L’Autriche ferait mieux de ne pas critiquer la France

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« La France ne fait rien d’autre depuis des années que se concentrer sur les matches-clés. Tous les autres, ils les laissent filer. » C’est par ces mots que Roger Bader, l’entraîneur suisse de l’Autriche, a tenté de redéfinir la mission de son équipe après quatre défaites, la dernière très lourde contre la Suède (1-9). Bader ferait mieux de mieux choisir ses exemples, en évitant d’oublier que l’équipe de France a battu la Russie (2013), le Canada (2014), la Finlande et la Suisse (2017)… Il pourra parler quand son équipe en aura fait autant.

Il reste que ce match Autriche-Norvège est évidemment capital pour le maintien. Curieux également, les propos tenus par le capitaine norvégien Jonas Holøs : il a annoncé l’Autriche légèrement favorite contre la Norvège, et celle-ci légèrement favorite contre l’Italie ! Le déclin semble décidément bien ancré dans les têtes des Norvégiens pour tenir de tels propos alors qu’ils ont toujours devancé les Autrichiens dans la hiérarchie mondiale depuis 2005. Est-ce sur ce match qu’ils vont se faire dépasser.

Surprise au niveau des deux gardiens. On attendait David Kickert, il n’est ni dans la cage autrichienne ni sur le banc. Il se serait légèrement blessé hier à l’échauffement contre les Suédois, et le vétéran Starkbaum – qui avait donc subi les soixante minutes – tient encore le fort. Du côté norvégien, Henrik Holm, qui était le numéro 3 dans la hiérarchie avant le forfait de Haugen, semble avoir supplanté pour de bon Haukeland.

L’Autriche est la première en action. Sur un tour de cage de Schlacher, les défenseurs Lesund et Johannesen bloquent néanmoins parfaitement les attaquants autrichiens au rebond. La Norvège reste solide sur ses fondamentaux, par exemple les mises au jeu, ce qui lui permet d’ouvrir rapidement le score : après une mise au jeu en zone offensive remportée par Lindström contre Rauchenwald, Christian Bull envoie un missile à mi-hauteur, côté plaque de Starkbaum. Néanmoins, les occasions restent principalement autrichiennes. Konstantin Komarek, de retour au jeu, a ainsi un contre favorable face à Lesund, passe derrière le défenseur et voit son tir détourné de justesse.

Au début de la deuxième période, Mathis Olimb se saisit d’une crosse qui s’approchait trop près, et Erlend Lesund inflige une charge avec la crosse très évitable alors que son équipe est en infériorité : la Norvège se retrouve réduite à 3 contre 5. Peter Schneider, le joueur qui a pris cette charge et a fait un passage-éclair de vérification à l’infirmerie, revient sur la glace ppour prendre sa position de lancer dans le cercle gauche : sa reprise passe sous le bouclier de Holm (qu’il tient à gauche). Schneider était le joueur autrichien qui avait le plus lancé à la cage dans ce tournoi et était le plus frustré de ne pas avoir trouvé le chemin des filets après avoir dominé son championnat national.

Non seulement elle s’est fait remonter au score, mais en plus la Norvège est dominée en possession. Michael Raffl, en solo après avoir effacé Johannesen, bute sur Holm. Mais après la mi-match, les Scandinaves rééquilibrent le jeu. Sur une contre-attaque à deux contre deux, Thomas Valkvæ Olsen donne une passe du revers au petit bonheur dans son dos, que Peter Schneider aurait le temps de contrôler. Mais il cafouille et Johannes Johannesen est tout heureux de voir revenir sur lui ce palet, qu’il place ensuite du revers sous les bottes de Starkbaum (1-2). Un but très faible au demeurant pour le gardien expérimenté… De son côté, Henrik Holm arrête difficilement un tir de Martinsen et la Norvège préserve son avance à la seconde pause.

La Norvège se retrouve dans une situation qu’elle apprécie : être compact pour protéger un petit but d’avance. Mais quand on se jette devant les palets, il y a un petit risque que la rondelle traverse et que le bloc défensif soit perdu. C’est ce qui produit quand Konstantin Komarek hérite du palet, seul à droite du but. L’Autriche égalise donc… pour 56 secondes ! Michael Haga sort le palet du coin du revers, Michael Raffl rate l’interception et Alexander Reichenberg peut alors marquer côté mitaine. Trois minutes plus tard, pendant une pénalité différée, la Norvège assomme ses adversaires. Mathis Olimb feinte le lancer et sert une magnifique passe transversale à Christian Bull, seul dans le cercle gauche (2-4).

