La France jouera sa qualification olympique en…

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En apparence, le dernier jour de compétition du championnat du monde est sans enjeu. En apparence seulement. Prenez ce Lettonie-Norvège. Le vainqueur terminera dixième de la compétition, et le perdant onzième (ou douzième si le Danemark gagne au même moment). La différence ? Vingt points au classement IIHF. Vingt points qui peuvent changer le destin des deux équipes.

Si l’IIHF ne change pas d’avis sur la place promise à la Chine aux Jeux olympiques (René Fasel a fait une mise en garde en janvier), les équipes classées de la neuvième place à la onzième place organiseront les trois tournois de qualification olympique. Le perdant de ce match sait donc qu’il recevra le Danemark, la Corée du Sud et un qualifié qui devrait être la Slovénie.

Quant au groupe du gagnant, ça dépend : si la Lettonie gagne, elle recevra la France, l’Italie et probablement le Kazakhstan. Mais si la Norvège gagne, elle se retrouvera dans une poule avec Bélarus, Autriche et Grande-Bretagne (ou Hongrie). Dans ce dernier cas d’une victoire scandinave, Bleus et Azzurri retourneraient en Slovaquie pour jouer leur destin olympique…

L’enjeu caché ne rend pas le match passionnant. Il faut dire que la Lettonie a tout donné hier contre la Suède avec un quart de finale en jeu. Elle rencontre des Norvégiens tout frais qui sortent de deux de repos… La première période, à faible intensité et avec du déchet technique, se décide sur la seule pénalité, une charge à retardement de Batna. Le powerplay norvégien est du style très voire trop patient, à chercher des lignes de passe qui ne vont pas s’ouvrir toutes seules. Le seul qui prenne sa chance, c’est le buteur suédois naturalisé Tobias Lindström, positionné dans le cercle gauche. La qualité de son tir fait mouche à sa seconde tentative, pleine lucarne.

Même tarif en début de deuxième période : une faute, un but. Le défenseur Kristaps Sotnieks déborde sur la droite et est retenu par Erlend Lesund. En fin de supériorité numérique, Rudolfs Balcers trouve une excellente passe transversale pour la reprise de Miks Indrasis, lui aussi dans le cercle gauche pour une finition parfaite.

La Lettonie est la première à tuer une pénalité quand Roberts Bukarts retient Michael Haga : elle écarte et dégage tous les palets, jusqu’à l’ultime passe bien coupée par Cibulskis. Il lui faut se remettre au travail quand Balinskis rate le palet en zone neutre et fait ensuite trébucher Martinsen qui s’en est saisi. Sondre Olden lance alors… sur la barre transversale ! Même sur ce plan, les équipes sont bientôt à parité : pendant une pénalité de Bonsaksen, c’est Cibulskis qui lance sur le poteau. Un but partout, un « cling » partout, et encore vingt minutes à jouer.

Il ne fait pas de doute que la Lettonie est la meilleure équipe des deux, mais elle peine à être tranchante ce soir et améliore les statistiques du gardien norvégien Henrik Haukeland, jusqu’ici les pires du tournoi pour un portier à plus de 120 minutes jouées (il était à 80,5%). Les tirs, plus nombreux, sont peu dangereux, mais la chance, ça se provoque. En mettant sa main devant son visage alors qu’un lancer de Janis Jaks lui arrive dessus, Aleksandr Bonsaksen dévie le palet du gant et lobe son gardien !

La Norvège essaie de réagir et reprend le contrôle du palet. Mais Erlend Lesund n’arrive pas à intercepter un dégagement en cloche de Balcers en se mettant à genoux en zone neutre. Dans son dos, Rihards Marenis part seul et marque son deuxième but du tournoi (1-3). Peu après le retour aux vestiaires de Røymark, dont le genou a été emporté dans un duel avec Batna, la Lettonie s’installe et porte le coup fatal. Indrasis met dans le vent deux joueurs par sa technique et échange le palet avec Kenins derrière la cage… qui vient ensuite prendre le rebond à l’opposé (1-4).

