La terrible réalité de l’élite mondiale

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Le retour en élite mondiale est parfois délicat. Il a été apocalyptique pour l’Italie, démolie samedi contre la Suisse (0-9).

On pourrait alors craindre le pire ce dimanche face à l’un des favoris du groupe, la Suède. La Tre Kronor a néanmoins trébuché en ouverture de la compétition, surclassée par la Tchéquie (2-5). Doubles champions du monde en titre, les Suédois ont ainsi cassé leur suite de 17 victoires consécutives aux championnats du monde. On peut estimer que la troupe de Rikard Grönborg, en colère après le revers contre les Tchèques, veut réagir au plus vite. En détruisant à son tour l’Italie ?

Pas grand changement côté suédois, si ce n’est que Jacob Markström refait son apparition. Chargé violemment la semaine dernière en préparation par le Finlandais Juhani Tyrväinen, le gardien de Vancouver s’en est finalement remis, déclaré apte au jeu. Il est toutefois encore laissé sur le banc puisque Henrik Lundqvist en profite pour disputer son deuxième match du tournoi. Si la sélection suédoise n’est pas chamboulée, en revanche, c’est tout le contraire de l’Italie. Son sélectionneur Clayton Beddoes a totalement revu ses lignes, décidant également d’écarter le titulaire Andreas Bernard pour Marco De Filippo Roia, portier de 28 ans évoluant à Cortina et qui effectue sa première en élite mondiale. Sera-ce nécessaire pour éviter une nouvelle déroute ?

Le début de match est haché par quelques arrêts de jeu, et il faut attendre plusieurs minutes avant de voir la première occasion suédoise… qui va faire but. Jesper Bratt accélère côté droit, le jeune attaquant du New Jersey déborde et repique au centre, son tir est contré mais Anton Lander parvient à s’emparer du puck dans le slot et à marquer au fond des filets (0-1, 02’10). La Tre Kronor est déjà devant au tableau d’affichage, et le score aurait pu rapidement devenir plus large grâce à William Nylander : grâce à sa passe qu’aurait pu couper Gustafsson, ou à l’issue d’un beau mouvement avec Pettersson. Et le ciel devient très orageux pour les Azzurri lorsque Pavlu fait faute sur Lander, supériorité numérique pour la Suède.

Les Italiens s’en sortent, malgré des occasions d’Adrian Kempe et Jesper Bratt. Les promus se montrent particulièrement énergiques et avec des relances relativement propres. Tiendront-ils le choc longtemps ? En tout cas, Ekholm se casse les dents à son tour sur De Filippo. L’Italie obtient même un jeu de puissance en fin de tiers, au cours duquel… la Suède se met en évidence. Dennis Rasmussen part en effet seul en contre, son premier tir est repoussé par De Filippo et le second par le petit filet ! Après vingt minutes de jeu, la Tre Kronor ne mène « que » 1-0.

Cette faible marge peut elle donner des ailes aux Italiens pour la deuxième période ? Anthony Bardaro semble en avoir lorsqu’il élimine à lui seul Larsson avant de créer la panique dans le camp suédois. La réalité de différence de niveau va tout de même revenir au premier plan. Alors qu’une tentative de Bratt passe à quelques centimètres du poteau, Bardaro fait ensuite une bête faute offensive sur Pettersson. Un nouveau jeu de puissance suédois qui sera cette fois-ci converti. Elias Pettersson, de son côté droit, centre pour Patric Hörnqvist, qui contrôle du patin et dont la puissance permet de se débarrasser du défenseur Marchetti et de battre Marco De Filippo (0-2, 25’25).

Les Scandinaves ont doublé la mise mais Marco De Filippo ne s’avoue pas vaincu, arrêtant des essais de Nylander, M. Kempe, Pettersson, Gustafsson et Ekman Larsson. Le mur transalpin tient bon, surtout que son équipe est acculée dans son camp pendant plusieurs minutes. William Nylander frappera la transversale, et Elias Lindholm verra son essai flotter en feuille morte et flirter avec le poteau. La Suède repart aux vestiaires avec seulement un avantage de 2-0 après 40 minutes. La solidité de De Filippo, une équipe mobile, consciencieuse et disciplinée, le coach Clayton Beddoes peut être satisfait de sa formation.

Surtout qu’à l’amorce de la troisième période, les Italiens connaissent leur meilleur séquence du match. Angelo Miceli alerte plein axe Sean McMonagle dont la frappe crée la panique dans le camp suédois, le puck revient alors à Marco Insam qui tente sa chance à son tour, le palet se colle alors au poteau, il est détourné in extremis.

Un 2-0 qui a bien failli se transformer en 2-1, l’Italie montre un étonnant visage. Sauf que la réalité va rattraper les Azzurri. Terriblement. Les Italiens sont sanctionnés pour un surnombre, avantage numérique dont profite Oskar Lindblom à la conclusion d’un fantastique jeu de passes : Erik Gustafsson pour William Nylander pour Adrian Kempe pour Lindblom, posté poteau droit (0-3, 41’57). Une minute plus tard, Patric Hörnqvist se positionne sur la droite de la ligne de but et sert Marcus Krüger, arrivé pleine vitesse et dont le lancer passe sous la mitaine de De Filippo (0-4, 42’52). C’est ensuite une montée d’Adam Larsson qui donne des sueurs froides, le palet, dans le dos de De Filippo, longe la ligne de but et s’éloigne enfin.

