L’Allemagne au bout de l’ennui

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Le Danemark a lancé son tournoi la veille par un succès contre la France à l’issue d’une rencontre riche en buts et conclue en fusillade. L’Allemagne a moins attendu pour s’imposer, mais sa victoire contre la Grande-Bretagne a été tout aussi laborieuse. Ce duel de voisins géographiques, dans lequel les Allemands s’annoncent favoris, promet une belle lutte dans l’optique d’un quart de finale.

L’entame de match est rythmée mais les deux formations font tourner le palet d’un camp à l’autre sans réelle attaque percutante. Le capitaine allemand Moritz Müller titille les réflexes de Sebastian Dahm, puis Matthias Plachta fait le décalage pour servir Frederik Tiffels au centre mais le palet fuit sans être repris.

Mikkel Bødker offre un premier jeu de puissance aux Allemands qui peuvent ainsi confirmer leur emprise progressive (04’52). La superstar Leon Draisailt, dont le père vient d’être nommé coach du club local, est à la baguette dans le coin droit et renverse pour Markus Eisenschmid qui frappe instantanément, libre de marquage dans le rond opposé. Le vainqueur de la DEL s’essaie une seconde fois, à raz-de-glace, mais Dahm détourne encore. Lean Bergmann s’avance entre les deux cercles et ouvre le score, bien aidé par l’écran de Yasin Ehliz (06’46). Le jeu reprend mais un « coach challenge » danois, le troisième en trois matchs dans la Steel Aréna, interrompt longuement la partie. Si les deux premiers n’avaient pas eu gain de cause, la réalisation allemande est finalement annulée, en vertu de la règle 186 de l’IIHF ; les arbitres ont estimé que Ehliz est dans la zone de but. Vraiment pas évident…

L’Allemagne ne s’en laisse pas conter. Poussée par de nombreux supporters concentrés derrière le banc danois, elle repart à l’assaut de la cage de Dahm. Gerrit Fauser se présente seul devant le gardien mais attend trop avant d’armer et precute le portier dans sa fin de course. L’élan allemand est stoppé par la faute de Benedikt Schopper (08’53) mais le Danemark, cadenassé sur les ailes, a de grandes difficultés à poser son jeu de puissance.

Les attaquants allemands pénètrent facilement dans l’enclave. Draisaitl se retrouve seul mais manque le cadre. Jensen fait trébucher Plachta le long de la bande (12’08) mais l’Allemagne qui n’exploite pas l’aubaine. Elle se fait même une frayeur sur une mauvaise transmission d’Ehliz interceptée par Morten Madsen. Mathias Niederberger doit sauver de la mitaine.

Un surnombre allemand poursuit l’alternance des infériorités numériques (13’44). Mais les deux équipes ne sont pas très inspirées. Ehliz se rachète de sa bévue précédente en réalisant un beau travail de conservation dans son coin gauche. Le Danemark est incapable de s’installer durablement en zone adverse.

Les slap de Yannic Seidenberger conclut une longue présence allemande. La fin de période est de nouveau marquée par une pénalité danoise (Storm, 18’47) mais les vice-champions olympiques ne sont pas suffisamment incisifs. Le premier chapitre se clôt sans le moindre but et, hélas, sans grand frisson.

Le deuxième tiers-temps est lui aussi haché par les nombreuses fautes. La charge avec le genou de Patrick Hager rabat le jeu en zone allemande (21’35). Le Danemark est encore et toujours contenu par une défense bien en place. Elle poursuit sa présence à forces égales, avec un bon comportement de la ligne de Lars Eller. Les rouges enchaînent un autre power-play après que Denis Reul a retenu Bødker dans le coin droit (26’57). La reprise côté rapproché de Mathias Bau est bien couvert par le gardien.

Nicolai Meyer ne parvient pas à placer son revers dans un face-à-face avec Dahm. Sur la même action, Holzer fait tomber Nicklas Jensen, qui en rajoute une bonne couche ; les deux sont priés de prendre le chemin de la prison (29’07) et comme Eller a la bonne idée de retenir Seidenberg sur la bande (30’02), l’Allemagne évolue à quatre contre trois. Servi par Draisaitl, Plachta décoche dans le rond droit et débloque enfin le compteur de la rencontre (0-1, 30’27).

L’ouverture du score redynamise les ardeurs danoise. Eller, notamment, est esseulé dans l’enclave mais lève trop sa frappe. Le momentum des hommes de Heinz Ehlers est cependant gâché par un surnombre. L’Allemagne remet un coup de pression devant Dahm : Hager slalome et décale pour Ehliz qui coince son revers dans la botte du gardien, puis ce dernier est déterminant sur un tir à bout portant qu’il dévie brillamment de son patin gauche.

