L’ours russe fait la grasse matinée

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La patinoire de Bratislava est pleine à chaque match, mais malgré la proximité de l’Autriche, ce sont bien les supporters de la Russie qui occupent les tribunes. Leur équipe a complété son offensive en ajoutant officiellement Telegin et en levant ainsi toute spéculation quant à Panarin (non appelé de manière plus ou moins convenue) ou à une arrivée tardive de Tarasenko. Il est évident qu’elle a bien assez d’attaquants de talent et qu’il s’agit maintenant surtout de trouver le bon équilibre. Barabanov a ainsi remplacé un décevant Plotnikov sur la quatrième ligne.

On parle toujours moins des défenseurs quand on commente l’effectif russe, mais le grand arrière Nikita Zadorov joue son tout premier match en équipe nationale. Il n’est pas loin d’étrenner le maillot par un but car il frappe sur le poteau sur une passe en retrait Kovalchuk. L’Autriche n’est pas en reste pour ce qui est de toucher du métal puisqu’un tir contré de Clemens Unterweger ricoche sur le dessus de la transversale.

La domination russe n’est pas si productive en jeu placé, et le principal danger vient de deux contre-attaques rapides de Nikita Gusev sur l’aile gauche. La seconde oblige Starkbaum à un difficile arrêt du bras. C’est sur son unique powerplay que la Sbornaïa fait la différence : passe transversale d’un cercle à l’autre de Kucherov pour Gusev, qui sert ensuite Dadonov au milieu pour une reprise dans le haut du filet. Mais la Russie avait déjà été critiquée pour n’avoir dominé la Norvège que par ses supériorités numériques (le score était de 2-2 à cinq contre cinq).

Mine de rien, l’Autriche a des occasions. Konstantin Komarek part en 2 contre 1 avec Thomas Raffl mais attend trop pour décider la passe, interceptée par conséquent par le retour de Nikita Nesterov. À une minute de la pause, la défense russe trop lente à relancer attire le forechecking autrichien : la passe en retrait aléatoire de Mikhaïl Grigorenko est interceptée derrière la cage par Michael Raffl qui donne aussitôt à Peter Schneider. Georgiev signe son principal arrêt et préserve le petit avantage russe au retour aux vestiaires.

La Russie tourne, tourne : zéro tir cadré en dix minutes en deuxième période ! L’ours ne montre pas vraiment les crocs et ne fait plus peur. Peter Schlacher bouscule même Ovechkin devant son banc et prend deux minutes pour obstruction pour ce crime de lèse-majesté. En infériorité, Rauchenwald part deux fois en contre et se fait accrocher par Kucherov. C’est à 4 contre 4 qu’Anisimov dans le slot met enfin Starkbaum à contribution : Thomas Raffl commet un cinglage sur cette action, et le gardien autrichien transpire pendant les deux minutes de pénalité.

C’est sur une action en vitesse, une entrée de zone à 3 contre 3, que la Russie débloque la situation. Elle le fait grâce à l’entente, née de leur formation commune chez les Belie medvedi (les « ours blancs », club moscovite), entre les deux Nikita : Kucherov fait une passe aveugle à Gusev puis se place au second poteau pour recevoir sa passe. Le problème est que leur duo bien connu est le seul qui fonctionne vraiment. Vorobyov a changé ses lignes dans cette période pour résoudre les problèmes : Barabanov a remplacé Kaprizov et le treizième attaquant Ivan Telegin marque… sur sa première présence. Il dévie – avec la crosse entre ses jambes ! – un centre d’Ilya Kovalchuk.

Les Russes se sont peut-être fait remonter les bretelles au vestiaire pour cette prestation pas totalement convaincantes. Quand ils ressortent, ils marquent en tout cas en 15 secondes. Ce doit être un des buts les plus faciles de la carrière de Dadonov, qui reprend dans une cage vide, dans le dos du défenseur Pallestrang, le centre au second poteau de Sergachyov. Quatre minutes plus tard, Evgeni Orlov feinte le lancer et sert son capitaine Ilya Kovalchuk à gauche de la cage pour une jolie déviation.

À 5-0, la Russie considère qu’elle a fait le boulot et contrôle la fin de match sans forcer. Elle offre un blanchissage au gardien russo-bulgare Aleksandar Georgiev (15 arrêts) pour son tout premier match en championnat du monde.

Désignés joueurs du match : Aleksandar Georgiev pour la Russie et Lukas Haudum pour l’Autriche.

 

Russie – Autriche 5-0 (1-0, 2-0, 2-0)
Dimanche 12 mai 2019 à 12h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 9033 spectateurs.
Arbitrage de Linus Öhlund (SUE) et Gordon Schukies (ALL) assistés de Joep Leermakers (HOL) et Nathan Vanoosten (CAN).
Pénalités : Russie 2′ (0′, 2′, 0′) ; Autriche 8′ (2′, 4′, 2′).
Tirs : Russie 37 (17, 10, 10) ; Autriche 15 (5, 6, 4).

Évolution du score :
1-0 à 12’15 : Dadonov assisté de Gusev et Kucherov (sup. num.)
2-0 à 34’23 : Kucherov assisté de Gusev
3-0 à 34’59 : Telegin assisté de Kovalchuk
4-0 à 40’15 : Dadonov assisté de Sergachyov et Malkin
5-0 à 44’06 : Kovalchuk assisté d’Orlov et Kuznetsov

Russie

Attaquants :
Mikhail Grigorenko (+1) – Evgeny Malkin (A, +1) – Evgeny Dadonov (+1)
Aleksandr Ovechkin (A, +1) – Evgeni Kuznetsov (+1) – Kirill Kaprizov
Nikita Gusev (+1) – Artyom Anisimov (+1) – Nikita Kucherov (+1, 2′)
Ilya Kovalchuk (C, +2) – Sergei Andronov (+1) – Aleksandr Barabanov (+1)
Ivan Telegin (+1)

Défenseurs :
Mikhail Sergachyov (+2) – Nikita Nesterov (+2)
Dmitri Orlov (+1) – Nikita Zaïtsev (+1)
Dinar Khafizullin – Vladislav Gavrikov (+1)
Nikita Zadorov (+1)

Gardien :
Aleksandar Georgiev

Remplaçant : Andrei Vasilevskiy (G). En réserve : Ilya Sorokin (G), Sergei Plotnikov.

Autriche

Attaquants :
Peter Schneider (-2) – Raphael Herburger (-2) – Michael Raffl (-2)
Thomas Raffl (C, -1, 4′) – Konstantin Komarek (-1, 2′) – Manuel Ganahl (A, -1)
Dominic Zwerger (-1) – Thomas Hundertpfund (A, -1) – Fabio Hofer (-1)
Patrick Obrist – Alexander Rauchenwald – Lukas Haudum

Défenseurs :
Dominique Heinrich (-2) – Alexander Pallestrang (-2)
Clemens Unterweger – Martin Schumnig (-1)
Raphael Wolf (-1) – Markus Schlacher (-1, 2′)
Steven Strong (-1)

Gardien :
Benhard Starkbaum

Remplaçant : David Kickert (G). En réserve : Lukas Herzog (G), Patrick Peter (suspendu).

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