Les Italiens sont en train de perdre leur énergie, et lâcher leur match. Une crosse haute d’Adrian Kempe et un jeu de puissance peuvent les aider à respirer. En vain. Une mauvaise passe de Gander offre un 2 contre 1 suédois, Loui Eriksson à droite sert Anton Lander à gauche qui marque en infériorité (0-5, 48’55). Une minute plus tard, de nouveau à 5 contre 5, Pettersson et Nylander donne de nouveau le tournis aux Italiens, la crosse de De Filippo évite le but entre les jambières.

À côté de ça, Henrik Lundqvist passe un match tranquille. Pourtant démarqué, Joachim Ramoser adresse un tir largement à côté, préférant un slap à un lancer plus assuré, dommage. Car dans le même temps, l’addition va s’allonger. Elias Pettersson frappe, le puck retombe dans le demi-cercle, il est dégagé par Zanatta mais cela fait office de remise pour William Nylander, qui marque sous la barre (0-6, 52’33). En contre-attaque, une passe-abandon d’Elias Lindholm sert Anton Lander qui marque pleine lucarne (0-7, 55’32). Le futur coéquipier de Stéphane Da Costa au Lokomotiv Yaroslavl inscrit là un triplé. Et malgré quelques bonnes actions de l’Italie dans les dernières minutes, le tableau affichera un huitième but suédois, grâce à une déviation de Patric Hörnqvist sur un tir lointain d’Adrian Kempe (0-8, 58’29).

Malgré de bonnes intentions, les Italiens ont fini par craquer, et concéder davantage de champ aux Suédois en troisième période. Déjà largement dominateurs aux tirs, les Suédois ont pu alors exprimer un jeu léché et montrer ce dont ils étaient capables. Le score serré pendant 40 minutes a alors été effacé pour se transformer en carnage. Dure réalité que celle de l’élite mondiale.

Élus joueurs du match : Marco De Filippo pour l’Italie, Anton Lander pour la Suède.

 

Italie – Suède 0-8 (0-1, 0-1, 0-6).
Dimanche 12 mai 2019 à 16h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 6984 spectateurs.
Arbitrage de Stephen Reneau (USA) et Peter Stano (SVK) assistés de Andrew Dalton (GBR) et Dmitri Shishlo (RUS).
Pénalités : Italie 6′ (2′, 2′, 2′), Suède 4′ (2′, 0′, 2′).
Tirs : Italie 13 (4, 2, 7), Suède 58 (17, 23, 18).

Évolution du score :
0-1 à 02’10 : Lander assisté de Bratt et Eriksson
0-2 à 23’25 : Hörnqvist assisté de Pettersson et Eriksson (sup. num.)
0-3 à 41″57 : Lindblom assisté d’A. Kempe et Nylander (sup. num.)
0-4 à 42’52 : Krüger assisté de Rasmussen et M. Kempe
0-5 à 48’55 : Lander assisté d’Eriksson (inf. num.)
0-6 à 52’33 : Nylander
0-7 à 55’32 : Lander assisté de Lindholm
0-8 à 58’29 : Hörnqvist assisté d’A. Kempe

 

Italie (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Joachim Ramoser (-4) – Marco Rosa (-4) – Anthony Bardaro (-4, 2′)
Marco Insam (A, -1) – Diego Kostner (-1) – Angelo Miceli (-1)
Ivan De Luca – Raphael Andergassen – Markus Gander (-1)
Simon Kostner (-1) – Alex Lambacher (-1) – Peter Hochkofler (-1)

Défenseurs :
Alex Trivellato (C, -2) – Jan Pavlu (-2, 2′)
Armin Helfer (A, -1) – Sean McMonagle (-2)
Stefano Marchetti (-1) – Armin Hofer (-1)
Luca Zanatta (-1) – Ivan Tauferer (-1)

Gardien :
Marco De Filippo Roia

Remplaçant : Andreas Bernard (G). En réserve : Gianluca Vallini (G), Giovanni Morini (genou).

Suède

Attaquants :
William Nylander (+2) – Elias Pettersson – Patric Hörnqvist (A, +2)
Oskar Lindblom – Adrian Kempe (+2, 2′) – Elias Lindholm (+1)
Jesper Bratt (+1) – Anton Lander (+3) – Loui Eriksson (+3)
Dennis Rasmussen (+1) – Marcus Krüger (+1) – Mario Kempe (+1)

Défenseurs :
Oliver Ekman-Larsson (C, +3) – Adam Larsson (+2)
Mattias Ekholm – Erik Gustafsson
Marcus Pettersson (+3, 2′) – Robert Hägg (+4)

Gardien :
Henrik Lundqvist

Remplaçant : Jacob Markström (G). En réserve : Jhonas Enroth (G).

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