Jensen donne un peu d’air à son équipe en débordant sur la droite avant de repiquer et destabiliser Dahm. S’ensuit une longue période de va-et-vient entre les deux camps, festival de tirs lointains ou non cadrés… La monotonie est interrompue juste avant la deuxième pause grâce au coup d’éclat de Tiffels qui glisse son revers au poteau droit après une belle promenade depuis le cercle opposé (0-2, 39’49).

La troisième période, qui voit l’Allemagne se mettre progressivement en retrait, est marquée, comme les précédentes, par les pénalités mal exploitées. Une crosse de Jensen (42’47) suivie d’une faute de Nowak (45’27) casse de nouveau le rythme de la partie. Les unités spéciales ne se mettent guère en valeur, à l’inverse des fans allemands qui chantent de plus belle, probablement pour ne pas s’endormir.

Le Danemark hausse sensiblement son niveau de jeu à l’amorce des dix dernières minutes. C’est un peu tard, mais l’Allemagne offre maintenant une prestation insipide. Les Scandinaves cherchent la déviation sur des frappes lointaines mais Niederberger sauve la maison allemande qui prend feu. Eller semble trouver la transversale sur une tentative en angle fermé, puis Jensen rate le coche alors que le gardien allemand était à terre. Le temps fort danois est enfin récompensé  : Meyer entre en fond de zone, sert Mathias Bau qui repique vers la cage et envoie le palet avec détermination au fond du filet (1-2, 50’29).

Muets depuis le coup d’envoi, les supporters danois se réveillent enfin. Les rouges finissent très fort et mettent enfin de l’animation offensive de façon durable. Une quatorzième et dernière pénalité (Schopper, 54’34) leur donne encore plus d’entrain pour chercher l’égalisation. Morten Madsen hérite d’une passe de derrière la cage mais sa frappe dans le slot s’écrase dans la jambière de Niederberger. Dahm déserte son poste dans l’ultime minute mais le Danemark ne parviendra pas à égaliser. L’Allemagne, globalement supérieure, engrange trois nouveaux points mais n’a pas de quoi pavoiser. La France, son prochain adversaire mardi, a des raisons d’y croire.

Désignés joueurs du match : Mathias Bau (Danemark) et Mathias Niederberger (Allemagne).

Danemark – Allemagne 1-2 (0-0,0-2,1-0)
Dimanche 12 mai 2019 à 16h15 à la Steel Aréna de Košice. 5605 spectateurs.
Arbitrage de Manuel Nikolic (AUT) et Yevgeni Romasko (RUS) assistés de Dustin McCrank (CAN) et Brian Oliver (USA)
Pénalités : Danemark 14′ (6′,6′,2′) ; Allemagne 14′ (4′,6′,4′)
Tirs : Danemark 38 (6,14,18) ; Allemagne 26 (7,13,6)

Évolution du score :
0-1 à 30’27 : Plachta assisté de Draisaitl et Eisenschmid (sup. num.)
0-2 à 39’49 : Tiffels assisté de Kahun et Mauer
1-2 à 50’19 : Bau assisté de Meyer et Larsen

Danemark [2′ pour surnombre]

Attaquants :
Nicklas Jensen (2’+2’+2′, -1) – Lars Eller (A, 2′, -1) – Frederik Storm (2′)
Mikkel Bødker (2′, -1) – Peter Regin (C) – Morten Madsen (A)
Mathias Bau (+1) – Jesper Jensen (+1) – Nicolai Meyer (+1)
Julian Jakobsen – Morten Poulsen – Nick Olesen

Défenseurs :
Oliver Lauridsen (+1) – Markus Lauridsen (+1)
Jesper Jensen Aabo (-1) – Stefan Lassen
Nicholas Jensen – Oliver Larsen
Philipp Bruggisser (-1)

Gardien :
Sebastian Dahm [sorti à 58’49]

Remplaçant : Simon Nielsen (G).

Allemagne [2′ pour surnombre]

Attaquants :
Matthias Plachta – Leon Draisaitl (A) – Markus Eisenschmid
Frederik Tiffels (+1) – Dominik Kahun (+1) – Frank Mauer (+1)
Yasin Ehliz – Patrick Hager (A, 2′) – Leonhard Pföderl
Marcel Noebels (-1) – Gerrit Fauser (-1) – Lean Bergmann (-1)

Défenseurs :
Moritz Müller (C) – Korbinian Holzer (2′)
Yannic Seidenberg (-1) – Moritz Seider (-1)
Benedikt Schopper (2’+2′, +1) – Marco Nowak (2′, +1)
Denis Reul (2′)

Gardien :
Mathias Niederberger

Remplaçant : Niklas Treutle (G).

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