Même avec un différentiel de fraîcheur, la différence entre ces deux équipes était nette. La Norvège, la plus faible des têtes de série, donnera peut-être sa chance au Danemark de vivre enfin ses premiers JO, dans un derby qui s’annonce chaud. La France, pour sa part, ira en Lettonie pour poursuivre son rêve olympique, là où il s’était envolé en 2013, mais face à une équipe balte radicalement transformée dans l’intervalle : plus forte, plus dense (quand elle est au complet) et au système bien plus solide et moderne depuis l’arrivée de Bob Hartley.

Désignés joueurs du match : Miks Indrasis pour la Lettonie et Andreas Martinsen pour la Norvège.

Trois meilleurs Norvégiens du tournoi selon leur entraîneur : Jonas Holøs, Tobias Lindström, Andreas Martinsen.

Trois meilleurs Lettons du tournoi selon leur entraîneur : Kristaps Sotnieks, Teodors Blugers, Roberts Bukarts.

Norvège – Lettonie 1-4 (1-0, 0-1, 0-3)
Mardi 21 mai 2019 à 16h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 8965 spectateurs.
Arbitrage de Manuel Nikolic (AUT) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Andreas Malmqvist (SUE).
Pénalités : Norvège 4′ (0′, 4′, 0′) ; Lettonie 6′ (2′, 4′, 0′).
Tirs : Norvège 20 (8, 2, 10) ; Lettonie 38 (17, 14, 7).

Évolution du score :
1-0 à 15’18 : Lindström assisté de Holøs et Martinsen (sup. num.)
1-1 à 22’43 : Indrašis assisté de Balcers et Bļugers (sup. num.)
1-2 à 46’59 : Jaks assisté de Balinskis et Indrašis
1-3 à 47’55 : Marenis assisté de Kulda et Balcers
1-4 à 54’13 : Ķēniņš assisté d’Indrašis

Norvège

Attaquants :
Sondre Olden – Mathis Olimb (A, -1) – Patrick Thoresen (A, -1)
Mathias Trettenes – Michael Haga (-3) – [poste tournant]
Alexander Reichenberg (-1) – Tobias Lindström – Andreas Martinsen
Martin Røymark – Kristian Forsberg (-1) – Niklas Roest (-2)

Défenseurs :
Alexander Bonsaksen (A, -2, 2′) – Jonas Holøs (C, -1)
Erland Lesund (-1, 2′) – Stefan Espeland (-1)
Christian Bull – Johannes Johannesen (-1)

Gardien :
Henrik Haukeland

Remplaçants : Henrik Holm (G), Christian Kåsastul. En réserve : Jonas Arntzen (G), Mattias Nørstebø (D), Mats Rosseli Olsen (blessé), Tommy Kristiansen (A), Thomas Valkvæ Olsen (A).

Lettonie

Attaquants :
Rūdolfs Balcers (+1) – Teodors Bļugers – Lauris Dārziņš (C)
Roberts Bukarts (+2, 2′) – Miks Indrašis (+2) – Ronalds Ķēniņš (+2)
Gints Meija – Maris Bičevskis – Rihards Bukarts (A)
Emīls Ģēģeris – Oskars Batņa (+1, 2′) – Rihards Marenis (+1)
Mārtiņš Dzierkals

Défenseurs :
Ralfs Freibergs – Oskars Cibuļskis
Jānis Jaks (+1) – Uvis Balinskis (+1, 2′)
Artūrs Kulda (+2) – Kristaps Sotnieks (A, +2)
Kristaps Zīle

Gardien :
Elvis Merzļikins

Remplaçant : Gustavs Grigals (G). En réserve : Kristers Gudļevskis (G). Blessés : Guntis Galviņš, Rodrigo Ābols.

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