La Suisse affrontera une équipe nord-américaine

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Les Tchèques jouent un quart de finale « à domicile » en cas de victoire, en restant à Bratislava au lieu de faire le long voyage vers Kosice. Pour la Suisse, l’enjeu est moins alléchant : sauf à gagner de deux buts et à compter sur une défaite suédoise ce soir, la victoire risque de ne la faire passer « que » troisième de poule, ce qui la ferait affronter le perdant de Canada-États-Unis au lieu de la Finlande (si cette dernière gagne au même moment contre l’Allemagne…). Pas forcément mieux, mais le changement de formule décidé par l’IIHF pour les demi-finales (le mieux classé affrontera le moins bon) incite à tout donner sans trop de calcul.

Il s’agit surtout de se mettre en condition de pratiquer son meilleur hockey avant les quarts de finale. la Suisse doit en plus intégrer Nino Niederreiter, aligné avec Andrighetto et Haas tandis que Praplan – qui vient de signer pour quatre ans à Berne – cède son poste en devenant réserviste.

Les Tchèques alignent probablement leur équipe-type : elle comprend Bartošák comme gardien titulaire (Francouz ayant eu les matches faciles) et n’inclut pas le junior de NHL Filip Chytil, qui devrait « booster sa performance avec plus d’enthousiasme et un entêtement plus fort » – selon les mots de Miloš Říha – pour quitter la tribune.

Chaque équipe se procure une occasion en début de match sur une passe de derrière la cage : le tir de Dominik Kubalík, servi par Milan Gulaš, est arrêté par Reto Berra, mais la passe levée de Martschini par-dessus la crosse de Hronek permet à Lukas Frick de battre Bartošák à mi-hauteur (0-1). Les ailiers Palát et Řepík ont tous deux eu un temps de retard au marquage sur les défenseurs suisses sur cette action. C’est le premier but encaissé à 5 contre 5 dans le tournoi par Michal Řepík, jusqu’ici excellent défensivement.

Une crosse haute de Voráček donne l’occasion de voir le powerplay suisse modifié avec l’arrivée de Nino Niederreiter. Celui-ci donne en retrait à Nico Hischier dans le slot, mais le tir de la star des New Jersey Devils est trop centré sur Bartošák.

Une échauffourée éclate à proximité du banc suisse et même Reto Berra est pénalisé en venant s’en mêler. La partie est alors interrompue un long moment car le plexi entre les bancs s’est fendu après une charge de Jaškin sur Niederreiter. Après la reprise du jeu, Tristan Scherwey propulse Hronek les jambes vers la bande par un geste dangereux et justement pénalisé. Quand Simon Moser lance une contre-attaque malgré l’infériorité numérique, Roman Josi et Christoph Bertschy suivent tous les deux le mouvement : sur la transition, Jan Kovář part en 2 contre 1 et sert parfaitement son capitaine Jakub Voráček (1-1). La vitesse d’Ondřej Palát lui procure une dernière occasion en fin de tiers, bloquée de la botte droite par Bartošák.

La deuxième période a tout juste repris que Dominik Simon, « taclé » par Gaétan Haas, glisse vers le but en y accompagnant le palet du pied, involontairement dans sa chute. Les arbitres refusent le but pour obstruction sur le gardien, mais Říha utilise son challenge, logiquement accepté (2-1). En cherchant un ricochet gagnant de derrière la cage, Řepík n’est pas loin de surprendre Berra, replacé paresseusement à son poteau après une sortie. Les Tchèques mettent de plus en plus fortement la main sur le match. Romain Loeffel monte trop en zone neutre en direction du palet et est croisé par un courant d’air nommé Michael Frolik qui part seul au but pour recevoir le centre de Voráček et marquer son septième but du tournoi, du revers entre les bottes de Berra (3-1).

