant de l’avantage de la glace ? Le problème est que Carolina présente deux lignes très dominantes. Deux lignes qui peuvent se composer de différentes façons entre Sebastian Aho, Nino Niederreiter, Teuvo Teräväinen, Jordan Staal, Justin Williams et Andrei Svechnikov. Qu’importe comment Rob Brind’Amour construit ses trios, ces joueurs dépassent les 60% de tirs et de buts anticipés. Un défi de taille pour Boston qui aura besoin de plus que Bergeron pour contenir les Canes.

La clé viendra peut-être de pouvoir profiter des faiblesses de l’adversaire. Côté Boston, le trio de Joakim Nordström, Sean Kuraly et Noel Acciari est le seul à subir le jeu dans ces playoffs. Zdeno Chara et Charlie McAvoy font face aux tempêtes et tiennent la tête à la limite acceptable avec 49% des buts anticipés. Côté Carolina, c’est le trio de Lucas Wallmark qui prend l’eau. Il faudra également privilégier la paire Brett Pesce – Justin Faulk pour éviter le monstre de possession que représentent Dougie Hamilton et Jaccob Slavin. L’avantage de la glace pourrait permettre à l’entraineur local de coincer ces points faibles en leur envoyant la cavalerie en face.

Un duel de cerveaux donc, une guerre d’attrition où les gardiens auront peut-être leur mot à dire. Tuukka Rask a retrouvé son meilleur niveau durant ces playoffs et peut permettre à Boston de traverser les moments difficiles. On a cependant vu comment Robin Lehner n’avait pas suffi pour les Islanders. Carolina peut compter sur Petr Mrazek ou Curtis McElhinney. Les deux sont assez bons en temps normal pour donner une certaine tranquillité d’esprit à leur équipe, mais en plus ils ont pris feu ce printemps-ci. Après les années de misère dans les buts en Caroline, c’est un beau signe du destin.

La clé de la série : Profiter des points faibles de l’adversaire. Et à ce jeu-là, Carolina semble en avoir peut-être moins.

Prédiction : Carolina

 

San Jose Sharks – St Louis Blues 

Vents contraires et trajectoires inversées, telles auraient pu être les profils des dynamiques de ces deux équipes avant les séries éliminatoires. Les Blues, bons derniers de la ligue au début de l’hiver, ont fait une remontée fantastique pour venir arracher une place en playoffs, avec un statut de revenants.

Les Sharks, eux, ont plutôt pris le chemin inverse, en trouvant un rythme de croisière en milieu de saison, avant de péniblement atteindre les séries en inquiétant toute une fan base. Blessures, gardien médiocre et inconstance, les californiens apparaissaient déjà beaucoup moins comme l’un des grands favoris annoncés en début de saison à la suite de l’arrivée d’Erik Karlsson.

L’évolution des Sharks est pourtant plus notable que celle des Blues, qui paraissent plus hermétique, mais également plus prévisible. Côté San José, le point faible annoncé avant les playoffs résidait dans son propre slot. Le gardien Martin Jones, plutôt décrié, ne semblait pas de taille à amener son équipe loin dans le tournoi. Pourtant, une fois passé un difficile et quasi miraculeux premier tour face à Vegas, les choses ont semblé rentrer dans l’ordre de ce côté-là. Avec un taux d’arrêts à 92,2%, Jones retrouve des couleurs.

Plus hermétiques donc, les Blues ont encaissé 7 buts de moins pour 30 minutes de moins passées sur la glace. Leur CA/60 autour de 50% est de 8 points supérieur à celui des Sharks, qui concèdent aussi plus de buts anticipés (2,74 contre 2,25 pour St Louis). Avec de plus un corsi à près de 53% contre 49,7% pour San José, les joueurs du Missouri semblent donc statistiquement supérieurs.

Le clou du spectacle sont les unités spéciales. Si l’aspect offensif est globalement équivalent, les Blues sont plus efficaces défensivement. Et si la fameuse pénalité majeure donnée aux Sharks dans le match 7 face aux Golden Knights devrait rester longtemps dans les têtes, ce ne fut pas révélateur des performances depuis début avril.

Pourtant, si les Sharks ont marqué plus de buts en supériorité que St Louis (9 contre 7), ils ont encaissé plus de buts également. Et pour 2 buts supplémentaires ils se procurent le double d’occasions (14,04 xGF contre 7,02). Et ce rapport est aussi vrai en infériorité, avec le double d’occasions concédées par SJ  (9,34 xGA contre 4,89). Les hommes de Peter DeBoer sont donc plus « fun » que ceux de Craig Berube mais également plus poreux.

Le puzzle semble ainsi inextricable pour les Sharks, qui partent pourtant légèrement favoris. Pourquoi ? Parce que si l’on regarde les formes actuelles, on peut se rendre compte que 3 des 5 meilleurs réalisateurs de la ligue en playoffs jouent aux Sharks. Logan Couture, Tomas Hertl et Brent Burns totalisent chacun 14 points dont 9 buts pour les deux premiers. Burns, décrié pour ses performances aléatoires défensivement, sait malgré tout se mettre au niveau quand il le faut. Calé sur Nathan MacKinnon au tour précédent, le jeune prodige canadien des Avs n’a pas vraiment pu évoluer au niveau qui fut le sien contre Calgary.

Les chiffres parlent plutôt pour les Blues, la dynamique peut être plus pour les Sharks. Difficile d’annoncer un vainqueur sans prendre de gros risques de se tromper. SJ, taillé pour revenir en finale semble avoir un mental d’acier et toujours un élément pour sortir l’équipe de l’ornière quand il le faut. Les Blues sont plus homogènes, solides, et moins fantasques.

Le gardien Jordan Binnington aura une vraie part du boulot face à une offensive adverse avec le couteau entre les dents. Martin Jones est lui sur une pente ascendante. Si l’équilibre est fragile, il l’est des deux côtés, car Binnington ne connaît pas ce niveau-là. Les Sharks ont l’occasion de prouver tout le bien que l’on pense d’eux depuis octobre dernier, les Blues reviennent de nulle part. La réussite de STL au tour précédent, notamment dans le match 6 à Dallas, peut les fuir, alors que SJ a confirmé contre Colorado après l’épisode Vegas.

Prédiction : San José Sharks en 6/7.

 

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