L’Autriche n’abandonne pas. Lukas Haudum envoie le palet sur le poteau en percutant le gardien sur un rebond. C’est encore Haudum qui subit une obstruction de Forsberg dans le coin pour un powerplay capital. La Norvège fait l’effort à l’image de Bonsaksen et Martinsen qui bloquent les lancers. Raphael Herburger se lance dans une contre-attaque rapide au moment où la pénalité s’achève, mais manque le cadre. Roger Bader sort son gardien et le trafic est tel devant la cage que Holm ne peut rien voir du tir de la ligne bleue de Dominique Heinrich (4-3). Une fois de plus, l’espoir dure très peu… Neuf secondes ! Sur la mise au jeu, Bull dégage contre la bande dans sa zone défensive et la rondelle file tout droit… dans les filets que Starkbaum est en train de déserter pour aller à son banc.

Le match s’achève donc sur un incroyable triplé pour le jeune défenseur Christian Bull, qui n’avait jamais marqué en équipe nationale ! La Norvège semble bien partir pour rester dans l’élite tandis que l’Autriche jouera à se faire peur face à l’Italie.

Désignés joueurs du match : Konstantin Komarek pour l’Autriche et Christian Bull pour la Norvège.

Commentaires d’après-match

Christian Bull (défenseur de la Norvège) : « Ce sont trois bons points pour nous. On doit être prêts pour demain, c’est un match énorme aussi demain [contre l’Italie]. Il y a eu un peu de réussite en ce qui me concerne, parfois le palet rentre, c’est vraiment amusant. »

Peter Schneider (attaquant de l’Autriche) : « Nous avons été défaillants dans le marquage. Nous avons perdu nos gars plusieurs fois. Nous devons jouer un peu mieux défensivement, même si nous avons été meilleurs offensivement aujourd’hui en nous créant des occasions. Il faudra mieux jouer dimanche [contre les Tchèques] et surtout lundi [contre les Italiens]. »


Autriche – Norvège 3-5 (0-1, 1-1, 2-3)
Vendredi 17 mai 2019 à 16h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 8196 spectateurs.
Arbitrage de Jan Hribik (TCH) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Dmitri Golyak (BLR) et Dustin McCrank (CAN).
Pénalités : Autriche 4′ (2′, 0′, 2′) ; Norvège 8′ (2′, 4′, 2′).
Tirs : Autriche 33 (11, 11, 11) ; Norvège 30 (11, 8, 11).

Évolution du score :
0-1 à 02’01 : Bull assisté de Lindström
1-1 à 22’08 : Schneider assisté de Heinrich et Komarek (double sup. num.)
1-2 à 36’42 : Johannesen assisté de Valkvæ Olsen et Martinsen
2-2 à 49’37 : Komarek assisté de Pallestrang et Schneider
2-3 à 50’33 : Reichenberg assisté de Haga et Holøs
2-4 à 53’22 : Bull assisté d’Olimb et Reichenberg
3-4 à 59’09 : Heinrich assisté de Schneider et Zwerger
3-5 à 59’17 : Bull assisté de Lindström (cage vide)


Autriche

Attaquants :
Thomas Raffl (C, -1) – Raphael Herburger (-2) – Peter Schneider (-1, 2′)
Michael Raffl – Konstantin Komarek (+1) – Fabio Hofer (-1)
Dominic Zwerger (-1) – Alexander Rauchenwald (-1) – Lukas Haudum (-1)
Patrick Obrist (2′) – Thomas Hundertpfund (A) – Manuel Ganahl (A)
Benjamin Baumgartner (-2)

Défenseurs :
Dominique Heinrich (-2) – Alexander Pallestrang (+1)
Clemens Unterweger (-1) – Martin Schumnig (-1)
Steven Strong (-1, 2′) – Markus Schlacher (-2)
Patrick Peter

Gardien :
Benhard Starkbaum [sorti de 57’52 à 59’09, de 59’15 à 59’17 et de 59’26 à 59’54]

Remplaçant : Lukas Herzog (G). En réserve : David Kickert (G), Raphael Wolf (D, doigt cassé en bloquant un tir contre la Suède), Alexander Cijan (A).

Norvège (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Sondre Olden (-1) – Mathis Olimb (A, 2′) – Patrick Thoresen (A, -2)
Mathias Trettenes (+1) – Michael Haga (+1) – Thomas Valkvæ Olsen (+2)
Alexander Reichenberg (+3) – Tobias Lindström (+3) – Andreas Martinsen (+4)
Martin Røymark (-1) – Kristian Forsberg (2′) – Niklas Roest

Défenseurs :
Alexander Bonsaksen (A) – Jonas Holøs (C)
Erland Lesund (+1, 2′) – Stefan Espeland (-1)
Christian Bull (+3) – Johannes Johannesen (+3)

Gardien :
Henrik Haukeland

Remplaçants : Henrik Holm (G), Mattias Nørstebø, Christian Kåsastul. En réserve : Jonas Arntzen (G), Tommy Kristiansen (A, blessé), Mats Rosseli Olsen (blessé au genou).

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