Patrick Fischer fait alors sortir Berra, en alternance parfaite avec Genoni depuis le début du tournoi, et envoie au front son troisième gardien Robert Mayer (qui a la double nationalité tchèque). Recherche d’un effet psychologique ? Si c’est le cas, c’est réussi : sur l’action suivante, Martschini passe de derrière la cage à Bertschy dont le tir est repoussé par Bartošák… sur le gant du malheureux Jaškin qui marque contre son camp (3-2). Après un nouvel assaut suisse sur la cage tchèque, une altercation laisse les deux équipes à 4 contre 4. Dans cette situation, Dominik Simon prend le palet à Frick dans le coin et le donne dans le slot à Dominik Kubalík qui marque entre les bottes de Mayer (4-2).

Dmitrij Jaškin donne un coup de crosse vengeur dans la nuque de Weber (qui lui en avait mis un dans le dos) et peut être heureux de s’en sortir avec deux minutes de pénalité. Zohorna le rejoint en prison pour une broutille en comparaison, un geste qui tentait d’enlever un casque suisse dans une énième mêlée devant la cage. La Suisse est donc en supériorité numérique : un lancer d’Andrighetto est paré de l’épaule par Bartošák, et Faksa pose un temps la main sur le palet au rebond. Le joueur de Dallas échappe à la sanction sur ce coup-là, mais pas sur une crosse haute à un engagement… bientôt annulée par une dureté de Josi. Les arbitres ont de plus en plus de mal à maîtriser ce match, aussi houleux que celui entre Tchèques et Suédois en ouverture.

La Suisse relance le match en début de troisième période. Sur une mise au jeu en zone tchèque, Yannick Weber monte le long de la bande et passe en retrait à Tristan Scherwey qui marque d’un tir croisé côté plaque (4-3). Scherwey passe même tout près de signer un triplé, en infériorité numérique pendant que Josi en prison pour cinglage, mais Bartošák fait l’arrêt-réflexe de la botte droite. La Nati domine nettement ce troisième tiers, mais sur une nouvelle présence forte ponctuée d’un tir du revers de Josi, Bertschy commet une crosse haute en zone offensive. Encore une fois à 4 contre 5, la meilleure occasion est suisse (Moser).

Les Tchèques continuent de subir le jeu à cinq contre cinq et Hronek dégage au-dessus du plexi. Là aussi, ce sont les joueurs en infériorité qui font la loi (Kovář, Tomáš Zohorna, Kolář). Aucune des deux équipes ne se sera rassurée sur son powerplay ce soir ! À quatre minutes de la fin, Nico Hischier revient prendre le palet à Dominik Simon qui filait en contre, Roman Josi fait une pirouette en zone offensive et met le palet dans le slot où il échappe à la crosse de Kolář. Le joker Nino Niederreiter est exactement là où on l’attend pour égaliser dans le haut du filet (4-4).

La Suisse – qui sait que la Finlande a perdu et que ça change les calculs – sort son gardien avec le score nul car elle ne veut pas finir quatrième de poule. L’aurait-elle fait si cela avait été pour éviter les Finlandais – sur le papier moins forts ? On ne le saura pas. Toujours est-il que Jan Rutta intercepte un dribble de Niederreiter et marque le but gagnant dans les filets déserts (5-4).

La Nati sera quatrième de son groupe et affrontera le vainqueur du duel canado-américain de ce soir. Et si jamais elle passe, elle devra ensuite rencontrer la tête de série numéro 1 (par exemple la Russie). La route d’une nouvelle finale n’aura jamais été semée de telles embûches… La Suisse ne fait donc pas de bonne opération comptable, mais elle reste sur la belle impression laissée par la troisième période.

Les Tchèques, eux, sont sur la bonne voie pour rester à Bratislava… avec une chance de rencontrer l’Allemagne et pas ces maudits États-Unis qu’ils croisent presque chaque année. Mais la réponse définitive ne sera connue que ce soir.

Désignés joueurs du match : Tristan Scherwey pour la Suisse et Jakub Voráček pour la République tchèque.

Commentaires d’après-match

Dominik Kubalík (attaquant de la République tchèque) : « J’ai plus pris ce match comme une répétition importante avant le quart de finale. Je n’aime pas les ‘Et si’… On verra qui on affrontera. Avec le jeu qu’on a pratiqué, on peut jouer tout le monde. Il y a de la force dans cette équipe. Les quatre lignes sont équilibrées et toutes sont capables de marquer, c’est un plus. C’est encore plus doux de gagner contre des gars qu’on affronte en club. Ils patinaient, attaquaient, parfois trop. C’est exactement ce à quoi nous nous étions préparés. Nous voulions jouer ces palets rapidement pour ne pas être en difficulté. Nous y sommes parvenus à part à quelques moments. Nous avons essayé de bien jouer en zone neutre, mais nous étions un peu légers au début, ils passaient. La collision avec le plexi nous a aidés, ensuite nous sommes revenus à ce qu’on voulait. On a reculé un peu au troisième tiers, c’est bien sûr un avertissement. »

République tchèque – Suisse 5-4 (1-1, 3-1, 0-1)
Mardi 21 mai 2019 à 20h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 9085 spectateurs.
Arbitrage de Tobias Björk (SUE) et Evgeni Romasko (RUS) assistés de Dmitri Golyak (BLR) et Brian Oliver (USA).
Pénalités : Tchéquie 14′ (4′, 8′, 2′) ; Suisse 14′ (4′, 6′, 4′).
Tirs : Tchéquie 26 (12, 10, 4) ; Suisse 40 (11, 14, 15).

Évolution du score :
0-1 à 02’13 : Frick assisté de Martschini et Scherwey
1-1 à 12’21 : Voráček assisté de Kovář et Frolík (sup. num.)
2-1 à 20’38 : Simon assisté de Voráček et Hronek
3-1 à 26’20 : Frolík assisté de Voráček et Simon
3-2 à 26’49 : Scherwey assisté de Martschini et Kurashev
4-2 à 28’27 : Kubalík assisté de Simon
4-3 à 41’47 : Scherwey assisté de Weber et Martschini
4-4 à 56’19 : Niederreiter assisté de Josi et Hischier (cage vide)

République tchèque

Attaquants :
Michael Frolík (A, +2) – Dominik Simon (+3) – Jakub Voráček (C, +3, 2′)
Dmitrij Jaškin (-1, 4′) – Radek Faksa (-1, 2′) – Jakub Vrána (-1)
Dominik Kubalík (+1) – Jan Kovář – Milan Gulaš
Ondřej Palát (-2) – Tomáš Zohorna (-2, 2′) – Michal Řepík (-3)
Hynek Zohorna

Défenseurs :
David Musil – Filip Hronek (-1, 4′)
Michal Moravčík (+4) – Jan Rutta (+3)
Jan Kolář (-2) – Radko Gudas (A, -3)
David Sklenička (-1)

Gardien :
Patrik Bartošák

Remplaçant : Pavel Francouz (G). En réserve : Šimon Hrubec (G), Petr Zámorský (D), Filip Chytil (A).

Suisse

Attaquants :
Nino Niederreiter – Gaëtan Haas (-2) – Sven Andrighetto (-1)
Kevin Fiala – Nico Hischier – Grégory Hofmann (-1)
Tristan Scherwey (+3, 2′) – Philipp Kurashev (+3) – Lino Martschini (+2)
Simon Moser (A, -1) – Christoph Bertschy (4′) – Andres Ambühl (-2)
Noah Rod

Défenseurs :
Roman Josi (A, +1, 4′) – Yannick Weber (2′)
Joël Genazzi (-1) – Romain Loeffel (-2)
Lukas Frick – Michael Fora (-1)
Raphael Diaz (C, +2)

Gardien :
Reto Berra (2′) puis à 26’20 Robert Mayer [sorti de 57’15 à 57’54, de 58’07 à 58’33 et de 58’47 à 60’00]

En réserve : Leonardo Genoni (G), Janis Moser (D, blessé à la main), Vincent Praplan (A).

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